‹ Monographie du choléra-morbus épidémique de ParisChapitre 39 sur 50 · SECTION II · texte numérisé non relu

SECTION II

Des moyens cT assurer des soins aux malades affectés du

choiera, et de V etablissement et de l’organisation des

hôpitaux.

Les malades affectés du choléra-morbus ont besoin dêtre promptement secourus; il faudrait même qu’ils fussent traités aussitôt qu’ils ressentent les prodromes de la maladie. Les moyens d’assurer ces secours consistent à déterminer les pauvres à recourir, dès l’invasion des prodromes, aux soins des médecins, et à prendre des mesures pour que les médecins puissent donner rapidement des secours.

Pour les classes aisées et éclairées, il est de la plus grande importance qu’elles soient prévenues que toutes les indispositions , quelque légères qu’elles soient , doivent être traitées méthodiquement sans retard ; ou peut être assuré que ce seul avertissement, auquel la crainte donne beaucoup de poids, sera entendu; et c’est par cette conviction que les médecins de l’Hôtel-Dieu se sont déterminés à publier, au début de l’épidémie, cet avis qui eût dû former le premier et presque l’unique article des instructions populaires. Les bons effets de cet avertissement ont été bien évidents par le grand nombre de prodromes cholériques que tous les médecins de Paris ont étédmmédiatement appelés à traiter dans toute la ville. La population aisée de Paris aurait retiré plus d’avantages encore de cet avis, si un très grand nombre de n)édecins n’avaient pas eu l’imprudence de traiter avec trop de légèreté des prodromes

DU CUüLÉliA-MÜRBIîS.

souvent déjà formidables et en apparence légers.

L’avis sur la nécessité de veiller sur les prodromes de maladie qu’on pourrait ressentir, deviendrait pernicieux s’il précisait les accidentsj il faut avoir vu une terrible épidémie comme celle que nous achevons de traverser pour se faire une idée de la facilité avec laquelle les hommes effrayés sont ingénieux à se persuader qu’ils éprouvent des accidents qu’on leur a présentés comme précurseurs de la maladie. L’indication explicite des prodromes est donc une cause ‘ de terreur dangereuse.

Les pauvres, quelque pressants que soient les avis j qu’on leur donne, ne font point en général atteni tion aux accidents légers qui sont chez eux les précur- I seurs du mal; le besoin de travailler, la négligence qu’ils ont pour tout ce qui lient à leur santé, surtout lorsqu’ils n’éprouvent pas de vives douleurs , et enfin l’insouciance J qui leur est naturelle , les empêcheront toujours de s’ocï' cuperdes phénomènes morbides légers qu’ils éprouvent; i aussi jusqu’à ce que les accidents devinssent très graves 'i n’avaient-ils en général recours à aucun traitement.

Si j’étais appelé à diriger la salubrité publique dans îi une épidémie de choléra , je mettrais en première ligne aï des moyens préservatifs de cette maladie, la création n d’hôpitaux de prodromes, dans lesquels, outre les soins ' réguliers qu’imposerait l’état de maladie, je ferais don- » neraux malades, après leur séjour^ une légère aumône.

Ces hôpitaux seraient établisdans des lieux éloignés du ' foyer de l’épidémie; les malades atteints de légères indispositions y viendraient volontiers à cause de l’aumône qu’ils recevraient , et parce qu’ils n’éprouveraient pas la répugnance qu’ils ont pour entrersjans les hôpitaux de cholériques par la crainte de la contagion, et par l’impression que l’on ressent d’aller, pour une

3l6 MOYEi\S d’organisation

indisposition qu’on juge légère, habiter dans des salles pleines de malades atteints d’une affection qui cause tant d’effroi, et dans lesquelles la mortalité est si grande. L’établissement des hôpitaux pour les faibles indispo- { sitions aurait, d’ailleurs, aussi l’avantage de diminuer ( la population pauvre dans les lieux où elle est agglo- . niérée, puisque c’est surtout dans ces lieux que les ac- ; cidents précurseurs de la maladie frappent, à divers degrés, un très grand nombre de personnes.

