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aux parois des sinus. Les plexus choroïdes et les veines de Galien sont gorgés de sang noirâtre.
La couche cellulaire sous-méningienne qui forme la pie-mère présente souvent dans plusieurs points, à la partie postérieure des hémisphères cérébraux , sur leur convexité et sur le cervelet, de véritables ecchynio.ses et une infiltration sanguine très marquée.
Le cerveau, le cervelet et la moelle épinière ne présentent aucune altération dans la densité et la texture de leur tissu ; la substance blanche est toujours légèrement sablée de gouttelettes de sang noirâtres, petites et fort nombreuses.
Les nerfs pneumo-gastriques , les nerfs rachidiens, les nerfs splanchniques, les ganglions semi-lunaires et tous les ganglions et plexus nerveux sont parfaitement sains ; leur tissu a la densité et la couleur naturelles , si l’on a eu soin, pour la dissection de ces organes, d’éviter l'imbibition sanguine qui suit l’épanchement du sang sorti des veines, qu’il faut couper pour les mettre à découvert. Il est cependant d’observation , quant aux ganglions nerveux, que dans les cadavres des cholériques, I ils présentent souvent une teinte rosée rougeâtre qui ! se retrouve accidentellement après beaucoup de mala- ' dies et constamment dans les asphyxiés.
Les lésions anatomiques constatées dans la dissection des cadavres des cholériques qui ont succombé à la période d’asphyxie, ne présentent aucune variété quant à la sécheresse et à la viscosité des membranes séreuses, quant à l’état des follicules intestinaux et à la congestion I generale du système veineux par un sang altéré 5 mais on trouve quelquefois, outre ces lésions, quelques désor- I dres anatomiques souvent expliqués par l’état des malades anterieur a 1 explosion du choléra proprement
dit. C est ainsi que, sans parler des désordres qui dépendent des maladies existantes avant le choléra , dont la présence n’a pas besoin d’être indiquée, on rencontre les follicules de Peyer très développés, et quelquefois même arrivés à un état évident d’inflammation , quand la diarrhée s’est prolongée pendant un certain temps, comme huit à dix jours avant l’invasion du choléra ; de même qu’on rencontre des traces incontestables d’inflammation gastrique et intestinale sur des malades qui s’étaient soumis, avant la maladie, à des boissons irritantes prises en excès, soit par intempérance, soit comme préservatif de la maladie.
Le système osseux se trouve, dans les cadavres des cholériques morts dans l’asphyxie, dans un état d’injection sanguine très prononcé, surtout dans les os spongieux. Cette injection est d’autant plus manifeste, que les os reçoivent, comme on sait, une grande quantité de sang veineux, qui même paraît déposé dans leurs cellules sans l’intermédiaire d’aucune membrane. Les dents présentent cette injection; aussi leur racine et la moitié de leur couronne offrent-elles une teinte; rouge qui les fait rejeter par les dentistes pour la fabrication des fausses dents. Cette teinte ne se montre que quelques heures après la mort; elle augmente pendant deux ou trois jours, et persiste ensuite sans se modifier. Les personnes qui font commerce de dents de cadavres ont remarqué cette teinte rouge sur les dents des personnes mortes de plusieurs autres maladies : ils disent, par exemple , qu’elle est constante sur les dents extraites à ceux qui ont succombé à la variole. Nous venons en en effet de la constater dans ce cas.
Lorsque les malades succombent après la réaction , on trouve des traces de la métastase qui a déterminé la
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mort , et on ne rencontre plus tous les désordres qui dépendent de la lésion de la circulation veineuse, comme lorsque la mort arrive dans la période asphyxique ; ainsi plus de congestion aussi marquée dans tout le système veineux, et ,Vun autre côté , traces fréquentes de con- «estions artérielles allant jusqu’à l’état d’inflammation.
