MONO G R A P H I E
Nous venons devoir la fin de l’Anatolie hâtée par un grainage immodéré. Voici ce que j’écrivais sur la Yalachie (Inventaire 1862) :
«. Ce pays, qui, en 1858, récoltait à peine six mille okes de cocons, forme milanaise, valant 2 fr. 50 c. à 3fr., et représentant quatre cents kilogrammes de semences, voyait cette production doubler l’année suivante, tripler en 1860, (t calculée en 1861 de quatre-vingts à cent mille okes de cocons, pouvant fournir sept mille kilogrammes de semences.
« Cette même année le prix des cocons milanais atteignit 35 fr. le kilogramme, grâce aux manœuvres des entremetteurs juifs dont le graineur est trop souvent tributaire. -En 1862 ils ont parfois été poussés à 50 fr.
«. On comprend aisément qu’en Yalachie plus qu’ailleurs de pareils prix ont dû motiver un brocantage fabuleux, et un va-et-vient de cocons des plus défavorables au grainage, circonstances qui eussent rapidement ruiné un pays placé dans d’autres conditions, celles de la Roumélie onde l’Anatolie, par exemple.
« La Yalachie, suivant moi, ne s’est soutenue qu’à cause des croisements constants exigés par un accroissement aussi rapide de production, et la race milanaise, qui, reproduite d’elle-même se fût déjà éteinte, a été soutenue par son mélange perpétuel avec les races indigènes à demi-sauvages. 8a forme générale et sa qualité y ont assurément perdu, sa résistance y a gagné.
« Les graineurs, particulièrement les Italiens, s’y sont
portés cette année en nombre fabuleux, poursuivant la race milanaise en Moldavie, Transylvanie, Bessarabie et Servie ; ils ont rencontré la maladie partout, et parfois développée au point de rendre le papillonnage fort onéreux par la proportion des morts, la montagne généralement plus infectée que la plaine.
« Ils se sont arraché les semences à des prix énormes ; beaucoup n’ont pu remplir qu’une partie de leurs ordres, et satisfaire une fraction de leurs besoins seulement.
« Le grainage des provinces danubiennes ne doit guère s’éloigner cette année de vingt mille kilogrammes en graines de toutes races. »
Le grainage de Macédoine et de Thessalie se soutient, et se rapproche du même chiffre ; les Italiens s’y adonnent particulièrement.
Les régions caucasiennes développent leur grainage, par des croisements qui livrent à l’éducateur un cocon d’une conformation spéciale, dont l’axe est allongé et tordu.
La bienveillance de M. de Lesseps nous vaut l’introduction de quelques semences, appartenant à la race égyptienne Mosrys (fig. 157), dont la collection du musée industriel renferme quatre types sous les nos 257, 258, 251), etc.
Il arrive encore quelques rares cartons de semences japonaises, destinés à accroître la réputation , de cette source nouvelle.
Enfin, les amis du merveilleux et de la nouveauté quand même auront à leur disposition la graine (Un ni.
Voici ce que j’en écrivais dans mon rapport de l’année :
« Un petit opuscule in-12, imprimé à Brescia en 1564, sous le titre de : Avvertimenti di Levantio , Mantouano, se termine par les lignes suivantes :
« Se per strano caso tutto il seme si perclesse, modo di « ricourarlo sarà quasi a modo istesso che si ricouran le « api. Prenderassi un bue giouannetto, e per uenti giorni « non si le lasciera gustar tieno, ne aqua, ne altro cibo, o « bere, eccetto che si pascerade frondi di moro. E fini uenti « giorni ucciderassi; e ucciso lascierassi cosi, insino che « le uiscere si amarciscbino.
« Il che auenuto, spezzerassi il giouenco, e cola sotto « aile coste, e al schenale, uedrannosi certe infiaggioni, a « simiglianza d’un fongo amarcito; e saranrio ueri bombici, « quali s’bauranno a racorre, e nutricarli ; corne gia e « sudetto, che hauerai il desiato frutto.
« E questo si tiene per gran segreto in Spagna. Ma doue « non sono i paesi calidi, pare che malagevolmente cio « riesca. »
« D’autre part, en tête de l’édition du livre de Christophe Isnard : Les vers à soye présentez au roy , 1665 , se trouve une gravure sur bois, représentant une vache suivie de son veau, broutant un sac de feuilles de mûrier. Et le chapitre premier de la quatrième partie du dit recueil est intitulé : La manière de faire la graine de vers à soye de la chair d'un veau.
« Notre sériciculteur y décrit, plus minutieusement encore que le vieux Levantio, l’alimentation de la mère et de 1 enfant, l’abattage de celui-ci, dont les dépouilles livrées
en bloc à la putréfaction engendrent de petits vers à soie.' d’où proviendra une semence incomparablement plus fructifiante que toutes les autres.
« Je ne doute pas, ajoute notre auteur, qu'il n’y puisse « avoir quelques petites observations particulières, mais « n’en ayant pas fait les expériences, je laisse le lecteur, en « attendant un traité plus particulier que j’espère de « faire pour la deuxième édition. »
« L’expérience qu’Isnard se proposait de faire, fut probablement, après un sommeil de deux cents ans, reprise par un Piémontais, l’abbé Giani, qui, en 1860, s’essaya, d’après un écrivain de 1600 (probablement Levantio, le compatriote de l’auteur des Géorgiques), à produire de la graine de génération spontanée, et réussit finalement, dit-il, à obtenir sans le concours d aucune semence , de très-beaux cocons blancs et jaunes.
« La découverte de l’abbé Giani fut l’objet d’une société commerciale, constituée à Milan en mars dernier, sous la raison Giani Righetti et C°, à l’effet d’exploiter une semence dite primitive ou de génération spontanée, et les souscriptions, limitées de 1/2 gramme à 10 grammes, furent reçues à raison de 40 fr. le gramme.
« Il parait y en avoir eu pour quelques centaines d’onces ; mais il ne faut pas compter dans le nombre celle de l’Institut de Milan, qui refusa même de recevoir le mémoire de l’inventeur.
« Je n’ai d’ailleurs trouvé d’intéressant, dans Tassez grosse polémique soulevée en Lombardie par ce Ritrovato ,