‹ Monographie du dieu Leherenn d'ArdiégeChapitre 8 sur 12 · XI .VRIAXE · texte numérisé non relu

XI .VRIAXE

iLVNNoSI niiâ (4)

Le mot Leheren , dont M. du Mège supprime à tort la finale EN , occupe toute la première ligne à laquelle il ne manque que deux lettres, les deux dernières. A la seconde, la première et la dernière lettre ont disparu. A la troisième, le mot ILVNNo (M. du Mège lui donne deux 1 , et supprime également à tort le petit o intercalé de la dernière syllabe) , est suivi d'une S et d'un trait qui doit se rattacher aux lettres mutilées de la dernière ligne : FIIIA. Quant à l'explication de ce texte, obscur par ses lacunes et par la nouveauté des noms propres, de celui de .uriaxe surtout, nous avouons de trèsbonne foi n'être arrivé qu'à des interprétations purement conjecturales et que nous tenons à épargner aux rares lecteurs qui ont eu la patience de nous suivre jusqu'ici. Peut-être s'agit-il ici de deux autres divinités topiques , le dieu Muriax ouLuriax (inédit), et le Dieu Ilunnus (celui-ci est connu par

(1) Le fragment d*autel qui nous a conservé cette inscription , a 0», 21 de hauteur : le champ mesure 0,i8 de largeur.

(21 ) d autres monumenls pyrénéens) associés sur le même autel , comme on en voit d'autres exemples , au Mars Leherenn d'Ardiége.

.EHERENN DEO xn MAXIMVS

MAnkTI-L

Leherennt Deo Maximus , Mandati Libertus , \otum Solvit hibens Mmto(l).

Le nom du Dieu (Leherenni) dont M. du Mège supprime le dernier 1 , est complet sur le marbre , car T! est lié avec le dernier jambage des deux NN liées qu'il domine. A la dernière ligne , l'N et le D de Mandatus sont liés , et ce nom propre luimême est suivi d'un trait dans lequel on reconnaît la sigle habituelle du mot libertus.

A l'exception de ces quatre inscriptions qui portent à douze le nombre des monuments publiés du dieu Leherepn , toutes les pierres inscrites , recueillies dans les travaux dont nous venons de parler, sont encore inédites à l'heure qu'il est , et quoique la plupart ne soient que des fragments , nous avons tenu à honneur de les publier sans en rien omettre, convaincu qu'une ligne tronquée , un mot , un simple nom propre , peuvent avoir leur intérêt et leur sens rapprochés surtout de textes complets qui les éclairent et les expliquent. Comment oublier d'ailleurs , en présence de ce que nous avons vu et de ce que nous voyons tous les jours , que ces précieux débris , qui sont pour nous toute une histoire , sont entassés , depuis trois ans bientôt, dans la cour du presbytère, exposés non-

(Ij L'autel sur lequel est gravée cette légende a 0'n,43 de hauteur totale. La pagina lœvigata de la face antérieure mesure 0,24 de largeur. Les parois latérales sont décorées de la patère et du prœfericulum.

(2Î) seulement aux intempéries des saisons , mais aux outrages des enfants , à la convoitise des marchands , au caprice des touristes étrangers, et que d'un jour à l'autre ils peuvent disparaître à jamais de notre pays sans y laisser d'autre trace que les copies attentives que nous en relevons ici ?

Ce petit autel , que nous signalons le premier, parce que la légende en est complète comme celle de l'autel suivant , a été cédé à M. Victor Gaze , dans le cabinet duquel il figure aujourd'hui , à la suite des démolitions de l'église d'Ardiége d'où il est sorti. «

i-EREN Xin NODEO

StBir V-S-L-lll

Herenno (ouLeherenno) Deo Sabinus (l'N et l'V paraissent liés) \Qtum SoMt Ubens Hmfo (1).

Quoique le premier jambage de l'H par laquelle commence cette courte inscription ne présente , sur le marbre que nous avons étudié avec soin , aucune trace appréciable de traverse ou de barre inférieure , nous n'oserions point affirmer cependant que ce premier trait ne soit et ne puisse être une L dont la traverse inférieure aurait disparu suivant les habitudes capricieuses de l'épigraphie locale qui nous offre , au in* siècle particulièrement, de nombreux exemples de ces bizarreries (2). Cette L sans traverse inférieure, superposée à l'H dont elle recouvrirait la haste de gauche , formerait avec l'échelon horizontal de l'H , un E d'abord (F), un H ensuite , dont le second jambage sert à son tour de haste au second E, et nous donne-

(1) Cette arula , qui rappeUe par ses dimeDsions les petits autels votifs de Luchon et de Monserié , n*a que 0^, 20 de hauteur totale ; le champ de rinscription , gravée sans encadrement sur le fût de Tautel , mesure 0,09 sur 0,06.

(2) V. la grande inscription de la Borne milliaire des Philippe , que nous avons restituée et interprétée dans la Revue arch, Paris, 1857, p. 718-724.

(23) rait , grâce à ces superpositions de lettres , le nom complet de Leherennus tel que nous Tont offert jusqu'ici tous les monuments découverts à Ardiége.

Dans le texte suivant , Tun des plus complets et des plus intéressants que nous ait encore fournis le culte de Leherenn , TL (quoique sa haste soit brisée) est positivement distincte de TE qui la suit; mais le second E est lié , comme dans Tinscription précédente , avec la seconde haste de TH.

^EhERENNO DEO

XIV OSSON PRIAMI-L V-S-L-M

Leherenno Deo Osson , Priami hibertus, \otum SolvitLibem Merito(l).

Les fragments suivants, tout mutilés qu'ils sont, nous offrent tantôt le nom du dieu avec ses variantes habituelles d'orthographe et de désinence , tantôt les noms intéressants ei^x-mémes de ses cuUores ou de ses adorateurs.

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