La congestion veineuse n est plus aussi marquée j elle n’a cependant pas disparu complètement dans tous les cas où la métastase comateuse commence presque avec la réaction , ou se montre après une réaction faible et peu prolongée; on rencontre alors constamment les sinus de la base du crâne gorgés d’un sang noir visqueux qui les obstrue. Les veines jugulaires internes sont également obstruées par du sang veineux altéré; toutes les veines encéphaliques sont aussi gorgées. La substance blanche du cerveau est sablée ; le cœur n’est plus gorgé de sang exclusivement dans ses parties droites, et le sang de l’aorte n’est plus noir comme celui de la veine-cave. Les poumons ne sont plus vides, affaissés comme dans la mort asphyxique; ils sont même souvent dans un état de congestion très marquée, que nous avons trouvé allant jusqu’à l’hépatisation rouge dans une partie d’un de ces organes.
Le tube digestif n’est plus distendu par le liquide cholérique, à la place duquel on trouve une purée jaunâtre en petite quantité, ayant déjà de l’odeur des matières fécales. Les follicules disséminés ne sont plus apparents, et les follicules agminés ne le sont pas davantage. La tunique villeuse présente des traces d’inflammation bien évidente dans la plupart des cas de la maladie arrivée au degré dont nous parlons. Ces traces sont une injection ponctuée et striée artérielle, disposée par plaques dans l’estomac, le duodénum, le jéjunum et l’iléum. Ces plaques sont quelquefois d’une teinte uniforme-
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RÉSriLTATS
ment brunâtre ou ardoisée, et présentent, à leurs limites et dans leurs intervalles, des arborisations vasculaires vermeilles très nombreuses. Sur ces plaques, qui occupent souvent toute la circonférence du tube digestif, et particulièrement les bords des valvules conniventes, la villeuse est épaissie, facile à détacher des membranes adjacentes qui participent elles -mêmes à l’injection phlegmasique. Ces désordres inflammatoires ne sont cependant jamais très étendus ; toutes ces plaques réunies n’occuperaient pas dix pouces de l’intestin, mais leur nature ne peut être révoquée en doute.
Lorsque la mort arrive au commencement de la réaction, dans les cas où cette période a commencé, mais n’a pu s’établir, on trouve les désordres du choléra à la période asphyxique dans le tube digestif et les organes cérébraux; mais le poumon est toujours à un état de congestion assez marqué, et les cavités du cœur ne sont point distendues par un sang noir et gélatineux, comme lorsque la mort est arrivée dans la période asphyxique.
Il arrive que les évacuations cholériques se rétablissent; ou si elles ont persisté, comme cela se voit encore dans la période de réaction avec métastase comateuse, on retrouve tous les désordres qui paraissent nécessairement liés à la phlegmorrhagie, savoir, le développement des follicules disséminés et agminés, et la congestion veineuse, et l’altération du sang des vaisseaux à sang noir, et la présence dans le tube digestif du liquide cholérique.
La vessie sur les cadavres des sujets morts dans le coma est quelquefois distendue par de l’urine; cela n’est pas ce qui arrive le plus fréquemment, car le retour de la suppression d’urine, qui avait cessé, est le
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plus souvent le signal du coma, et alors il n’y a pas d’urine dans la vessie. On n’y en trouve que lorsque cette suppression n ayant pas lieu, 1 urine s est accumulée dans son réservoir; circonstance aussi fort commune dans le coma.
L’invasion du coma est quelquefois accompagnée de vomissements verdâtres et de selles rougeâtres odorantes véritablement diarrhéiques. Dans des cas de cette espèce on trouve de la bile verdâire dans le duodénum , où se rencontrent aussi des traces d’inflammation; les follicules agminés de Peyer sont gonflés et même phlogosés, comme le prouvent l’injection artérielle, la mollesse et la saillie des plaques qu’ils forment, sous lesquelles le péritoine et la musculeuse intestinale se détachent avec une très grande facilité.
Si la mort dans le coma arrive au bout de quelques jours de l’invasion de cette métastase; qu’il n’ait existé que des accidents comateux , ou qu’il se soit manifesté en même temps des symptômes d’encéphalite, on trouve, sur les cadavres, les sinus de la base du crâne tantôt contenant encore du sang noirâtre qui est adhérent à leurs parois, tantôt complètement libres et vides; mais i alors le tissu cérébral est beaucoup plus dense que dans I l’état physiologique ; il est très sablé, et des points rouges I vermeils, plutôt que des points noirâtres, indiquent 1 l’injection artérielle du tissu blanc du cerveau. Le fluide J céphalo-rachidien, légèrement rougeâtre, se trouve a en quantité considérable sous l’arachnoïde. Les ven- ; tricules ne sont cependant pas dilatés. Dans ces cas > le tissu de la moelle épinière est ferme et aussi mai nifestement injecté.