Parmi les mesures qu’il serait aussi urgent de prendre i dans les épidémies de choléra, en partant toujours de ce fait d’observation qu’il faut traiter les prodromes | pour prévenir le choléra , je mets en première ligne des i visites domiciliaires faites au moins deux fois par se- | maine chez tous les indigents inscrits dans les bureaux | de charité. L’objet de ces visites serait de s’informer j de l’état de santé des familles pauvres, de les exhorter j à ne négliger aucune indisposition, et de s’informer de I leursbesoinsles plus urgents; de les engagera tenir aussi i propres que possible leurs habitations. Il serait tenu I note par les commissaires préposés à ces visites , des ■ i déclarations d indispositions qu’ils recevraient, et les • • médecins des bureaux de charité iraient constater ces • •: indispositions, et les soigner si les malades se refit- > salent à entrer à l’hopilal.

La crainte d’entrer dans les hôpitaux pleins de cholériques, la nécessité aussi de réserver des asiles pour ces derniers, fait rester dans leurs familles beaucoup d’indiffents affectés de maladies ordinaires. Ces malheu-

reux ne reçoivent chez eux que des soins incomplets et infructueux; leur présence dans leurs familles devient une cause de gêne, de privations, de fatigue, et aussi d’insalubrité pour eux et pour ceux qui les entourent;

DKS HÔPITAÜX DE CirOLÉRIQÜES. 3l7

c’est donc encore une des précautions importantes à prendre dans les épidémies cholériques, de disposer des hôpitaux plus spécialement réservés aux maladies ordinaires, dans lesquels les malades n aient aucune répugnance à entrer. Ces hôpitaux doivent etie, autant que possible, éloignés du foyer de l’épidémie. Les maladies ordinaires n’exigent pas des soins très rapides comme le choléra; le transport à une certaine distance n’a pas d’inconvénient, et c’est un grand avantage de pouvoir former des agglomérations de malades dans des lieux salubres , éloignés du foyer des causes propres à favoriser l’explosion du choléra. J’ai conseillé, d’après les ; motifs que je viens de présenter, à l’autorité munici- < pale de Paris l’établissement d’un hôpital ainsi desi tiné à recevoir les malades affectés de maladies ordi- II naires, qui se multipliaient dans les familles pauvres, d Cet établissement a été fait, malheureusement on n’a i pas trouvé de grand local éloigné de la rivière; il n’en a pas moins été très utile, et les hôpitaux ordinaires D sont restés, tant que l’épidémie a sévi avec intensité,

1 affectés à recevoir les seuls cholériques.

Je ne quitterai pas ce qui concerne les établissements ' d’hôpitaux dans les épidémies de choléra, sans insister i sur la nécessité de former les hôpitaux de cholériques au centre du foyer, afin que le transport des malades soit facile et prompt, et les secours rapidement administrés. Je dois signaler aussi l’utilité de créer, dans ces cas, des hôpitaux de convalescence, loin des causes qui favorisent le choléra; il faut que les soins des médecins soient continués pendant long-temps après la convalescence commencée, car le rétablissement complet de ces malades ne s’obtient qu’à force de précautions. La première de ces précautions est de soustraire les malades aux causes qui peuvent favoriser la maladie ; il n’y a pas

MOYKNS n’oiUiA-NlS Vf lOPf

de récidives à craindre, mais il est difficile que ces causes n’agissent pas sur les convalescents pouf retarder leur rétablissement; il est d’ailleurs important de ne pas en- i combrer les hôpitaux de convalescents, pour se mé- | nager le moyen de traiter un plus grand nombre de ] malades.

