DIVISION DE CLASSEMENT
celle-ci applicable aux jeunes Sociétés n'ayant pas encore concouru, et s'en remettant au jury pour leur donner un classement précis.
Comme pour les Ecoles, nous allons passer en revue l'étranger en suivant l'ordre alphabétique.
ALLEMAGNE
Les renseignements qui concernent l'Allemagne seront ici complétés, pour les sociétés chorales ou instrumentales, par des extraits empruntés au très remarquable livre de
M. Eug. d'Harcourt, la Musique actuelle en Allemagne et Autriche-Hongrie, publié en 1908 chez Durdilly (Ch. Hayet successeur), librairie Fischbacher, à Paris.
Comme pour l'Italie, nous donnons ces extraits, après avoir obtenu l'autorisation de Fauteur.
La première mention d'une société de chant pour voix d'hommes réguiiùrement constituée, en Allemagne, remonte à, l'an 1673. On sait positivement qu'il existait à cette époque dans la ville de Greiffenberg, eu Poméranie, une réunion chorale composée de seize personnes appartenant les unes à la bourgeoisie, les autres à la noblesse, d'autres au clergé, mais placées les unes et les autres sur un pied d'égalité et d'union fraternelle par leur commun amour de la religion, de la musique et de la poésie.
Les membres de cette petite Société, que dirigeait un jeune étudiant en théologie nommé Benedict Lisiccus, composaient euxmêmes les chœurs qu'ils exécutaient. Le texte de ce recueil avait pour auteur Jean Mœller, et la musique Thomas Hoppe.
La plupart de ces réunions ont eu pendant longtemps un caractère pieux qui s'affaiblit graduellement.
(G. Kastner.)
Avant nS9, il s'était déjà formé, parmi les réunions des élèves des Ecoles, et même parmi certains amateurs libres de la ville, des essais, des embryous de sociétés chantantes, dont les auditions étaient très goûtées par leur entourage, mais elles étaient sans cohésion et naturellement éphémères.
Elles vivaient musicalement sur le répertoire ou sur des œuvres de leurs membres, car il n'existait pas alors d'œuvres chorales françaises en circulation. Elles disparurent ou se modifièrent au cours de la tourmente révolutionnaire et ne recommencèrent à percer que pendant les premières années du xix= siècle.
Leur exemple gagna promptement alors et se répandit dans les villes et les villages de l'Alsace. Citons, entre les meilleures, la Société cliorale, l'Union musicale, Vllarmonie, la Société Orphée et VEuterpe fondée par Georges Kastner, qui étudiait alors à Strasbourg.
Après les événements politiques de 18 IS, lorsque la paix fut rétablie en Allemagne, des essais analogues se multiplièrent généralement. La ville de Francfort-sur-l'Oder fut surtout jalouse d'imiter Berlin. Elle eut une excellente réunion de chant choral pour voix d'hommes, calquée sur celle qui avait été fondée dans la capitale du royaume prussien. D'autres petites villes se piquèrent aussi d'émulation; mais, à défaut d'éléments créateurs, elles formèrent des concerts de
chant viril où l'on se bornait à exécuter des Lieder empruntés au répertoire des sociétés chorales les plus importantes.
Comme Berlin, Leipzig tint à s'illustrer dans le même genre. Dans cette ville se forma la société des Douze, ainsi nommée du nombre primitif de ses membres.
On regarde comme nées directement de cette société, celle de Dessau et celle de Gœttingen, créée par A. Wendt.
Au nombre des Liedertafeln les plus célèbres, dont la création date à peu près du même temps, figurent celles de Magdebourg, de Breslau, de Kœnigsberg, etc. Il faut citer encore la société dite de Sainte-Cécile, fondée par Scheble à Francfort-sur-le-Mein.
A partir de 1818, les institutions chorales devinrent très nombreuses, l'élan des grandes cités ayant gagné les petites villes et jusqu'aux humbles bourgs. (Abel Simon.)
Alsace-Lorraine.
Communication de A, Oberdœrffer, de Strasbourg :
Avant de parler de l' Alsace-Lorraine actuelle, au point de vue purement musical, il nous semble tout indiqué d'avoir à rappeler le rôle de l'Alsace musicale d'avant 1870.
