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copal de Québec, et tout Canadien qui a tant soit peu étudié l'Histoire de son pays, sait que j'ai nommé déjà Mgr Joseph-Octave Plessis. C'est une de ces vastes intelligences comme la Providence n'en envoie que tous les deux ou trois siècles. Je me bornerai, cependant, à une courte notice, vu le cadre restreint de ces Monographies.
Mgr Plessis naquit eu 1763, (le 3 mars) à l'époque où notre pays passait définitivement sous la domination anglaise, fortement haïe à cette date ; et cet enfant, né au berceau du régime britannique, devait lutter une grande partie de sa vie contre l^s gouverneurs de la nouvelle capitale, contre l'oligarchie anglaise, aussi injuste qu'arrogante ; et ces luttes d'un évoque catholique centre un gouvernement protestant et puissant, devaient tourner à notre avantage, en nous assurant la reconnaissance et la jouissance de nos droits religieux et civils. Mgr Plessis a été l'homme que la Providence avait choisi pour nous sauver de la griffe du lion britannique, voulant faire du Canada une deuxième Irlande. Et cette mission, le grand évêque l'a remplie a^cc amour, avec feiraeté, sans faillir jamais.
Nous avons vu que Mgr Denaut, retiré à Longueuil, s'en rapportait à M. le curé de Notre-Dame de Québec du soin des intérêts religieux du diocèse, lui laissant tout pouvoir dans sa ville épiscopale, et qu'il l'avait nommé son vicaire général et son coadjuteur. Dans l'état où se trouvait le vieux monde, à c* tte époque, il n'y avait pas lieu d'espérer que ce choix pût être confirmé de sitôt par le souverain pontife. En effet, Rome,
la ville éternelle, était tombée nu pouvoir des révolutionnaires français, et Pie VI, âgé de 80 ans, ava't été arraché de son palais et traîné en exil, ou il mourait (à Valence), en 1799.
Pie Vil, ayant remplacé Pie VI sur le trône de Saint-Pierre, s'empressa de faire parvenir à Québec les builes instituant M. Plessis évoque de Canath^ et coadjuteur de Québec avec future succession (le 26 d'avril 1800). La cérémonie de sa consécration eut lieu à la cathédrale avec un éclat tootàfait extraordinaire, le 25 janvier 1B0L
A la mort de Mgr Denaut,içn 1806, Mgr Plessis -devint le onzième évêque titulaire de Québec. Il fut nommé au Conseil Législatif en 1818 ; fait archevêque en 1819, et termina sa carrière glorieuse en 1825
Je cite ici une page de VHistoire du monastère de Notre-Dame des Anges : cette citation intéressera surtout les lecteurs de Saint-Roch deQuéb c.
u Depuis le 18 octobre, (1) le bon prélat était retiré dans notre maison. (2) Des enflures douloureuses aux pieds et aux jambes l'avaient arrêté précédemment : cette fois la maladie se montrait plus rebelle qu'à l'ordinaire, sans néanmoins inspirer de graves appréhensions. Quelquefois le vénérable malid^ se sentait assez de force pour se rendre à la salle des femmes, afin d'assister au divin sacrifice et de recevoir la sainte communion. Il eut le bonheur de célébrer lui-même la messe le dimanche, 4 décembre
Ul 1825. ..^
l2i L'Hôpital Général de Que oe«.
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" Après avoir dîné gaiement etjde bon appétit, il reçut bi visite de son coadjuteur, monseigneur Panet, evêque de Saldes, et celle de plusieurs membres de son clergé, qui tous prirent congé de leur premier pasteur satisfaits de l'état où ils Pavaient trouvé. M. Laurent- Thomas Bédard, notre chapelain, se retira à son tour pour vaquer au devoir du saint ministère. Resté seul avec son médecin, M. ta docteur Fargues, monseigneur Plessis continua de s'entretenir sur divers sujets» Il était assis dans son fauteuil et ne paraissait pas éprouver de fatigue. Vers trois heures, regardant la fo«ile des fidèles qui sortait de l'église Saint-Roch : — 4 Voyez 3e bon peuple, iit-ii, avec quelle assiduité il se
reod aux offices... avec quel zèle "11 voulut ajouter
quelque chose, mais les paroles expirèrent sur ses lèvres ; il demeura immobile et ne donna plus aucun sigoe de vie ! A cette vue, le docteur Fargues fut saisi d'élorm^m^nt ; une pâleur de mort se répandit sur sa figure, et c'est à peine s'il put appeler quelque secours eu sonnant la cloche des hospitalières. Averti au plus vite, noire père Bédard accourt auprès de son évêque et lui applique couclitionellement les dernières onctions ; puiïj il se rend en toute hâte à la ville pour annonc^r au clergé la fatale nouvelle.
