Plutarque, Yie des hommes illustres
les rois, les législateurs, les guerriers, les philosophes de tous pays, surent toujours la mettre à profit aux heures les plus graves de l'histoire de leur pays.
L'obscurité qui règne sur. les premiers siècles de l'ère chrétienne ne permet aucune étude de la musique en général et de lamusique d'ensemble en particulier jusqu'au moyen âge.
A ce moment, les principaux instruments mis en usage aux armées sont : la trompette, le tambour, les timbales, le cor, le fifre, le hautbois, et dans certains pays la musette et la cornemuse.
Pendant de longues années, ces instruments ne sont employés qu'isolément, mais à partir de la première moitié du dix-septième siècle il est permis de constater une certaine orchestration, principalement dans les airs de hautbois ou de fifres et hautbois .
Au dix-huitième siècle, la création de nouveaux instruments : clarinette, basson, flûte, serpent, trombone, permet de grouper les éléments à vent et à cordes en orchestre susceptible de rendre les nuances de la pensée musicale, soit dans l'accompagnement de la musique vocale, soit dans les premières œuvres de musique d'ensemble instrumental.
De cette époque date également la constitution de la musique militaire, qui, dès lors, fonctionne régulièrement dans la plupart des armées européennes.
Les premiers groupements de musique d'ensemble, qui furent composés d'instruments de bois ou de cuivre, constituent ce que nous appelons la musique d'harmonie (par Synthèse harmonie). L'ensemble des instruments de cuivre forme la fanfare; mais l'orchestre que nous appelons actuellement fanfare, c'est-à-dire la réunion des différentes familles d'instruments perfectionnés et chromatiques, ne date que de la seconde moitié du dix-neuvième siècle. Au dix-huitième, le mot fanfare s'appliquait à la réunion des trompettes de cavalerie ou de trompes de chasse; ces groupements n'offrant aucun intérêt artistique, nous ne les signalons que pour mémoire.
On nomme donc harmonie un orchestre composé exclusivement d'instruments à vent, à anches et à embouchure.
Aucune organisation sérieuse de musique à' harmonie ne se rencontre en France avant la Révolution.
A cette époque, à Paris et dans les grands centres, il se forma des « corps de musique », composés principalement des éléments de certaines corporations musicales, telles que maîtrises, orchestres de théâtre, etc.
La plupart de ces groupements créèrent par la suite des musiques de garde nationale. Leur composition tendait à se rapprocher de la musique de la « garde nationale » de Paris qui venait d'être fondée et dont les éléments provenaient du dépôt des « gardes françaises », dont la musique jouissait déjà d'une grande renommée, acquise depuis sa formation (1763).
Kastner, dans son Manuel de musique militaire, rapporte qu'aux sérénades que cette musique donnait sur les boulevards, « le peuple accourait, les équipages se pressaient, chacun était jaloux d'entendre le concert ». (Kastner, p. 85.)
L'origine de ces « corps de musique » explique leur composition, qui, sauf certaines modifications, était à peu près la suivante : flûtes, clarinettes en ut, trompettes simples, cors simples, trombones à coulisse, bassons, serpent, grosse caisse, cymbales.
Ces instruments, on le voit, sont exactement ceux de Vharmonie (instruments à vent de l'orchestre sympho-
nique), plus le serpent, employé à cette époque dans les maîtrises pour accompagner les chants liturgiques.
On conçoit qu'un tel orchestre n'ait pu produire un résultat très satisfaisant.
Ces musiques figurèrent cependant, à la satisfaction générale, aux parades des gardes nationales et dans les cérémonies publiques, où, placées à la tète des cortèges, elles faisaient entendre des hymnes guerriers, des symphonies, ou bien encore les air^s chéris des Français, la Marseillaise, le Ça ira, le Chant du départ, etc.
Quant à la musique de la garde nationale de Paris, — qui, en 1792, fut érigée en Ecole de musique destinée à fournir des sujets aux musiques de l'armée et assurer le service des fêtes patriotiques (Ecole de la garde nationale), puis transformée en 1793 en Institut national, — elle devint, en 1795, le Conservatoire de musique.
Aux termes du décret du 12 thermidor an III, le Conservatoire était tenu de fournir chaque jour, pour le service de la garde nationale, près le Corps législatif, une musique formée de seize musiciens : 6 clarinettes,
1 flûte, 2 cors, 1 trompette, 3 bassons, Y serpent, 1 cymbalier, 1 grosse caisse.