A la suite des grandes réunions chorales tenues à Paris, le mouvement orphéonique s'accentua très rapidement en Alsace, à partir de 1840, où lut créée, à Strasbourg, la Chorale, qui a tenu, jusqu'en 1870, un rang si distingué parmi les orphéons de France. Plus tard, en 1850, fut formée, à Strasbourg, Tf/nion musicale ; en 1854, se constitua Y Harmonie chorale, et, après elle, en 1860, la Concordia. Dans le département du Haut-Rhin, c'est Mulhouse qui suivit de près, par la fondation, en 1846, delà Sainte-Cécile. Après celle-ci vinrent, en 1847, à Mulhouse, l'i/nioTi chorale; en 1850, l'Harmonie, et, en 1856, la Concordia.
Strasbourg donna un premier festival en 1856, et un second en 1863. Au festival de 1863, qui était en même temps un concours musical, et qui avait réuni 93 sociétés, dont 36 étrangères à VAssociation des sociétés chorales d'Alsace, créée à la suite du festival de 1856, Hector Berlioz dirigea en personne l'exécution de sou E?ifance du Christ. Ciuqiiante-sept sociétés de VAssociation alsacienne, dix-sept autres sociétés françaises, seize sociétés de l'Allemagne et deux sociétés de la Suisse prirent part à ce festival-concours.
Après les événements de 1870, VAssociation des sociétés chorales d'Alsace comprenait encore, jusqu'en 1886, où elle fut dissoute, quarante-sept sociétés, réparties en six groupes régionaux.
Le dernier festival, sous la présidence de M. Rodolphe de Turckheim, président de VAssociatio7i, avait eu lieu le 2y juillet 1886, à Grafenstaden, près Strasbourg. A une réunion finale du comité central,
le 6 mai 1887, il fut décidé que la bannière de V Association des sociétés chorales d'Alsace serait déposée à la bibliothèque de la ville de Strasbourg.
Sur l'initiative du Maennergesangverein de Strasbourg, fondé eu 1872, une nouvelle association chorale fut créée en 1890, sous le titre de Saengerbund [Elsass-Lothringischer Sângerbund). Celle-ci comprend actuellement 198 sociétés, formant un effectif de 5,543 chanteurs.
A Strasbourg même, trois des anciennes chorales de V Association alsacienne sont restées indépendantes en ne s'inscrivant pas au Saengerbund. Ce sontV Union chorale, née de la fusion de la Chorale et de VUnion musiccde, l'Harmonie chorale et VArgentina. En même temps qu'elles, les sociétés suivantes de Strasbourg-banlieue, ou des environs immédiats, se sont abstenues : Concordia de Kœnigshofen, Union chorale de la Robertsau, Harmonie de Schiltigheim et Chorale de l'Usine de Grafenstaden.
VUnion chorale, née de la fusion de VUnion musicale et de la Chorale, date du 12 mai 1893.
Les représentations françaises, au théâtre municipal de Strasbourg, étant restreintes à un minimum de six ou sept par année, VUnion chorale organise elle-même, dans sa propre salle, des spectacles français en cédant, à cette intention, son local à des entreprises de ce genre, à l'unique profit des familles de ses membres actifs et associés. C'est elle qui a organisé des fêtes musicales au bénéfice des victimes de la campagne de Chine et des victimes de la Martinique. L'Union chorale a donné une audition intégrale de la.Dajnna. tion de Faust, de Berlioz; elle a fait connaître iîe'6ecca, de César Franck. En 1906, VUnion chorale a donné, au Saengerhaus, un festival Massenet, en présence du maître. Le répertoire de VUnion chorale comprend les œuvres les plus répandues parmi les orphéons disposant d un nombre respectable de chanteurs (elle en compte ellemême plus de 80), et ses compositeurs préférés sont : Gevaërt, Massenet, Saint-Saëns, Maréchal, César Franck, Tilman, Riga, Kastner, Nessler, Hegar, Rheinberger, Mas Bruch, Luigini, Edmond Weber, Mendelssolm.
Fondée en 1834, par la fusion de la petite société de VHarmonie des travailleurs et d'un double quatuor d'amateurs, VHarmonie chorale de Strasbourg compte actuellement 52 membres actifs. C'est elle qui, la première, parmi les groupes orphéoniques strasbourgeois, eut l'idée de s'adjoindre des membres associés et d'organiser des soirées de famille. V! Harmonie chorale s'est associée à tous les concerts collectifs donnés par les sociétés strasbourgeoises au profit d'œuvres de bienfaisance. Dans ses concerts, VHarmonie chorale a produit, entre autres : les Forbans, de Saintis; les Hébreux captifs, de Paliard; les Martyrs aux arènes, de L. de Rillé; les Contrebandiers, de Limnander; Ninive, de Denefve; les Guides du mont Blanc, de Ritz; la Gourdes miracles, de Delibes; les Fils du soleil, de Monestier; les
Grandes Moissons, de Monestier; la Marche hongroise, de L. de Rillé; En forêt, d'Edmond Weher; Branche d'amandier, de Soubre ; 5oî<5 la feuillée, de Dard-Jania ; chœur de Faust, &q Gounod; chœur du Voyage en Chine, de Bazin; les Paysans, de Saintis ; Aimons toujours, de Heyberger; le Tyrol, d'Ambroise Thomas; le chœur du Songe d'une nuit d'e'té, etc. Dans le répertoire allemand, elle choisit des chœurs d'Attenhofer, Nessler, Storch, Sutter, Abt.