A l’exemple de ce qui s’est fait ,à Hambourg avec avantage, on a établi à Paris des bureaux de secours ou postes médicaux dans tous les quartiers ; ces postes, que les médecins ontd’ailleurs toujours occupés avec zèleet empressement , la nuit et le jour, étaient destinés à porter rapidement les premiers secours aux malades, et à les diriger sur les hôpitaux. Tous les moyens d’atteindre ce but ont été réunis dans ces bureaux, on y a entretenu des élèves pour administrer les secours sous la direction des médecins, et des infirmiers pour transporter les malades. Ces établissements oUt été très utilçs, et ont inspiré une grande sécurité aux habitants de Paris; sous ce rapport, ils ont même eu de bons résultats, mais ils ont eu aussi de graves inconvénients, peut-être même ont- ils contribué à augmenter la mortalité à domicile, où elle a été plus considérable que dans les hôpitaux. La présence de ces postes, et la fiicilité d’y trouver à chaque instant des secours, a retenu chez eux un grand nombre d’indigents, qui seraient allés dans les hôpitaux; beaucoup de personnes non Indigentes, mais d’une aisance médiocre, et ayant peu de lumières, ont cru devoir se reposer sur les secours des bureaux de secours; enfin, il ne faut pas craindre de le dire, des médecins des bureaux de bienfaisance, surohargés d’ailleurs d'occupation, comme l’ont été tous les médecins dans ce temps d’épidémie, se reposaient pour les pauvres sur les bureaux de secours, et ont négligé de les visiter. Il

DKS HÔPITAUX U£ CHOLÉRIQUES. 3tO

est résulté de toutes ces circonstances que beaucoup de cholériques ont compté être convenablement traités chez eux, et n’ont reçu que des soins irréguliers donnés tantôt par un médecin, tantôtpar un autre; îantôtd’après une méthode, et tantôt d’après une autre. Les soins mêmes ainsi reçus, et rai ement en temps opportun pour les malades, n’ont pas été d’ailleurs efficaces par la mauvaise administration des moyens. Un très grand nombre de cholériques restés ainsi chez eux, qui eussent été guéris s’ils eussent été traités méthodiquement et régulièrement,,ont succombé. Quoi qu’il en soit de ces inconvénients, l’utilité des bureaux de secours a été

I évidente; il eût été peut-être facile d’en atténuer, sinon i: d’en prévenir tous les inconvénients, par des réglements • dressés par des hommes capables de prévoir toutes les

II conséquences de ces établissements.

L Je ne dirai que peu de mots de l’organisytion intéiieure du service des hôpitaux des cholériques. Il n’est pas besoin de dire que, dans une maladie r. contre laquelle l’urgence et la continuité des soins ( sont de première nécessité, il faut multiplier les infir- I miers. Tous les médecins qui ont vu le choléra sont . unanimes sur cette nécessité ; beaucoup ont été jusqu’à poser pour règle qu’il faudrait un infirmier par malade. Je ne cite celte indication que pour montrer, par l’exagération évidente quelle exprime , toute l’isuportance que tous les médecins attachent à ce que les soins soient donnés rapidement et avec activité aux choléritjues.

L expérience ma démontré, relativement à l’organisation des soins des infirmiers dans les salles de cholériques des hôpitaux, que c’est une mauvaise chose que d attacher chaque infirmier au service spécial d’un

3îiO MOYENS D ÜUGATNISA'J'ION

nombre déterminé de malades. Le premier inconvénient de cette organisation intérieure est, que si l’infirmier chargé de tels malades remplit mal ses devoirs, les malades manquent de tout. Le deuxième se trouve en ce que la plupart des infirmiers des hôpitaux n’ont pas des facultés Intellectuelles bien étendues, et ne comprenant pas bien dans son ensemble l’administration des moyens prescrits par les médecins, fort souvent même tout en les comprenant bien, leur négligence les porte à en négliger une partie. Afin d’obvier à tous ces inconvénients, dont il faut avoir connu par expérience toute la gravité pour bien les apprécier, je crois qu’il faut affecter chaque infirmier dans une salle de cholériques, non à donner tous les soins nécessaires à tel nombre de malades, mais à un service spécial. De cette manière ce service , toujours bien compris même par un homme peu intelligent, sera mieux fait, et la moindre négligence serait immédiatement aperçue. Je conseillerai donc à ceux qui seront appelés à organiser un service de cholériques dans un hôpital, d’avoir des infirmiers uniquement occupés de donner à boire aux malades^ ils n’auront qu’à aller continuellement de lit en lit administrant les boissons Indiquées par les médecins et placées auprès des malades; d’autres seront exclusivement chargés de pratiquer les frictions stimulantes si élles entrent dans la méthode de traitement adoptée; d’autres nettoieront les malades, enlèveront les bassins, administreront les lavements, etc.

