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ÉVÊQUES DE QUÉBEC

Mandements déjà cité, on écrit son nom : de Sayne.

Est-ce qu'un peu de respect pour la mémoire de ce saint évêque ne devrait pas nous engager à écrire son nom tel que lui et tous les membres de sa famille l'ont toujours écrit, c'est-à-dire Vallier et non pas Valier ? Avis aux échevins de Québec généralement peu scrupuleux quant à l'épellation de nos noms historiques.

(ce) Mgr de l'Auberivière : —

En 18*77, on a trouvé et reconnu authentiquement les restes de Mgr de l'Auberivière et on les a déposés de nouveau sous le sanctuaire de la basilique de Québec.

(dd) Mgr Bailly : —

Il a déjà été parlé de Mgr Charles-François Bailly'de Messein, qui ne saurait faire partie de la liste des évêques titulaires du pays, vu qu'il mourut étant encore coadjuteur de Mgr Hubert, en 1794, trois ans avant la mort de celui-ci, et à l'âge de 53 ans, 6 mois et 10 jours.

On voit son portrait (c'est un buste de grandeur naturelle) à l'Hôpital Général de Québec, où il mourut le 20 de mai 1794. Il avait été curé de la Pointe-aux- Trembles de Québec, l'espace de 16 ans. C'est là que ses restes mortels furent transportés et inhumés dans le sanctuaire de cette paroisse.

En 1879, M. Ulric Rousseau, curé de la Pointeaux-Trembles, faisait faire par M. Plamondon, sur le portrait qui vient d'être mentionné, une copie devant servir à compléter une collection de tableaux destinée à la paroisse.

(te) Mgr Signay : —

Ce fut sous l'administration de cet évêque qu'eu rent lieu les deux grands incendies de Saint-Roch et du faubourg Saint- Jean.

Incendie du 28 mai 1845

Le 28 de mai 1845, vers 11 J h. a. m. le feu s'est déclaré dans la tannerie d'un nommé Eichardson. Le vent soufflait alors de l'ouest. Des tisons enflammés furent bientôt portés vers l'Hôpital Général et allumèrent l'incendie dans toutes les directions. En moins d'une heure, toutes les bâtisses des deux côtés de la rue Saint- Charles (quelle est la rue qui l'a remplacée 1) et des rues environnantes furent consumées. Les flammes ensuite se dirigèrent vers le marché du Palais et de là à la brasserie McCallum.

Vers 4§ h. p. m., le vent se tourna au nord-est et porta de ce côté les ravages de l'incendie. On entretenait des craintes pour la poudrière au point qu'il fut question d'en tirer les barils de poudre pour les jeter à l'eau.

Commencé à pleuvoir vers 3J h., mais la pluie avait déjà cessé à 4 h., et le feu reprit avec plus de fureur que jamais. On crut que tout Québec y passerait, si le vent continuait, quoique toute la population fût sur pied, aidant à circonscrire ies ravages du terrible élément. Il n'y eut même pas de journaux de publiés ce jour-là, le personnel de toutes les imprimeries étant occupé au feu. Entre 4J h. et 5 h., Saint-Eoch offrait l'aspect d'une mer de feu ! Tous les magasins de la ville étaient fermés.

Le soir de cette journée terrible, près de 12,000, personnes étaient sans abri. Le feu avait enveloppé dans .sa course toutes les habitations comprises entre l'Hôpital Général et la brasserie McCallum. Environ 1800 maisons avaient été détruites. Un prêtre avait péri dans les flammes, et 4 pompes, attelées de leurs chevaux, avaient été brûlées

Le feu, après «.voir presque tout détruit dans Saint-

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Roch, commençait à prendre à la haute ville : on put, cependant, le maîtriser de ce côté -là.

On pense qu'il a péri beaucoup de personnes dont il est impossible de donner le nombre. On rapporte qu'il s'est noyé beaucoup de gens en voulant travers r à la Pointe-Lévis et sauver leurs effets ; et d'autres se sont noyés en tombant de dessus les quais dans le fleuve.

Incendie du 28 juin 1845

Un mois, jour pour jour, après le grand incendie de Saint-Roch, le feu, élément qui ne respecte rien, devait consumer le faubourg Saint-Jean, dont une partie avait déjà été endommagée par l'incendie du quartier Saint - Boch, un mois auparavant.