Les jours de grands concerts ou festivals nationaux, l'orchestre comprenait : 10 flûtes, 30 clarinettes, iSbassims, 12 cors, 8 serpents, 2 buccins, 4 trompettes, 3 trombones,
2 tubas corvœ, 2 timbaliers, 2 grosses caisses, 2 cymbaliers, 2 triangles.
Pendant toutes les fêtes publiques de la Révolution, aussi bien à Paris qu'en province, les musiques d'harmonie furent intimement liées aux manifestations populaires, aux heures de deuil et de joie, car toujours le peuple comme les municipalités montrèrent le besoin d'associer la musique à toutes les fêtes fraternelles.
Un peu plus tard, une musique complète comprenait : \ petite flûte, 2 hautbois, A clarinettes, 2 bassons, 2 cors, 1 grosse caisse, 1 paire de cymbales, 1 triangle.
Notons, en passant, que l'origine de certaines sociétés
du Nord, aujourd'hui très réputées, remonte à la Révolution : la Société d' Armentières (1788); — la Musique de Valenciennes (1789); — la Musique de Douai (1791); — la Musique municipale du Mans (1799).
Sous l'Empire, les sociétés conservent à peu près la même formation; il convient cependant de signaler Tadjonction du f?"om6one (pour renforcer la basse du serpent) et de la petite clarinette. La batterie (dite musique turque) est augmentée du pavillon chinois ou chapeau chinois, et parfois du tambour de basque.
Sous la Restauration, le serpent fait place au contrebasson; puis, plus tard, l'orchestre d'harmonie s'enrichit du bugle à clefs, de Vophicléide, puis encore, grâce à l'invention des pistons appliquée d'abord au cor, à la trompette, au trombone, au cornet de poste [cornet à ^J^s^ows), possède toute une série d'instruments de cuivre devenus chromatiques, qui viennent en aide aux clarinettes, flûtes, hautbois, auxquels jusqu'alors était confiée la ligne mélodique de la partition.
Après la révolution de 1830, l'apparition et le développement de l'orphéon vocal, débutant par l'Ecole, à l'instigation de Wilhemet d'Eugène Delaporte, consacra Futilité régénératrice de la musique d'ensemble populaire en entraînant promptement Ja multiplication de nombreuses sociétés instrumentales. De l'initiative de Wilhem et d'Eugène Delaporte naquirent les sociétés libres et les cours gratuits et mutuels.
Cette œuvre, encouragée et soutenue par bon nombre de municipalités, amena la création en province d'écoles de musique devenues pour la plupart, à l'heure actuelle, succursales du Conservatoire de Paris, sous la haute surveillance du ministère de l'instruction publique et des beaux-arts.
Nous croyons intéressant de signaler un document émanant de M. Charles Delacroix, préfet du département des Bouches-du-Rhône, adressé au ministre de l'inté-
rieur et qui prouve que, dès Tannée iSOO, le Consulat tenta la création des conservatoires provinciaux*.
Marseille, le ... floréal an IX de la République.
Citoyen ministre,
D'après votre rapport sur l'instruction publique qui me demande de le renseigner sur la nécessité de créer à Marseille une école spéciale de musique, je me suis occupé des moyens de réaliser dans cette ville le conservatoire que vous voudriez y voir établir, comme pour les six villes de France de second ordre.
La grande population de Marseille a un goût particulier pour la musique, qui s'y manifeste de jour en jour davantage.
Je propose d'appeler le Conservatoire Odéon et de l'installer dans le local des Bei'nardiues.
Les dépenses pour cet établissement sont évaluées à environ 20,400 francs, qui seront compensées par une recette de 20,900 francs que doivent rapporter cinquante concerts annuels dans une salle préparée à cet effet dans ledit local des Bernardines, et où rien ne sera négligé pour ajouter à la réputation dont jouissait autrefois l'établissement florissant de V Académie de musique.
Je propose comme directeur de l'Odéon le citoyen L***, qui est en ce moment directeur des octrois à Arles, et qui est recommandé par la famille Bonaparte. Il sera alloué au directeur un traitement annuel de 5,500 francs.
Le préfet : Charles Delacroix.
{Archives départementales, série T, 9.)
