‹ Monographie universelle de l'Orpheon, societés chorales, harmonies, fanfares, avec documents inedits, recueillis par les representants de la France a l'etranger [par] Henri Marechal [et al.]Chapitre 20 sur 97 · WILHEM · texte numérisé non relu

WILHEM

Né à Paris. Beaucoup de notes ont été déjà données en ce livre même sur Tœuvre féconde de Wilhem; d'autres encore se trouveront dans les chapitres suivants.

Considéré comme le fondateur de ïOrpkéon, Wilhem devait, à juste titre, devenir l'objet de nombreuses études biographiques. Nous renvoyons donc le lecteur notamment à celle de Fétis [Biographie universelle des musiciens [voir au nom de Bocquillon, véritable nom de Wilhem]); au Supplément du fabuleux ouvrage de Fétis par Arthur Pougin (Firmin-Didot, Qà\i.)\ h \d. Biographie de Wilhem par Paul Rougnon, professeur au Conservatoire (Delagrave, édit.); à une fort belle étude de Félix Boisson pu bliée par le Comité d'organisation du monument érigé à la mémoire du fondateur de l'Orphéon.

Au sujet de ce monument, et dans le but de recueillir la somme nécessaire à son élévation, de nombreuses listes de souscription furent ouvertes dans les journaux spéciaux; des concerts, des festivals furent donnés, et parmi les plus importants il faut citer l'imposante manifestation qui eut lieu le 5 avril 1908 au Trocadéro, où 1,500 chanteurs, sous la direction de Bourgault-Ducoudray, participèrent à l'exécution d'un magnifique programme composé de ses œuvres, en présence du Président de la République, de plusieurs ministres et des plus hautes notabilités parisiennes.

L'organisation de ce concert monstre fut l'œuvre de MM. Jean d'Estournelles de Constant et Henry Radiguer, Président et Directeur de V Ecole de chant choral, qui obtinrent la collaboration spontanée et désintéressée de quelques-unes des sociétés orphéoniques les plus importantes et les plus remarquables de Paris et de la région.

On sait que Tun des éléments constitutifs de la Méthode Wilhem est renseignement mutuel. Au sujet de cet enseignement, Félix Boisson, compositeur et musicographe abondamment documenté, donne, sous le titre Notes intimes parues dans le journal l'Orphéon, les curieux détails suivants :

L'enseignement mutuel, limité à quelques connaissances spéciale?, était connu et pratiqué par les peuples civilisés de l'Asie. Pour la première fois eu France, il fut essayé par M""" de Maintenon dans l'Ecole qu'elle avait créée à Saint-Cyr pour les jeunes filles des familles nobles dépourvues de ressources. Herbault, en 1741, l'introduisit à la Pitié ; le chevalier Paulet l'expérimenta aussi, avec le plus grand succès, dans ses classes de Popincourt.

Ce nouveau mode d'instruction allait sans doute prendre un essor considérable, quand éclata la Révolution. C'est alors que l'Ecossais Bell, qui l'avait déjà remarqué aux Indes, et le célèbre pédagogue Lancaster le mirent en pratique dans plusieurs grandes Ecoles d'Angleterre, où il continua à donner d'excellents résultats.

L'idée de la méthode revint en France en 1815, patronnée dès sa réapparition par M. de Gérando, qui consacra toute sa vie à l'amélioration du sort des enfants et de la population laborieuse, .MM. de Larochefoucauld-Liancourt, de Lasteyrie, Laborde, Jomard, l'abbé Gaulthier et ses disciples.

L'enseignement spécial de la musique devait bientôt en profiter, et c'est de cette époque, ainsi que nous l'avons écrit ailleurs, que date le professorat officiel du fondateur de l'Orphéon.

C'est au cimetière du Père-Lachaise que se trouve la tombe de Wilhem, et c'est encore à Félix Boisson que nous empruntons les lignes qui terminent la très intéressante étude consacrée à Wilhem dont il est parlé plus haut :

Passant musicien qui venez dans la vaste nécropole rendre une visite sympathique à nos morts illustres, guidez vos pas vers la sépulture où Wilhem dort de l'éternel repos, entouré de ses amis Méhul, Grétry, Lesueur, Bo'ieldieu, Paer, Hérold.

La tombe que vous cherchez est à quelques pas de celles de Cherubioi et de Chopin. Ornée d'un superbe et artistique médaillon en bronze reproduisant fidèlement la physionomie expressive du Maître, elle porte comme inscription :

MONUMENT élevé à

sous LES AUSPICES DE LA SOCIÉTÉ POUR l'iNSTRUCTION ÉLÉMENTAIRE PAR SES AMIS ET ÉLÈVES, SES ADMIRATEURS

Le monument est entretenu aux frais de l'Etat. Cette bien rare mention, dans son laconisme, montre assez quel fut l'homme, quel fut l'artiste qui dota sa patrie de l'OEuvre immense, populaire, si féconde en ses résultats humanitaires et bienfaisants.

Rappelons encore ces quatre vers que Béranger écrivait à Williem dans l'une de ses lettres :

Sur ta tombe, tu poux m'en croire, £eux dont tu charmas les douleurs Offriront un jour à ta gloire Des chants, des larmes et des fleurs!...

H.-A. ROLLAND (1797- i87o).

Les détails biographique de cette curieuse personnalité orphéonique sont inconnus; Arthur Pougin lui-même, d'une documentation si consciencieuse, renvoie pour tous renseignements à un article paru en 1875 dans le Guide musical de Bruxelles.

Rolland a cependant place dans ce livre comme créateur de la fameuse Société les Montagnards pyrénéens, dont le prosélytisme presque universel contribua pour beaucoup à répandre l'idée orphéonique.

C'est au chapitre suivant : Sociétés françaises et étrangères, qu'il sera reparlé de ce contemporain de Wilhem et de ses Montagnards.

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