‹ Monographie du genre camelliaChapitre 6 sur 533 · noirâtres. Incertaine ou difficile · texte numérisé non relu

noirâtres. Incertaine ou difficile

Les fleurs ont été aussi divisées en simples, semi-doubles, doublespleines ; régulières , semi-régulières et irrégulières.

Pour ne pas laisser d'équivoque dans l'esprit des horticulteurs , qui souvent se trompent à l'égard des dénominations qui précèdent, nous croyons devoir en donner ici la définition. Ainsi , par exemple, on entend par fleur simple celle qui n'a qu'un rang de pétales , quoique dans quelques variétés les organes sexuels passent quelquefois incomplètement à l'état pétaloïde; exemple : C. Dianthiflora, Insignis, etc.

(Ce sont ces fleurs que certains jardiniers appellent doubles par erreur.)

Par fleur semi-double on entend cellcj qui n'a que deux rangs de pétales et quelques étamines pétaloïdes et naturelles.

Par double , celle qui a plusieurs rangs de pétales entremêlés au centre d'élamines fertiles ou pétaloïdes apparentes ;

Par pleine, enfin , celle dont les organes sexuels sont tous transformés en pétales complets plus ou moins parfaits.

L'astérisque indique les espèces distinctes reconnues comme telles par les botanistes : elles sont au nombre de neuf.

On appelle fleur régulière celle dans laquelle toutes les parties, cou pécs uniformément et placées à une égale distance d'un centre commun, présentent dans leur contour un ensemble symétrique et presque toujours uniforme. La fleur régulière est composée ou d'un rang seul de pétales égaux et également disposés , comme dans la fleur du C. Japonica rubra simplex , ou d'un plus grand nombre de rangs de pétales aussi égaux et disposés en vase, c'est-à-dire en recouvrement le s uns sur les autres, ce que nous appelons pétales imbriqués , comme dans la fleur du C. Alba plena.

La fleur semi-régulière est celle qui a trois ou quatre rangs de larges pétales imbriqués à distance et un centre plus ou moins irrégulier et concave.

La fleur irrégulière est celle qui est formée de plusieurs pièces dissemblables, inégales entre elles : telle est la fleur du C. Rubra plena.

L'irrégularité de la fleur et Pavortemcnt des étamines sont , en général , des phénomènes corrélatifs.

(Voir la nouvelle méthode de classiflcation, p. 92.)

Maintenant que nous avons donné toutes ces notions sur les caractères des boutons et sur la forme des fleurs , nous voulons suivre le conseil d'un de nos illustres botanistes italiens, M. Colla, de Turin, et faire connaître par une analyse complète et botanique les parties principales qui constituent la plante et la fleur du Gamellia. Nous commencerons par les racines.

Racines.— Les racines du Gamellia sont frutiqueuses , horizontales, rameuses et traçantes , c'est-A-dirc composées de plusieurs jets longs , iilamenteux, fibreux, et partagés en plusieurs branches collatérales ; leur épidémie est brun; les jeunes fibres sont blanches, transparentes et charnues.

Tige. — La tige du Camellia est ligneuse , droite , diffuse , pyramidale ; l'épi derme en est gris , très mince , lisse , poli sur le tronc et les branches : quelquefois il est raboteux et gercé sur les jeunes plantes greffées. Le vieux bois est rond , très dur, compacte , solide et cassant ; la moelle est mince, tendre et blanche.

Branches. — Les branches sont ; alternes, ouvertes, nombreuses et

rapprochées ; elles naissent au printemps des gemmes latérales ou boutons à bois, qui restent stationnâmes sans végéter une année entière, et ne se développent qu'en mars ou avril de la seconde année de leur naissance, quelquefois avec la floraison, presque toujours avant. Ces gemmes sont couvertes de petites écailles ou bractées imbriquées, d'une forme oblongue-allongée, blanchâtres, qui se séparent des gemmes et tombent aussitôt que la végétation de ces dernières commence, et laissent à leur insertion une légère cicatrice. La couleur de répiderme des branches est ordinairement d'un gris plus foncé que celle de la tige. Les jeunes branches ou rameaux sont d'abord verts , deviennent ensuite rougeâtres, croissent rapidement, restent quelque temps herbacés , et ne s'aoûtent entièrement que deux mois après leur naissance.

Feuilles. — Les feuilles du Gamellia sont simples, ovales-acuminées , péliolées , ouvertes , presque horizontales , planes et lisses , quelquefois bullées , c'est-à-dire couvertes de rides concaves en dessous et convexes en dessus; souvent dans quelques variétés elles sont ondulées , tourmentées , plissées , courbées ou roulées en dedans ou en dehors, renversées sur la tige, réclinées, en sorte que leur sommet est plus bas que leur point d'intersertion avec la tige, sans aucune courbure , ou obliques , ou ovales-arrondies, ou ovales-lancéolées , ouoYales-oblonguesou allongées , sinuées, en sabre , toujours dentées en scie, coriaces, luisantes, souvent canaliculées et toujours vertes ; la surface supérieure est marquée d'une nervure médiane saillante et empreinte de veines latérales extrêmement ramifiées , qui se communiquent les unes aux autres.