Dans un cas de ce genre, nous avons trouvé la subs- •> tance de la moelle épinière légèrement ramollie, et
cependant nullement colorée ni désorganisée à la partie inférieure de la région cervicale.
Lorsque la mort est survenue après une métastase gastro-intestinale, avec ou sans inflammation folliculeuse, on trouve sur les cadavres les désordres suivants.
La membrane villeuse de l’estomac présente des taches rouges vermeilles, sur lesquelles la membrane interne, manifestement plus épaisse et plus facile à déchirer et à détacher que dans l'état sain, paraît, vue à contre-jour, comme mamelonnée. Le tissu cellulaire adjacent est injecté et présente souvent des ecchymoses; des capillaires rouges injectés d’un sang vermeil manifestement artériel, se voient en grand nombre au travers de ces plaques , et les entourent comme une aréole. La villeuse du duodénum, du jéjunum, del’iléum, et souvent du cæcum et du colon , présente les mêmes altérations. Ces désordres n’occupent pas toujours à la fois toutes ces parties; ils ne s’observent que sur plusieurs d’entre elles sur les mêmes sujets. Toutefois, les altérations évidemment inflammatoires se remarquent le plus souvent à l’estomac, dans sa moitié pylorique, et dans le duodénum, dans toute sa longueur. Dans ces cas très graves, la muqueuse des intestins est d’un rouge cramoisi uniforme; c’est l’érythème intestinal au plus haut degré d’intensité. Il est remarquable que, dans cette forme d’inflammation, la plus fréquente des métastases abdominales du choléra, les follicules de Peyer et de Brunner ne sont ni développés, ni encore moins enflammés.
Lorsque l’inflammation a plus spécialement attaqué les follicules, les désordres qui se rencontrent sur les cadavres sont en partie ceux qui ont été assignés à la Hèvreentéro-mésentérique,àla fièvre typhoïde, ou, pour
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parler plus rigoureusement, à l’entéri le folliculeuse. Les
follicules agminés de Peyer sont très gonflés, et forment des plaques rouges-brunâtres très saillantes comme mamelonnées à leur surface , et les ganglions mésentériques correspondants sont tuméfiés et rougis. Mais dans toutes les ouvertures de corps dont j ai ete témoin , je n ai jamais vu ces plaques ulcérées et formant comme des furoncles, ou fournissant des bourbillons jaunâtres, ainsi que cela s’observe dans la fièvre typhoïde. L’inflammation n’est pas aussi, dans ces cas, limitée aux follicules agminés; les follicules disséminés de Brunner partiel pent le plus souvent à la maladie. Constamment aussi,dans ces cas , la membrane villeuse est le siège d’un érythème uniforme qui n’existe ordinairement plus dans les entérites folliculeuses ordinaires après leur période d’invasion.
Toutes les fois que nous avons vu la membrane villeuse gastro-instestinale enflammée par métastase cholérique, que l’inflammation fût simplement érythémoide, ou qu’elle affectât simultanément la trame muqueuse et les follicules, nous avons trouvé des ecchymoses violâtres très marquées dans la membrane muqueuse et dans la musculeuse adjacente, sans qu’il y eût aucun rapport de siège entre ces ecchymoses et les plaques enflammées; car si l’on voyait par endroits ces ecchymoses adjacentes aux plaques éry thémoïdes , dans d’autres points elles se trouvaient dans la villeuse saine , blanche et exempte de toute autre altération.
Tous les médecins versés dans l’étude de l’anatomie I pathologique comprendront, à la lecture du résumé ! général des observations recueillies à l’ouverture des i cadavres, que les cas particuliers présentent de nom- I breuses variétés , qui se lient toutes cepencbnt à l’état général d’altération que j’ai signalé, et qui dépendent
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de circonstances particulières, faciles à apprécier. Pour donner des exemples de ces variétés, je serais obligé de rassembler ici un grand nombre de faits dont l’étendue m’entraînerait au-delà des limites de cet ouvrage; je me contenterai de donner deux observations. La première est un des exemples de choléra à la période asphyxique; chez le sujet de la deuxième, la mort est arrivée après un commencement d’effort de réaction qui ne s’est pas soutenu, et n’a pas même atteint le degré suffisant pour annuler tous les désordres qui appartiennent spécialement à la période cyanique.
