‹ Monographie du palais de FontainebleauChapitre 9 sur 15 · NOTICE HISTORIQUE ET DESCRIPTIVE DU PALAIS DE FONTAINEBLEAU · texte numérisé non relu

NOTICE HISTORIQUE ET DESCRIPTIVE DU PALAIS DE FONTAINEBLEAU

« signature de Guillaume, bouteillcri signature de Hugues, connétable; signature de Hugues, « chambellan. Louis. Donné de la main d’Algrin, chancelier.

Cette charte, dont nous avons l’original sous les yeux, a pour sujet la confirmation de la fondation de l’abbaye du Val-Sainte-Marie, église de Paris.

Le nom du palais est ici un renseignement du premier mérite; il est écrit : Actnm apud FONTEM Bleaudi. Dans d’autres textes, on trouve de ce nom des variantes, mais analogues, telles que fous Blialdi, fans Blaudi, fans Bliaitdi, & Ici Vu a remplacé le second l, comme cela se fait en français; & cette correction passa dans les textes français, le lieu y portant les noms de font Bliaut, fontaine Bliaut & Blihaut, Bliaud, Bléaud, Blaaut, plus tard Bléau, & enfin Belle-Eau ; & toutes ces dénominations remontent généalogiquement au latin {fans Blialdi), la fontaine du Manteau.

On ignore l’origine de cette dénomination, mais son expression est sans équivoque. Le mot blialdus est dans tous les lexiques de la basse latinité : blialdus canahinus, manteau de chanvre; blialdus de fiistanna, manteau de futaine; & ce mot analogue d’orthographe & semblable de sens est dans tous les idiomes vulgaires du midi de la France. Les prejmiers poètes français ont dit aussi un bliault de samis, un moult riche bliault, bliault de fourrure. Le mot adopté, fontaine Belle-Eau, n’a aucune origine historique; l’étymologie de Fontaine-Blaut, la fontaine du chien Blaut, qui fit sourdre miraculeusement de l’eau pour un roi qui mourait de soif à la chasse, est encore moins historique.

Le protocole déjà cité de la charte de Louis VII porte la date certaine de l’année 1137, celle même où ce roi monta sur le trône, le i" du mois d’août. C’est pendant les quatre derniers mois de cette même année que ce roi habita le palais de Fontainebleau avec tous les grands officiers de sa cour, in palatio nosiro; ce palais existait donc à l'avénement de Louis VU, & son fondateur, dans son étendue, ne pouvait être que Louis VI dit le Gros; peut-être encore celui-ci continua-t-il l’ouvrage de ses ancêtres.

Pour ces époques reculées de notre histoire, ces demeures royales étaient à la fois des châteaux & des forteresses : un seigneur avait toujours à se défendre contre des ennemis ou des rivaux, & le roi de France était bien roi, mais il n’avait d’autorité que celle du seigneur du fief de France , & le duc du fief de Bretagne était roi en Bretagne autant que le roi de France dans ses États.

Le château de Fontainebleau était donc une spacieuse & riche habitation attentivement fortifiée. Il consistait néanmoins, comme enceinte murée, dans la seule cour de l’ovale. On y arrivait par la chaussée qui barre les eaux de l’étang, du midi au nord. La construction de cette chaussée dut précéder tout autre travail ; elle avait un but essentiel & primitif, celui de retenir les eaux supérieures, de dessécher les terrains inférieurs, de créer le sol pour le château, de lui donner une belle entrée par cette route y aboutissant & défendue au sud par des fortifications qui protégeaient l’enceinte formant l’habitation royale & ses dépendances, &: joignant, au nord, la porte actuelle dite dorée ou de Maintenon, qui est l’ouvrage de François l'L La forêt de Bière environnait &. offrait à ses nobles hôtes les divertissements variés de la pêche & de la chasse.

§ IL — Partie primitive. Cour de l'ovale et du donjon. Premiers accroissements du palais.

