AC. (H.S RED
cas chez la grande majorité de nos poissons, mais son côté supérieur était seul développé, line pareille structure qui laissait un passage assez grand aux «limons, devait en effet convenir à des poissons larges et peu hauts comme étaient les Plérichlhys.
Les flânât étaient recouverts, comme le dos et le ventre, de plaques émaillées qui joignaient ensemble les deux faces de la carapace, pour en faire une boite semblable à celle d'une tortue, dans laquelle étaient enfermés les intestins et les autres entrailles. Ces plaques sont en général assez longues et peu hautes, comme elles convenaient pour une boite aussi basse que la carapace d'un Plérichlhys; il n'y a que quelques espèces qui paraissent avoir eu une carapace plus haute et plus spacieuse.
la» appendices ailés, que j'envisage comme des nageoires pectorales , m'ont fort embarrassé dans l’origine, et aujourd’hui encore la signification que je leur attribue sera peut-être contestée. Ce sont deux stylets très-pointus, généralement effilés, articulés , attachés aux deux côtés de la tète et susceptibles de se rapprocher et de s'éloigner du corps à volonté, comme le prouve leur position variable dans les différons exemplaires. Ils étaient sans doute aussi pourvus d'articulations transversales, de sorte que probablement le poisson pouvait les plier à volonté sur eux-mêmes. L’extrémité de ces appendices est une pointe quelquefois Ires-longue et effilée, et j’ai cru remarquer dans certains cas des traces de rayons très-fins au bout des appendices, comme dans les nageoires des Requins. Cette apparence de rayons, leur position et leur articulation me les font prendre pour de véritables nageoires pectorales , quoique je ne les aie jamais vus déployés en nageoires, mais seulement réunis en faisceaux. En effet, ils sont fixés à l'extrémité d'une ceinture thoracique parfaitement analogue à celle des autres poissons, et placés au même endroit , sur la limite entre la tête et le corps , c’est-à-dire que l'articulation de ces deux parties du corps est placée en avant de ces nageoires.
J'avais cru d'abord pouvoir les parailéliser avec les prolongemcns des pièces operculaires de certains Acanthoptérygicns, et j'en trouvais la raison dans la forme courte et trapue de la tête, pensant que les organes de la respiration , les branchies, devaient se trouver derrière ces appendices et être abrités par eux. Mais la présence de pareils appendices articulés aurait en ellemême quelque cliose d’étrange dont on ne connaît pas d'exemple. On sait d’ailleurs que les ceintures thoraciques et les nageoires pectorales avancent quelquefois considérablement vers la tête, de manière à cacher une partie des branchies. Quoi qu’il en soit , ces appendices sont articulés sur les côtés, entre la tète et le tronc, et Couverts, comme ces derniers, de plaques émaillées , dont la granulation se change en dentelures sur le bord , à-peu-près comme sur les pinces des crabes et des écrevisses.
Ce qui m’a surtout convaincu que ces êtres si singuliers, que l’on a pris tour à tour pour des crustacés ou des scarabées, sont réellement des poissons, c’est la guette qui est couverte de petites écailles imbriquées, comme on n’en trouve que chez les poissons. Ces écailles paraissent avoir été assez minces , formées à la manière des Glyptolcpis et autres poissons écaillés de la même époque , et faiblement fixées à la peau , puisqu'on les trouve rarement conservées en
place. Elles sont imbriquées et tantôt en séries obliques , tantôt en séries transverses ; il y a même une esjiéce où les rangées sont longitudinales, de manière que leur mode d’imbrication peut fournir de très-bons caractères d'espèce. La queue ne m’a jamais offert la moindre, trace de nageoires ; cher la plupart des espèces , elle parait se terminer en cône ; il n’y en a qu’une seule, le Pt. Milleri, où elle soit très-mince, effilée et peut-être même terminée en filet, comme c’est le cas des Chimères et de certaines Raies.
J’ai trouvé quelquefois, notamment chez plusieurs exemplaires du Pt. productus, toutes les plaques de la carapace au complet, avec deux plaques carrées, gisant sur le côté, cl toujours au même endroit, près de la jonction de la queue avec la carapace. Il sc pourrait que ces plaques eussent porté des u ageoires ventrales , et c’est pourquoi j’en recommande spécialement l’examen aux géologues écossais, attendu que les Ptérichtliys abondent chez eux. Il m’a paru aussi , d’après plusieurs échantillons , que ces plaques avaient été fixées par une membrane à la carapace, ce qui pourrait expliquer leur absence dans le plus grand nombre des cas.