Vilnay, âgé de quarante-trois ans, marchand des quatre saisons, demeurant rue de Rochechouart, Chaussée-d’Antin, d’une assez forte constitution, fut apporté, le 3o mars, dans mon service, à l’Hôtel-Dieu. Cet homme avait passé la soirée du 29 mars et une partie de la nuit à boire; il était couché depuis deux heures lorsqu’il fut pris, sur les quatre heures du matin, d’évacuations par le haut et par le bas presque continues, et bientôt accompagnées de crampes : ces accidents firent de rapides progrès; et lorsque je le vis, les urines étaient suspendues; les membres supérieurs n’étaient pas absolument froids, mais ils avaient une chaleur humide visqueuse peu élevée; il y éprouvait des crampes; les douleurs de l’estomac étaient excessivement vives au toucher, et l’anxiété épigastrique était extrême; la face et les extrémités étaient violâtres, la langue n’était pas froide, l’haleine n’était pas froide; l’intelligence était intacte; les battements de cœur étaient assez sourds; on ne sentait pas le pouls; sueur visqueuse sur tout le corps, respiration haute et ralentie, anxiété extrême. On fit une affusion avec de l’eau à vingt-deux degrés pendant une minute. Après cette affusion, le malade présenta un peu de réaction , le pouls put être perçu ;
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il donnait cent à cent dix pulsations à la minute; la respiration devint plus fréquente et plus superficielle , très anxieuse. Mort le 3o , à quatre heures du soir. Ouverture du cadavre pratiquée quatorze heures
après la mort.
La lividité des membres a presque entièrement disparu , si ce n est aux extrémités supérieures où elle persiste encore, mais à un degré beaucoup moindre que dans l’état de vie; la sclérotique est jaunâtre, parcheminée; la figure est grippée, et présente 1 aspect livide qu’on a observé sur tous les cholériques.
Les plèvres sont sèches, poisseuses au toucher, ne contenant pas de sérosité; les poumons sont sains, crépitants, un peu emphysémateux dans quelques points; ils sont un peu violâtres et ne sont pas engoués. La veine azigos est moins distendue par le sang que chez les autres cholériques.
Le péritoine est aussi poisseux au toucher. Les intestins sont injectés par des veinules nombreuses à la surface péritonéale. L’estomac est distendu par des gaz. Toutes les veines des intestins sont injectées et remplies i de sang. Les interscostales, les veines mammaires sont I aussi remplies de sang. La rate est très petite, la veine- I cave est distendue par le sang. Celui de la veine-porte
> est plus noir que dans les autres veines. Le foie est ferme
> et contient du sang noir. La vésicule biliaire est pleine ' d’une bile jaunâtre , olivâtre , fluide. Les canaux biliaires . ne présentent rien d’anormal. Le liquide contenu dans
l’estomac est blanchâtre, contenant de petits flocons. La I muqueuse de l’estomac est livide , injectée assez forte- I ment et comme de sang veineux; elle est ecchymosée. Des follicules disséminés en grand nombre paraissent
> légèrement en relief sur la membrane muqueuse. A me-r I sure que l’on approche du pylore, la couleur rougeâti'O
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lie la villeuse est moins prononcée, et se rapproche du pâle livide. Le pylore paraît contracté, et admet à peine dans son orifice l’extrémité du petit doigt. On trouve dans rS iliaque du colon une matière blanchâtre, liquide, de consistance putacée grasse. Le gros intestin présente de légères arborisations, les follicules muqueux de Peyer sont un peu plus développés qu’à l’état normal, la muqueuse est généralement blanchâtre, livide dans tout le tube digestif; quelques points cependant sont légèrement injectés; à l’iléon, les follicules de Brunner deviennent moins sensibles. On remarque dans le duodénum quelques marbrures, et cette portion de l’intestin paraît avoir une épaisseur plus grande que dans l’état normal. L’aorte, à sa crosse, renferme du sang en assez grande quantité; ce sang est légèrement poisseux, noirâtre, épais et grumeleux. Sa membrane interne est saine. Le cœur, un peu plus gros, présente, dans son ventricule gauche, une hypertrophie concentrique ; son tissu se déchire avec une grande facilité; l’oreillette droite contient beaucoup de sang noir et un caillot fibrineux à son centre. La vessie est fortement contractée , et contient une petite quantité d’urine qui n’est pas blanchâtre comme chez les autres cholériques. Les reins n’offrent rien d’anormal. Le gauche, cependant, a une consistance moins grande que dans l’état sain. Les muscles sont rougeâtres, et se déchirent facilement sous le doigt. Les ganglions semilunaires ne présentent absolument rien de remarquable.