M. André Gouirand ajoute :
Nous ignorons pourquoi il ne fut pas donné suite à ce projet séduisant, et ce qu'il advint de ce directeur des octrois dont la famille Bonaparte voulait — on ne sait par quelle analogie de connaissances techniques — faire un directeur de Conservatoire de musique.
* L'instruction musicale dans les sociétés instrumentales se donne :
4° Dans les cours spéciaux organisés par la société ellemême et professés par le directeur, secondé par les chefs de pupitre ;
1. Nous puisons ces renseignements dans l'intéressant ouvrage de M. André GoDiRAND : la Musique en Provence et le Conservatoire de Marseille.
198 MONOGRAPHIE l'NIVERSELLE DE L'ORPHÉON
2° Dans les écoles communales ou municipales de musique ;
3° Dans les écoles nationales de musique placées, comme on vient de le dire, sous le contrôle du ministère de Tinstruction publique et des beaux-arts.
En général, les écoles nationales de musique ont débuté par la première catégorie des cours que nous venons d'énumérer ; puis, le succès s'étant affirmé, la municipalité, encourageant les efforts du directeur et de ses collaborateurs, prend les cours à sa charge et les subventionne.
Voici l'école municipale créée. Encore un effort, et le département, à son tour, s'intéressant à cette œu\Te populaire, lui accorde une nouvelle subvention. De nouveaux cours sont créés, Yécole grandit, et le gouvernement, sollicité par le maire et le préfet, assure Tinspection des cours en accordant une subvention.
Vécole communale devient alors école nationale de musique ou école nationale de musique succursale du Conservatoire de Paris.
Voici, par lettre alphabétique, la nomenclature des écoles de musique les plus importantes dont renseignement se rattache au sujet ici traité.
Ecole nationale de musique d'Abbeville. — Créée en 1818 par Eloy de Vicq, violoniste. Chaque élève qui suivait les cours de musique était tenu de verser 6 francs par mois. Ceux admis à faire partie de la musique de la garde nationale ne versaient que 3 francs.
Eu 1821, le conseil municipal, reconnaissant les services rendus par l'Ecole de musique, vota en sa faveur une subvention de 1,2U0 francs.
Ses directeurs successifs furent : Péret, Boulanger (qui remplissaient en même temps les fonctions de chef et sous-chef de musique de la garde nationale), Canaple, Dimple, Picquet, Hétuin, Boulvin, Meilhan, Uumont, Grare.
Ce n'est qu'en 1899 que l'Ecole de musique d'Abbeville fut classée au nombre des Ecoles nationales.
Directeur actuel : M. Bralt.
(Renseignements dus à. M. Braut.)
Ecole nationale de musique d'Aix-en-Provence. — Son origine remonte à lSi9. A cette époque, Lapierre, son premier directeur, réunissait quelques jeunes gens pour leur apprendre le solfège, puis, peu après, fondait une classe de chant, sans autre appui que son dévouement à la cause de l'enseignement musical.
Ce premier succès obtenu, et après sept années d'efforts, le Conseil municipal, comprenant l'utilité de cette Ecole, accordait son concours pécuniaire. A ce momeuf, aux classes de solfège vinrent s'adjoindre des classes de violon, violoncelle et instruments à vent.
En 1884, grâce à l'appui du député, puis sénateur Leydet, le Conservatoire d'.\ix fut compris au nombre des Ecoles de musique subventionnées de l'Etat. A partir de ce moment, le Conservatoire d'Aix prit le nom d'Ecole nationale de musique.
Lapierre la dirigea jusqu'en 1904.
Directeur actuel : M. Joseph Po.ncet.
(Renseignements dus à M. Hamburg, chef de musique au So^ d'infanterie.)
Ecole nationale de musique d'Amiens. — Cette Ecole da'e de la fondation de Y Harmonie (1811); et c'est cette dernière qui institua des cours, devenus en 1891 les premiers éléments de VEcole de musique; celle-ci en comprend une trentaine.
Directeur actuel : M. Désiré Mohr.
(Renseignements dus à M. Balay, chef de musique au 72*^.)
Ecole municipale de musique d'Angers. — Fondée en 1890. L'enseignement comprend entre autres :
8 cours de solfège; 2 cours de flûte; 2 cours de clarinette ; 2 cours de cornet.
Directeur : M. Mangeon.
(Renseignements dus à M. Foare, chef de musique au 6e génie.)
Ecole nationale de musique d'Angoulême. — Fondée en 1882; érigée en Ecole nationale en 1887.