L’organisation actuelle des hôpitaux civils, à Paris surtout , est très vicieuse sous le point de vue de la discipline des infirmiers. Ces hommes de service , immédiatement dirigés par les religieuses, ne sont pas tenus avec assez de fermeté. Il serait d’une grande impor-

tance de leur faire contracter des engagements de ser-

DES HÔPITAUX DE CIIOLÉH IQUES, 02 1

vice pour deux ans, et de les faire conduire par des infirmiers majors plus éclairés, et auxquels on donnerait la faculté d’augmenter ou de diminuer les traitements à titre de gi'atifications méritées, ou de punitions pour défaut de zèle. C’est surtout dans l’épidémie de choléra, où l’administration des hôpitaux avait été obli- «rée de prendre des hommes de peine pour augmenter le nombre des infirmiers , que ce vice d organisation s’est fait remarquer.

Les médecins qui sont chargés du traitement des cholériques ont des devoirs pénibles à remplir; je n’ai pas à les retracer, mais je dois indiquer les moyens de rendre leurs services plus efficaces. L usage habituel des hot pitaux est que le médecin ne voie aux visites du soir I que les nouveaux malades entrés dans la journée et I les malades gravement affectés : les cholériques sont I tous en grand danger ;^ü faut les voir tous, ceux qui

1 sont entrés dans le jour et ceux qui sont déjà en traite- } ment. J’ai reconnu aussi quil ne fallait jamais se congr tenter dans ces deuxièmes visites de faire continuer les C moyens prescrits aux visites du matin, sans renouveler [ la prescription. 11 est impossible dans un grand service

d’accoutumer les infirmiers à rendre bien compte de U l’emploi des médicaments prescrits et distribués huit ou

2 dix heures auparavant. On reconnaît bientôt que laméii dication a été interrompue ou mal dirigée chez un l malade , parce qu’il a manqué des médicaments pres-

crits ; chez un autre, parce que ces médicaments ont 1 été renversés, égarés; chez un troisième, parce qu’il ' y a eu confusion entre des tisanes et des lavements, etc. i Le meilleur moyen de prévenir toutes ces erreurs est ^ de faire deux visites complètes par jour, en renouve- : lant toutes les prescriptions et les faisant exécuter de

MOYlîNS d’organisation

nouveau par le pharmacien pour chaque visite. Ce n’a été qu’en procédant de cette manière que j’ai donné au service une régularité et une exactitude que je ne pouvais obtenir dans les premiers jours avant d’avoir pris ce parti.

L’encombrement des salles d’hôpital par les cholériques, le renouvellement rapide de ces malades, dont ' ! une grande partie sont apportés dans les lits pour y < mourir au bout de quelques heures, la quantité consi- j j dérable des matières des excrétions, rejetées par haut et « par bas et répandues sur les planchers , imposent des devoirs tout spéciaux aux médecins. Il n’est pas douteux |i que ces circonstances ne doivent amener inévitablement | le typhus, ou au moins imprimer aux maladies un mau- ;i vais caractère. Aussitôt que je les eus reconnues, chargé | d’un service de quatre-vingts lit^dans une salle trop basse \\ de plafond, mais bien aérée au deuxième étage, j’adoptai II les précautions suivantes : les fournitures des lits furent' I immédiatement dédoublées, en sorte qu’on ne mettait I jamais un malade arrivant sur les matelas où un autre: ri était mort dans la journée. Aussitôt qu’un malade était i| mort, les fournitures du lit étant enlevées, transportées s dans les vestibules de l’hôpital et là exposées à l’air, les I fournitures de la veille étaient rapportées et servaient a ij garnir le lit. Je prescrivis , à moins de presse excessive, ' de laisser, autant qup possible , un lit vide , au moins une partie de chaque journée , entre deux malades. Les lits Kirent tous garnis de doubles toiles cirées, et ces toiles fréquemment changées étalent lavées Immédiatement dans une solution de chlorure de soude.

