‹ Monographie du dieu Leherenn d'ArdiégeChapitre 7 sur 12 · DEO MARTI · texte numérisé non relu

DEO MARTI

VIII 6EMELLVS

ET FESTIHk

Deo Marti GemeUus et Festina.

Il est impossible de décider , dans l'absence du marbre antique surtout, si l'invocation de la première ligne : Deo Marti , était suivie du mot Leherenni , ( ce que nous hésiterions à admettre à cause précisément du mot Deo, que l'on n'énonçait guère dans ce cas) , ou de quelqu'autre nom de divinité locale qu'il eût été intéressant d'étudier sur le marbre lui-môme (1). Ce que l'on peut au moins regarder comme indubitable à notre sens, c'est que le dieu Mars , dont il est question ici, n'était pas autre chose que le Mars Leheren , a^uquel sont dédiés , presque sans exception , tous les autels découverts à Ardiége. La forme de l'inscription , les noms serviles des donateurs , et surtout la provenance de l'autel encastré dans les murs de l'église , comme celui que nous reproduisions tout à l'heure , nous semblent autant d'arguments qui ne laissent guère de place au doute. Nous retrouverons plus loin le dieu Leheren désigné sous le nom exclusif de Mars , sur un petit autel découvert , comme celui-ci , dans les murs de l'église d' Ardiége.

Les nombreux autels dont nous allons publier les inscriptions en les accompagnant au besoin de quelques explications purement exégétiques , proviennent tous des travaux de restauration et d'agrandissement dont l'église du village a été l'objet, de l'année 185S à l'année 1858. Mais nous devons reconnaître qu'elles ne sont point toutes inédites ; quatre d'entre

(1) Nous aurions songé au complétif et genio loci , si cette formule était aussi commune dans les Pyrénées qu'elle Test dans le nord de la Gaule , sur les bords de la Moselle et du Rhin , par exemple.

(19) elles ont été publiées , peu de temps après l'ouverture des travaux (1856), par M. du Mège , d'après des copies assez peu exactes en général qui lui auraient été fournies, si nous comprenons bien les formules un peu vagues dont il se sert , par M. Victor Gaze de Saint-Bertrand (1). Nous nous conteni;erons de les reproduire en corrigeant quelques inexactitudes de lecture ou d'interprétation qui se sont glissées dans le travail de notre savant collègue.

LEHERENO DEO

IX BAMBIX SOR( F-V-S-L-M

Lehereno Deo Bambix, Sori YUius, \otum Sdvit Libens Uerito (2)-

LEHER'M

X HDMAR ^ER*HVS

TIIIIF

Leherenno Martî Seranus ...Tilli ou Tilîi Filins.,,. (3)-

(i) « C'est encore de ce point (Ârdiêge) que M. Victor Gaze a voulu retirer les autres monuments dont je vais rapporter les inscriptions »

{U. dviUhge t Note sur plusieurs Inscript, gallo-romaines inédites. Mémoires de l'Académie des Sciences, Inscript, et Belles^lettres de Toulouse , iv série , tom. VI, 1856, pag. 385 ). — U cite en note une « lettre de M. le Curé de cette localité , » et plus loin , pag. 387, U ajoute : a qu'il me soit permis « en finissant, de prier r Académie d'adresser des remerclments k M. Gaze, investigateur zélé » ,

(2) L'autel sur lequel est gravée cette élégante inscription , a 0%47 de hauteur totale : le champ de Finscription mesure 0,19 sur 0,17. H est encadré, même latéralement, de moulures qui dessinent sur le socle deux espèces de portes. Les parois latérales sont décorées , suivant Fusage , du prœfericulum et de la patère.

(3) La hauteur totale de cet autel , dont Fangle droit a été brisé, est de 0'", 28. Le champ mesure 0,19 de hauteur. La forme élégante des caractères indiquerait le second et peut-être le premier siècle de notre ère.

( 20 ) L'E de la troisième syllabe dû nom divin que M. du Mège ne distingue point de ceux des syllabes précédentes est minuscule et intercalé sur le marbre^ L'S, qui commence le nofm de Seranus , a disparu en grande partie , et au-dessous de ce nom , 4)ù s'arrête chez lui la légende , on lit assez distinctement , quoiqu'ils soient rognés par la base , les caractères TIIIIF qui paraissent la finale d'un nom finissant en Tillus ou en Tilius (PixtiUij AtUii, Sextilii filius ? ). Le F final est indubitable. Quant à la syllabe MAR, que M. du Mège traduit par Marcus , nous aimons mieux y voir le commencement du mot Marti ( Leherenno Marti) que celui du mot Marcus que les Romains expriment presque constamment par la sigle M.

LEHERENi.

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