VArgentina, l'ancienne Concordia de Strasbourg, a été reconstituée sous ce nouveau nom en 1885. Elle compte actuellement 75 chanteurs.
De son répertoire de concert nous détachons : Sous la feuillée, de Dard-Janiu; Chant du soir, de Boïeldieu; Vin des Gaulois, de Gounod; Chant des druides, de Saintis ; Chanson d'ancêtre, de Saint-Saëus ; les Contrebandiers, de Limnander; les Trappeurs, de Dard-Janin; le Psaume de la vie, de Bourgault-Ducoudray ; les Braconniers, de Sourilas; Valse des songes, de Laurent de Rillé; Amour, de Massenet; Patrouille et l'Ennemi, de Henri Maréchal. Puis les Chants lyriques de Saûl, les Marins de Kermor, de Saint-Saëns; Chant du crépuscule, de Gevaërt; Mignonne, de Willent-Bordogni; Dernier Jour de Pompêi, de Ritz; Vaterland, de Hœrter; Normanenzug, de Môhring; Hymne an die Musik, de ha.z'hneT ; Ahschied vom Vaterland, à' Aht; Donauwellen, d'Ivanovici; Weihegesang , de Becker; Festgesang an die Kùnstler, de Mendelssohn; Wie hab ich sie geliebt, de Môhring; An die Freude, de Greger; et Theresenwalzer, de Faust.
L'Union chorale de la Robertsau, VHarmonie de Schiltigheim, la Concordia de Kœnigshofen et la Chorale de l'usine de Grafenstaden, de l'ancienne Association alsacienne, ainsi que l'Eintracht, de Bischheim, cultivent à part égale, comme par le passé, le répertoire français et le répertoire allemand.
Les unes comme les autres s'adonnent à des études régulièrement entreprises et bien suivies.
Les sociétés chorales de VElsass-Lothringischer Sungerbund cultivent de préférence le chœur populaire allemand, et les concours périodiques du Sungerbund sont généralement classés en trois catégories :
i) Kunstgesang, c'est-à-dire épreuve de chœurs de marquante importance, d'un caractère artistique;
2) Leichter Volksgesang, et
3) Schvneriger Volksgesang , soit épreuves de chœurs populaires faciles et de chœurs populaires plus difficiles. Le Kunstgesang comprend lui-même un leichter (facile) Kunstgesang et un schwieriger (difficile) Kunstgesang.
Les chœurs du Leichter Kunstgesang sont généralement choisis dans le répertoire de Storch, ZôUner, Angerer, Sturm, Decker, Hâser, Isenmann, Attenhofer, etc., et ceux du Schwieriger Kunstgesang dans le répertoire de Rheinberger, Lachner, Veith, Greger, Neumann, Hofmanu, Hegar, etc.
Le Leichtcr Volksgesang comprend des chœurs de Klein, Baldamus, Silcher, Sonnet, Haser, Brou, Weugert, Schumann, Weber, Kinkel, Hilpcrt, etc., et celui du Schivieriger Volksgesang , des chœurs de Miethling, Angerer, Attenhofer, Isenmanu, Wengert, Sûtter, Schubert, Mendelssohn, Wiltberger, Dregert, Abt, etc.
Le Scingerbund organise des concours régionaux ou cantonaux {Gausaengerfeste) et de grands concours, ceux-ci dans les villes principales, sous le titre de Saenger-Bundes-Feste. Les grands concours sont, d'ordinaire, accompagnés d'un festival pour l'exécution de chœurs généraux.
Parmi les sociétés du Saengerhund les plus appréciées aux derniers concours, pour l'exécution du cJtœur populaire facile, on trouve 1 sociétés représentant 235 membres, et pour l'exécution du cAœi^r populaire difficile, 19 sociétés représentant 555 membres.