Directeur actuel fondateur : M. Tempviré.
Ecole nationale de musique d'Armentières. — De création récente. On y enseigne, entre autres, le solfège et tous les instruments à vent.
Directeur actuel : M. Boidin.
Ecole de musique d'Arras. — Fondée en 1828, réorganisée par arrêté municipal eu 1890. Directeur actuel: M. ColvLeroux.
Ecole municipale de musique d'Avignon. —Créée eu 1828, a été maintes fois dissoute et rétablie.
Création : durée uu au ; rouverte en 1835, fermée en 1836 ; rouverte en 18 io, fermée en 1848; rouverte en 18o3, fermée eu 18-iO; création du Conservatoire de musique en 1872; succursale du Conservatove national de musique, 1884 ; Ecole municipale de musique, 1889; actuellement cette école comprend 33 cours.
Directeur actuel : M. L. Richaud.
(Renseignements dus à M. Michel.)
Ecole nationale de musique de Bayonne. -Fondée en 1876, sur l'initiative de M. Chàteauneuf, maire de la ville, qui en nomma directeur Ernest Jubin. VEcole fut d'abord municipale; eu 1884, eUe devint vationale; de nouveaux cours furent créés.
Actuellement cette Ecole comprend notamment des classes de solfège, d'instruments à vent, de piano et d'ensemble instrumental. Directeur actuel : M. Gabaston.
(Renseignements communiqués par M. Paul GuÉRLV, cbef de musique au 49e d'infanterie.)
Ecole municipale de musique de Besançon. — Fondée en 1860, en vue de perfectionner et de propager le goût de l'art musical populaire et de conserver à l'orchestre du théâtre de bons chefs de pupitre. L'enseignement compi'end lo classes.
Directeur actuel : M. N.
(Renseignements fournispar M. Lacoste, chef de la musique de l'école d'artillerie.)
Ecole municipale de musique de Bordeaux. — Sod^iféScm^e-C^d/e. — Créée en 1843, la société de Sainte-Cécile n'était qu'une caisse de secours, une sorte d'association mutuelle l'ondée et dirigée par M. Costard-Mézeray.
Neuf ans plus tard (1832), YEcole de musique est fondée. Le chant et le solfège sont enseignés à soixante élèves. Eu 1858, la ville <ie Bordeaux ayant augmenté son allocation, des classes nouvelles sont fondées. D'année en année l'œuvre se développe : le nombre des classes augmente, et, en 1873, uu décret reconnaissait la société de Sainte-Cécile établissement d'utilité publique.
C'est à cette société que la ville de Bordeaux doit la création de ses concerts populaires. Les directeurs qui ont été à la tête du Conservatoire de Bordeaux sont : I808-I86G, Mézeray; 18G6-1876, Vau.ney ; 1876-1883, Portéhaut; 1883-1891, H. Gobert; 1891-1894, G. Lelono;
1894-1901, G. Marie et P. Charriol; 1901 jusqu'à, nos jours, Penne- QUiN. Présidents : Brochon, Sourget, Dolhassary.
Tous les instruments à vent sont enseignés à Sainte-Cécile. De nombreux cours de solfège sont également suivis par de nombreux
élèTBS.
(Renseignements fournis par M. Dclhassary.)
Conservatoire de musique de Boulogne-sur-Mer. — Fondé en 1830, à linstigation de Godefroid, père du célèbre harpiste. Les débuts de cette école furent modestes. L'enseignement se bornait à l'étude du solfège et à quelques leçons d'instrument.
En 1876 le Conservatoire prend le titre d'Académie communale de musique.
Dès l'année 1882, l'école est placée sous le contrôle de l'Etat ; mais ce n'est que deux ans plus tard qu'un nouveau règlement transforme V Académie communale en Ecole nationale de musique. Eu 1908, cette école est érigée en succursale du Conservatoire de Paris; elle- comprend environ 30 cours.
Directeur actuel : M. Gripois.
(Renseignements dus à M. Gripois, directeur de l'Ecole.)
Ecole de musique de Bourges. — Directeur actuel : M. Alfroo.
Ecole de musique de Brest. — Directeur actuel : M'i^ Rosenkrahz.
Ecole de musique de Caen. — Fondée en 1833 sous le titre de Conservatoire de musique du Calvados. En 1882, sous la direction de M. Jules Cariez, une organisation nouvelle, comprenant 14 classes, permit aux élèves de se perfectionner dans l'étude de la musique vocale ou des instruments à cordes et à vent.
