‹ Monographie des poissons fossiles du vieux grès rouge ou système dévonien (old red sandstone) des Îles britanniques et de RussieChapitre 97 sur 104 · SÎ · texte numérisé non relu

SÎ

dont M. Eichwald a cherché & déterminer les espèces dans le Mémoire que j'ai mentionné plus haut, et qui fut inséré d’abord dans les Feuilles patriotiques de St-Pétersbourg. Dans sa première publication , M. Eichwald, que l'on aurait pu croire compétent pour juger la question , nous apprend que son genre Asterolépis est synonyme de mon genre Ptérichthys, qu’il attribue , je ne sais trop pourquoi , à M. H. Miller ; puis il rapporte mon genre Coccosleus à son genre Bothriolépis. Cependant des exemplaires autenthiques d' Asterolépis et de Bothriolépis, que je dois à M. le Prof. Bronn, qui les tenait lui-même de M. Eichwald, m’ayant appris que les genres de M. Eichwald n’ont rien de commun ni avec mes Ptérichthys , ni avec mes Coccosleus , tandis qu'ils sont synonymes de ceux que j'avais établis sous les noms de Chelonichlhys et de Glyptosteus , je me suis empressé de supprimer ces derniers noms pour adopter ceux de M. Eichwald. Aujourd’hui M. Eichwald, voyant ses genres figurer à cété des miens, dans mes dernières publications, et s’appuyant sans doute sur les caractères que je leur assigne maintenant , trouve de nouveau moyen de séparer ses Bothriolépis et ses Asterolépis de nies Ptérichthys et de mes Coccostcus , dont il avait reconnu la coïncidence avec une si parfaite assurance il y a quelques mois seulement (*). Qu’en sera-t-il un jour de ses espèces nouvelles? Je laisse à d’autres le soin de le décider. Mais ce que je me permets d'affirmer ici, c’est que de nos jours il n’est plus possible de caractériser des ossemens fossiles sans le secours de bonnes figures , et que toutes les tentatives d’en agir autrement ne peuvent porter que des fruits déplorables. L’Iconographie est l’auxiliaire inséparable de nos descriptions de fossiles, et quant à l'appréciation rigoureuse de fragmens isolés d'osscinens, il est indispensable d'avoir recours à une étude microscopique de leur structure, pour les déterminor. Des travaux paléontologiques faits sans ces moyens de précision n’ont pas plus de valeur à' mes yeux que la description d’un minéral qui n'embrasserait ni les caractères cristallographiques ni la composition chimique de l'espèce qu’il faudrait déterminer, et qui se bornerait à nous apprendre qu’il s’agit d’un minéral dur, à surfaces anguleuses, en forme de petite tour, jaune ou rouge , etc. Quel est le minéralogiste qui , de nos jours, tiendrait compte d'une pareille description? Aucun. Certes, les paléontologistes ne peuvent pas se prévaloir d'une réserve aussi judicieuse dans la critique qu’ils font des travaux qui paraissent dans leur domaine, car tous les jours nous voyons citer des descriptions de fossiles qui ne mettent pas en évidence un seul caractère organique des espèces qu’elles sont sensées nous faire connaître.

Onchus et Ctcnacanthus. La comparaison directe que j’ai faite des espèces d’Onchus du terrain dévonien avec celles du silurien, m’a permis de les distinguer spécifiquement. Leurs caractères sont assez tranchés, comme on a pu le remarquer ci-dessus, pour qu'il ne puisse plus être question de les confondre. Cependant M. Eichwald insiste sur la présence de mes Ouchus Murchisoni et lenuistriutus dans les couches dévoniennes des bords de la Slawanka. J'ose croire qu’en revoyant mes descriptions, M. Eichwald renoncera à ce rapprochement

£•) Voir à ce siijel le mémoire inséré dans les Archives de MM. Kantrn ci Je Decken.

Page 1