1) Pour l'exécution du chœur artistique facile : 20 sociétés représentant 760 membres.
2) Pour l'exécution du chœur artistique difficile : 7 sociétés représentant 410 membres.
Le Liederkranz de Metz, fondé en 1884, compte 107 chanteurs. Ses chœurs préférés sont : Der Wald, de Hâser; Ossian, de Beschnitt; Kaiser Karl un Untersberg , de Zenger; Die beiden Saerge, de Hegar; Nachizauber, de Storch; Der letzte Gruss, de Dreyert; Kaiser Karl in der Johannisnacht, de Hegar.
Le Maennergesangverein de Metz, fondé en 1882, compte 102 chanteurs.
Les principaux chœurs de son répertoire sont : Bergpsalm, de Hofbauer; Auf offener See, de Môhring; Eine Nacht auf dem Meere, de Tschircb; Die Wûste {le Désert), de F.David; Frithjof, de Max Bruch; Kassandra, de J. Mei.
Taudis que le Maennergesangverein de Metz et le Liederkranz de Metz sont, parmi les chorales du Saengerhund, les plus importantes sociétés en Lorraine, le Maennergesangverein de Strasbourg , l'instigateur du Saengerhund, est la plus importante société en Alsace.
Fondé en 1872, le Maennergesangverein compte actuellement 146 chanteurs.
Le Maennergesangverein pratique à la fois l'étude du chœur populaire et celle du grand chœur artistique. Parmi les œuvres les plus marquantes de son répertoire de concert, nous relevons : Preisgesang, de Ferdinand Langer; Den Todten vom Iltis, de Curti; Gewitfemacht, de Hegar; Ilarald, de Munziuger ; vom Rhein, de Max Bruch ; Saatengrïcn, de Liszt; Matrosenlied, de Weidt; Ossian, de Beschnitt; Germanenzug , àe. Rheinberger, etc. Les compositeurs préférés du Maennergesangverein sont, outre les auteurs des chœurs sus-indiqués,
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Attenhofer, Sôdermann, Schumana, Silcher, Koschat, Mendelssoha, Becker, Spohr, Kalliwoda, R. Wagner, Isenmann, F. Abt, Heim et Max Bnich.
Le Maennergesangvcrein de Strasbourg, dont feu l'empereur Frédéric avait accepté le patronage, a fait édifier un vaste local de concerts, pouvant contenir 2,000 personnes, le Saengerhaus, dont l'inauguration a eu lieu le 1er février 1903 et qui, depuis, est resté la salle préférée pour les concerts d'abonnement de l'orchestre municipal de Strasbourg et pour toutes les grandes solennités musicales. Saint- Saëns, Chevillard, Mahler et R. Strauss, comme chefs d'orchestre, et les solistes les plus en vue se sont fait applaudir au Saengerhaus. Le Chœur des instituteurs de Strasbourg (Lehrergesangverein), fondé en 1903, compte 60 chanteurs, tous membres du corps enseignant des établissements scolaires municipaux. Cette société chorale est issue de l'association des instituteurs {Lehrerkonferenz). Le chœur actuel ne fait point partie du Saengerbund. Son répertoire courant se compose de chœurs de F. Schubert, R. Schumann, Max Reger et Thuille, etc.
Le Gemischter Chor Strassburg {Chœur mixte de Strasbourg) a 60 membres actifs. Un cours de solfège y est tenu régulièrement par M. J. Wolf, son directeur. Sou répertoire se compose de chœurs populaires à quatre voix mixtes, et de grands chœurs de Mendelssohn, Schumann et Gade.
Le Gemischter Chor a successivement monté Erlkonigs Tochter, de Gade ; Der Rose Pilgerfahrt (le Pèlerinage d'une rose), de Schumann ; Loreley, de Mendelssohn ; Zigeunerleben, de Schumann.
En plus des cinquante sociétés chorales instituées à Strasbourg et sa banlieue, et parmi lesquelles figure V Akademischer Kirchenchor {chœur académique religieux de l'Université), qui a monté les principales œuvres de Schûtz, il existe, à Strasbourg, une douzaine de chœurs d'église, entre autres le chœur mixte de l'église Saint-Guillaume, dont le directeur, M. Ernest Mûnch, est un fervent et zélé propagateur des œuvres de J.-S. Bach. Il est secondé, dans son rôle d'initiateur, par M. Albert Schweitzer, organiste, son élève et 1 élève aussi de M. Ch.-M. Widor, à Paris.
