‹ Monographie du palais de Fontainebleau (volume 2)Chapitre 7 sur 8 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

a Notice sur les planches qui composent le premier volume de cet ouvrage, comprenant toutes celles qui reproduisent des compositions tirées des édifices du rez-de-chaussée du palais, laisse naturellement pour sujet à la suite de notre description les planches non moins variées, non moins importantes, que fournissent les riches décorations artistiques répandues à profusion dans les galeries & les appartements du premier étage de la plus belle des résidences impériales de France, & aussi d’un des plus célèbres monuments produits par les arts modernes en Europe.

Notre planche LXXI— o, met sous les yeux du lecteur l’ensemble du premier étage du palais & la situation relative de chacune de ses principales parties au milieu des jardins, cours, étangs, avenues, &, pour complément de la perspective, le parc & son canal, la forêt & ses intéressantes populations.

Le bâtiment qui relie la façade principale de la cour du Cheval-Blanc aux bâtiments de la cour ovale se nomme la galerie de François Ier; elle est marquée R sur le plan, & dans cette direction la partie parallèle à gauche forme les appartements de LL. MM. l’Empereur & l’Impératrice, & la partie gauche est une galerie découverte servant aux mêmes communications, construite en pierre par Henri IV, réparée par Napoléon Ier.

NOTICE HISTORIQUE ET DESCRIPTIVE

La galerie R est le musée français du palais. La peinture à fresque, la sculpture en stuc & sur bois, l’ornementation en tout genre & leur bonne conservation en feront longtemps encore le rendez-vous des artistes studieux de là renaissance des arts en France, & des ouvrages d’artistes encore célèbres qui furent attirés en France par le génie créateur de François Ier. C’est au Rosso que revient l’honneur de la création de cette monumentale galerie : école féconde où furent déposés les germes de l’art qui d’Italie vint ranimer le génie français.

§ XI. -- Galerie de François Ior.

ans l’histoire des temps modernes du palais, cette galerie ne date que de la Renaissance; elle fait partie du devis général arrêté par le roi François Ier, le 28 avril 1 y 28. Elle semble néanmoins avoir conservé quelque suprématie sur les autres parties artistiques du royal édifice. Toutefois la salle de Henri II semble plus italienne que celle de François Ier : dans celle-là, tout est Francisco Primaticio, le Primatice ; dans l’autre, à deux exceptions près, tout est Rosso dei Rossi, maître Roux; & l’on distingue bien les caractères propres au génie de chacun des deux artistes en comparant leurs ouvrages ; les raccourcis nombreux du Rosso dans ses figures ne feront jamais oublier l’élégance toute grecque de son contemporain, qui fut aussi son rival & peut-être son ennemi, du moins à Fontainebleau, où Rosso se donna la mort par le poison.

Les tableaux qui décorent la galerie de François Ier dans son état actuel sont au nombre de quatorze, sept sur chaque paroi dans le sens de la longueur, en entrant par le grand escalier & le grand vestibule du palais.

Une tradition, & des plus incertaines, donne une explication de leurs divers sujets. Nous n’en connaissons pas de plus ancienne que celle que le père Dan publia en 1642, & il est reconnu à ce sujet que, si deux écrivains en parlent dans les mêmes termes, c’est qu’ils se sont copiés; dans le cas contraire, leurs explications différeront en tous points; & cependant ces tableaux sont composés de figures humaines, caractérisées par leur costume & leurs insignes! Mais ces figures sont pour la plupart des figures d'idées , & non d’objets naturels, de forme & de nom déterminés; elles sont des allégories, des symboles, c’est-à-dire des formes graphiques désignant des choses incorporelles, conséquemment sans formes, & dont on a néanmoins voulu faire le portrait ! Les anciens ont inventé & nos grands maîtres de l’art ont conservé quelques-uns de ces mots figuratifs; mais les petits veulent inventer aussi, & avec de tels matériaux on ne peut édifier qu’une nouvelle tour de Babel.

Le dictionnaire de l’allégorie , de l’allusion , du symbole est à faire ; il n’en existe que quelques mots, ceux que l’antiquité a unanimement adoptés & ceux que les grands maîtres ont accrédités de l’autorité de leur pinceau. La bonne littérature n’a point d’autres préceptes, ni d’autre dictionnaire.

Des quatorze tableaux de la galerie de François Ier, sept sont reproduits complets par nos diverses planches, numérotées LXXVI — à LXXXII — 68; la table du volume indique à chaque

numéro le sujet du tableau, & c’est ici que les inconvénients de l’allégorie en peinture, comme système absolu, se déclarent. La dénomination des sujets de nos planches se trouve dans plusieurs ouvrages antérieurs à celui-ci, & ces dénominations ne ressemblent pas aux nôtres, qui ont aussi pour elles la tradition; ainsi, dans notre numéro LXXVII — f 8 qui est appelé

Y Eléphant jfleurdelysé , le père Dan a vu un triomphe & l’emblème d’une victoire de François Ier. Notre planche LXXVIII — 60 porte cette désignation : Épisode de /’ Embrasement de Canine, & dans le père Dan c’est la Ruine & l’Embrasement de Troie ; le sujet de la planche LXXX — 64 est un

Naufrage pendant la nuit, selon le père Dan, & les amateurs d’allégories veulent y en voir une aux infortunes du roi à Pavie (*). Afin d’éclairer complètement les lecteurs sur ces différences, nous mettons ici la concordance de nos numéros avec ceux que le père Dan a donnés aux

(1) Les deux mascarons que nous reproduisons ci-dessus se trouvent dans la galerie de François I"r, sur les deux côtes du quatrième tableau à droite, -représentant Danaê, et dont il est fait mention dans la page

suivante.

NOTICE HISTORIQUE ET DESCRIPTIVE

mêmes ouvrages; & c’est ainsi que le numéro de la planche donnera celui du tableau & sa place dans la galerie qu’il orne depuis François Ier.

LXXVI — y6 . 14

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