Les concerts et les exécutions musicales se multipliant entraînèrent de nombreuses sociétés instrumentales.
Classée Ecole nationale en 1884, elle est redevenue municipale pendant quelques années. L'école vient, à nouveau, d'être classée parmi les écoles nationales.
Directeur actuel : M. Mancini.
(Renseignements dus à M. André, chef de musique au 36e.)
Ecole nationale de musique de Cambrai. — De création récente, r£co/e enseigne, entre autres, le solfège et tous les instruments à vent. Directeur actuel : M. Bigerelle.
Ecole nationale de musique de Cette. — Fondée en 1881 sous le titre d'Ecole communale de musique. Sa création est due à 31. Fondère
qui lui fit doudela plupart des.iustruments, ainsi que des méthodes et solfèges.
Cette école fut transformée en Ecole nationale de musique en 1885.
L'enseignement comprend des cours de musique vocale et de musique iustrumeutale.
Directeur actuel : M. Mayan.
(Renseignements fournis par M. Mayan.)
Ecole nationale de musique de Chambéry. — Erigée en Ecole nationale en 1884. On y enseigne, entre autres, le solfège et tous les instruments à vent.
Directeurs : Delgrange, Wutz; directeur actuel : M. Bayoud.
Ecole nationale de musique de Digne. — Erigée en Ecole nationale en 1884. On y enseigne notamment le solfège et tous les instruments à vent.
L'e'cole assure surtout le recrutement pour les musiques militaires, les harmonies et les fanfares de la région.
Directeur : Cheste; directeur actuel : M. Espitalier.
Conservatoire national de Dijon. — Créé en 1845, il est érigé, en 1868, en succursale du Conservatoire de Paris.
L'Etat, la ville de Dijon et le département font les frais de cette institution, qui jouit en outre d'une rente léguée par le maréchal Vaillant, et produite par un capital de 10,000 francs placés en rentes sur l'Etat.
L'enseignement comprend notamment l'étude du solfège élémentaire et supérieur, des instruments à vent, une classe d'ensemble choral et une classe d'ensemble instrumental.
Directeur actuel : M. Lévêque.
(Renseignements fournis par M. Houvbnaohel' chef de musique à Dijon.)
Ecole nationale de musique de Douai. — Avant d'être nationale, VEcole de musique de Douai eut des débuts très modestes. Pierre Lecomte, directeur de {'Harmonie municipale, eut l'idée, le premier, de créer une Ecole de musique.
En 1806, il sollicita et obtint l'autorisation de l'administration municipale. Ayant obtenu une petite subvention, Lecomte s'adjoignit un collaborateur dont il avait pu reconnaître le mérite comme professeur: ce fut le musicien Trouville, de Y Harmonie municipale, exélève de la maîtrise de Verdun. A ce moment, Yccole ne comprenait que des cours de solfège et d'instruments à vent.
Lecomte conserva la direction de cette école jusqu'à sa mort,
L'école fut ensuite rattachée aux écoles académiques de dessin, et une commission administrative procéda à ses destinées.
En ISIS, nouveau règlement; V Académie de musique est alors dirigée par .M. Cœuil, qui mourut en 1880.
De 1806 à 1880, V Académie, en 75 ans, obtint 44 récompenses au Conservatoire de Paris. En octobre 1881, la direction fut confiée à M. Paul Clel.\aere, encore titulaire.
En 1884, V Académie est transformée en École nationale de musique. L'école comprend dix-sept cours; outre le solfège, tous les instruments à vent y sont enseignés.
(Renseignements dus à M. Cuelnaere.)
Ecole municipale de Draguignan. — Enseignement : solfège, flûte, clarinette, bugle et cornet, saxophone, saxhorn. Directeur actuel : .\I. Marcou.
Ecole communale de musique de Dunjjerque. — Fondée en 1863, Néermann père en fut le premier directeur. Cette école a été créée afin de former et de fournir les éléments nécessaires à la composition de la Musique communale, fondée à la même époque.
L'école comprend des cours de solfège, flûte, hautbois, clarinette, basson, saxophone, cuivres et classe d'ensemble.
Directeur actuel : M. Néerhan.n (Adolphe).
(Renseignements communiqués par MM. iN'ÉERJiAN.N et Corroyez.)