A l'intention des nombreux chœurs des églises catholiques en Alsace-Lorraine, et dans le but de faire aimer le chant liturgique, un journal spécial, publié sous le titre de Csecilia, a été fondé en 1884, comme organe du Cœcilienverein d' Alsace-Lorraine , qui se rattache à VAllgemeine Caecilienverein d'Allemagne, créé en 1868 et qu'un bref papal avait sanctionné en 1870.
Depuis 190G, le journal Csecilia est rédigé par M. l'abbé F.-X. Mathias et M. Fabbé Joseph Victori, de la cathédrale de Strasbourg; deux musiciens érudits dont la com-
pétence fait autorité dans le cercle universel des adeptes de la science musicale religieuse du culte catholique.
Sur les 707 communes catholiques de l'Alsace-Lorraine, 270 sont déjà comprises dans l'association du Cxcilienverein, qui tient tous les deux ans une assemblée générale où toutes les questions se rapportant à la musique religieuse sont discutées et approfondies. L'association elle-même a été instituée en 1882. Ajoutons que le Cœcilienverein a pour but la pratique du choral grégorien, du chœur à plusieurs voix choisi dans le répertoire ancien et moderne, la pratique du chant populaire religieux, celle du répertoire spirituel de l'orgue, et celle de la musique instrumentale en général, dans son emploi à l'église.
Parmi les associations musicales de Strasbourg, il nous faut citer encore le Fraiienchor, qui a été fondé en 1900. Ce chœur de dames composé d'une cinquantaine de chanteuses, s'occupe à la fois des études, en allemand, du répertoire classique et des études d'œuvres modernes.
Dans le domaine du chœur orphéonique, Mulhouse tient un rang prépondérant en Alsace, grâce, notamment, aux trois vieilles sociétés de V a,i!ic\eïi.n& Association alsacienne, la Concordia, la Sainte-Cécile et l'Harmonie, restées indépendantes, et au nouveau Liederkranz, inscrit dans le Saengerbimd.
Fondée comme chœur d'hommes en 1858, la Concordia de Mulhouse s'estattaché, en 1861, un chœur de dames. Elle compte environ 65 chanteurs et 70 chanteuses.
Ses directeurs étaient : en 1858, M. Antoine Heyberger; en 1860, M. Joseph Heyberger; en 1873, M. Joseph Meyer; en 1873, Adolphe Stiehlé. Depuis 1881, la Concordia àc. Mulhouse est dirigée par M. Jacques Ehrhart.
Ses compositeurs préférés sont Saint-Saëns, Massenet, Mendelssohn, Schumann, Delibes, Berlioz, Gounod, Bruch, Rheinberger, Maréchal, etc.
La Sainte-Cécile de Mulhouse a été fondée en 1846. Ses travaux s'étant trouvés interrompus à la suite des événements de 1870, elle ne les reprit qu'en 1880.
La Sainte-Cécile de Mulhouse compte actuellement 40 chanteurs. Les principaux chœurs de son répertoire sont : Normanenzug, de Max Bruch ; Grandson, cantate de Plumhof ; Ahendfriede, de Lachner ; Saengerlust,àe k. Bop'p; Hymne helvétique, de Plumhof; Vonder Wiege bis zum Grabe, de Nessler; Die Ansicdler, de H. Mohr; les Saisons, de Haydn; Salamis, de Gernsheim, etc.
L'Harmonie de Mulhouse, qui s'appelait, avant 1857, Liederkranz, a été fondée en 1830. Elle compte actuellement 60 chanteurs, qui cultivent à part égale le chœur français et le chœur allemand.
Les principaux chœurs de son répertoire sont : les Proscrits, de Saintis; les Martyrs aux arènes, de L. de Rillé; les Contrebandiers, de Limnander; les Forbans et Sur les remparts, de Saintis ; la Fête du gui, de Chapuis; Trianon, de Delibes; Bretagne, de Nalopp ; Chor der Winzer und Schiffer, de Max Bruch ; die Rose von Hildesheim, de Rheinberger; Festgesang an die Kïinstler,de Mendelssohn; Schlafvmndel, de Hegar; Pilgerchor de Tannhailser, de K. Wagner; Die Lieder, de Hâser. Le Liederkranz de Mulhouse a été fondé en 1892; il possède 50 chanteurs qui cultivent les répertoires français et allemand.
Les chœurs les plus interprétés par le Liederkranz sont : Ossian^ de Beschnitt; Trompeter an der Katzhach, de Môhring; die Heimat am Rhein, d'Attenhofer; Morgen im Wald, de Hegar; Hymne an den Gesang, de Hegar; le Coq gaulois, de A. Chapuis, et Hymne à Paris, de Rougnon.
