LXXXI I
Notre planche n° LXXIX — o, la Nymphe de Fontainebleau , n’est pas mentionnée dans la description du père Dan, parce qu’elle est un ouvrage moderne, né du pinceau de deux illustres maîtres, nos contemporains, Aug. Couderc & Allaux, le premier l’ayant composé & dessiné au fusain, & le second l’ayant terminé.
Nous devons avertir aussi que le quatrième tableau à droite, où l’on voit Danaé visitée dans sa prison par la pluie d’or de Jupiter, est contemporain des autres, mais n’est pas de la même école : il est de celle du Primatice, & fut peint sur ses dessins, en 173 7, par Claude Badouin, à raison de 20 livres par mois.
La place avait été donnée d’abord à Diane de Poitiers par la protection de Henri II, l’ouvrage était du Rosso; la jalousie de la duchesse d’Étampes lui fit substituer une Danaé. La Diane de Couderc & d’Allaux reproduit celle du Rosso d’après une tradition digne de foi, un précieux tableau du maître & une gravure de Léon Davant.
Vanloo opéra sur presque tous ces tableaux une première restauration. De nos jours, MM. Couderc & Allaux ont restauré toutes les peintures de cette galerie.
Ce ne sont pas seulement les tableaux de la galerie qui sont dignes de l’admiration publique; tous les arts y trouvent aussi des modèles & d’inépuisables sujets d’étude dans l’ornementation, qui ajoute encore au prix de ces chefs-d’œuvre de la Renaissance. Nos planches LXXXI II — 77 àXCIX — 7 3 multiplient pour la première fois l’ensemble de ces détails, vrais chefs-d’œuvre du genre, jetés à profusion dans cette vaste enceinte par tous les procédés comme sous toutes les formes; & pour les recommander, s’il le fallait, il suffirait de nommer les célèbres artistes qui sont venus religieusement les étudier. Les boiseries & de nombreux panneaux révèlent aussi leur origine par leurs perfections : l’étude de ces types ou celle de leur fidèle copie par nos planches peut enrichir l’art. Les principales de ces riches boiseries se voient sur nos planches C— 72 à CVII — 93. La suivante, CVIII — o, est un fragment du plafond de la galerie-musée qui est le légitime sujet de ce long paragraphe.
§ XII. — Galerie de Henri II.
e tt e galerie, malgré sa dénomination, émane du plan primitif arrêté par François I"r. Sur notre planche II— 1 1, on a vu la façade entière de cette galerie, au dehors, sur la cour ovale; notre planche CXIV, CXV — o (double) en expose dans tous ses détails la façade intérieure.
Bien moins étendue qua l’extérieur, la galerie proprement dite n’occupe que les cinq premières baies depuis la tour jusqu’aux campaniles de la chapelle. Les cinq arcades vitrées sont, en effet, seules indiquées dans notre planche de l’intérieur, n° CXIV- CXV — o (double). La paroi intérieure en face, donnant sur le parterre, a le même nombre de croisées & la même richesse de peintures à fresque.
Des deux côtés ces peintures sont l’ouvrage de deux grands maîtres, heureusement associés pour la production de ce vaste chef-d’œuvre. Ce fut Nicolo dell’ Abbate qui transporta merveilleusement sur les murs les poétiques conceptions du Primatice. Celui-ci était en France & pensionné du roi en ifji; Nicolo s’y rendit en 1^2, & un jour vint où Nicolo fit avec le Primatice un traité pour associer leur science & leur génie.