Ecole de musique d'Epinal. — Reconstituée depuis 1906 sur les bases suivantes :
Un professeur donne des cours de solfège élémentaire aux élèves des quatre écoles municipales, en dehors des heures de classe.
Le même professeur donne un cours de solfège moyen par semaine aux adultes.
Un professeur est chargé de donner des cours d'instruments à vent : flûte, hautbois, clarinette, basson.
Uécole, ne fonctionnant que depuis peu, n'a pas encore donné de résultats appréciables; mais la municipalité, consentante, s'imposer des sacrifices pécuniaires considérables, ne désespère pas de voir ses etforts couronnés de succès.
(Renseignements dus à M. Muller, directeur de l'Orphéon spinalien.)
Ecole municipale de musique d'Evreux. — Fondée en 1894 par M. Clérisse, dans le but de conserver à V Harmonie municipale les éléments nécessaires pour maintenir ses exécutions à la hauteur de sa réputation.
Cette école vient d'être transformée. Les cours organisés par M. Ci.ÉiussE sont repris par la ville sous le titre d'Ecole municipale de musique.
L'enseignement comprend : 2 cours de solfège (élémentaire et moyen); 1 cours de clarinette ; 1 cours de flûte, hautbois, sasoplione ; 1 cours de cornet, bugle, alto; 1 cours de trombone, basse, contrebasse; 1 cours supérieur et d'ensemble.
Chaque cours est professé par un musicien appartenant à la Musique municipale.
(Renseignements dus à M. Clérisse.)
Conservatoire national de Lille. — Ecole de musique fondée en 1816, érip " en succursale du Conservatoire national de musique de Paris, ou lo-6
Ecole de pren.;er ordre où sont enseignés tous les instruments.
Ancien directeur : Lavainne; directeur actuel : M. Ratez.
Conservatoire national de Lyon. — Fondé en 1872, par Edouard Mangin.
En 1873, un arrêté ministériel nomme M. Mangin, directeur du Conservatoire de Lyon, succursale dit Conservatoire de Paris.
Après le départ de M. Mangin (1879), la direction est confiée successivement à MM. : Jeansenne (1879-1881); Gros (1881-1901); Far- GUEs (1901), intérim; Savard (1902).
Actuellement, le Conservatoire de Lyon possède 39 classes. Il assure, par son parfait enseignement, le bon fonctionnement des excellents orchestres symphoniques dont la ville est dotée, ainsi que le recrutement de sociétés miisicules [harmonies, fanfares, chorales), très nombreuses dans la grande cité lyonnaise.
(Renseignements dus à M. Fafoues, directeur de V Harmoîiie municipale.)
Ecole nationale de musique du Mans. — Instituée par délibération du conseil municipal en 1882. Subventionnée par l'Etat et Ecole nationale depuis 1884.
Directeurs : MM. Grisez (1882-1888); Schultz (1888-1905); Perlât (1905).
Entre autres cours on trouve au Mans ceux de solfège, flûte, hautbois, clarinette, basson, saxophone, cornet à pistons, trompette, cor, trombone.
(Renseignements dus à M. Perlât.)
Conservatoire communal de musique de Marseille. — Directeur: M, GouiRAND. — Voir page 197,
Conservatoire national de Montpellier. — D'abord £coie de musi-
que, fondée eu 1887, grâce à l'appui pécuniaire de feu Bonnet-Capmartj'.
Devenue succursale du Conservatoire national de Paris en 1890.
Le premier directeur fut Armand Granier, célèbre chef d'orchestre de province. M. Lambert lui succéda. Actuellement le Conservatoire est dirigé par M. Granier.
L'enseignement comprend entre autres ceux de solfège, flûte, hautbois, basson, clarinette, cor, trompette et cornet à pistons, trombone,
(Renseignements dus à M. L. Gaudard.
Ecole municipale de musique de Mostaganem. — Fondée en 1892, par le conseil municipal, à l'instigation de M. Saint-André, directeur actuel.
L'enseignement comprend, entre autres, des cours de solfège, de dictée musicale, d'orchestration, et des classes instrumentales.
(Renseignements dus à M. Saint-André.)
Ecole nationale de musique de Moulins. — Créée en 1887, par l'Harmonie la Lyre mouLinoise, sous la direction de M. Boullard. A cette époque, l'enseignement comprenait : un cours de solfège, une classe d'instruments de bois, une classe d'instruments de cuivre.