'enceinte actuelle de la cour de l’ovàle, bornée d’abord au couchant par une ligne droite tirée de l’angle de la chapelle haute au point correspondant en face, <Sc au levant par le pavillon dit de Saint-Louis, formait l’enceinte fortifiée du château. En entrant par ce qu’on appelait Je grand portail (où est encore la porte Maintenon), on avait au midi &. à l’est de grandes murailles fortifiées qui défendaient cette enceinte : le coté nord de la cour était destiné aux logements ^ le côté ouest était principalement occupé par la tour &. le donjon qui prenaient leur jour sur la campagne dans la direction du couchant, & qui étaient la principale défense de la place. Cette ancienne & primitive forteresse existe encore dans ses principales parties ; c’est la seule construction des premiers temps , antérieure à saint Louis , qu’on voie à Fontainebleau. Son rez-de-chaussée a été récemment transformé en vestibule gothique; le premier étage a reçu & porte depuis longtemps le nom de chambre de Saint -Louis. Ce saint roi l’habita en effet, y fut même malade, & c’est dans ce meme lieu qu’il fit à son Biaii fils aisné cette noble recommandation de se faire aimer de son peuple ; enfin , on trouve dans les tablettes de cire contenant les comptes des dépenses de saint Louis à Fontainebleau, que ce roi, en l’année 1248, employa 28 livres pour faire recouvrir en tuiles le toit de cette tour & celui de la chapelle, recooperds de tiiilla.

On peut encore, dans son état actuel, reconnaître son état ancien. Ses murs d’enceinte au premier étage n’avaient pas moins de trois mètres d’épaisseur. On a creusé une arcade sur les deux murs latéraux pour mettre cette chambre en communication avec les bâtiments contigus; on a piqué sensiblement ces murs pour agrandir la chambre; on y avait même ménagé un siège, sur les quatre côtés, qui a été depuis abattu; enfin, François P' en avait changé les jours ; les fenêtres primitives sur la campagne à l’ouest furent fermées par la construction de la galerie attachée à cette façade du donjon, & de nouvelles fenêtres (une à chaque étage) furent ouvertes sur la cour : le devis général des ouvrages ordonnés par François I" en rend un irrécusable témoignage. Il nous reste donc l’ancien & primitif donjon retourné par François I®'; mais son ancienneté &. sa priorité, sa contemporanéité des premiers rois fondateurs du palais, ne sont point douteuses. Le second étage du donjon, qui a été affecté à divers usages, a subi à cet effet diverses réparations qui en ont changé la distribution : c’est dans les quatre murs d’enceinte que subsiste l’antiquité.

NOTICE HISTORIQ^UE ET DESCRIPTIVE

Une de nos planches marquée n° III -- &. intitulée Pavillon de Saint-Louis (d’après

la fausse tradition qui veut que cette construction soit l’ouvrage de ce roi, & qu’il est bien plus rationnel de nommer le Donjon), montre l’état actuel des bâtiments où il faut attentivement discerner V ancien du moderne. L’ancien primitif, c’est le bâtiment carré avec ses quatre étages, sauf les trois fenêtres substituées par François P' aux trois autres ouvertes sur la façade directement opposée. Dans l’épaisseur du mur de la façade actuelle, un escalier étroit rampait du rez-de-chaussée au comble du bâtiment ^ en ouvrant sur la cour la croisée du premier étage, on a interrompu l’escalier antique, mais on en retrouve les traces à droite & à gauche de cette croisée; & au-dessus, de petites ouvertures, aujourd’hui bouchées, servaient autrefois à l’éclairer. A l'angle au-dessous de la demi-tourelle qui flanque le côté sud de la façade, on a vu les restes d’une ancienne porte de style ogival, encastrée dans le mur; elle fut remplacée de l’ordre de François T' par une porte historiée 6c blasonnée, dont les montants ont été conservés (voyez planche XIII — 41, n° i);elle conduisait au rez-de-chaussée, qui n’a que très-nouvellement sa belle entrée par le milieu de la cour (voyez la même planche).

La tourelle ou demi-rond à l’angle sud-est du donjon est aussi un ouvrage de François Une galerie à balustrade en fer règne sur trois côtés de la cour : elle a été successivement construite, & d’abord pour mettre les appartements à droite de la tourelle en communication avec le demi-rond lui-même; & celui-ci contenant un escalier à vis mettait à son tour en facile rapport ces appartements de droite avec les deux étages supérieurs & le galetas du donjon. On arrivait à cette entrée du demi-rond par la galerie, & à celle-ci de l'intérieur par une fenêtre au premier étage, adhérente à la tourelle & alors changée en porte, qui donnait dans l’antichambre de la chambre de la reine; & c’est ainsi que les femmes de la reine & son service avaient à leur usage les étages supérieurs & le galetas même du donjon, le premier étage restant au personnel du service du roi sans trouble ; & tout ceci est minutieusement expliqué dans le devis général des travaux à faire à Fontainebleau, approuvé par François P', le 28 avril 1^28. Ce devis est un précieux document pour l’histoire des arts en France.