La structure des plaques de la carapace des Ptérichtliys est très-singulière. Les plaques ne sont formées que d’une seule substance dure et d’apparence homogène, qui est accumulée en couches plus denses prés des surfaces supérieure et inférieure. La couche inférieure est lisse, la supérieure porte les petites protubérances qui forment la granulation. Le milieu de la plaque est occupé par des réseaux très-larges, qui se réduisent à quelques supports très-minces, entre lesquels se trouvent des cavités très-considérables, renfermant probablement pendant la vie une masse pulpeuse. Le fait que les plaques des Ptérichtliys sont très-souvent dépourvues de leur granulation s’explique facilement par celte structure des plaques qui , malgré leur épaisseur, n’étaient pas très-solides. (Voir Tab. B, fig. 1).
Outre deux os qui formaient la nageoire pectorale , je n’ai pu découvrir aucune trace du squelette, intérieur, d’où je conclus qu’il était probablement cartilagineux et très-mou, comme c’est ordinairement le cas chez les poissons cuirassés.
Tel est en résumé l'état de nos connaissances actuelles sur l’organisation des Ptérichtliys. Mais, me demandera-t-on, vous n’avez fait mention ui de la bouche, ni des yeux, ni de l’anus, ni du nez; où donc se trouvaient placés ces organes, car il n’est pas probable qu’il ait jamais existé un poisson dépourvu de bouche cl d’anus, et les exemples de poissons aveugles sont fort rares. Il est difficile pour le moment de répondre autrement à ces questions que par des hypothèses. Voici ce qui me parait le plus vraisemblable.
Quant à la bouche, c’était probablement une fente transversale, située au bout de la tète et armée de petites mâchoires, cachées entre les plaques de la tète, surtout sous la plaque céphalique. Peut-être aussi était-elle entourée de lèvres épaisses et charnues ; du moins les prolongemens d’apparence cutanée que j’ai signalés plus haut, semblent-ils parler en faveur de cette opinion. Or une bouche semblable, dépourvue de dents, ne peut guère être visible d’en haut, dans un fossile à tète aussi large que les Plérichthys. Qu’on sc ligure nos Silures , les Loricaircs surtout, ou tel autre poisson à bouche terminale, empâté dans la pierre, de manière à
ne présenter que la face supérieure de la tête , qu’on se figure encore cette tète couverte de grandes plaques, et l’on conviendra qu’il serait difficile d'apercevoir l’ouverture de la gueule, quand même elle aurait été largement fendue.
Il en est de même des yeux et des ouvertures uasales. Ils étaient probablement placés sur les lianes ale celle tète large et aplatie, comme c’est le cas des llypostomcs et d'autres Siluroïdes à tète large et aplatie. Or si l'orbite est difficile à découvrir sur le squelette de pareils poissons. combien plus de difficultés n’éprouverait-on pas, s’ils étaient, comme nos fossiles , empalés dans une roche très-dure.
L’anus était probablement situé à l’extrémité de la carapace sous les plaques intercalaires, au-dessous de la racine de la queue.
On le voit, il reste encore bien des parties à examiner pour compléter l’étude de ces singuliers poissons. Néanmoins ce que nous en connaissons suffit pour nous donner une idée assez précise de leur organisation et de leur physionomie en général. Voici comment on peut, dans l’étal actuel de nos connaissances, caractériser le genre Plérichlhys. Ce sont de petits poissons, de forme aplatie; ta tête et le corps sont couverts de plaques émaillées , jointes par des sutures. Une plaque centrale occupe, le milieu du tronc ; une plaque arrondie, derrière laquelle se trouve l'articulation occipitale, recouvre la tête. Les nageoires pectorales sont articulées entre la tète et le tronc, sous la forme de deux appendices pointus. La queue est couverte d’ écailles imbriquées. Il h'ij a pas de nageoires et partant pas de rayons.
Ce genre compte maintenant sept espèces bien distinctes dont nous allons donner la description , et une huitième qui me parait encore douteuse. Le Plérichlhys hgdrophilus, que j’y avais d’abord rangé , est devenu le type d'un genre à part qui fait le passage entre les Ptérichthys et les Coccosteus , et que j’appelle Patnphractus.
Toutes les espèces sans exception appartiennent au terrain dévonien.