Sur les instances du Comité de la Lyre moulinoise et de son directeur, en 1888 la municipalité accepte la création d'une Ecole nationale de musique.
Ce ne fut cependant que quatre ans plus tard (1892) que VEcole mîinicipale était créée. Un an après (1893), YEcole municipale était érigée en Ecole nationale de musique.
L'enseignement comprend : la musique vocale et la musique instrumentale sous la direction de M. Beun.
(Renseignements fournis par M. Beun.)
Conservatoire national de Nancy. — Fondé en 1881, devient succursale du Conservatoire de Paris eu 1884.
L'enseignement comprend entre autres quatre cours : l'étude du solfège, de l'harmonie, des instruments à cordes et à vent.
Le Conservatoire de Nancv eut comme directeurs successifs : MM. Brl'nel (1884-86); Sandre ("1886-88) ; Gluck (1888-94); Guy-Ropartz (1894).
(Renseignements dus à M. Frambrt, chef de musique au 37c.)
Conservatoire national de Nantes. — Fondé en 1844, érigé en succursale du Conservatoire de Paris en 1846.
On y enseigne, entre autres cours, le solfège et tous les instruments à, vent.
Directeurs : Bressler (f 1885), A. Weingaertner (1908). Directeur actuel : son frère, M. Henri Weingaertner.
Conservatoire national de musique de Nimes. — Créé en 1862, devient Ecole nationale de musique en 1884; en 1903, l'Ecole de musique de Nîmes a été transformée en succursale du Conservatoire national.
L'enseignement comprend, entre autres cours, ceux de solfège et de tous les instruments à vent.
Directeurs : M. V. Delarcelle ; M. Lucien Fontayne, directeur actuel. (Renseignements dus à M. Raspaut, chef de musique de l'école d'artillerie.)
Ecole municipale de musique d'Oran, — Créée en 1907, à l'instigation de M. Damaré, qui obtient du conseil municipal une subvention de 8,000 francs.
Cette école possède, entre autres classes, celles de flûte, clarinette, solfège cours élémentaire, cours supérieur. M. Régina en est le directeur.
(Renseignements communiqués par M. Damahé.)
Ecole municipale de musique d'Orléans. — Fondée en 1868. A cette date, l'administration municipale ouvrit, à titre d'essai, des cours gratuits de musique, comprenant l'enseignement du solfège et de la musique instrumentale, sous la direction de M. Salesses, chef d'orchestre du théâtre.
Ce ne fut qu'en 1874 que VEcole fut définitivement fondée. De nouveaux cours furent ouverts. En 1901, la direction de VEcole fut supprimée. Chaque cours est désormais autonome, et les professeurs sont indépendants, sous la seule autorité du conseil d'administration, nommé par le maire.
(Renseignements dus à M. Briol, chef de musique au 131e.)
Institut musical d'Orléans. — Fondé en 1834. Donne trois concerts par au et des cours de musique.
Conservatoire national de Perpignan. — On y enseigne le solfège et, entre autres, tous les instruments à vent. Directeur : M. Gabriel Baille (1832-1909).
Conservatoire national de Rennes. — Fondé en 1876, érigé en succursale du Conservatoire de Paris en 1884. Directeurs : MM. Tapponmer, Carboni; directeur actuel, M. Bous-
SAGOL.
Conservatoire national de Roubaix. — Fondé en 1820, érigé eu succursale du Conservatoire de Paris.
Directeur : M. Koszdl.
Ecole de musique de Rodez. —Voir page 2^].,laLyre Ruthênoise.
Ecole de musique de Rouen. — Enseigne tous les instruments à vent.
Directeur actuel : M. Guillaume.
Ecole municipale de musique de Saint-Etienne. — Avant l'année 1885 il n'existait que des cours municipaux professés dans les différents groupes scolaires ; ces divers enseignements furent réunis en Ecole nationale de musique, succursale du Conservatoire de Paris, sous l'initiative de M. Dard-Janin, fondateur de l'Ecole.
Toutefois, M. Th. Bureau en obtint la direction, qu'il conserva pendant quatre ans (de 1885 à 1888). Dard-Jamn succéda à M. Bureau. L'école cessa d'être succursale eu l'année 1891 et devint simplement Ecole municipale de musique.
Après le décès de Bard-Janin, la direction passa à M. Revel-Mouroz, puis à M. Maurat, directeur actuel.
