‹ Monographie des poissons fossiles du vieux grès rouge ou système dévonien (old red sandstone) des Îles britanniques et de RussieChapitre 98 sur 104 · IS · texte numérisé non relu

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et reconnaîtra facilement que les O. Murchiaoni el tenuistriatu « , que l’on trouve assez fréquemment dans les rocs de Ludlow, du système silurien , sont des espèces particulières toutà-fait différentes de celles des environs de St-Pétersbourg. U One hua dilalalu* Eichw. est une espèce de mon nouveau genre Byssaxanthus , probablement mon B. lœvis. Ee fossile que M. Eichwald désigne sous le nom de Ctenacanlhua ornatu* Ag. est vraisemblablement plutôt mon Ct. aerrulatiu Ag. , du moins je n’ai encore vu que ce dernier parmi les fossiles qui m’ont été communiqués de Russie.

Pleuracanthu*. M. Eichwald n'est pas heureux dans ses rapprochemens , et il parait que je suis bien peu au courant de ce qui concerne les poissons fossiles. Du moins d’après M. Eichwald le genre Pleuracunthus serait fréquent dans la molasse ct dans le Jura , mais plus rare dans le terrain houiller, ce qui expliquerait sa grande rareté dans le système dévonien. J’ignore quel fossile de ce terrain M. Eichwald a décrit sous le nom de Pleuracanthu* tubereulatus; mais ce que je sais fort bien, c’est que je n'ai décrit qu’une seule espèce de Pleuracanthu» dans mes Recherches. pag. 66, provenant de la houille de Dudley, que j’en connais deux autres , encore inédites, provenant également de la houille, mais que je n’en ai encore jamais rencontré ni dans la molasse, ni dans le Jura, ni dans le terrain dévonien, ct je ne sache pas que qui que ce soit en ai signalé dans ces terrains, excepté M. Eichwald, qui ne nous dit ni sur quoi reposent ses indications , si peu conformes à l’état connu des choses , ni où les espèces , qu'il ne nomme du reste pas, ont clé trouvées dans les terrains qu’il cite.

Pristacanlhus. M. Eichwald cite une espèce de ce genre jurassique dans les couches dévoniennes des bords de la Slawânka sous le nom de P. Varinus ; pour ma part je n’ai jamais rencontré de fossile du système dévonien qui puisse être rapporté au genre Pristacanthux. Peut-être M. Eichwald a-t-il eu sous les yeux quelque type nouveau encore inédit. La présence d'un Prislacarithus dans le système dévonien serait le premier exemple d’un genre jurassique dans un terrain paléozoïque.

Hybodu». M. Eichwald décrit deux espèces de ce genre : son Hybodu» yracili» me parait être mon Homaamlhus arcualu* , du moins je n’ai pas vu d’autre Ichlhyodorulilhe auquel je pourrais rapporter sa description ; son Hybodu s longiconu* est mon Clndodux simplex. Je ne sais pas où M. Eichwald a appris que j’ai trouvé Y Hybodu* longiconu» dans le Lias ; je ne l'ai jamais rencontré ct cité ailleurs que dans le Muschclkalk. Je n'a! non plus jamais cité Y/l. subcarinatu * dans le Lias, mais bien à Tilgate. Est-il permis à un géologue d’entasser ainsi fausse citation sur fausse citation?

Helodus. M. Eichwald cite une espèce de ce genre, qu’il rapporte à mon If. Uevissimui , qui n'a été trouvé jusqu'ici que dans le calcaire carbonifère de Bristol ; quant à moi, je n’ai pas encore observé de fossile de ce genre dans le système dévonien ; mais je ne serais point surpris qu’il y eu eut réellement. Dans tous les cas, je doute fort que l’on trouve jamais dans le système dévonien une espèce du système houiller.

