La Confédération canadienne depuis
1. Samuel de Champlain, né à Brouage en Samtonge, en 1567, était fils d'Antoine de Ghamplain, capitaine de vaisseau, et de Marguerite Le Roy. Il fut maréchal des logis pendant les guerres de la Ligue ; il fit un voyage aux Indes Occidentales, en 1600 ; accompagna Pontgravé et Chauvin à Tadoussac, en 1603 : visita PAcadie et les côtes de la Nouvelle-Angleterre avec Pierre du Guast, sieur de Monts, de 1604 à 1607 ; fonda Québec le 3 de juillet 1608, et découvrit une partie de nos grands lace. Il explora ce qui forme aujourd'hui la province d'Ontario, et s'allia avec les Hurons 'pour combattre les Iroquois. Il fut le premier gouverneur de la Nouvelle-France. En 1634 , il envova le sieur de La Violette fonder une habitation au lieu que les Français appelaient déjà les Trois-Rivières et nommé Metabéroutin par les Sauvages . Il fut le premier gouverneur de la Nouvelle-France de 1633 à 1635.
Champlain fut un homme vraiment chrétien et fort habile ; il mérite à tous égards d'être appelé le père de la Nouvelle-France.
Il mourut à Québec le jour de Noël de l'année 1635, à l'âge de 68 ans .
Lors du premier voyage de Champlain en France, en 1609, ce fut un nommé Chauvin, capitaine français, qu'il nomma pour commander à Québec, durant son absence. Eu 1610, lorsqu'il fit son deuxième voyage, ce
fut le sieur du Parc qu'il choisit pour le remplacer au
même lieu, [a].
Par intérim. Marc-Antoine Bras de fer de Chateaufort remplit les fonctions de gouverneur delà Nouvelle-France depuis la mort de Champiain jusqu'à l'arrivée de son successeur en 1636. a Le successeur par intérim de Champiain fut M. de Chasteaufort, dont on connaît à peine le nom, " dit Garneau.
2. Charles-Jacques Huault de Montmagny, chevalier de Malte, fut le deuxième gouverneur général de la Nouvelle-France, de 1636 à 1648. C'est Lui qui fit bâtir le fort Richelieu, aujourd:hui Sorel, où il défit les lroquois, en 1644, et conclut avec eux, l'année sui- ' vante, une paix solennelle aux Trois-Rivières.
M. de Montm^gny, comme Champiain, se lit remarquer par sa sagesse et sa profonde piété. Il fut rappelé en France en 1648, et mourut peu de temps après. [6]
3. Louis d'AiLLEBousT de Coulonge succéda à M. de Montmagny et fut le troisième gouverneur de la Nouvelle-France, de 1648 à 1651. Il était venu à Ville- Marie, en 1643, avec un renfort de colons pour cette ville que venait de fonder (1642) Paul de Chaumedey, sieur de Maisonneuve . En l'absence de celui-ci, en 1645- 46, il fut chargé du commandemen de cette colonie naissante.
[a] Voir a la fin du volume les notes marquées en italiques «, &, c> etc.
D'après Garneau, il fut u élevé, plus tard, au eom mandement des Trois-Rivières, poste qui était alors plus important que celui de Montréal, de sorte qu'il devait connaître parfaitement le pays et tous ses tesoins, mais il prenait l'administration des affaires à une époque de grand danger." Malgré cela, il ne put, faute de secours, réprimer l'audace des Iroquois, au printemps de 1649. Tous les historiens du pays ont attache à son nom le titre d'homme de bien. (Son nom revien dra en parlant de M. Lauson-Charny et de M. D'Argenson.)
" L'année 1651, si funeste pour les Hurons, lut celle de la retraite de M. d'Ailieboust, qui, lui aussi, s'était vu réduit avec douleur à être l'inutile témoin de leur ruine."(l) Il s'établit au pays et mourut à Montréal, en 1660. [<Q
4. M. Jean de Lauson vint de France pour succéder à M. d'Ailieboust. Né en 1582, il était âgé alors., en 1651, de 69 ans. En 1627, il avait été nommé intendant de la compagnie des Gent-Associés. Il s'occupa de la restitution de Québec à la France, en 1632, et, plus tard, en 1642, il céda 111e de Montiéal à M. de la Dauversière. Il fut le quatrième gouverneur de la Nouvelle-France, de 1651 à 1656. Les principaux événements de son administration furent la conclusion d'un rrailé de paix, en 1653, avec les Iroquois et surtout avec les Agniers ; l'arrivée d'une forte recrue pour
[1J Garneau.
Montréal, durant la môme année, et l'établissement d'une mission chez les Onnontagués, ec 1655-56, Ami et protecteur des Jésuites, il leur confia la prédication de l'Évangile aux Sauvages.
