AI O N 0 G R A P H I E
que la brochure d’Ezio Castoldi, sur les Phénomènes cle VEtèrogênèsie , savant travail concluant en faveur de la génération spontanée et de la semence Giani, mais qui. je le crains, ne sera pas suffisant pour empêcher la graine de veau de reprendre son sommeil séculaire, un moment interrompu. »
Sont cultivées encore : les races de Valachie, Roumélie, etc.
Cette année sera celle du découragement et de l'indifférence, la situation politique de l’Amérique pesant très-lourdement sur le commerce des soies.
Avril et mai sont fort beaux ; le vent du nord, alterné de légers orages, domine en mai ; la beauté de la saison d’éducation sauvera en partie ce que la situation a de mauvais quant à l’approvisionnement des graines, et prolongera l’existence de celles des régions danubiennes et caspiennes.
Néanmoins, les graines dites de1 Bukarest et de Nu/ia rendront un quart à un tiers de moins qu’en 18()2.
La récolte française s’élèvera à huit millions de kilogrammes de cocons , d’un aspect généralement satisfai-
sant, le type asiatique s’étant fondu à la longue dans le type Brianze par les croisements.
L’on rencontre quelques cocons Japon de seconde génération, et L’on espère beaucoup de cette race.
Les prix varient de 4 fr. 50 à 5 fr. 50 c. le kilogramme.
Comme le cocon valaque de Bukarest demeure le meilleur parmi les races survivantes, et que certains fileurs n’en veulent pas d’autre, le grainage s’en continuera sur une échelle au moins équivalente pour 1864 ; mais voici mon appréciation de l’époque :
« En 1863, les éducations ont été tardives en Valachie ; personne n'a commencé avant le 25 avril, et la majorité ne l’a fait que du 4 au 15 mai, ce qui est fort rare dans ce climat méridional.
« Des froids tardifs avaient détruit les premiers bourgeons ; immédiatement après, une sécheresse sans exemple vint arrêter la végétation, et la Valachie a rarement vu une année plus stérile en fruits de toute espèce. On sait qu’une partie de la Hongrie a été cruellement éprouvée par la famine.
« Les 4/5 des éducations présentaient le ver affecté de taches noires jusqu’à la proportion de 1/10 sur la masse. Le papillonage s’est généralement effectué avec des individus dépouillés de duvet ; il a comporté une prédominance marquée de mâles, des accouplements difficiles, et une stérilité inusitée des femelles, qui a nécessité l’emploi de 14 à 19 kil. de cocons pour un, souvent plus.
« Ces observations s’appliquent aux environs de Buka-
rest, centre de l’éducation intelligente ; plus loin le trafic et le mal sont pires.
« J’ai, en d’autres occasions, constaté la somme de résistance, qu’à mon sens, les croisements forcés de la race indigène procuraient au cocons milanais ; ces croisements sont devenus plus rares, aujourd’hui que ce dernier cocon s’est vulgarisé partout. Un déclin plus rapide de l’espèce n’en est-il pas la conséquence ?
« Du reste, les gens du métier s’étonnent à lion droit de la tenue des provinces danubiennes, alors que deux ou trois ans de grainage suffirent pour ruiner l’Anatolie et la Roumélie, assurément moins livrées au trafic.
« Il se sera produit encore en Valacliie quelques semences passables ; mais on doit s'attendre à des échecs nombreux , qui pousseront le grainage vers d’autres régions. »
Le grainage géorgien ou caspien prend un développement nouveau en raison du revient excessif des semences valaques et de la plus grande abondance du cocon croisé dit Nuka.
11 se fera, en vue de 1861, environ 50,000 kil. de semences en Géorgie, Caucase, Perse et Arménie, dont 36,000 à destination de la France.
Néanmoins, je ne crains point de prédire que :
L' excessif développement du grainage cl Nuka et fa diffusion de la race milanaise ne sont pas de nature à rassurer sur V avenir de cette source , qui évidemment touche à sa fin.
ANNEÉ 18 63
La Macédoine et la Thessalie produiront encore trente mille kilogrammes .
Le docteur Orio ramènera du royaume de Cachemire un millier de kilogrammes de semences, qui seront loin de valoir les fatigues endurées pour aller à leur recherche.
Le Japon nous fournira un contingent accru, dont une partie venue par voie de Sibérie.
Les partisans des semences chinoises tenteront une nouvelle importation par la même voie ; je l’indique sur la carte séricicole.
Enfin, l’oraison funèbre de la graine Giani sera prononcée en ces termes par M. Morgante, dans le Bulletin de V Association agraire du Frioul :
« Elle a fait un déchet de 12 °/0 à l’éclosion, a présenté dès le premier âge assez d’éperons desséchés ; plus tard; bien des taches pettéchiales, et finalement est arrivée à la bruyère en vingt-deux jours, donnant un produit médiocre de petits cocons verts, blancs, couleur de chair, mélangés de plus gros. »
Ce résultat n’a rien de bien engageant pour une semence payée à raison de 1,250 fr. l’once.
Je dois malheureusement terminer mon rapport annuel relatif à 1863 par les lignes suivantes :
« Le mal fondamental n’a jamais été plus profond : je crois l’avoir démontré.
« L’Orient , qui nous a alimentés en dernier lieu , termine son rôle ; sa sériciculture, surmenée, meurt d’épuisement sur la litière d’or que lui a faite l’Occident. Tous
les regards sont actuellement tournés vers le Japon ; pourra-t-il nous sauver? »
Ci-après sont les types connus en 1863 :
CACHEMIRE