‹ Monographie topographique, historique & statistique de ThoréChapitre 19 sur 68 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

i° Configuration du sol

Parmi les causes de salubrité ou d'insalubrité qui influent le plus sur l'état sanitaire d'une commune, nous devons placer en première ligne la disposition générale du sol. La commune de Thoré repose sur un bassin d'alluviou, formé de couches très- perméables. Ce bassin est circonscrit par deux coteaux calcaires à pentes très-rapides et très-rapprochées du Loir, taudis qu'en face ces pentes sont très-adoucies. Les deux rives de la rivière sont bordées d'habitatious séparées par une distance qui varie entre 1 et 2 kilomètres, et la ligne des deux coteaux présente de nombreuses trouées par où débouchent des ruisseaux rapides. Parfois, s'il n'y a dans le coteau qu'une légère dépression, comme par exemple un ravin, on rencontre au pied ou vis-à-vis, à quelques mètres dans la plaine, une source jaillissante.

Le cours du Loir serait par lui-même assez rapide s'il n'était ralenti parles barrages des moulins: aussi, sauf à l'extrémité S.-O. de la plaine de Bretat (près le moulin de la Fontaine), on peut dire qu'il n'y a pas d'endroits bas et marécageux dans la vallée du Loir (territoire de Tlioré).

La salubrité de cette commune a été dès longtemps remarquée, puisque en 1516 et 1519, elle fut choisie par les juges du bailliage de Vendôme pour s'y mettre à l'abri d'une maladie épidémique. (Voir Histoire civile, Liv. II, chap. IV.)

La vallée du Loir se rattache par la rive gauche de la rivière au plateau de la Beauce, qui le sépare de la grande vallée de la Loire ; par la rive droite, elle touche aux bocages du Perche, qui la relient au Maine, dont Thoré dépendait autrefois comme circonscription ecclésiastique.

Le village, assis sur les rives du ruisseau de la Brice et sur les deux monticules qui fixent l'entrée de ce vallon dans la vallée du Loir, a ses rues toutes bien situées pour l'aération. Elles sont bordées de maisons bâties convenablement et en bonne maçonnerie; ces habitations sont toutes salubres quant à la disposition des étables et des fosses à fumier, qui tendent chaque jour à disparaître de devant l'entrée des maisons.

Les puits y sont nombreux; ceux de la vallée ont moins de l\ mètres de profondeur, ceux des parties hautes ont de 10 à 15 mètres et sont percés dans le calcaire : l'eau en est fraîche et toujours saine. Les caves, situées presque toutes auprès des maisons et creusées en plein rocher, permettent en toute saison la conservation des liquides et surtout des récoltes de vin, dont une partie est consommée dans la commune.

Le pain y est fait de très-bon grain, surtout de méteil (mélange de blé et de seigle) ; une des principales nourritures des habitants est la viande de porc accompagnée de légumes.

2° Vents régnants.

Les vents qui régnent le plus ordinairement sur la commune viennent du sud-ouest. Cette direction est facile à constater parce qu'elle est marquée par des sinuosités du Loir, qui forme une gorge d'où les vents semblent déboucher dans le vallon de Thoré.

3° Orages.

Les orages sont dans cette commune, comme partout, assez fréquents en été ; néanmoins, ils ne le sont pas de manière à pouvoir leur assigner une intensité et une direction particulière.

Un seul phénomène relatif aux orages nous a paru digne de remarque; nous allons le signaler.

A la fin du siècle dernier, lorsqu'on éleva les deux pavillons qui flanquent le château de Rochambeau, on pensa à y placer un paratonnerre; mais une tradition constante et généralement accréditée en attestait l'inutilité. Un savant physicien 1 fut appelé pour constater le fait, et son avis fut que le rapprochement des rochers et de la rivière rendait cette précaution superflue. Effectivement, le toit est resté veuf de paratonnerre, et jusqu'à présent la tradition a eu raison. Des arbres peu éloignés du château, mais séparés par la rivière, ont été frappés de la foudre assez fréquemment pour démontrer l'invulnérabilité de ce site remarquable.

1 M. César Charles, célèbre par ses expériences sur l'électricité. Il fut nommé en 1785 membre de l'Académie des Sciences.

La vallée de Rochambeau se trouvant à peu près dans la même position jouit des mêmes privilèges.

4° Brouillards, Pluie, Neige, Grêle.

Les brouillards s'élevant du Loir sont assez fréquents, surtout en automne; mais ils n'approchent pas pour l'intensité de ceux du bassin de la Seine ou de celui du Rhône.

Nous croyons que, dans cette région, on ne peut trouver d'autre cause à ces brouillards que l'humidité dont l'atmosphère est souvent saturée.

Les pluies n'ont pas dans ce site, comme dans certains pays, des retours périodiques. A Thoré, comme dans toutes les communes situées sous le même climat, elles sont assez fréquentes en automne, en hiver et au printemps ; mais leur retour et leur durée sont si variables, qu'il est impossible de rien déterminer sur ce point.

Toutefois, on peut dire qu'elles ne sont jamais torrentielles, et que les trombes dévastatrices sont inconnues dans la commune; elles ne sont pas possibles pour son sol perméable et calcaire. La grêle n'y est jamais d'un assez gros volume pour détruire les récoltes.

La neige y est d'une abondance commune.

5° Température, Thermomètre.

La température n'a pas encore été assez étudiée pour pouvoir fixer une moyenne annuelle. Celle de l'année 1863 a été fixée par un savant observateur de Vendôme à 11°, ft. Les variations sont rarement soudaines; elles s'opèrent ordinairement par degrés transitoires qui rendent ces changements moins sensibles.

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