Voici comment Garneau apprécie ce gouverneur septuagénaire : " M. Jean de Lauson était un des principaux membres de la compagnie des Cent-Associés. Il avait toujours pris une grande part aux affaires de la Société ; mais il montra peu de talent» dans l'administration de la colonie, qu'il trouva, il est vrai, dans un état déplorable. " Et plus loin, il ajoute : — "M. de Lauson n'avait pas l'énergie nécessaire à un chef de gouvernement."
Par intérim* A la réception de son rappel en 1 656? le gouverneur de Lauson laissa le commandement de la colonie à son fils Charles de Lauson-Charny. qui devint ainsi gouverneur à Québec par intérim. Il était venu au pays en 1652. En 1657, il repassa en France où il embrassa l'état ecclésiastique. En 1659, il revint au Canada avec Mgr de Laval, et fut reçu prêtre l'année suivante. Il devint curé de Beauport et Grand-Vicaire du premier évoque de Québec.
Par intérim. Nous avons déjà vu que M. Louis d'AiLLEBOUST de CouLONGEfut le troisième gouverneur de la Nouvelle-France, et qu'il se démit de sa charge en 1651. En 1657, au départ de M. Lauson-Charny, comme il vient d'être dit, iJ gouverna la colonie par intérim jusqu'à l'arrivée du successeur de M. de Lau-
son, le vicomte d'Argenson, qui ne débarqua à Québec qu'en 1658.
5. Pierre de VoYER,vicomte D'Argenson, fut le cinquième gouverneur, de 1657 à 1661. Nommé h ce poste en 1657, i] n'arriva ici (on vient de le voir) qu'en 1658 ,
Les principaux événements de son administration furent : l'arrivée à Québec du premier évoque du Canada ; les démêlés de celui-ci avec le gouverneur ; la fondation du séminaire de Saint-Sulpice, et les découvertes, d'un côté, au delà du lac Supérieur, chez les Sioux, et, de l'autre, chez les Esquimaux, dans la baie d'Hodson.
La maladie, les maux publics et l'horreur de la dissension engagèrent M. d'Argenson à demander sa retraite avant le temps. Il mourut en 1709.
6. Le sixième gouverneur fut Pierre Dubois, baron d'AvAUGOUR, de 1661 à 1663. Il s'était distiugué dans *es guerres de la Hongrie. a C'était, dit Garneau, un homme résolu, d'un caractère inflexible, et qui apporta, dans les affaires du Canada, la roideur qu'il avait contractée dans les camps. " Ii eut de grands démêlés avec Mgr de Laval au sujet de la traite de Peau-de-vie ; ce dernier passa en France et obtint le rappel du gouverneur. C'est pendant la dernière année de son administration, 1663, qu'eut lieu u le grand tremblement de terre." Voici à ce sujet un extrait du Journal des Jésuites : — "Les jours gras furent signalés entre autres par
le tremblement de terre effroyable et surprenant, qui commença une demi-heure après la fin du salut de lundi, 5 février, jour de la fête de nos saints martyrs du Japon, savoir sur les 5 h. J, et dura environ deux miserere ; puis la nuit, et ensuite les jours et nuits suivantes, à diverses reprises, tantôt plus fort, tantôt moins fort ; cela fit du mal à certaines cheminées, et autres légères pertes et dommages ; mais un grand bien pour les âmes Cela dura jusques au 15 de marsou environ assez sensiblement. "
La retraite de M. d'Avaugour marque le terme de l'existence de la compagnie des Gent-Associés.
Le sixième gouverneur de la Nouvelle-France mourait en 1664. De retour en France, il s'en alla servir contre les Turcs, et fut tué en défendant glorieusement le fort Serin, sur les frontières de la Croatie, peu de temps avant la fameuse bataille de Saint-Gothard.
7. Augustin de Saffray de Mésy, tel était le nom du septième gouverneur de la Nouvelle-France, de 1663 à 1665 seulement. Tl était, lors de sa nomination au poste de gouverneur à Québec, major de la ville et de la citadelle de Caën, eu Normandie. Il fut chargé d'inaugurer le nouveau système de gouvernement représenté par la compagnie des Indes Occidentales. u II avait été désigné, dit Garneau, par M. de Laval et les Jésuites au roi, qui avait voulu les consulter, afin d'assurer Pharmonie. En envoyant un homme du choix
de l'évêque, Louis XIV croyait avoir prévenu toute difficulté : on verra qu'il se trompait. "
En effet, il se mit en lutte avec toutes les autorités de la colonie, avec l'évoque et avec M. de Maisonneuve, gouverneur de Montréal, qu'il remplaça par un autre. Rappelé par le roi, sa disgrâce fut encore plus complète que celle du baron d'Avaugour. 11 mourut avant l'arrivée de son successeur (1665), repentant et réconcilié avec l'Église. Durant son administration, le Conseil Souverain, en 1663, fut créé, les cours de justice furent rétablies, et le séminaire de Québec fondé.