On voit, par notre planche CXIII — o, le plan de la galerie, & par notre planche CXIV, CXV — o (double), la disposition des deux parois, la perfection de leur ensemble & leur richesse. Ses principales & ses nombreuses figures, presque de grandeur naturelle, composent une grande diversité de scènes, toutes tirées de la mythologie classique, les quatre saisons, les principales divinités, & en action leurs mythes les plus connus. La magnificence de la cheminée (planche CXVII — 1) répond à celle de l’ensemble de la galerie; le plafond en bois sculpté (planche CXIII — o) ne la dépare pas; les travées d'où naissent les arcades (planche CXXII — 4) sont traitées à l’égal des principaux ornements de cette riche galerie. La tribune (planche CXVIII — 7), à l’opposite de la cheminée , proclame par ses chiffres Henri & Diane ; le haut & le dessus de la porte (planche CXII — - 12) sont ceux de la principale entrée de la galerie, & au-dessous de la tribune les ornements, par leur perfection & leur profusion, seront un éternel sujet d’étude
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pour l'homme de goût; nos planches CXVI — 2, CXX — o, CXXI — o, CXXIII — y, reproduisent ces savants & gracieux modèles.
Le sujet de la planche CXI — çy est sculpté sur une cheminée. On y voit le chiffre de Henri II & de Catherine de Médicis, H. C. : nous ne savons pourquoi on y a mêlé le nom de Charles IX.
§ XIII. — Cour ovale. Escalier dit du Roi.
onnant sur la cour ovale, sans autre distinction, au rez-de-chaussée, on voit l’entrée d’un riche escalier à rampe de fer sculptée & dorée, lequel conduit à l’entrée de la galerie Henri II, & du côté opposé , par un petit cabinet, à la salle des gardes. Le plancher qui formait dans ce carré un premier étage a été supprimé ; ce fut la chambre de la reine d’abord, de Mme d’Étampes ensuite : changée en escalier par Louis XV, il n’en subsiste plus que les parois ornées de belles peintures dont les sujets sont tirés de l’histoire d’Alexandre, & entourés d’encadrements de stuc où se déploient toute l'élégance & la grâce de l’art du Primatice. On voit, par notre planche CX — 97, la preuve de cette perfection jusque dans l’accouplement des cadres. La planche CIX — 96 la montre aussi dans le dessus de la porte principale de communication à la galerie de Henri II. Les peintures & les stucs furent l’ouvrage du Primatice & de Nicolo, vers l’an 1^70; les tableaux ont été restaurés par Abel de Pujol.
§ XIV. — Appartements d’apparat, Salon style Louis XIII.
u r notre plan du premier étage du palais (planche LXXI — o), le
salon de Louis XIII est indiqué par le signe L 4, à la suite de la
chambre de Saint-Louis. Ce salon a subi bien des changements depuis sa construction selon le devis de François Ier. Il a été agrandi par la réunion de plusieurs dépendances. Louis XIII y naquit; Henri IV le lit restaurer & en lit son grand cabinet; il y reste encore le chiffre phonétique composé d’un S & d’un trait qui le traverse verticalement, & qui se lit esse-trait, où l’on trouve facilement le nom chéri du roi, le nom de la belle
Gabrielle d ’Estrée. Louis XIII lit aussi faire divers travaux dans ce salon; Louis XIV y ajouta
encore; plus tard, on l’enrichit de paysages; le bois sculpté de l’ancien chambranle de la cheminee fut remplacé par du marbre pendant le règne de Louis -Philippe. Ce salon, avec les suivants, sert aujourd’hui aux réceptions ordinaires de Leurs Majestés : il est un des plus remarquables du palais pour la richesse de l’ornementation. Cette série de pièces a reçu aussi
le nom d’appartements d’apparat. Nous y avons puisé le sujet de deux planches : la planche n° CX XX VI — 99 est un modèle d’accouplement des cadres, dans le style qu’on appelle Louis XII U la planche précédente, n° CXXXV — 98, est un autre modèle de l’art de la sculpture sur bois à la même époque.
§ XV. — Appartements du Pape.
n a donné ce nom à une partie des appartements du gros pavillon qui était autrefois le pavillon des Poêles, l’appartement des reines mères, qui fut construit par François Ier, orné par Henri II, restauré par Charles IX, & repris en sous-œuvre par Louis XIV; c’est le pavillon qui forme l’angle sud-est de la cour du Cheval-Blanc. Le pape Pie VII y logea en 1812.