Pétiole, — Le pétiole des feuilles du Camellia est simple, court, plus ou moins long, charnu, rond en dessous , creusé légèrement en gouttière dans presque toute sa longueur en dessus , tantôt vert uni, tantôt sillonné supérieurement d'une ligne roageâtre.

Boutons à fleurs. — Le bouton à fleur du Gamellia est ordinairement conique, quelquefois arrondi, ou obtus, quelquefois oblongacuminé , toujours vert à sa formation , et composé de plusieurs écailles placées en recouvrement les unes sur les autres, à peu près comme les tuiles d'un toit. Les boutons se forment pendant l'été dans les aisselles des feuilles, croissent lentement en été, restent en état de repos tout l'automne , et ne s'épanouissent que vers la fin de l'hiver.

Écailles. — Les écailles des boutons du Gamellia sont les unes extérieures, les autres intérieures; les premières, que nous nommerons écailles bractifères , sont ou lisses ou glabres, quelquefois foliacées . quelquefois coriaces , toujours au nombre de six , ovales-arrondies , concaves, caduques, imbriquées, disposées sur deux rangs, les supérieures alternant les inférieures.

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Sépales, — Les écailles intérieures , que nous nommerons sépales , sont au nombre de trots, ovales-lancéolées, composées d'une substance plus tendre et plus molle que (es écailles bractiformes, alternativement placées avec ces dernières , uo peu plus grandes , minces , et d'un vert blanchâtre ; les écailles cl les sépales sont à peu près la base delà fleur.

Fleur. — La fleur du Gamellia se compose d'un pédoncule qui est très court , et dont l'office est de supporter la fleur. Celle-ci est insérée dans l'angle que forment les feuilles avec la tige ou les branches , et alors elle est axillaire ; ou elle prend naissance à l'extrémité de la lige ou des rameaux , et alors elle est terminale. La fleur du Camellia est toujours accompagnée d'une gemme ou bouton à bois» lequel , comme nous l'avons dit plus haut , ne se développe le plus souvent qu'après la chute de la corolle.

La fleur du Gamellia est ou simple , ou semi -double, ou double, ou pleine. (Voir plus haut l'explication.) La fleur du Camellia est inodore, souvent solitaire , souvent biflore , triflore, multiflore , et 'alors elle présente une espèce de corymbe dont chaque fleur est presque sessile. H

La fleur du Camellia est complète , c'est-à-dire qu'on distingue sur un seul et même réceptale les organes mâles , qui sont les étamines , et l'organe femelle, qui est le pistil, et l'un et les autres sont entourés d'une première enveloppe, qui est la corolle.

La fleur du Camellia reste renfermée dans le boulon qui la met à l'abri de l'intempérie des saisons presque pendant deux tiers de l'année. Si on développe un boulon complet d'une fleur simple , on aperçoit dans son intérieur les organes sexuels, qui y sont bien formés. On y distingue les pétales : la plupart y sont incolores , et ils ont besoin , autant pour se peindre des nuances de couleurs qui leur sont propres que pour s'accroître et se développer, du contact des rayons vivifiants du soleil. A mesure que le bouton croit et gonfle , les pétales se développent, grandissent, et servent d'abri aux étamines et au pistil-, et lorsque la fleur (simple) est tout à fait sortie de son bouton, les pétales entr'ouverts se dilatent , s'étalent, et laissent voir à découvert les organes de la génération.

Les pétales , dans la fleur du type , sont au nombre de 5-7, rarement 9 ; dans les fleurs doubles ou pleines , le nombre en est indéfini ; il est toujours en raison directe de la transformation plus ou moins complète des étamines en pétales. Héunis à la base par leurs onglets , les pétales sont ovales-arrondis , en éventail , quelquefois acuminés dans les rangs intérieurs delà corolle , échancrés au limbe, rarement entiers , toujours caduques, unicolores ou bicolores, rouges , ou blancs, ou jaunâtres , ou striés , ou ponctués , ou panachés.

Étamines. — Les étamines , qui sont une des parties les plus essen-

tielles de la fleur, celle qui est tndispensablement nécessaire à la fructification , sont nombreuses dans la fleur du Camellia ; elles sont hypogines, disposées en couronne sur l'intérieur de la corolle, adhérentes à leur base, à filaments filiformes , un peu plus courts que les pétales , munies à leur extrémité supérieure d'une espèce de bourse nommée antKère , qui est sessile et mobile. Cette bourse n'est autre chose qu'une sorte de corps duveté et imprégné d'une poussière très fine de couleur jaune , nommée pollen, qui s'attache facilement aux doigts de celui qui le touche, et les colore. Quand l'anthère est parvenue à sa parfaite maturité, la petite bourse s'ouvre d'elle-même, tantôt par les cotés , tantôt de bas en haut , souvent à son sommet : c'est à ce moment que la poussière qu'elle contient s'échappe et jaillit par une espèce d'explosion ; puis, par une sorte d'attraction mutuelle qui existe entre ces parties, elle se porte sur le stigmate du pistil (la partie femelle), qui en absorde aussitôt les molécules les plus subtiles, et les transmet par la médiation du style , qui est fistuleux , sur les embryons situés à sa base (sur le placenta), et les féconde.