Ce fut vers Il J heures de la nuit que le feu se déclara dans un hangar de M. Michel Tessier, notaire, Tue d'Aiguillon, en arrière de la maison des Frères des Ecoles chrétiennes, située sur la rue des Glacis. Poussé j ar une forte brise venant du nord-est, et faisant un détour pour envelopper toutes les maisons qui ne se trouvaient pas sur son passage ou qui étaient sous le vent, l'incendie consuma tout depuis les Glacis jusqu'à la tour No 1, c'est-à-dire jusqu'à l'extrémité ouest du faubourg Saint- Jean.

Le vent s'étant mis au nord, le feu se porta avec rapidité vers le faubourg Saint-Louis, dont les maisons furent en partie réduites en cendres. A 6 heures du matin, (le 29) plus di 1300 maisons avaient disparu. Les rues ravagées par l'incendie, furent : la rue Saint-George moins 2 maisons, ou 41 maisons ; la rue Saint-Olivier, toutes les maisons moins celle de M. Massue, ou 113 maisons ; la rue Latourelle, 47 maisons ; la rue Rich-

mond, 28 maisons ; la lue du coteau Sainte-Geneviève (aujouid'hui Saint-Eéal), 7 maisons ; la rue Eichelieu, 138 maisons ; la rue d'Aiguillon, 197 maisons ; la rue Saint- Jean, 189 maisons ; la rue Saint- Joachim, 64 maisons ; la rue Saint-Gabriel, 37 maisons ; etc., etc. En tout : 1302 maisons, sans compter 13 autres que Ton a fait sauter pour sauver le reste du faubourg Saint- Louis.

Les institutions publiques passées au feu, furent la maison d'école de la Société d'Education, occupée par les Frères des Ecoles chrétiennes ; l'asile des orphelins catholiques ; l'école de la Fabrique ; la chapelle du cimetière protestant, et la chapelle wesléyenne, sur la rue Artillerie.

Ainsi, dans les deux incendies (28 de mai et 28 de juin), au moins 3,000 maisons furent réduites en cendres et au moin^ 20,000 personnes se trouvèrent sans asile !

La population totale de Québec, en 1844, (la banlieue non comprise) était de 32,876 individus. Sur ce nombre, les quartiers brûlés en contenaient 20,157 : Saint-Jean, 9,012 et Saint-Eoch, 11, 145. De sorte que les quatre autres quartiers : du Palais, Saint -Loui^,

Saint-Pierre et ChamrxLain n'en contenaient ensemble

que 12,7 î 9 ou un peu plus d'un tiers, et comme le peu qui reste des quartiers Saint-Eoch et Saint- Jean compense ce qui a été détruit dans le quartier Saint-Pierre, le 28 de mai, on peut dire que les deux tiers de Québec furent réduits en cendres par les deux incendies.

Québec, après le 29 de juin 1845, fut réduit à la Haute-Ville, en dedans des murs, et à la Basse-Ville, depuis la rivière Saint-Charles et à partir de la rue de la Canoterie (au-dessous de l'ancienne porte Hope) et

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de l'autre côté, au cap Blanc, sur le fleuve, ou à peu près juste l'espace que la ville occupait après la destruction de ses faubourgs par le siège de 1775. Le nombre des maisons, après les deux incendies, se trouvait à peu près ce qu'il était un demi-siècle auparavant, vers 1790 et 1795.

Elles étaient pourtant en si grand nombre antérieurement au 28 de mai 1845, alors qu'elles renfermaient une population de 24,000 habitants, dont un grand nombre étaient bien établis (dont quelques-uns opulents), à l'aise et propriétaires de leurs habitations. C'était pour eux le fruit d'une industrie perséveiante, d'un travail incessant, et dire que tout cela disparut dans l'espace de quelques heures et dans une mer de feu!

Ce terrible désastre, pour ceux qui en ont été les témoins, rappelait ces vers du poète :

44 'incendie à son tour en terrent se déploie; 44 Ou promenant au loin ses brûlants iou>bill'»ns, 44 Marche comme une armée à travers les sillons."

(fetg) Mgr Baillargeon et Mgr Taschereau : — Mgr Baillargeon est mort le 13 octobre 1870. Mot Taschereau fut créé archevêque de Québec par bulles portant la date du 23 février 1871 ; sacré comme tel à Québec, le 19 de mars 1871. Fait cardinal dans le consistoire secret tenu par Léon XIII, le 7 de juin 1886.

ERREUES

A la page 32, 7e ligne, au lieu de confisqueur,

lisez : confisquer.

" 69, 15e ligne, au lieu de Ezylis,

lisez : Esglis.

77, 10e ligne, au lieu de 25 d'avril, lisez : le 26.

" 80, 15e ligne, au lieu de 1778,

lisez : 1788.

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