Cette partie du pavillon avait été, dans l’origine, l’habitation de & d’Anne d’Autriche qui le décora à grands frais. Notre planche CXXIV— iii en est un témoignage. On y voit une partie du riche plafond du grand salon. Les armes de France occupent le milieu ; le reste est divisé en plusieurs compartiments principaux où sont les chiffres L. A.; Louis XIII & Anne d’Autriche.
Cette partie du palais est sans contredit une de celles où l’ornementation a été prodiguée avec le plus d’entente, pour arriver à produire le plus riche et le plus harmonieux effet. On s’en assurera au seul & sommaire examen de six belles planches, dont quatre sont coloriées & rehaussées d’or, qui sont tirées des nombreux sujets à étudier dans cette magnifique localité. La première, qui est double & porte pour cela le n° CXXV-CXXVI — o, représente un des deux vantaux de la porte d’entrée ; c’est un charmant modèle de ces nombreux panneaux peints & rehaussés d’or, sur lesquels les sujets variés des figures & des fleurs, l’architecture, le coloris, la richesse infinie de la composition, attireront toujours l’étude & l’admiration; & ce jugement si élogieux est peut-être incomplet encore pour le sujet de la planche suivante, CXXVII & CXXVIII — o, non moins riche que la précédente, & offrant de plus le portrait à mi - corps & en miniature de la reine Anne d’Autriche ; & cependant ce splendide ouvrage de peinture & de décoration n’est qu’un dessus de porte. Mais, comme si notre juste enthousiasme devait s’exalter sans fin, le fragment du plafond de ce même salon, traité avec les mêmes moyens (pl. CXXXI-CXXXI I - — o), entretient aussi ce sentiment à son plus haut degré & nous attache irrésistiblement à la contemplation de ce tableau, gardé par deux sphynx dans leur antique forme & pose : au milieu s’élève, sur un socle élégant, un vase richement sculpté; auprès, sont assises dans tous leurs atours deux nymphes dont les bras s’unissent aux riches guirlandes de fleurs qui complètent cette gracieuse composition. A la droite & à la gauche de ce tableau s’annoncent les caissons circulaires qui servent à former son ensemble. Notre planche CXXXIII-CXXXIV — o reproduit un de ces caissons dans tous les détails de sa composition circulaire. Un disque doré en occupe le centre; quatre nymphes en costume antique dansent autour de ce disque, &, par leur tête & par leurs gracieux mouvements chorégraphiques, remplissent la circonférence entière à mesure qu’elle s’agrandit, & là encore il y a à étudier & à admirer.
Catherine de Médicis
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La planche numérotée CXXIX — iio dessine en noir l’ensemble du plafond, où l’artiste attentif trouvera facilement la place du sujet qui vient d’être décrit : on y remarque, aux deux extrémités dans sa largeur, les chiffres L. A. A. : Louis XIII & Anne d’Autriche; la belle exécution de cette planche au trait en fera un sujet fécond d’étude de la belle époque de l’art en France; on pourra, de même, comme complément, étudier l’ornementation architecturale de la planche suivante, n° CXXX— 109, où sont relevées diverses coupes sur le plafond; & ce ne sera peut-être pas sans quelque profit pour l’étude de ces diverses productions que l’on comparera quelques ouvrages analogues par leur destination, mais d’un goût &. d’une époque autres.
