‹ Monographie du ciniChapitre 10 sur 26 · CHANT · texte numérisé non relu

CHANT

Le chant du Cimi, que certains auteurs paraissent apprécier complaisamment, n’est, en vérité, ni suave, ni mélodieux, mais sa tonalité bizarre, son rhythme original, lui font pardonner son insuffisance musicale. D'ailleurs, en chantant, le mâle a des attitudes si coquettes, des poses si langoureuses, alors qu'il laisse mollement pendre ses ailes sur Ja branche d’où il va s’élancer, il décrit en l'air des quadrilles si mouvementés que l'acteur, par instants, efface entièrement le chanteur.

(1) A cette époque, à la chasse au filet, on prend plus de mâles que de femelles.

on = er)

Ce chant débute ordinairement par un court prélude … pitie que suit aussitôt un susurrement aigu répété plusieurs fois avec un grand entrain.

Bien que la voix du Cini manque un peu de nuances, elle n’est ni monotone, ni désagréable, car 1l a le talent de scander ses modulations en phrases d’inégale durée qui, tantôt brèves, tantôt longues, forment en alternant avec le prélude un ensemble harmonique très-supportable.

De mème que le cri d'appel, il est extrèmement difficile de reproduire ce chant (1) ; à la rigueur, on peut traduire ses phrases par :

Tirrrr U, rl, rrüi, rl, rh, rh, rl, rl. — irrr (allegro) (allegretto) rl rli-irr rh, reli, rli-rl — Tirrr — piiie — rli, rli, (piano) i rl, rl, rrli — reli, rh, drrr Url, rlhirl, ri, re, rl. {allegretto) VOL

ILest vif, légèrement fléchissant et assez rapide.

Le Cini ne s'élève jamais bien haut ; tout au plus dépasse-t-il de quelques mètres la cime des vieux arbres.

Il peut changer brusquement de direction lorsqu'il est lancé; ces voltes-faces subites ne lui coûtent aucun effort, il les exécute avec une grâce exquise. Parfois, au milieu de sa course, on le voit s'arrêter net

(1) « En Provence (notamment dans le Var), le Cini chante presque autant en hiver qu'en été. » Communication verbale de M. Z. Gerbe.

VOL. D1 et descendre à pie sur un arbre voisin où sont perchés des amis.

Le Cini n'a pas l'habitude de parcourir d’une seule traite un long espace ; 1l économise sagement ses forces etne se soucie nullement de se fatiguer sans nécessité.

À l’époque même de la migration, 1l ne parait pas pressé. Au lieu de voler régulièrement durant une matinée entière ou une soirée, ainsi que la plupart des o1seaux migrateurs, il voyage à petites Journées, à n'importe quelle heure du matin ou de la journée, ne manquant jamais de s'arrêter lorsqu'il trouve à butiner en chemin.

Au moment des amours, son vol offre des particularités remarquables.

Souvent, il s’élance d’une cime élevée et, tout en chantant, il décrit en l'air les figures les plus capricieuses : ellipses, zigzags, courbes de tous genres,

?) rement déployées, il semble vouloir signer son nom

angles aigus ou obtus; parfois aussi, les ailes entiè-

dans lPespace.

Enfin, sa chanson terminée, il retombe sur la branche d’où 1l est parti et se repose un instant avant de recommencer cette agréable gymnastique.

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