Aussitôt que des matières des excrétions étaient répandues sur le plancher, elles étaient Immédiatement enlevées avec des éponges, et la place lavée avec une

DA.NS LES HÔPITAUX DE CHOLÉRIQUES. 3a3 dissolution très concentrée de chlorure de soude. Tous les deux jours, les lits de la salle, par quart, étaient déplacés de quelques pieds, et des éponges imbibées d’une dissolution concentrée de chlorure de soude , en très petite quantité, étaient promenées sur les jointures des pavés , au pied des murs et le long des pieds et des barres des lits : des hommes étaient spécialement chargés de ce service.

Les lits furent tous dégarnis de rideaux, les fenêtres de la salle furent maintenues ouvertes toute la journée, tant que la température le permit; du feu fut en même temps entretenu dans les poêles, afin de hâter la circulation de l’air.

Malgré le grand nombre de cholériques que j’ai reçu i! dans une salle trop basse pour son étendue, je n’ai pas J eu un seul cas de fièvre typhoïde caractérisé , tandis que t dans d’autres salles plus grandes et plus hautes, j’ai pu I m’assurer qu’il s’est manifesté des fièvres typhoïdes \ avec pétéchies, parotides, etc. J’ai attribué l’absence )l de pareils accidents dans mon service aux mesures I que je viens d’indiquer, mesures dont l’observation me SI paraît indispensable dans tout service médical de cho- [i, lériques, où le renouvellement rapide des malades, les il matières animales des excrétions qu’ils répandent, le 1; grand nombre d’hommes que le service ou l’étude ii clinique de la maladie appellent dans les salles, doivent 0 finir par créer des foyers d’infection qui impriment ji aux maladies le caractère typhoïde, qui ne manque )i! guère de se montrer dans toutes les salles d’hôpital il encombrées,

• Je n ai fait faire aucune fumigation de chlore ou de deutoxide d azote. Je sais tout ce qu’on a dit de ces fumigations ; elles peuvent avoir quelques uns des avantages qu on leur attribue , mais elles incommodent les

3a4 MOYENS n’oTlGÆNI.SATION , etc.

malades et ceux qui les servent, et elles sont difficiles à diriger dans une mesure convenable. L’usage de l’eau chlorurée répandue dans les salles a tous les inconvénients que je viens de signaler ; elle a en outre l’inconvénient de donner de l’humidité, qui est toujours . à redouter dans les lieux où sont des malades. Je n’ai I employé le chlorure d’oxide de sodium dissous que I concentré, et entrés petite quantité, pour décomposer I les matières animales, déposées dans les interstices des pavés, et qui, en s’y corrompant, vicient nécessairement l’air ; j’ai toujours recommandé qu’on n’en employât qu’une très petite quantité pour ne pas répandre . dans l’air des salles , ni chlore , ni humidité en proportion appréciable. Je n’ai pas besoin d’ajouter, je pense, que je n’ai attribué au chlore aucune propriété désinfectante spécifique dans le choléra, pas plus que je ne lui en attribue dans toute autre maladie. On a avancé qu’il avait cette propriété, mais on ne l’a jamais démontré, et bien des faits prouvent qu’il est tout-à-fait inutile employé dans ce sens, et qu’il est le plus souvent dangereux, inspiré avec l’air atmosphérique, dans lequel ilest dégagé, ou pénétrant avec lui par la déglutition |j dans les voies digestives.

Tout le zèle des médecins et leurs bonnes vues seront sans résultat s’ils ne trouvent dans ces épidémies • un appui constant dans l’administration des hôpi- • ' taux ; sous ce rapport les médecins des hôpitaux de * Paris ont toujours été secondés, et tous les moyens ' d’être utiles aux malades ont été mis à leur disposition. Les médecins de l’Hôtel-Dieu, en particulier, n’oublieront jamais l’activité et le zèle éclairé avec lesquels M. B. Desportes, administrateur de cette maison, s’est dévoué au bien public dans cette circonstance.

DU NOMBRE COMPARATIF , etC.

Page 1