Les méninges présentent leurs vaisseaux propres et adjacents injectés, mais peu fortement; on trouve du sang noir en petite quantité dans le sinus longitudinal supérieur. L’arachnoïde paraît un peu ramollie; de légères ecchymoses sous-arachnoïdiennes se présentent sur différents points sur les hémisphères cérébraux; le
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cerveau est mou, sa substance blanche est moins resplendissante que dans 1 état normal; quand on la coupe, elle est sablée, mais moins que chez d’autres cholériques. Pas de sérosité dans les ventricules ,1e tissu du cervelet est un peu mou. La moelle allongée n’offre rien d’anormal. La moelle épinière est molle , diffluente dans différents points, mais sans traces*de désorganisation; dans d’autres, elle a sa consistance naturelle; ses enveloppes sont sans altération.
Dimont, âgé de soixante-sept ans, journalier, d’une constitution qui semble détériorée, fut apporté, le 29 mars, à l’Hôtel-Dieu. Cet homme était atteint de diarrhée depuis huit jours; il avait été pris, la nuit précédente, de vomissements considérables avec selles abondantes, crampes très vives et anxiétés épigastriques très intenses; apporté à l’Hôtel-Dieu à trois heures, il avait des selles très fréquentes et aqueuses ; il éprouvait des crampes dans les bras , dans les jambes , et refusait la boisson qu’il ne prenait qu’avec dégoiâl, à cause des nausées qui le tourmentaient; l’épigastre était douloureux, le pouls offrait quatre-vingt-quatre pulsations à la minute; les extrémités étaient froides, violâtres, bleues; la respiration était précipitée; les urines n’é- ■ taient pas supprimées tout-à-fait, mais elles étaient très rares et jaunes; l’intelligence était intacte, l’haleine fétide, les conjonctives un peu injectées. On pratiqua des frictions avec l’alcohol vulnéraire, uni, à partie « égale, au baume de Fioraventi. On administra une ini fusion chaude de camomille avec addition par cuille- ^ rées de la potion suivante :
Eau de cannelle orgée. ...... 5 iv.
Acétate d’ammoniaque | j.
Opium gr. xij.
Sirop simple ^ ij.
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Dans la journée, le malade voulut se lever, mais il tomba de son lit.
Le soir, il se trouva beaucoup mieux; une sueur abondante, visqueuse, gluante, couvrait tout le corps; la chaleur se rétablissait peu à peu aux extrémités; mais le malade se plaignait d’une grande faiblesse; le pouls était presque insensible, la sueur visqueuse continuait, l’affaiblissement faisait des progrès ; il mourut à deux heures du matin.
A l’ouverture du cadavre, faite huit heures après la mort , nous avons remarqué que la lividité des membres avait disparu en partie; elle était plus marquée aux membres supérieurs qu’aux extrémités inférieures, depuis le poignet jusqu’aux doigts ; les jugulaires ne paraissaient pas injectées ; les saphènes étaient pleines de sang noirâtre visqueux; les muscles abdominaux n’étaient pas rétractés.
Les plèvres, le péritoine, le péricarde, l’arachnoïde, étaient poisseux au toucher, et adhérents aux doigts; il n’y avait de sérosité épanchée dans aucune cavité séreuse.
