ROCHES HORS SÉRIE
Nous venons dépasser en revue les phénomènes sédinientaires et les phénomènes organiques qui ont laissé leurs traces dans le périmètre de notre humble commune ; les phénomènes éruptifs n'y ont pas, non plus, fait défaut.
Un filon deporphyrite andésitique très micacée, rappelant la Fraidronitede Dumas et de Cordier, s’observe sur la route de Villeneuvette à Clermont, inclus dans les schistes siluriens, et se prolonge vers l’Ouest en contre-basde Mounio- Villeneuvette ; cette roche se retrouve en amont delà vallée du Bronn. Plus près de Cabrières se font remarquer trois monticules, dont un, plus élevé que les deux autres, porte les ruines de Sanpeyre et trahit sa nature porpliyrique par sa forme conique; on retrouve ce porphyre le plus souvent dans un état de décomposition avancée, plus au Sud, à gauche de la route, et au delà du massif de Ballerades, dans la vallée du Bronn, sur le chemin du mas Rigaud.
On observe encore cà Mounio-Cabriéres, à la limite de la dolomie et du schiste, près d'un ancien puits de mine, un filon de basalte qui n’est pas venu au jour et a tapissé la surface intérieure de la cavité ; on remarque quelques effets de rubéfaction dans la roche de contact sur une largeur de 1 5 à 30 centim.
Comme phénomènes éruptifs secondaires ou geysériens, nous rappellerons le grand filon de quartz qui traverse toute notre région E. -N. -E., O. -S. -O. et qui projette de nombreuses ramifications dans l’épaisseur des dolomies. Il a amené des minerais cuivreux (cuivre oxydulé, gris et pyriteux) ; M. Graff a retrouvé en 1849 d’anciens travaux de recherches qu’il a essayé de reprendre, mais sans succès ; le massif de la Rossignolle, aux confins des communes de Cabrières et de Péret, porte de nombreux filons de la roche métallifère ; elle forme le pic de Pioch Ferrus à l’extrémité ouest de Ballerades, en pénètre la dolomie et se poursuit au delà de la Boyne, au ruisseau de Valouzières, imbibe de ses infiltrations le massif du Caragnas et profile à intervalles sa route par des rochers pittoresques, dans une direction assez soutenue de l’Est à l’Ouest, à travers les régions de Fos et deRoqueselsdont elle supporte le vieux château.
Nous rappellerons encore les remi»lissages, par la baryte, des üssut es nombreuses de nos massifs doloiidliques.
Un fait d’un autre ordre, mais qui se rattache, comme les précédents, aux actions des eaux profondes, sinon chaudes, c’est le dépôt si épais de tuf qui forme le plateau surbaissé au pied du Caragnas, dont nous avons parlé en note pag. 9, et qui trouve son analogue dans la commune voisine de Nefûés, à mi-tlanc des massifs Nord, au lieu dit la Hesclause ; les dimensions locales de cet ordre de dépôts, d’ailleurs très commun dans les régions calcaires, nous ont paru lui mériter cette mention spéciale.