Pistil. — Au centre des étamincs de la fleur du Camellia ( simple ) est le prolongement du pédoncule de la fleur, qui est la partie femelle, nommée le pistil. Cest une colonne centrale creuse , pltis triangulaire que ronde , formée de trois à cinq styles plus ou moins profondément réunis entre eux, un peu plus allongés que le filet des étamines, couronnés dans leur partie supérieure par une ouverture qui affecte une forme évasée , roulée en dessous : c'est un sinus obtus , arrondi à son fond , qui est le stigmate bilobé. A l'extrémité inférieure du style se trouve l'ovaire : c'est cette partie de la fleur du Camellia qui renferme plusieurs petits grains qui paraissent être de tendres ovules ou les rudiments des semences qui sont attachés dans sa cavité intérieure sur le placenta, auquel ils tiennent par les cordon* ombilicaux , qui leur communiquent les fluides nécessaires pour leur développement et pour leur maturité. Dans l'ovaire de la fleur du Camellia on remarque plusieurs loges séparées par autant de cloisons que cet organe renferme d'ovules.

Fruit du Camellia.— 11 est incontestable que le germe d'une plante existe dans le fruit avant sa fécondation ; mais ce germe attend sa vie d'une cause étrangère qui doit la lui communiquer par la fécondation. Si la fécondation n'a pas lieu, le germe se flétrit, se dessèche et meurt sans avoir pu produire son espèce ; mais, s'il a été touché par le pollen, il s'anime aussitôt, se dilate, grossit; son développement devient chaque jour plus sensible , et le fruit atteint le volume qu'il doit avoir ; cependant il ne parvient à sa maturité que lorsque son enveloppe extérieure a terminé son accroissement.

On remarque dans le fruit du Camellia deux parties principales : la

graine , qui contient le germe , et l'enveloppe extérieure de cette même graine , qu'on nomme le péricarpe.

Le péricarpe est une capsule ovale-arrondic , plus ou moins aiguë , quelquefois obtuse, de la grosseur de 5-4 centimètres de diamètre, ligneuse, triloculaire , trivalve, contenant deux petites cellules par chaque valve , chacune monosperme. Dans le péricarpe il y a le placenta , le cordon ombilical , les loges , les cloisons et les valves.

Le placenta est cette partie du péricarpe à laquelle est fixé le cordon ombilical des graines ; c'est dans le placenta que sont réunis les vaisseaux qui portent la nourriture aux embryons de ces mêmes graines après leur fécondation.

Le cordon ombilical est un petit groupe de vaisseaux qui partent de la mère-plante pour distribuer la nourriture aux embryons , qu'ils lient et qu'ils unissent avec le péricarpe sur le piacenta.

Les loges sontldes cavités intérieures du péricarpe, au nombre de trois.

Les cloisons du péricarpe sont ces séparations qui sont formées par une espèce de membrane qui en partage l'intérieur en trois loges , et ne paraissent nullement au dehors.

Les valves au contraire sont ces espèces de cloisons qui, comme les précédentes, partagent bien l'intérieur du péricarpe , présentent une wrte d'arrangement symétrique, et sont marquées extérieurement par une ou plusieurs sutures longitudinales. C'est toujours suivant la direction de la suture que le péricarpe s'ouvre dans sa maturité et d'une manière toujours uniforme , laissant horizontalement a découvert les valves , l'axe central libre , droit , triquètre , grossi vers le sommet.

Le péricarpe renferme six graines, c'est-à-dire deux par chaque cellule ; chacune de ces graines a 12 à 15 millimètres de diamètre ; leur enveloppe consiste en une seule pellicule ; l'intérieur ou la membrane propre est ligneuse , très dure , lisse , colorée d'abord d'un vert rougeâtre , qui se change plus tard en une teinte de rouille.

La maturité des graines s'annonce par l'ouverture spontanée du péricarpe vers la mi-septembre ou le commencement d'octobre. Lorsque le soleil les frappe dans cette conjoncture , elles se détachent tout à coup du péricarpe, tombent, et se perdent si on ne prend pas d'avance la précaution de les recueillir.

Ici finissent les notions contenues dans notre avant-propos. Si le lecteur les trouve utiles, nous aurons atteint le but que nous nous proposions.

L'ABBÉ BKRLÈSE.

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