Les deux chapelles superposées formaient autrefois les limites de la cour ovale au sud-est. La chapelle basse fut fondée en l’année 1269, par saint Louis, sous le vocable de saint Saturnin, martyr à Toulouse : elle subsiste encore comme chapelle souterraine par rapport au sol de la cour de l’ovale , mais de niveau à son chevet avec le sol du parterre : il n’y a rien de très-ancien que le plan, qui n’est cependant point tout à fait celui d’une crypte chrétienne. En construisant la chapelle supérieure au temps de François P', on lia les deux constructions; notre planche n° CXXXVII — (chapelle Saint-Saturnin, plan général) donne le plan des deux chapelles dans leurs rapports architecturaux ; il y a quelques fragments d’anciennes sculptures; mais les dernières décorations sont de François PL. Le médaillon reproduit ci-contre (page f), & copié sur une des clefs de voûte de la chapelle haute, porte la salamandre, symbole officiel du roi François 1", avec cette inscription : FRAN FRAN REX

I. Pour faciliter les recherches Ôc le classement général des planches , nous avons adopté pour chacune d’elles deux numéros, dont un de publication (en chiffres arabes), l’autre de classification (en chiffres romains). La classification n’a pu se faire qu’après l’ouvrage terminé ; les épreuves fournies à nos souscripteurs ne portant pas ce numéro de classification, nous les engageons à numéroter au crayon les épreuves, pour simplifier le travail du relieur. Quelques planches ne portent pas de numéro de publication : nous aimons soin, chaque fois qu’une de ces planches sera citée dans le texte, de la désigner par le numéro de classification & le titre. (Non Je< Èdireun.

DU PALAIS DE FONTAINEBLEAU. y

ANNO DOMINI M • D ■ XL • V ■ ABSOLVI CVRAVIT. Franciscus Francortiin Rex, anno Domifii if4f, absolut curavit ; François, roi des Français, (la) fit terminer l’an 1^4^ f’’.

Henri IV & d’autres souverains imitèrent François &, au règne de Louis-Philippe, la

chapelle supérieure servit à loger la bibliothèque du palais ; les beaux vitraux de la chapelle basse sont un remarquable ouvrage de la princesse Marie d’Orléans.

La grande galerie située à l’ouest des deux chapelles fait partie du devis général de

1. Ce médaillon, sculpté en grès, a 0,95 centimètres de diamètre. Nous donnons au-dessous du médaillon une coupe sur le sommet de la voiite qui facilitera nos explications ;

A, vide entre les parties matérielles de la voiite & le médaillon B.

C, C, goujons en fer scellés dans la voûte, & portant un œil à l’extrémité.

D , D , fourchettes à scellements , scellées dans le médaillon , & portant fourchettes à leur extrémité .

Ces fourchettes sont également percées d'un œil dans leurs deux branches, de manière que, le médaillon étant arrivé à sa hauteur, le goujon C entre dans la fourchette D, & des clavettes, passant à travers les trois trous, maintiennent parfaitement le médaillon.

Ce dernier est donc complètement isolé & peut être enlevé à volonté. R, Pfxor.

NOTICE HISTORIQUE ET DESCRIPTIVE

François I"^ il ordonne que le terrain, depuis la chapelle jusqu’à la tour carrée à l’ouest, soit occupé par une galerie dont le rez-de-chaussée soit divisé en quatre pièces pour divers services, & que le premier étage soit une seule galerie pour servir de salle de bal au château. Ce fut son successeur Henri II qui fit exécuter ce devis, & la galerie reçut & a conservé le nom du roi qui assura l’accomplissement de cet insigne ouvrage : on la nomme donc aussi galerie de Henri II.

Avant Henri IV, l’entrée des deux chapelles était & se voyait sur la cour de l'ovale ^ les croisées cintrées de la galerie de Henri II étaient seulement au nombre de cinq (voyez la planche n° II — 1 1 ). La façade & les portes des deux chapelles & les clochetons de leur toit se montraient à côté. Henri IV -fit étendre la cour à l’est, prolonger la façade de la galerie en y ajoutant quatre croisées cintrées au rez-de-chaussée & au premier étage, plus un pavillon dont la façade principale fut hors de la cour ; ces nouvelles croisées , que les nouveaux bâtiments ouvrirent aux deux étages, furent destinées à une salle du conseil & à des logements d’officiers. On distingue au-dessus de toutes ces croisées cintrées des médaillons divers : les cinq anciennes, à partir de la tour, sont ornées du chiffre &. de la salamandre de François I", &. les trois médaillons ensuite le sont d’un dauphin & du chiffre de Marie de Médicis, allusion à la naissance du dauphin Louis XIII & au nom de sa mère.