Ainsi notre planche XIII — 41 contient aussi une variété de membres d’architecture, montants de portes & chapiteaux sculptés du temps de François Ier, qu’on peut rapprocher des mêmes ouvrages sculptés ou peints du temps de Louis XIII : ces divers morceaux de la planche XIII- — 41 proviennent d’anciennes démolitions du Palais. Les sujets variés de la planche X — 39 sont copiés sur la façade de la galerie de Henri II, dans la cour ovale : mais ils portent en eux- mêmes le nom & la date de François Ier; point d’incertitude à ce sujet pour les deux médaillons, les deux FF adossés sur un champ de flammes, surmonté d’une couronne fermée, caractérisent François Ier, en ce que jusqua lui les rois de France portaient la couronne ouverte, la couronne fermée étant attribuée aux empereurs; mais François Ier, par rivalité contre Charles-Quint & Henri VIII, roi d’Angleterre, qui avaient adopté la couronne impériale, se la donna aussi. Sur l’autre médaillon se voit la salamandre royale, avec la même couronne, & dans le champ que les lois héraldiques lui ont attribué. Le gueulard, qu’on pourrait nommer la gouttière, est un caprice qui n’est d’aucune é.cole ni d’aucun pays.
§ XVI. — Chapelle de Saint-Saturnin.
01 ci une singularité à remarquer : le dernier paragraphe de cette notice a pour sujet la partie du palais qui est la plus ancienne : la chapelle souterraine de Saint-Saturnin, évêque & martyr à Toulouse, fut fondée par saint Louis, en l’année 1269; & la chapelle supérieure y fut ajoutée par François Ier, en 1^28. Toutefois, ce ne fut pas sans modification dans l’ensemble ou les détails de la crypte du saint martyr : le plan, ainsi que les détails des deux édifices réunis, ne peuvent en représenter que l’état actuel. Le plan général figuré sur notre planche CXXXVII — • o indique le rez-de-chaussée & le premier étage, dans leurs rapports & leurs dépendances mutuelles avec les constructions antiques. De nombreuses légendes éclairent l’étude du lecteur. La belle planche C XXXVI I I-CXXXIX — 21 (double) est une vue extérieure de l’abside commune aux deux chapelles, prise du parterre du grand jardin. Le sol est celui-là même de la terrasse, qui est plus bas que celui de la chapelle inférieure ; une porte est taillée à grands efforts au travers des vieux murs de fondation, bâtis de gros quartiers de pierres de grès & ayant près de trois mètres d’épaisseur ; le reste de la façade est l’œuvre de la restauration de l’ancienne chapelle & de la superposition de la nouvelle par François Ier; les chapiteaux des pilastres de décoration sont ornés de ses insignes. Les croisées cintrées sont en partie, particulièrement
sur deux côtés, murées à l’intérieur; celles qui ne le sont pas sont ornées de riches vitraux; les deux corps d’architecture sur la hauteur sont séparés par une corniche divisée en trois parties; celle du milieu est ornée d’une forme de camée dont le champ est occupé par la salamandre royale; la couronne est au-dessus du camée; au-dessus encore, s’élève la chapelle nouvelle, décorée de colonnes sur la façade & couverte d’un dôme flanqué de deux clochetons ornés de pilastres. Des cordes intérieures y aboutissaient dès le rez-de-chaussée pour les cérémonies publiques, quand le concours des cloches était requis. Cet ensemble, produit d’une architecture habile & même prétentieuse dans ses modestes inventions, est un des mieux placés pour l’étude, livré comme il l’est aux amateurs, sur la voie publique. Ils y remarqueront quelques heureux effets dans le caractère expressif des principaux détails reproduits sur notre planche CXL — 29, au dixième des originaux.
On voit sur le plan général des deux chapelles (pl. CXXXVII — o) l’entrée de la chapelle basse au-dessous d’une grande tribune, portée par des pilastres cannelés. Notre planche CXLVI — 26 reproduit les gracieux ornements peints qui décorent cette partie de l’édifice; ils sont de bons modèles. A l’opposite de l’entrée & de la tribune qui est au-dessus on voit l’abside (pl. CXLIV — 2?), cintrée selon l’usage, & ce cintre est occupé & éclairé par trois belles croisées garnies de vitraux de moderne origine, mêlés à cette même ancienne architecture : ils sont en effet l’ouvrage de la princesse Marie d’Orléans. La figure de saint Saturnin, évêque de Toulouse, domine dans les trois compositions, & des souvenirs de sa vie sainte en occupent les principaux compartiments. Au-dessus, se voyaient autrefois divers ouvrages d’art dont les sujets convenaient à la nature & à la destination du lieu : on désignait même parmi eux une copie de la Pieta de Michel-Ange; mais cette tradition est tout ce qu’il nous en reste.
