INDES
Au commencement du siècle dernier les soies de l’Inde, connues sousle nom de B en g/des , étaient à peu près inconnues de l’industrie européenne.
L’ Angleterre seule les employait en petites quantités, elles lui étaient fournies par les agents de la Compagnie des Indes. Filées par des procédés complètement primitifs, elles manquaient de régularité et d’autres qualités indispensables.
Vers 1770, la Compagnie ouvrit une enquête, dirigea sur l’Inde des ouvriers et des mécaniciens européens, et accorda des primes aux indigènes.
L’exportation, qui, en 1850, était de 40,000 livres anglaises (18,143 kil.), fut quadruplée en 1770.
En 1771, la Compagnie expédia au Bengale un supplément de filateurs italiens, et cette industrie fit un nouveau pas en avant.
En 1785, l’exportation s’élevait à 261,500 kil.
De 1792 à 1802, elle fléchit jusqu’à 50,000 kil., à cause des faits de guerre, et reprit :
En 1812, avec un chiffre de. . . . 435,900 kil.
1822, s’était élevé à . 457 ,500 —
1832. retomba à . 416,500 —
Le monopole de la Compagnie expirait en 1833. Celle ci
STATISTIQUE
céda les filatures à des spéculateurs, et depuis lors des maisons anglaises et françaises possèdent les filatures en renom.
Dans la plupart des districts du Bengale, les récoltes sont au nombre de trois principales, dans les mois de mars, juillet et novembre ; le district de Radnagore n’en a toutefois que deux. Les récoltes de mars et de juillet coïncident avec la saison pluvieuse et fournissent des soies inférieures à celles de novembre, saison sèche ; les vers des deux premières sont alimentés avec une feuille trop aqueuse, et sujette à la fermentation.
La race Chata-Poloo (petit ver) fournit les cocons dits Dessie ou Basée (pays) ; elle doit être indigène. Ce ver est élevé particulièrement en novembre.
Le cocon Madrassée ou Nystra (né de la mer) doit être d’importation étrangère, c’est-à-dire introduit par voie de mer, il fournit particulièrement la récolte de mars.
Il faut 10 à 11,000 de ces cocons pour obtenir une livre de soie. Le ver s’élève en vingt-cinq jours et peut fournir cinq récoltes au besoin. Peu d’éducateurs récoltent au delà de 100 kil. , et l’alimentation est ordinairement fort mesquine.
Les variations de température sont subites et considérables au Bengale, et les insectes sont souvent décimés par une mouche particulière, dans les magnaneries qui ne sont pas tenues suffisamment à l’obscurité.