I. Pterichtuys latus Agass
Old Red, Tab. 3, fig. 3 et b.
Quoique l'une des plus rares, cette espèce est pourtant l’une des mieux connues, parce que les échantillons qu’on en possède sont dans un Irés-bc! état de conservation. J'en ai représenté deux, montrant l’un et l’autre la face supérieure. Ce qu'il faut distinguer en premier lieu, c’est la grande largeur de la carapace, qui égale à-peu-près les deux tiers de sa longueur. Sa forme est ohlongue, un peu plus rétrécie en arrière qu'en avant et coupée presque carrément, entre les nageoires pectorales. La tète, qui n’est pas très-bien conservée dans les exemplaires figurés, mais que je vois assez distinctement sur un dessin exécuté par Lady Gordon Cuming, est courte, presque circulaire et comme enfoncée entre les épaules. Los nageoires pectorales sont assez longues, et peu recourbées ; elles égalent ii-peu-prés en longueur la largeur de la
carapace. La queue n’esl pas conservée en entier, mais elle parait avoir été large et cylindrique, à en juger d’aprés le court tronçon qui en est conservé dans l’exemplaire de fig. 4 . 1-a plaque centrale de la carapace est grande et trés-saillantc, elle est en outre obtusement rhomboïdale, mais ses angles sont tellement arrondis qu'elle devient presque circulaire. Elle n’est pas placée exactement au milieu de la carapace, mais plutôt vers la partie antérieure, cl s’engage par une pointe obtuse entre les deux plaques latérales antérieures. Son diamètre transversal est presque égal à la moitié du diamètre transversal de la carapace entière. Les plaques latérales antérieures sont courtes, aussi longues que larges et un peu évasées en avant, pour recevoir l’élargissement de la ceinture thoracique , qui fait une légère saillie au milieu. Les plaques latérales moyennes ont à-peu-près la même forme; cependant elles sont un peu plus pointues en arrière, où elles s'engrènent avec les plaques latérales postérieures. Ces deux dernières sont petites, de forme triangulaire ; elles ne se touchent que sur une très-petite étendue de la ligne médiane, étant largement évasées en arrière, de manière à laisser voir deux petites plaques intercalaires qui couvrent l’origine de la queue. La ceinture thoracique est renflée au milieu et eflilée vers les deux eûtes ; elle ne montre pas de processus latéraux ascendants se prolongeant en avant vers la tète, comme il en existe dans d'autres espèces. J'ai pu distinguer dans la tète les deux plaques nuchales , qui sont petites , à raison du renflement médian de la ceinture thoracique; on dirait deux coins qui se touchent par leurs tranchans. La plaque céphalique est petite et presque circulaire. Les plaques articulaires sont assez grandes et de forme ovale. Je n’ai vu la surface inférieure de la carapace que sur un seul exemplaire appartenant à Lady Gordon Cuming; mais on ne distingue qu’imparfaitement l’arrangement des plaques. Il parait cependant qu’il n’y avait pas de plaque centrale de ce côté . et que les plaques latérales antérieures et moyennes se touchaient par leurs bords correspondans, pour fermer l’espace qui, à la face supérieure, est occupé par la plaque centrale. I,es plaques des flancs sont visibles des deux côtés sur tous les exemplaires , ce qui me fait supposer que les flancs étaient bombés en dehors et non pas verticaux , comme c'est le cas chez d'autres espèces.
C'est sur l'original de la lig 4 que j'ai pu étudier les os formant le prolongement de la nageoire pectorale. Ce sont deux os cylindriques courbés en forme de croissant et réunis au milieu par une articulation qui parait n'avoir été qu’un ginglyme. Ils sont enveloppés dans des plaques rigides soudées ensemble et articulées à ce qu’il parait au milieu de la nageoire, formant ainsi un appendice cylindrique assez grêle et courbé de manière à pouvoir s'appliquer entièrement contre le flanc de l'animal. L’extrémité des nageoires est assez effilée ; elle s’amincit insensiblement, et l’on ne voit pas cette pointe coupée obliquement qui distingue, par exemple, le Plrrichlliys produc tu*. i
La granulation des plaques est assez fine et peu saillante. Les interstices entre les différentes granules égalent à-peu-près en étendue ces dernières. Je ne l’ai vue distinctement que sur un exemplaire de Lady Gordon Cuming.
Les écailles qui recouvrent la queue sont petites, arrondies en arrière , et paraissent avoir été placées en séries transversales ; la queue elle-même est nettement séparée de la carapace. Sa largeur égale à-peu-près le tiers du corps.
Les caractères saillans de cette espèce sont par conséquent, outre sa forme large et trapue, la grandeur et la forme arrondie de l’écusson central, ses nageoires longues, grêles et courbées d’après la courbe de la carapace ; sa ceinture thoracique fusiforme et renflée au milieu ; la séparation nette et distincte de la queue ; l’arrangement des écailles en séries transversales; et, si ce caractère se confirmait sur d’autres exemplaires , l’al>senee complète d'une plaque centrale à la face inférieure.
L'original de fig. 3 fait partie de la collection de Lady Gordon Cuming, et provient de Letbenbar dans le Nairnshire; celui de fig. 4 appartient à Sir Philipp Egerton, et a été trouvé dans la même localité. Il en existe aussi des exemplaires dans la collection de Lord Enniskillen et dans celle de la Société géologique de Londres.