CAUCASE, DAGHESTAN, GÉORGIE, SCHIRWAN
Le gouvernement du Caucase , appartenant à la Russie d’Europe, est situé au nord de la principale chaîne de montagne de ce nom, chef-lieu Stavropol.
Le Daghestan est borné au nord par le Caucase, au sud par le Schirwan. Ivouba est au nombre de ses villes principales.
La Géorgie est située au sud du Caucase, et s’appuie à l’ouest sur la Mingrélie et l’Iméréthie. Sa capitale est Tiflis.
Le Schirwan est entre la mer Caspienne à l’est, et la Géorgie à l’ouest. Parmi ses provinces celles de Nuka et Schumaka sont particulièrement adonnées à la soie.
La statistique attribuait, en 1851, à ce pays, une production de 30,000 ponds de soie (492,000 kil.).
Des renseignements officiels, que j’ai directement reçus, établissaient comme suit l'exportation des années 1860-66 vis à vis d’une production élevée alors à un million de kilogrammes.
1800 . 286,500 kil.
RUSSIE D’EUROPE
En 1867, l’exportation tombait brusquement à 82, 100 kil. (5,013 pouds).
La décadence de la sériciculture des régions caucasiennes n’est pas un des côtés les moins intéressants de l’histoire de la maladie des vers à soie.
En 1857, il parut en France et en Italie quelques semences qui, sous le nom de Géorgie, fournissent des cocons d’une réussite satisfaisante comme marche durant l’éducation, mais de formes et de couleurs impossibles. Elles étaient fort mélangées, et l’on y triait avec facilité, la race Tatare ou indigène (fig. 162), la race Russe (fig. 152), la race Lesghine (fig. 151) et la race Sina (fig. 153), que cultivent particulièrement les colonies memnonites de la Russie méridionale.
1859 voit l’exportation de ces semences arriver à 5 ou 600 kil. ; nous trouvons alors celles vendues sous le nom de j Daghestan (fig. 163), Caucase (fig. 62) et Schirwan (fig. 63), un peu plus consistantes.
Cependant il est cultivé à Nuka une race milanaise (n° 150) qui, sous le nom de Nuka , jouera un rôle important dans l’approvisionnement européen, et nous verrons se répéter exactement ici ce qui s’est passé en Yalachie l’année précédente, les lois naturelles étant inflexibles.
Les croisements nécessaires de l’élément Brianze avec l’élément indigène, afin de pouvoir doubler la production, ont été constants, et donnent une certaine solidité à ce premier, qui d’ailleurs revêt une portion des caractères physiques du second, spongiosité relative du tissu, et dévia-
tion à peu près constante de l’axe. Mais l’Europe affamée accepte le cocon Brianze avec ces modifications.
La totale exportation des semences en 1860 est de 1,500 à 2,000 kil.
Celle de 1861 atteint 4,000 kil.
En 1862, il s’exporte 7,000 kil., dont 2,000 type Brianze.
En 1863 et 64, progression nouvelle, arrivant en dernier lieu à dépasser 40,000 kil.
A ce moment, INI. Von Fels, vice-consul de Suède, citant ces chiffres dans un rapport à la Société d’acclimatation, pense que le mouvement doit s’accentuer encore.
Dans mon Inventaire de la maladie {1864), je dis au contraire, que l’excessif développement du grainageà Nuka et la diffusion de la race milanaise à grain fin ne sont pas de nature à rassurer sur l’avenir de cette source, qui évidemment touche à sa fin.
En 1865, un dernier effort du grainage produit encore 10,000 kil. ; en 1866, tout est fini; dorénavant l’exportation aura lieu sous forme de cocons.
La Gazette d' agriculture russe constate que la production de la province de Nuka, après avoir doublé et atteint une valeur de huit millions de roubles d’argent, est tombée tout à coup, décimée par la maladie, là surtout oü la race indigène a été remplacée par la race m ilanaise .
En 1867, pour la première fois, la fabrique russe doit importer des soies de Chine.
RUSSIE D’EUROPE
La récolte des cocons se fait à Nuka plaine vers le 20 juin, mais il y a des cocons de montagne jusqu’au 20 juillet. Les mûriers sont greffés.
Le grainage s’opère sans désaccouplement ; la graine indigène, qui n’est point collante, s’y nettoie au tamis, beaucoup d’indigènes ont l’habitude, la ponte terminée, de la mettre huit à dix jours dans delà farine qu’ils renouvellent.
La Russie récolte encore quelques cocons dans les provinces au nord de la mer Noire.
Dans le gouvernement d’Ékaterinoslaw les colons memnonites récoltent environ 8,000 kil. particulièrement blanc Sina, très-estimé par les fabricants de Saint-Pétersbourg. Leur cocon figure au musée industriel sous le n° 345.
Berdiansk et Mariopol récoltent. . . . 800 kil.
La Bessarabie . 250 —
La Podolie . 80 —
Kiew . 30 —
Gherson . 30 —
Le comité de Moscou a envoyé en Italie, en 1871, quelques kilogrammes de graines confectionnées dans le gouvernement de Poltawa, Charkow et Koursk.
La collection du musée industriel de Lvon renferme di-
vers échantillons des races caucasiennes sous les n°s 341 à 356.