Le Lehrergesangverein de Mulhouse [chœur des instituteurs) compte 70 chanteurs. Il a monté différents grands oratorios, et en dernier lieu, en 1906, la Damnation de Faust, de Berlioz, avec le concours d'un chœur de 60 chanteuses.
Parmi les sociétés chorales alsaciennes cultivant encore simultanément le chœur français et le chœur allemand, nous remarquons la Société chorale et V Union de Sainte-Marie-aux-Mines.
L'Union de Sainte-Marie-aux-Mines, chœur de dames, a été fondée en 1814. L'année suivante, M. Unsinger, le directeur de ce groupe de chanteuses, reconstitua la Société chorale, chœur d'hommes, créée en 1856 et qui compte actuellement une quarantaine de chanteurs. La Société chorale de Sainte-Marie-aux-Mines a pris part, en tant que membre de V Association des sociétés chorales d'Alsace, aux festivals d'Obernai, Schlestadt, Soulz, Bischwiller, Thann, Wissembourg. Depuis la dissolution de VAssociation alsacienne, elle s'est contentée d'organiser des concerts, avec le concours de YUnion, à l'intention des familles de ses membres. Entre temps, elle s'est fait inscrire au Saengerbund.
Les principaux chœurs de son répertoire sont : les Chiffonniers de Paris, de Alonestier; une série de chœurs de L. de Rillé, Hymne an die Musik, et quantité de chœurs mixtes, tant français qu'allemands, parmi lesquels Christoph Colomb, scène chorale d'Emile Unsinger. H nous reste à citer la Chorale des faïenceries de Sarreguemines (Lorraine), créée en 1879, qui compte une trentaine de chanteurs, dont le répertoire est puisé dans la collection des chœurs populaires.
Puis nous avons à remarquer encore la Société philhannonigue de Munster, quia été créée en 1855 sous la présidence de M™^ Aimée Hartmann. Elle comprend un chœur mixte de 55 membres. La Société philharmonique , dirigée par "SI. Ernest Hahnemann, qui dirige également V Harmonie de Munster, chante de?,chœ.urs mixtes de Gade, Gounod, Rheinberger, Saiut-Saëns, Reinecke et Brahms, ses compositeurs préférés.
V Association des Sociétés chorales d'Alsace ne comptait plus, au momeut de sa dissolution (1887), que 47 chorales, taudis qu'ea 1869- 1870 elle en avait réuni 93.
Quelques-unes des chorales alsaciennes n'étaient entrées dans VAssociation que vers 1880, et même plus tard.
A la date du l'^ juillet 1909, le Saengerbund d'Alsace-Lorraine comptait 198 sociétés chorales, avec 5,o4o chanteurs, membres actifs, et 11,600 membres associés. A. OBERoœRFFER.
En résumé, à l'heure actuelle, les sociétés chorales de l'Alsace-Lorraine peuvent se répartir ainsi : Basse-Alsace : 177, avec 4,900 chanteurs; Haute-Alsace : 179, avec 4,600 chanteurs; Lorraine : 48, avec 1,600 chanteurs.
C'est à la correspondance officielle dont il a été parlé plus haut que sont dus les détails suivants :
BADE (Grand-duché de).
11 existe dans le grand-duché 450 sociétés chorales fédérées sous le nom de Badischer Sânger Bund. La fédération compte environ 14,300 exécutants. De ces 450 sociétés, 430 ne comptent dans leur sein que des hommes; une vingtaine sont mixtes et admettent des voix de femmes. Le Sânger Bund a un organe officiel, le Badische Sungerbote, qui parait chaque mois à Mannheim, où la fédération a aussi son siège social.
En dehors des sociétés faisant partie du Badischer Songer Bund, il yen a d'autres qui se refusent à entrer dans la fédération. Parmi celles-ci sont les nombreuses sociétés musicales ayant un caractère confessionnel, telles que les sociétés catholiques de Sainte-Cécile et les sociétés protestantes. Chaque paroisse de l'un ou de l'autre de ces cultes a presque toujours sa société chorale, qui est naturellement sous la surveillance directe du curé ou du pasteur.
Les noms des sociétés choralesles plus importantes sont :
a) A C.\RLSRUHE :
Badcnia 1 00 membres.
Concordia 100 —
Liedcrhalle 1 r)3 —
Liederkraiiz 120 —