Clenodus. J’ignore complètement sur quoi repose l'opinion que M. Eichwald s'est faite de

mon genre Cténodus , comme caractéristique de la Craie. Le fait est que la seule espèce que j’ai décrite dans mes Recherches, p. 137, provient de la bouille de Tong, prés de Leeds; jamais je n’en ai vu la moindre trace dans des terrains plus récens, et cependant je connais maintenant huit espèces de ce genre, qui toutes appartiennent aux terrains houillers ou dévoniens. M. Eichwald parle néanmoins des Cténodus comme de fossiles caractéristiques de la craie, et cela comme d’un fait généralement connu et admis. M. Eichwald aurait-il peutêtre confondu le nom de mon genre Ptychodus, qui est en effet caractéristique de la craie, avec celui du genre Cténodus, qu’on n’y a encore jamais trouvé, puis généralisé sur cette dénomination erronnée? Je ne vois pas d'autre explication possible des assertions de ce savant. Ce que M. Eichwald voit de remarquable dans la présence des Clénodus dans les couches dévoniennes, ne serait donc que le résultat d’une confusion de noms, bien étrange de sa part , dans celte circonstance.

M. Eichwald décrit deux espèces de Clénodus , qu’il nomme Cl. radialus et Cl. serratus. Les caractères qu’il assigne à ces espèces ne me permettent pas de les rapporter à celles que j’ai décrites ci-dessus.

Ceratodus. M. Eichwald cite une espèce de Ceratodus, sous le nom de C. laleralis; ce fossile m’est entièrement inconnu. Il serait fort intéressant de constater l'existence du genre Céralodus dans le système dévonien, jusqu’ici je n’en connais pas de traces plus anciennes que dans le Muschelkalk.

Sclerolepis. Je n’ai pas pu découvrir sur quoi repose le genre Sclerolepis de M. Eichwald , à moins qu’il ne corresponde à mon Psammolepis par ado rus. L’auteur en décrit une seule espèce, son Sclerolepis decoratus.

Aslerolepis et Plerichlhys. Les espèces que M. Eichwald signale avec doute sous les noms d ’Asterolepis ou de Pterichthys depressus cl concatenalus me paraissent être les deux variétés de mon Chelyophorus pustulalus. Je ne trouve du moins pas d’autres fossiles parmi ceux de Kussie, que j’ai vus, qui se rapprochent davantage des indications vagues de M. Eichwald.

M. Eichwald attribue les dents du genre Dendrodus Owcn et Cricodus Ag. à ses Aslerolépis, et les dents plates, sans doute celles de mon genre Lamnodus, à son genre Bolhriolepis. La mâchoire presque complète de Bothriolépis , armée de dents coniques, que j’ai décrite et figurée Tab. 27 et 28, prouve l'inexactitude de cc dernier rapprochement. Quant au premier , on pourrait l’envisager comme fondé dès qu’il serait démontré que les os qui portent ces dents sont ornés des mêmes tubercules que les plaques écailleuses décrites sous le nom d’Asterolépis. Je dois cependant rappeler que M. Eichwald dit positivement que les dents de son Aslerolepis ornai us sont creuses au milieu , tandis que les dents des Dendrodus n'ont pas de cavité centrale. Il n’y a que le genre Cricodus qui ail des dents creuses.

Coccosleus. M. Eichwald signale avec doute la présence de fragmens de Coccosleus indéterminables provenant de Marjino. Quant à moi, je n’ai point encore vu d'ossemens de ce genre d'origine russe.

Cheirolepi». Bien que M. EicliwaM signale Irais espèces de ce genre, ses Ch. splendms et unilateralis et mon Ch. Uragus, dans le terrain dévonien des environs de St-Pélersbourg , je dois faire remarquer que je n’en ai pas observé la moindre trace. M. Eichwald n’aurait-il point pris mes Pxammoxteux arenatus et undulatux pour des Cheirolepisf L’aspect de la surface de ces plaques justiGerait jusqu'à un certain point cette erreur; tandis que l'étude de la structure microscopique prouve qu’elles ne sauraient être rapprochées des Acanthodiens.

Microlepis. Sous ce nom M. Eichwald établit un genre nouveau, qu’il range à côté des Cheirolepis, et il en distingue deux espèces, ses i M. Itpidux et exilis. Des exemplaires de ces fossiles, que M. Eichwald lui-même a bien voulu inc communiquer, m’ont appris que ces Microlépis ne sont autre chose que mon Psatnmotleus mœandrinux. L’examen microscopique de la structure de ces plaques aurait pu convaincre M. Eichwald de leur affinité avec les précédentes.