Ecole nationale de musique de Saint-Omer. — Fondée en 1836, érigée en Ecole nationale de musique en 1884. M. Luc en fut nommé directeur.
Actuellement cette école est dirigée par M. Henri Filleul. Les classes sont, entre autres, divisées comme suit : 1 cours d'harmonie (2 divisions) ; 3 cours de solfège ; 1 classe flûte, hautbois; 1 classe clarinette, basson, saxophone; 1 classe cor, instruments de cuivre.
(Renseignements dus à M. Cuvelier.)
Ecole municipale de musique de Saint-Quentin. — Fondée il y a environ vingt-cinq ans, par la municipalité^, VEcole de ynusique de Saint-Quentin eut pour premier directeur M. François. Ses débuts furent pénibles, et cette Ecole ne vécut que quelques années, malgré le talent et l'énergie de son directeur.
Reconstituée en 1900, la municipalité, désireuse de confier la direction de VEcole de musique à un artiste de valeur, fit appel aux lumières d'un jury composé de MM. Lenepveu, A. Lavignac et G. Parés.
L'élu fut M. Belle, qui fut mis en possession de son emploi en
VEcole fut rouverte en 1902.
Elle possède entre autres des classes de solfège, cours d'ensemble, harmonie, ainsi que des classes instrumentales où tous les instruments sont enseignés.
(Renseignements fournis par M. Sorel, chef de musique au 81° rég. d'inf.)
Ecole municipale de musique de Tarbes. — Fondée en 1894, par M. Girardin. Un seul cours fut créé; plus tard, une nouvelle classe vint s'ajouter à la première.
Actuellement, VEcole de musique de Tarbes possède, entre autres, des cours de solfège, flûte, clarinette, saxophone, et enfin un cours pour instruments de cuivre (cornets, trompettes, trombones et saxhorns.)
Cette Ecole, subventionnée par la ville, a été créée pour fournir les éléments à ÏHarmonie municipale.
(Renseignements fournis par M. Bexoist, ex-chef de musique au 53° d'inf.)
Conservatoire national de Toulon. — Fondé en 1900. Enseigne le solfège et tous les instruments à veut. Directeur : M. Ste.\oer ; directeurs actuels : MM. Grégoire et Stenger.
Conservatoire municipal de Toulouse. — Fondé le 13 mars 1820, érigé en succursale du Conservatoire national de musique de Paris en
Directeurs : Mériel, Deffès; directeur actuel : M. Crocé-Spinelli.
Académie de musique de Tourcoing. — Voir Musique municipale de Tourcoing, page l'ii.
Ecole nationale de musique de Tours. — Fondée par Grodvolle en 1876, avec deux classes.
En 1908, l'Ecole possède entre autres : des classes de solfège, de flûte, hautbois, clarinette, basson, cornet à pistons, trompette, cor et trombone.
Directeur actuel : M. Berquet.
(Renseiguements communiqués par M. G. Berquet.)
Ecole municipale de musique de Troyes. — Fondée en 1886, par M. Henri Leclère. Elle comporte une classe de solfège; les instruments à vent, jusqu'à ce jour, ue sont pas enseignés.
Directeur actuel : M. Leclère.
Ecole de musique de Tunis. — Enseignement : solfège. Directeur actuel : M. Paul Frémaux.
Ecole nationale de musique de Valenciennes. — M. Flemme, maire de la ville, fondait en 1836 V Académie de musique, érigée en Ecole nationale en 1884.
Dans le règlement de cette Acade'mie, le maire avait fait inscrire une clause en vertu de laquelle tous les professeurs et leurs meilleurs élèves étaient tenus de prêter leur concours à la Musique municipale de la ville, qui dès lors eut à sa disposition une pépinière d'instrumentistes de talent.
Ancien directeur ; M. Den.neky; directeur actuel : M. Suzanne.
Conservatoire de musique de Versailles. — Fondé en 1878 sous
le titre d'Ecole municipale, par Cousin, qui en fut nommé directeur.
En 1883, VEcole est transformée en Conservatoire àe musique et de
déclamation. Cousin en conserve la direction jusqu'à sa mort (1906).
M. Lebossé, actuellement directeur, lui succéda.
Les cours comprennent, entre autres, l'étude des instruments à vent.
(Renseignements fournis par M. Vek- BREGGHE , chef dc la musique du 1er génie.)