Les veines mammaires internes, les intercostales et la veine azigos étaient considérablement distendues par du sang noirâtre, épais, plastique et coulant comme une matière grasse et huileuse. Les veines pulmonaires contenaient aussi beaucoup de sang.
Les poumons avaient un aspect livide ; ils s’étaient affaissés, et engoués à un certain degré, à leur sommet et à leur partie postérieure ; les bronches étaient rouges, livides et pâles. Le poumon gauche offrait à son sommet quelques adhérences , et dans son parenchyme quelques points emphysémateux; sa couleur était livide; il contenait plus de sang que dans l’état ordinaire dans presque toutes ses parties, et surtout à son sommet.
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Le tube intestinal était rempli de fluide que nous avons recueilli à la quantité de trois a quatre litres ^ et qui offrait les caractères suivants : dans la portion qui s’étend de l’œsophage qui en contenait beaucoup jusqu’au duodénum) ce liquide était blanchâtre ) opaque) comme purulent. Du duodénum jusqu’au gros intestin, ce liquide était d’un bleu grisâtre; de nombreux flocons pultacés nageaient dans son milieu ; il avait une odeur fade comme du lait aigri. Dans l’iléon jusqu’au rectum, le fluide était plus épais, légèrement rougeâtre, et répandant u,ne odeur légèrement fétide. Dans la fin du colon et dans le rectum, une matière noirâtre ayant l’aspect de marc de café était mêlée au liquide qui remplissait l’intestin.
Le tube digestif, vu par sa surface péritonéale, était violâtre dans toute son étendue. Les veines mésaraïques, dans toutes leurs ramifications jusque dans leurs j radicules, étaient gorgées d’un sang noir poisseux.
La membrane muqueuse gastro-intestinale était partout tapissée d’une couche molle pultacée, non adhérente; elle était livide dans toute son étendue; elle n’offrait aucune trace de rougeur ni d’ecchymoses, excepté à l’origine du rectum où des taches rouges ponctuées et quelques points ecchymosés se rencontraient; elle avait l’épaisseur, la consistance et l’adhé- I rence aux tissus adjacents qu’elle a dans l’état sain. Les i follicules disséminés de Brunner avaient le volume de ; grains de millet, et n’offraient aucune teinte rouge ni aucune trace d’injection. Les follicules agminés étaient légèrement développés, de manière à faire voir le léger relief des plaques arrondies qu’ils forment, et les points ! noirs qui indiquent les orifices des cryptes ; ces plaques ne présentaient aucune trace d’injection ni de lésion I inflammatoire.
lio UltsULTA-TS
La vessie avalises parois tellement contractées, quelle était réduite à un très petit volume; elle contenait une matière blanchâtre, purulente, en très petite quantité. |j La rate, dont le tissu était assez dense, était petite i et affaissée.
La veine-porte était gorgée de sang ; les canaux biliaires || étaient vides et à l’état sain ; la vésicule du fiel contenait une bile verdâtre, sirupeuse , filante : il s’en trouvait dans |j le canal cholédoque. Le foie était volumineux et friable; ^ sa couleur était celle du marc de café.
La veine- cave était considérablement distendue par du sang d’un rouge extrêmement foncé, plastique et grumeleux. |
L’aorte contenait du sang noir et visqueux en petite j quantité; le cœur était excessivement friable, distendu par du sang noir dans ses cavités gauches qui ne contenaient point de concrétions fibrineuses; le ventricule gauche était légèrement hypertrophié; les veines coronaires étaient très gorgées de sang noir; l’artère pulmonaire ne présentait rien d’anormal ; la crosse de l’aorte offrait des ossifications nombreuses sous la membrane interne de ce vaisseau.
Les méninges étaient fortement injectées , et surtout la dure-mère : le sinus longitudinal supérieur était rempli et distendu par du sang; l’arachnoïde était faiblement injectée. La carotide interne, à son entrée dans le cerveau, contenait du sang noir; le cerveau, à la surface arachnoïdienne, présentait de légères ecchymoses. La substance cérébrale était sablée, et laissait couler quelques gouttelettes de sang quand on l’incisait. Une petite cuillerée de sérosité était épanchée dans le ventricule gauche ; il y en avait un peu moins dans le ventricule droit; les couches optiques et les corps striés étaietit