ACTION PHYSIOLOGIQUE ET USAGES DU SAFRAN
Action physiologique. — Le safran est une substance que l’on manie dans les officines avec la plus grande indifférence ; et en effet, dans la grande majorité des cas, il n’y a aucun danger pour les personnes qui en font usage. Cependant le pharmacien ne doit pas oublier que le safran jouit de propriétés actives. Pour s’en convaincre, il suffit d’en respirer, pendant quelque temps.
Son odeur est forte; elle est due à l’huile volatile qui en est la partie la plus active. Respirée pendant longtemps, cette odeur cause de la céphalalgie, la prostration des forces, et parfois un état en apparence voisin de l’apoplexie pouvant être suivi de mort. On reconnaît dans ces symptômes une analogie d’action avec les arômes des fleurs en général et avec les anesthésiques.
Le safran pris à l’intérieur est stimulant, excitant et cordial et peut être même narcotique. Suivant Murray, le safran équivaudrait à l’opium et au vin réunis.
La matière colorante du safran teint en jaune les matières fécales, et après absorption, les urines et les sécrétions diverses, mais elle n’atteint point les os, comme le fait la garance. Ceux-ci n’éprouvent aucune al tération dans leur couleur normale,
Le safran est employé comme médicament et comme condiment.
2° Usage du safran. — Safran employé comme médicament. —Le safran rend à la thérapeutique de réels services. Il est habituellement pris à l 'intérieur-, cependant appliqué à Yextérieur, il passe pour être résolutif et calmant.
A l’intérieur, il ne doit être employé qu’à petites doses, si l’on se propose seulement d’exciter, soit les organes digestifs, soit l’utérus, ou bien encore de soulager les douleurs lombaires qui suivent ou accompagnent la menstruation.
A haute dose, le safran jouit de vertus exhilarantes, anti-spasmodiques, sédatives et particulièrement emménagoques : de là ses usages dans l’hypochondrie et la mélancolie; c’est peut-être
à sa propriété anti-spasmodique qu’il doit de préserver du mal de mer, s’il est bien vrai qu’il jouit de ce pouvoir, dans l’hystérie, l’asthme et la coqueluche; enfin dans la suppression des lochies ou des règles, quand l’économie pèche par défaut d’excitation.