" Tout Québec partagea bientôt la consternation et la douleur oui s'étaient d'abord répanuues dans l'intérieur de notre cloître. Dès que l'illustre prélat, revêtu de ses habits pontificaux, fut exposé dans la chambre funèbre, on vit affluei auprès de sa dépouille mort-Ile tout un peuple en deuil. La foule fut plus
grande encore dans notre église, le 6 décembre, 10.., ou e clergé vint en corps p0Ur transporter à la cafhédrale 1-s restes du regretté pontife. Ses obsèqu s eurent heu le lendemain avec toute la pomp- qu'il fut possible de déployer; monseigneur Panet officiant M. Demers prononça l'oraison funèbre sur ce text • // a été aimé de Dieu et des hommes. Plus d'une fuis l'orateur dut s'interrompre pour donner un libre cours à son émotion; et les sanglots qui éclataient de toutes parts dans le temple sacré, témoignaient assez delà douleur et des regrets universels. C'est à l'églis Sa nt Roch, cher objet de ses affections, sujet de .es d< rnier< s pensées, que le grand évoque avait légué son cœur II y fut transporté dansgl'après-midi du 7 décembre au milieu d'un grand concours de peuple "
Il y a une autre version au sujet des dernières paroles qu'aurait proférées Mgr Plessis, à l'instant où sa belle âme allait s'échapper de son enveloppe terrestre. Je donne ici cette version que m'a fournie un de nos eveques les plus distingués, se portant, en même temps, garant de son exactitude.
D'après ce prélat, Mgr Plessis, quelques instants seulement avant son trépas, s'entretenait avec une autre personne des grandes vertus sarerdota.es de Messire Alexis Lefrangois, alors curé de la paroisse d Samt-Augustm, qu'il a desservie l'espace de 38 ans et demi, de 1810 à 1848. L'illustre évêqne, ju,*e compétent en hommes, professait hautement son admirât on pour cet humble curé de campagne, dont la vie offre
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plusieurs traits de ressemblance avec celle du curé d'Ars.
Pour taire accorder cette version avec celle que nous avons rapportée, dans la citation plus haut, il faut que Mgr Plessis ait ea l'entretien au sujet de M. Lafrançois avec le chapelain, M. Bédard, peu d'instants avant la syncope qui l'emportait ; car comment supposer que le Dr Fargues, qui a reçu le dernier soupir du prélat, n'ait pas rapporté la conversation touchant M. Lefrançois comme il a rapporté ies remarques au sujet de la population de Saint-Roch ?
Mgr Plessis mourait à l'âge de 62 ans et 9 mois.
Douzième évêque. — Mgr Bernard-Claude Panet devint coadjuteur de Mgr Plessis en 1806. Il était né en 1753, (le 9janvier) et se trouvait, par conséquent, de 10 ans plus âgé que l'évêcftLH titulaire.; A la mort de celui-ci, (1825) il lui succéda sur le trône épiscopaly qu'il occupa jusqu'en 1832. Il mourait archevêque le 14 de février 1833, à l'Hôtel-Dieu de-.Qaébec, qu'il avait choisi comme dernière demeure sur cette terre : il était âgé de 80 ans, 1 mois et 5 jours. Avant de mettre un terme à sa carrière publique, le 16 octobre 1832, il avait nommé Messire Joseph Signay son coadjuteur et successeur.
Treizième évéque. — Nous venons de le nommer : ce fut Mgr Joseph Signay, évoque titulaire immédiatement après la mort de Mgr Panet. En 1844, il devint le premier archevêque en exercice. Il fuc fortement appuyé par Messire Gharest, curé d<^ S :int-Roch, un des fondateurs du couvent des Danes de laCongréga-
tion de Saint-Roch, en face de l'église. C'est encore lui qui eut l'honneur et le mérite de faire venir à Québec les frères des Ecoles chrétiennes.
En 1849, se sentant vieillir, il avait nommé Messire Pierre-Flavien Turgeon son coadjuteur. L'année suivante, le 3 d'octobre, il succombait à une attaque d'apoplexie. 11 était âgé de 71 ans et 11 mois.
Quatorzième évéque. — A la mort de Mgr Signay» en 1850, Mgr Pierre-Flavien Turgeon devint le quatorzième évoque et deuxième archevêque de Québec. Il était membre du séminaire de Québec ; il présida le premier concile tenu dans cette ville, en 1851, et inaugura l'université Laval, en 1854.
Douze ans avant sa mq^t, en février de 1855, ce saint évêque fut frappé de paralysie. Pendant ces douze dernières années, alors que les souff ances le tenaient cloué à son fauteuil ou à son lit, il eut constamment auprès de lui quelques-unes de ses filles de prédilection : les bonnes sœurs de la Charité. Ces véritables servantes d'un Dieu plein d'amour, se prodiguèrent jour et nuit pour procurer tous les soulagements possibles à leur père bien-aimé. Aussi eurent-elieé le bon- Jieur de recueillir son dernier soupir, le 25 d'août 1867, en présence de tout le clergé de l'archidiocèse, alors réuni pour la retrait^ annuelle.. Mgr Turgeon fut inhumé à la cathédrale, le 28, et, dans l'après-midi du même jour, Mgr Charles-François Bailla geon prit solennellement possession du siège archiépiscopal.