Nos planches CXL III — 23 & CXLIV — 23 exciteront l’attention & la méritent bien. Elles abondent en ornements du plus heureux choix, tirés de la paroi droite de la chapelle basse, dans toute sa hauteur & sa largeur, depuis la tribune jusqu’à la croisée cintrée.
L’autre planche CXLV — 24 montre tous les détails de la tribune, sa porte d’entrée au-dessous, ses ornements sur les côtés; & les armes de Navarre leur donnent pour date les travaux de Henri IV dans cette chapelle (la basse).
On voit sur notre planche CXLVI II — 31 les détails de la tribune par laquelle on entre dans la chapelle haute de Saint-Saturnin, la forme des colonnes qui la soutiennent, leurs détails, leurs proportions cotées & leurs ornements. On entre dans la chapelle sous la tribune soutenue par ces colonnes, dont notre planche donne un modèle complet. On lit, sur le devant de la tribune, cette inscription : Henricus II, dei graiiâ, francorum rex chrisnanissimus ; & malgré la sainteté du lieu, les souvenirs profanes n’y sont pas rares. Le plafond de cette tribune est à profusion parsemé, comme ornements, de la lettre initiale du nom de Henri II & du symbole de la Diane païenne, dont les bons exemples ne profitèrent pas à son homonyme chrétienne, si souvent rappelée dans les décorations du palais. L’inscription latine donne la date de cette restauration postérieure à François Ier, qui avait fait construire cette chapelle haute, réparation renouvelée aussi par Henri IV & par Louis-Philippe.
La planche CXL IX — 30 bis conserve le souvenir des travaux de Henri IV par les lettres H. M. qui font partie de la décoration des côtés & de la voûte de cette chapelle. Les ornements y sont très-variés & peuvent fournir quelques bons modèles. La planche CXLVII — 30 est bonne à consulter aussi sous les mêmes rapports.
NOTICE HISTORIQUE ET DESCRIPTIVE
Aux renseignements techniques & chronologiques contenus dans cette notice, nous pensons en ajouter un des plus curieux & des plus utiles par la liste authentique des principaux artistes français ou étrangers qui ont travaillé dans les grandes galeries du Palais de Fontainebleau ou dans ses principaux appartements, tels que dans la grande galerie de François I8r, sous les ordres du Rosso, & dans la galerie de Henri II, & dans celle d’Ulysse sous les ordres du Primatice. Les renseignements accompagnés de leur date & d’autres indications utiles sont tirés des comptes originaux des dépenses de constructions du palais & méritent toute confiance.
GALERIE DE FRANÇOIS Iür, SOUS LES ORDRES DU ROSSO Ouvrages de peintures, stucs & dorures :
i y 3 3—1 y 44- Barthélemy da Miniato, peintre florentin, stucs, à 20 1. par mois.
1 y J 4— 1 y 3 y . Laurent Regnauldin, peintre florentin, stucs, à 20 1. par mois.
1 y 3 4— 1 y 3 6 . Claude Du Val, stucs, 10 1. par mois.
1 y 3 4— 1 y 3 6 . Francisque Pellegrin, stucs, 20 1. par mois.
1 y 3 y— 1 y3<^- Badouin, stucs, 20 1. par mois.
1 André Seron, stucs, 20 1. par mois.
1 y 3 y— ï y 3 6. Symon Le Roy, imager, stucs, 20 1. par mois.