La tour carrée, au côté opposé aux chapelles, fut élevée pour un escalier qui dessert à la fois la salle du bal & le pavillon de la porte dorée, nommé plus récemment pavillon Maintenon. La porte de la tour énonce sa date par les armes de France & les deux F qui ornent son fronton; deux figures en pied la décorent; &, conformément au devis ordonné par le roi, derrière la vis au rez-de-chaussée est ménagée une entrée au service des caves. La porte monumentale est le sujet d’une autre planche & la mérite bien (planche IV- ly). L’ensemble de la composition est un intéressant sujet d’étude, & son agencement harmonieux, dans l’ensemble de l’architecture de cette façade de la cour de l’ovale, est un témoignage honorable pour l'architecte qui la régla, ainsi que pour les artistes qui réussirent à l’exécuter si heureusement. Cette porte ( planche IV — i $• ) & cette tour n’ont d’autres rapports avec le pavillon de la porte dorée que d’être dans son voisinage & de communiquer intérieurement avec ses dépendances.

A l’est de la porte dorée, &. communiquant avec elle intérieurement, on voit un grand escalier garni d’une belle rampe en fer sculpté & doré , qu’on appelle l’escalier du Roi ; sa place est désignée sur notre plan du rez-de-chaussée par la lettre P (escalier de l’Empereur) ; les parois sont ornées de sculptures & de peintures du premier ordre & du plus grand mérite. Les unes &, les autres sont du Primatice & Nicolo, &. ce n’est pas pour orner un escalier qu’elles furent composées. Ce fut d’abord d’une belle chambre qu’elles furent l’ornement, & elle était celle de la reine, femme de François I". Elle porte aussi le nom de chambre de M""® d’Étampes, &. c’est pour faciliter l’accès des appartements de cette partie de la cour de l’ovale, que Louis XV, sacrifiant ces beaux ouvrages sans les détruire, y substitua un escalier, pour l’usage peut-être de la cour seulement à une chambre royale. On arrivait par cette nouvelle communication à la galerie de Henri II, aux appartements du pavillon de la porte dorée ou Maintenon, & à la salle des gardes communiquant à la fois avec la salle de spectacle à gauche, & à droite avec le cabinet dit du buffet, attenant au salon de Saint-Louis, contigu à celui de François 1“ &. à ses aboutissants avec tous les appartements anciens & nouveaux de la cour ovale, leurs doublures, la galerie de Diane & les vastes constructions de la cour, des princes. Le génie du roi Louis XV, si génie il y a, semble s’être complu à tous ces menus détails de ménage;

il démolissait des galeries pour construire à leur place des appartements de famille. Le plafond de cet escalier a été restauré & exhaussé par le roi Louis-Philippe.

Le rez-de-chaussée au-dessous des appartements d’honneur de la cour de l’ovale ne mérite aucune attention, destiné à plusieurs services administratifs, autrefois militaires, salle des gardes ou autres; 1 artiste ne doit s’arrêter que près d’un corps de bâtiment avancé sur la cour, de deux étages, de trois arcades à chacun, orné de pilastres au rez-de-chaussée, de colonnes sur piédestal au premier étage, & terminé par une terrasse. Il est figuré sur deux de nos planches, les plans & une vue générale sur l’une, avec le titre de péristyle, & sur

l’autre, avec le même titre, une face latérale, la coupe sur l’axe latéral & la coupe sur l’axe du milieu. Cette seconde planche porte les n°* VI — 14; je marque la première V — 13, &. l’on verra par la planche VII — 18 la curieuse variété des chapiteaux & des pendentifs de ce singulier édifice qui n’est pas un péristyle, mais une sorte de balcon portatif ou pavillon de plaisance plusieurs fois changé de place.

Les trois chapiteaux numérotés 1, 2, 3, de la planche Vil — 18, chapiteaux du péristyle au rez-de-chaussée, ornés de la salamandre, de la lettre F couronnée & de l’écusson de France, sont une date du règne de François P'; ce pavillon fut en effet construit par son ordre ainsi énoncé dans son devis de 15^28 :

28. « Item, en l’angle & triangle qui est devant la vis (l’escalier) du pavillon des Enfants « de France, sur & en la cour dudit château, à l’endroit où sera la porte d’entrée de la salle « du Guet, il faut faire &. ériger un perron en forme d’une terrasse, tant pour oster la difformité « dudit triangle que pour servir à couvrir le devant desdites entrées. Et sur laquelle terrasse « on pourra aller & venir d’icelui pavillon (appartement) de nos sieurs les Enfants ; & sera « ledit perron garni de quatre colonnes rondes qui porteront deux arceaux & une voûte

« plate couverte d’un pavé de liais, avec arquitraves, frizes & corniches.»

