MÉTHODES DE CLASSIFICATION DBS CAMELLIA
Méthode fondée sur la couleur des corolles.
Avant de passer h la description des espèces ou variétés, nous devons exposer les deux méthodes de classification dont nous avons parlé plus haut.
La première consiste en deux séries ou gammes chromatiques ascendantes des tons et des nuances naturelles aux fleurs des variétés principales du Camellia, toutes issues, comme nous l'avons dit , du Camellia japonica proprement dit.
La première gamme commence par le Blanc pur, qui passe au Rose, ensuite au Cerise plus ou moins foncé, va à V Amarante ou au Rose de Provence, et s'arrête au Pourpre.
La seconde gamme commence par le Carné jaunâtre (Blanc sale), qui passe au Chair, ensuite à l'Orangé clair ou foncé, et s'arrele au Ponceau.
Les fleurs de ces deux gammes sont, comme nous l'avons dit ailleurs , ou unicolores ou bicolores. Les unicolores sont celles qui ne subissent aucune modification dans l'unité de leur couleur, comme celles indiquées dans la gamme n° 1 er du tableau.
Les bicolores, au contraire, subissent plusieurs modifications et présentent cinq divisions différentes.
La première gamme en comprend trois ; ce sont : 1° Les fleurs h fond blanc, striées ou panachées de rose; 2° Les fleurs à fond rose, striées ou panachées de cerise -, 3° Les fleurs à fond cerise, striées ou panachées de blanc.
La seconde gamme en comprend deux ; se sont : 1° Les fleurs à fond blanc sale, couleur de chair, striées de blanc;
2° Les fleurs à fond rouge orangé plus ou moins foncé, striées ou panachées de blanc.
Dans la première gamme (et ici nous empruntons le langage du peintre , le Blanc n'est dominé par aucune couleur.
Le Rose est dominé ou par la Laque rose clair et le Jaune de Naples , comme dans le n° 1 er du tableau peintj
Ou par la Laque rose clair, Jaune de Naples et Vermil - Ion, comme dans les n oS 2 et 3 du même tableau j
Ou par la Laque rose foncé, Jaune de Naples et Vermillon , comme dans le n° U du même tableau.
Le Cerise clair ou foncé est dominé ou par la Laque carminée y qui , mêlée avec plus ou moins de Laque rose et Vermil- Ion, produit Y Amarante plus ou moins foncé, n° 1 er ;
Ou par la Laque carminée , mêlée avec plus ou moins de Vermillon, qui produit le Rouge des Indes, comme dans le n°3j
Ou par le Carmin , mêlé avec plus de Vermillon , qui produit le Rose de Provence, ou le Pourpre, comme dans les n°* U, 5, 6 et 7.
Dans la seconde gamme, le Blanc sale, ou la couleur de chair, est dominé par la Laque rose clair et le Cinabre, comme dans lesn°« 1, 2 et 3.
Le Rouge orangé clair de cette même gamme est dominé par la Laque rose avec plus de Cinabre , comme dans les n° 9 2, 3 et 6.
Le Rouge orangé foncé est dominé par le Carmin , mêlé avec plus ou moins de Cinabre, ce qui produit le Ponceau; n°' 5, 6, 7 et 8.
Nouvelle méthode fondée sur la forme des corolles.
La corolle est ou simple, ou semi-double, ou double, ou pleine
Corolle simple, Exemple : C. Aitonia.
• — semi-double, — C. Reticulata.
— double, — C. Derbiana.
— pleine, — C, Imperialis.
La corolle est ou régulière, ou semi-régulière, ou irrégulière*
Corolle régulière, Exemple: C. Albaplena.
— semi-régulière, — C. Derbiana.
— irrégulière, — C. Imperialis.
La corolle est ou anémoniforme , ou péoniforme, ou rosiforme, ou renonculiforme, ou varathi forme.
Explication î
La corolle anémoniforme est celle qui n'a que deux ou trois rangs de pétales extérieurs, et dont les parties sexuelles , étant en état plus ou moins pétaloîde , forment un centre d'anémone. — Ex. : C. Elegans Chandlerii.
La corolle péoniforme est celle dont la circonférence n'est composée que de 2, 3 ou 4 rangs de larges pétales, et dont les parties sexuelles sont tranformécs en pétales complets, mais inégaux, difformes, et dont l'ensemble forme un centre large , touffu , cucullé et convexe , comme la pivoine officinale. — Ex. : C. Colvillii.
La corolle rosiforme se présente sous deux formes différentes : ou elle en rosace semi-régulière avec des pétales extérieurs amples , placés sur 3, 4 ou 5 rangs , imbriqués à distance ; un centre indéterminé , concave , plus ou moins étoffé • élamines plus ou moins apparentes. — Ex. : C. Derbiana, Rosasinensis, Chandlerii. Ou elle est en rosace irrégulière, à pétales extérieurs divers, tourmentés, rccoquillés, inégaux; centre uniforme et convexe : C. Variegata, Rex Balaviœ.
La corolle renonetUiforme est une corolle imbriquée régulièrement d'un bout à l'autre de sa circonférence , à centre presque toujours concave , et à pétales rapprochés imitant la disposition de ceux d'une renoncule. — Ex. : C, Alba plena.
La corolle varathiforme ou pomponiforme est celle dont les pétales de la circonférence sont presque toujours sur un ou deux rangs tout au plus, et dont les parties sexuelles sont toutes transformées en pétales parfaits , allongés , taillés en lanière, uniformes, égaux, et dont l'ensemble est une spère ou un pompon, comme le Varatha ancien, Vespucius, Hebra, Rubina, etc.
Avec cette seconde méthode, qui nous parait la plus simple, la plus naturelle et la mieux fondée jusque ici, on donne a l'instant une idée élevée et exacte de la forme d'une fleur de Camellia , et l'acheteur sait de suite à quoi s'en tenir.
Les descriptions suivantes sont arrangées toutes d'après les deux méthodes indiquées.