C hiutlolepis. M. Eichwald établit un genre nouveau pour y ranger des écailles dont il ne mentionne qu’une espèce, sous le nom de C.h. clathralut. Je ne crois pas me tromper en envisageant ce fossile comme synonyme de mon Platyynathu* Jamesoni.

Osteolepis. M. Eichwald indique deux espèces de ce genre dans les couches du système dévonien de Hussie , qu'il appelle Ost. nanux et (ht. intermediux. Les descriptions portant sur des particularités génériques, plutôt que sur les caractères spécifiques , je ne me permettrai pas de décider si ces espèces sont les mêmes que les miennes, ou non.

Dipteru». M. Eichwald signale une espèce nouvelle de ce genre dans les couches dévoniennes des bords de la Slaw ânka , sous le nom de O. arenaeeux. Quant à moi je n’ai pas encore vu de débris de ce genre provenant de Russie. M. Eichwald affirme en outre qu'autrefois je réunissais le genre Dipterus au genre Patminixcus. Le fait est que je n’y ai jamais songé ; aussi M. Eichwald serait-il sûrement bien embarrassé s'il devait justifier cette assertion en citant mes ouvrages.

Mtgalichlhyx. Sous le nom de H. Fîscheri, M. Eichwald décrit une espèce des couches dévoniennes , des bords de la Slaw ânka , que je ne connais probablement pas ; du moins je n’ai pas rencontré de débris de ce genre parmi les fossiles de Russie que j’ai vus.

Sauriclithyx. H. Eichwald cite avec doute une espèce indéterminée de ce genre dans les couches dévoniennes des bords de la Slawânka.

La publication de ma Monographie permettra , je l'es|ière , aux géologues russes de lever tous les doutes qui me sont restés sur les déterminations de M. Eichwald. Je désire d’autant plus vivement que cette vérification ne se fasse pas attendre, qu’il est toujours fâcheux que des noms dont l'application est douteuse, s’introduisent dans la science et y augmentent les embarras de la synonymie.

Quelques indications sur les points qu’il importerait le plus d’éclaircir pour avancer nos connaissances sur les poissons fossiles du système dévonien, ne seront pas déplacées à la fin de cet ouvrage.

On se convaincra facilement en lisant ma Monographie que j’ai décrit un assez grand nombre d’cspéccs d’après de simples fragmens , et qo'il serait d’un grand intérêt d’apprendre à les connaître en entier et d'en avoir des dessins qui ne laissent rien à désirer. Il y a même plusieurs espèces que je connais en entier sans en avoir eu des exemplaires complets sous les yeux. Il n’est pas nécessaire d’être très-versé dans la paléontologie pour savoir ce qu’il reste à faire, sous ce point de vue, pour toutes les espèces fossiles, pour eu donner une image fidèle ; mais ce qui importe tout autant, c’est de compléter nos connaissances de leur organisation. C’est ainsi que la charpente solide des Céphalaspidet est loin d’être suffisamment étudiée, plusieurs genres n’ont même été établis que sur des fragmens ; tout ce qui pourra contribuer à combler ces lacunes sera d’une grande valeur. Les Acanlhodieiu et les Diplèrient sont mieux connus , mais il y a encore bien des détails à ajouter à leur histoire. Quant aux Cèlacanthes, tout est presque à faire, ou peut-être à refaire, dans la description que j’en ai donnée. Les genres de celte famille , établis pour la plupart sur de simples fragmens , ne sont probablement pas encore circonscrits dans leurs limites naturelles ; quelques-uns de ceux qui reposent sur l'examen de dents devront probablement être réunis à d’autres établis d’après des écailles et vice versa , quoique j’aie toujours cherché à éviter de pareils doubles emplois ; d'un autre côté, l’étude microscopique de ces débris devra être étendue à un plus grand nombre de pièces. Enfin , parmi les Placoïde» il importera de rechercher de quelle manière les rayons et les dents, qui ont été décrits isolément, se trouvaient réunis dans la nature.

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