Et tous les témoignages contemporains attribuent cet ouvrage à l’architecte Bastianet Serlio,

engagé par François I" comme peintre & architecteiir, en l’an if4i, à quatre cents livres par

année, à compter du i*'' janvier 1^42. Ce perron, surmonté d'une terrasse, le tout ordonné par François I", est reproduit dans ses formes & ses détails architectoniques par nos trois

8 NOTICE HISTORIQUE ET DESCRIPTIVE

planches portant la désignation de cour ovale & péristyle. Le plan du rez-de-chaussée & la façade entière sont figurés sur la première planche, n° V — 155 la suivante, n" VI — 14, montre l’une des faces latérales & les coupes sur l’axe latéral & l’axe du milieu pour les deux étages 5 &, outre les trois chapiteaux déjà décrits, notre planche n.° VII — 18 reproduit les chapiteaux & les pendentifs du premier étage & du rez-de-chaussée. Il y a dans tous ces morceaux d’élégants sujets d’étude & d’admiration ' .

Le premier étage de la terrasse communique avec les anciens appartements & au vestibule de celui de S. M. l’Impératrice. On dit que c’est sur cette terrasse que les nombreux habitants

princiers du château assistaient à la curée aux fiambeaux après les chasses. Cette bruyante cérémonie se passe encore de notre temps dans la même cour, celle de l’ovale. La terrasse supérieure communique de même avec les appartements du deuxième étage.

Le plan du rez-de-chaussée de cette cour (planche n° I- 112) indique en H la place de ce péristyle à double terrasse. 11 ne fut cependant pas construit ou du moins ordonné pour la place qu’il occupe aujourd’hui. François I" le destinait, comme le dit son devis : « à ôter la « difformité de l’angle triangle qui était devant l’escalier à vis du pavillon des Enfants de France, « &- à couvrir l’entrée de cet escalier & celle de la salle du Guet. » Or, le pavillon qu’on nomme aujourd’hui des Enfants de France, & situé à l’est du pavillon à terrasse de Serlio, a été édifié par Henri IV : au contraire, les bâtiments à l’est du pavillon de Saint-Louis (R, au même plan), distribués en trois pièces, ont été expressément construits par François I" pour les Enfants de France, & c’est précisément à la jonction de ce nouveau bâtiment avec le pavillon de Saint -Louis qu’on remarque cette difformité de l’angle triangle résultant d’un retrait du nouveau bâtiment; de

I. Rien n’égale la variété & la richesse d’ornementation du portique de la cour ovale ; les chapiteaux des quarante-sept colonnettes qui supportent la galerie ne répètent pas une seule fois les mêmes motifs. Nous avons choisi dans le noinbre les deux chapiteaux que nous donnons ci-dessus, page 7 & page 8.

A chaque colonnette correspond une console plus ou moins ornée, presque toujours en rapport avec le chapiteau qu’elle supporte. Le motif que nous donnons ci-après, page 9, représente une des six consoles qui ornent la façade du pavillon de Saint-Louis.

^ iR. Pfnor.)

plus, on s’assure, le compas à la main, que la première partie du mur de la façade de la cour entre le pavillon de Saint- Louis & le premier changement de direction de cette façade, bien indiqué sur le même plan , est rigoureusement égale à la façade du même pavillon de Serlio, ordonné par François I” : on peut donc dire bien haut que ce pavillon, selon le devis de i5'28, fut d’abord placé ou destiné à être placé à l’angle contigu, vers l’est, au pavillon de Saint-Louis, qu’il couvrit d’abord la difformité qui existe encore à la même place, qu’il couvrit le vestibule ou péristyle de l’escalier des appartements des Enfants de France

& l’entrée de la salle du Guet (ces communications existent encore), & que pour d’autres raisons il fut plus tard changé de place, reconstruit à celle qu’il occupe aujourd’hui, vraisemblablement avant le temps de Henri IV, ce pavillon devenant ensuite l’entrée d’honneur de la galerie des Cerfs, de la galerie de Diane, de la cour des Princes, & du nouvel escalier du nouveau pavillon des Enfants de France, construit par Henri IV.

La belle lucarne figurée sur la planche n° IX — 40 appartient aussi au temps de François I", à l’architecture renouvelée des bâtiments de la cour ovale ^ les cotes multipliées en faciliteront l’étude.

Les plus récents ouvrages, ceux qui ont donné à la même cour ses finales dimensions, sont dus aussi au bon goût & au génie de Henri IV. Aucun roi de France n’occupa le trône

Page 1