‹ Monographie du cocon de soieChapitre 167 sur 189 · ROUMÉLIE · texte numérisé non relu

ROUMÉLIE

La Roumélie, province de la Turquie d’Europe, est située entre la Bulgarie au nord, la mer Noire à l’est, la Macédoine à l’ouest.

La Thrace, ayant pour ports Rodosto et Gallipoli sur la mer de Marmara, en fait partie.

L’on classe parfois la Macédoine et la Tliessalie dans le ressort de la Roumélie, mais cette attribution étant variable, je n’en tiens pas compte.

Andrinople est la capitale de la Roumélie. Elle produisait, avant la maladie 1,800,000 à 2,000,000 de kil. de cocons, réduits pour majeure partie en grèges courts et longs guindres ; elle se livrait aussi à l’exportation des cocons secs, dont nous voyons la Turquie d’Asie en recevoir pour quelques centaines de mille francs en 1842.

Cette exportation était destinée à prendre une grande importance, du moment que l’épidémie eut atteint la France et l’Italie ; les filateurs de ces pays pouvant accorder des prix plus rémunérateurs que les industriels turcs. D’ail- , leurs, concurremment, de 1855 à 1860, les- semences dites d 'Andrinople jouèrent un grand rôle et furent recherchées à cause de l’excellence de leurs produits. Jusques et y compris 1857 leur succès fut grand.

Dans mon Inventaire de 1 858, je signalai l’invasion

assez large de la maladie dans la province d’Andrinople, constatant d’ailleurs l’attrait que ce pays avait pour les graineurs, à cause de l’affluence des cocons, de la commodité des locaux et de l’aptitude particulière d’une population rompue à tous les travaux séricicoles.

En 1859, une quarantaine de graineurs se trouvaient réunis en Roumélie, et la récolte y fut encore abondante, mais c’était le chant du cygne. Je signalai à ce moment le danger que des pontes de 18 à 25 kil. pour 1 faisaient courir à l’éducateur qui continuait les Andrinople, dont l’exportation dépassait 16,000 kil.

En 1860, l’échec de ces graines était total. Une correspondance du pays, en date de septembre de la dite année, portait :

« Que le fermier des dîmes de la soie avait subi de grosses pertes, par suite du manque de récolte en Roumélie. »

La production de 1860 dut, le grainage l’abandonnant, s’exporter à l’état de cocons, diminués en quantité et en qualité, et le port de Marseille reçut 200,000 kil. de ceux-ci.

Depuis lors la Roumélie, grâce aux graines du Japon, a recouvré et soutenu à peu près son ancien chiffre de production.

Les races de Roumélie sont représentées : l’ Andrinople à la flg. 88; Haskeui à la fig. 124; une race de Thrace , Démotica, crois-je, à la fig. 133; le cocon SouffU à la flg. 132 ; le cocon dit Théologos , rouméliote aussi (l’île de Thasso qui le produit, étant classée dans l’Eyalet des îles), à la flg. 181.

STATISTIQUE

RUSSIE D’EUROPE

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