1 y 3 y— ï y 3^. Jean Anthoine, peintre, stucs, 20 1. par mois.
1 y 3 y— ï y 3 <5. Henry Belloir, imager, 13 1. par mois.
1 y 3 y— 1 y 3<^- Charles Dorigny & Dorny, peintres, 20 1. par mois.
U 3 6. Guillaume Cornelles, imager, stucs, 13 1. par mois.
U JS- Pierre Godary, peintre, stucs, 15 1. par mois.
U JJ-. Josse Fouquet, Flamand, peintre-imager, -20 1. par mois.
1 y 3 y . Henri Tison, peintre, 13 1. par mois.
1 y 3 y . Jean Prémier, à 7 1. par mois.
if 36. Romain Passanaque, Flamand, imager, 12 1. par mois.
Les manœuvres aidant lesdits peintres, broyant & détrempant le stuc, étaient payés à 3 s. par jour : huit tombereaux de pierres dures pour faire le stuc coûtaient 3 1. 8 s. if 36. Juste le Just, imager, stucs, 20 1. par mois, if 36. Claude Martin, peintre, peinture, 10 1. par mois.
1336. Thomas Dambrey, peintre & imager, 10 1. par mois.
Matériaux pour la peinture :
1 f 3 f . Mathieu Dalmarat, de Vérone, vendit 8 livres de smalt & 4 livres vert de terre à 4f s. la livre pour les ouvrages de peinture de la grande galerie, if 36. Pierre Périer vendit pour les mêmes peintures 4 livres d’azur à 3 s. 6 d. l’once; 10 livres de vermillon à 14 s. la livre; 10 livres de massicot à 4 s. la livre; 6 livres d’ocre jaune à 4 d. la livre; 12 livres de mine de plomb à 20 d. la livre; 4 livres de noir de terre à 6 d. la livre; 4 livres de vernis de peintre & du meilleur, à 40 s. la livre; 4 pintes d’huile de noix toute pure à f s. la pinte.
Lazaie Chauvet fournit cinq cents d’or fin, battu en feuilles de grand volume, pour la dorure des stucs dans ladite galerie, pour 9 livres.
Et, à la fin de toutes ces listes relatives à la grande galerie de François Ier, se trouve le nom de maître Roux de Roux, conducteur desdits ouvrages de stucs & peintures dudit lieu, à raison de y o 1. par mois.
Dès cette epoque, 1536, les collaborateurs ou praticiens, comme on les dénomme en sculpture, s étaient répartis entre les deux maîtres. Au Rosso s’étaient donnés Pellegrin, Leroy, Badouin, Ballors ou Vallors, Cornelles, Du Gardin, Martin, Thomas, Dambrey, Duricq Tiregent, Partenet, Julliot; au Primatice appartenaient Barthélemy da Miniato, Regnauldin, Lerambert, Pierre Dambiy, Bontemps, Carmoy, Guillaume Rondelet, peintre, René Giffart, Pierre Courcincault, Bontemps, Henrion, Quenet, Jean le Roux.
Un événement déplorable, un suicide, enleva le Rosso à sa brillante mission en l’année 1^41 • le Primatice finit ses jours en France, en l’année 1 <jyo, comblé d'honneurs & de richesses par les rois François Ier, Henri II & François II.
Les noms des artistes associés aux œuvres de ces deux grands maîtres ne peuvent pas être îeunis ici sans quelque utilité pour l’histoire de l’art & des artistes de mérite : c’en est un que la mission de réaliser en fresques par le pinceau, & en figures par le stuc, toujours dignes d’être étudiées, les fugitives lignes de deux grands maîtres, tels que maître Roux & le Primatice. On trouvera ailleurs les noms des artistes du second rang. Ce deuxième rang est encore honorable a la suite du Rosso & du Primatice, & en les rapprochant de leurs patrons on les ramène à la source de leur renommée.