ÉVÊQUE S
Mgr de Pontbriand était né à Vannes, en Bretagne, Tannée même de la mort de Mgr de Laval, en 1708. Il exerçait les fonctions de grand-vicaire à Saint- Malo, lorsque le siège de Québec vint à vaquer par la mort de Mgr de l'A.uberivière. On lui attribue les belles paroles suivantes dites à un de ses frères qui était venu raccompagner jusqu'à la Rochelle, point de départ pour Québec : " Quand je serais sûr, dit-il, de trouver des millions en arrivant à Québec, rien ne serait capable de me faire embarquer, tant est grande la répugnance que j'ai pour la mer ; mais il est question de la gloire de Dieu et du salut des âmes, rien ne me tardera".
Cet évêque remarquable mourut à Montréal le 8 de juin 1760, âgé tellement de 51 ans et 5 mois. Il fut inhumé le 10 dans l'église paroissiale de Notre-Dame de Ville-Marie. Sa piété et son dévoû ment auprès des pestiférés, en 1755, ainsi£que ses grandes vertus sacerdotales, le font considérer comme une des belles figures de l'épiscopat canadien. [1 J
Septième évêque. — Gomme son prédécesseur immédiat, Mgr Jean-Olivier Briand, septième évêque de Québec, était né en Bretagne, à Plérin, diocèse de Saint-Brieuc. Il était venu au pays en 1741, en qualité de secrétaire de Mgr de Pontbriand. Il fut le dernier des évoques de Québec nés en France : api es lui, le Canada pourra donner au siège épiscopal des enfants du pays, non moins remarquables par leurs vertus et
D'après l'auteur de V Histoire du monastère de Notre-Dame de$ Anges, la famille Dubreuil de Pontbriand ne serait pas encore éteinte.
leur intelligence que les prélats venus de la vieille France.
Après la mort de Mgr de Pontbriand [1760], on choisit aussitôt trois grands vicaires pour administrer es affaires ecclésiastiques : M. Joseph-François Perrault pour les Trois-Rivières, M. Etienne de Montgolfier pour Montréal, M. Jean-Olivier Briand pour Québec ; puis, pour veiller, en France, aux intérêts du diocèse, on fit choix de M. Pierre de la Rue, abbé commandataire de Notre-Dame de PIsle-Dieu, qui, depuis trente ans, était vicaire général des époques de Québec, à Paris.
Ces nominations étaient dictées p°.r la prudence ; car il était facile de prévoir qu'avec l'Angleterre protestante et fanatique, il serait apporté des obstacles à la nomination reconnue d'un nouvel évêque. En effet, quoique le siège épiscopal fût devenu vacant en 1760, Mgr Briand ne fut élu par le chapitre qu'en 1764 et ne put être sacré que deux ans plus lard, en 1766 ; puis il eut à soutenir avec succès mais avec tout l'entêtement, toute l'énergie d'un Breton, une lutte presque continuelle contre le gouvernement de l'époque, qui s'attaquait à la religion des Canadiens.
Ayant fait une maladie des plus sérieuses au commencement dt l'année 1783, il pensa au plan qu'il s'était proposé pour la conservation de Tépiscopat ; c'est pourquoi, voulant obvier à tout accident, il prit, en 1784, le parti de se démettre le son siège en faveur £e son eoadjuteur, Mgr Mariaucheau d'Esglis.
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Il vécut encore dix ans dans sa retraite du séminaire de Québec, où il mourut le 25 juin 1794, un mois et quelques jours seulement après le décès de Mgr Bailly de Messein dont il est parlé plus loin. Né en 1715, il avait vécu 79 ans, 5 mois et 2 jours dont 28 ans passés dans l'épiscopat.
Huitième évêque — Mgr Louis-Philippe Mariau* cheau d'EsGLis, huitième évêque de^Québec, fut le premier Canadien élevé à l'épiscopat. Les prélats venus de France avaient occupé le siège de Québec l'espace de 98 ans, de 1674 à 1772. En effet, ce fut au cours de cette année [1772] qu'il fut sacré évêque et devint le coadjuteur de Mgr Briand.tLorsque celui ci se démit de son siège, en 1784, comme nous l'avons dit plus haut, Mgr d'Ezglis n'accepta la charge épiscopale^ que comme un dépôt, et réserva pour un autre le titre de successeur de MgrBriand. A cette modeste appréciation d^ son mérite, l'humble évêque avait la plus haute estime pour son illustre prédécesseur, à qui il laissa la conduite du diocèse presque en entier, demeurant luimême dans sa cure de Saint-Pierre de l'île d'Orléans, où il mourait le 4 de juin 1788, à l'âge de 78 ans et 2 mois- On voyait, il y a quelques années, dans la sacristie de Saint-Pierre, un portrait de cet évêque qui ne fut peutêtre pas un Plessis par l'intelligence, mais qui fut aussi grand que lui par son esprit d'humilité. Il svait desservi la paroisse de Saint-Pierre l'espace de 54 ans.
Mgr d'Esglis était fils de François Mariaucheau d'Esglis, capitaine d'une compagnie d'infanterie et des gardes du gouverneur, et de dame Louise-Philippe €hartier de Lotbinière.
Neuvième évêque. — Nous venons de voir que Mgr d'Esglis mourait le 4 de juin 1788. Huit jours après, Mgr Jean-François Hubert, évêque d'Almyre et coadjuteur depuis près de quatre ans, fut aussitôt reconnu comme titulaire et prit possession de son siège, devenant le neuvième évêque de Québec. Né en 1739* il avait alors 49 ans.
Il choisit pour auxiliaire M. Charles-François Bailly de Messein, curé de la Pointe-aux-Trembles de Québec, et lui conféra la consécration épiscopale, sous le titre d'évêque de Gapse.
Mgr Hubert mourut à l'Hôpital Général (Québec) le 17 d'octobre 1797, à l'âge peu avancé de 58 ans, et 8 mois seulement après avoir donné sa démission.
Dixième évêque. — A la mort de son coadjuteur, Mgr Bailly de Messein, en 1794, (dd)y Mgr Hubert se choisit, Tannée suivante, un autre coadjuteur dans la personne de M. Pierre Denaut, curé de Longueuil ; et lorsque Mgr Hubert se retira, en 1797, Mgr Pierre Denaut devint le dixième évêque titulaire de Québec. Il continua, cependant, de séjourner à Longueuil, laissant tout pouvoir, dans sa ville épiscopale, à M. Plessis, curé de Notre-Dame, vicaire général et coadjuteur
élu.
Mgr Denaut était né à Montréal, en 1743, et il
mourait à Longueuil le 17 janvier, 1806, à l'âge de 62
ans et 6 mois. 11 fut inhumé dans le chœur de l'église
de cette paroisse, dont il avait été le curé l'espace de
17 ans.
Onzième évêque. — Avec le XIXe siècle apparaissait le plus grand évoque qui ait occupé le trône épis-