‹ Monographie du genre Pilobolus, TodeChapitre 12 sur 17 · Pilobolus anomalus, Cesati · texte numérisé non relu

Pilobolus anomalus, Cesati

Herb. Mycol. Klotzschii (1831), édit. 1“, n® 1342.

Pour mieux faire connaître cette espèce et justifier les remarques que son étude m’a suggérées, je donnerai d’abord la description latine qui accompagnait la publication de cette plante, reçue jusqu’à présent parmi les Pilobolus :

« Veicellis, dec. 1850, in fimo suino, post bmmas. — Primitus e malrice (num et basi sclerotioïdaee, qualem in Püobolo crystallino molliiisculam , ttavam observavi, innascens?) hypha porrigitur brevis, fdiformis, omnino aequalis, liyalina et minime rorida, quateniis observare licuit, cui sphaerula superimposita est minima, flava, sat pellucens. Mox in bac sphaerula divisio quaedam interna patet e colore magis opaco surbidiori segment! superioris (quod majus quoque est) , dum inferiiis e contra pallescit. Hypha cito post baec elongatiir valde; quamobrem, et propter tenuitatem nutans evadit. Segmentum superius capituli nigrescit atque intumescit, donec aterrimo colore fucatur; ast minime solvitur ab utero, sed huic arcte adgliitinatiim , excipuli obversi modo pro parte ipsum uterum amplectitur, glandem simulans cum cupula sua, sed inverso modo. Haec omnia mira dixi! Peridiolum ne disilit quidem; et laboriosissimo examine devinatus sum, in ejus cavitate (quia subtus excavatum est omnino fere uti Ascophorae capitula post explosionem sporidiorum) uterum reabsorberi ; quam functionem alio phaenomeno adsociatam vidi ; videlicet apparition! linearum concentricarum obscuriarum in utero. Num reapse de mutatione coloris tantum agatur, numne potins, qualem semel perspexisse existimo, sed sat firme asserere non auserim, de conlractione uteri exsiccandi per plicas horizontales, sat bene non intellexi.

Tune hypha omnino deflectitur; an normaliter peridiolum amittat hactenus mihi liligiosum. Sed certior factus sum saepissime prolapsi e peridioli cavitate fila obrepere bina usque quaterna; et ubi plura peridiola agglomerata exislunt compages byssina sive araneosa, candida, volilans passim componitur, peridiolis hemisphaericis, alerrimis, tarde disrupturis* conspersa, quae a matrice fimentaria ad viciniores stipules extenditur! Vera genesis lui jus compagis mihi adhuc ignola, nisi mycélium sit ab uno alterove peridiolo generatum. — Peridiolum omnino typicum generis colore, forma, lirmitate et oeconomia; sporidia subovalia, in muco quodam nidulantia? (Cesati.) »

Nous commettons tous des erreurs, qu’il faut savoir avouer avec grâce; les botanistes même les plus distingués n’en sont pas exempts. C’est ainsi que M. de Cesati s’est trompé en étudiant son Pilobolm ^ qui est une Ascophora parl’ailemeni constituée. La description même de l’espèce m’avait fait supçon-

DU GENRE PILOBOLÜS.

lier une méprise , et j’en ai acquis la certitude , lorsque j’ai pu analyser des échantillons authentiques que je dois à la gracieuse obligeance de M. üesinazièreS; de Lille.

VAscophora mucedo, Tode, que j’ai cultivée l’année dernière, offre le même développement et la même organisation que la plante dont nous nous occupons; celle-ci ne s’en éloigne que par son protoplasma jaune, une légère différence de spores (pl. II, fig. E b) et la belle marqueterie à dessins ovoïdes qui orne le campanile de son sporange. (Pl. II, fig. E a.) Chez le P. cmomahis, il n’y a pas de gouttelettes cristallines , pas de projection ; je n’ai trouvé ni cupule, ni cloison radicale, ni cloison sous-cupulaire dans les cellules fructifères que j’ai examinées; dès lors il ne peut appartenir au genre Pilobolus tel que je l’ai défini.

J’en fais donc une Ascophora nouvelle, qui ne doit plus conserver maintenant le nom spécifique d'anomala, puisque son organisation est tout à fait normale, et je la dédie, sous le nom d' Ascophora Cesatii au savant cryptogamiste de Verceil, qui a tant de droit à nos sympathies.

Je n’ai pas retrouvé les filaments dont parle M. de Cesati et qui, d’après les dessins inédits de l’auteur, doivent servir à rattacher le sporange à la lige ; mais je les crois identiques à ceux que j’ai vus dans les cellules fructifères de Y Ascophora commune et dont j’expliquerai l’origine et la nature dans un autre travail.

En résumé, le genre Pilobolus ne comprend que deux espèces certaines, les P. crystallinus et oedipus et une espèce très-problématique, le P. roridus, Pers.

* Cellulis fructiferis elongatis, fdiformibiis , primitus flavidis, erectis, dein uutantibus ef vollabentibiis ; campanella nigra, areolis subovaiibiis ornata ; sports hyalinis, subovalibiis , lûo longis, ^ mm. crassis.

EXPLICATION DES FIGURES

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