‹ Monographie universelle de l'Orpheon, societés chorales, harmonies, fanfares, avec documents inedits, recueillis par les representants de la France a l'etranger [par] Henri Marechal [et al.]Chapitre 60 sur 97 · HARMONIES ET FANFARES · texte numérisé non relu

HARMONIES ET FANFARES

Les groupements qui, ainsi que les Chorales, objet de la précédente étude, concourent à la diffusion de Tart musical sous la forme de musique d'ensemble populaire, sont : les Harmonies, les Fanfares, les Orchestres symphoniques d'amateurs.

La formation de ces derniers est naissante et n'existe qu'à l'état embryonnaire, c'est pourquoi nous les classons en dernier lieu.

Les premières manifestations de la musique d'ensemble remontent à la plus haute antiquité, sous la forme de musique ynilitaire. Bien avant que les premiers instruments de musique eussent atteint un degré de perfection suffisant pour prendre une part active aux cérémonies religieuses et profanes, il en était fait usage dans l'art de la guerre, pour exciter l'ardeur des combattants, transmettre les signaux et célébrer la victoire.

Mêlée à toutes les manifestations de la vie publique, la musique fut tantôt vocale, tantôt instrumentale, ou bien vocale et instrumentale à la fois.

Chez les Hébreux, au temps de David et de Salomon, la musique avait atteint l'apogée de sa perfection. Un des rites du culte consistait à chanter des psaumes avec accompagnement d'instruments, depuis que David eut spécialement préposé à cet effet des chanteurs et des instrumentistes.

Pendant le combat, les prêtres unissaient le son des trompettes aux cantiques des Lévites, et, après la victoire, le peuple entonnait encore des chants d allégresse aux sons des trompettes, des kinnors et des nébelo, sortes de lyres.

Quelquefois les Hébreux se livraient aussi à des danses accompagnées des tambours, des cymbales et des sistres.

Chez les Egyptiens, qui semblent avoir reçu la musique des Chinois et des Hindous, comme chez les Perses, cet art est d'une absolue nécessité aussi bien dans les cérémonies, fêtes civiles ou militaires, qu'au combat, où il est d'usage de faire retentir les instruments, ou d'entonner un hymne guerrier, avant de se précipiter sur l'ennemi.

Chez les Grecs, la musique était considérée non seulement comme un moyen d'éducation, mais aussi comme un art propre à porter les hommes aux grandes actions*.

Les Romains, après avoir reçu des Etrusques leur musique religieuse et des Grecs la musique instrumentale, dont ils se servaient sur la scène et en campagne, paraissent surtout avoir perfectionné la musique militaire. L'usage de la trompette est plus répandu chez eux que chez les Grecs.

Ils font usage aux armées de la tuba et de la buccina (trompette courbe) pour l'infanterie; du lituus pour la cavalerie, et parfois aussi des cloches [campanx], non seulement pour transmettre les signaux, régler le pas des soldats ou enflammer leur ardeur, mais, après le combat, pendant le repas des chefs, pour égayer les convives aux sons belliqueux des trompettes guerrières.

Nous voyons donc que tous les peuples, les Barbares eux-mêmes, reconnaissent l'empire de la musique, la mêlent à toutes les institutions civiles et politiques, et la proclament non moins utile à l'Etat en temps de paix qu'en temps de guerre.

Cette action de la musique a de tout temps existé, et

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