VI. Echinoxeus serialis Des
J'ai appelé celle espèce serialis , parce qu'elle est jusqu'ici la seule dont les tuliercules soient disposés par séries régulières ; et ce caractère , qui est surtout frappant dans les aires ainbulacraircs (fig. 11 c), suffirait pour justifier rétablissement d une nouvelle espèce. C’est un Oursin d'assez grande taille , ayant la face supérieure très-déprimée et presque plate. Le côté antérieur est sensiblement plus étroit que le côté postérieur. Le test est épais. L'anus , très-rapproché de la bouche , est grand, et surtout remarquable par sa largeur (fig. 12). Enfin, la disposition sériale des tubercules, qui sont très-apparcns, donnent au test une élégance toute particulière, que n'ont pas les autres Echinonécs. La régularité et la grosseur des tubercules principaux semblent en quelque sorte rachetées aux dépens des tubercules vitrés , qui sont proportionnellement plus petits que dans aucune autre espèce , comme le montre la fig. 10 6, qui représente une partie d'une aire interambulacraire vue au microscope. A la face inférieure, chaque tubercule naît du milieu d'une surface distinctement hexagonale (fig. 12 d). Les tubercules vitrés sont ici très-peu nombreux et limités, en quelque sorte, aux angles de l'hexagone.
Je ne connais cette espèce que par un seul exemplaire qui a été communiqué à M. Agassiz par M. Michelin. Sa couleur est un fond brun tirant au violet , sur lequel les tubercules , d appareuce nacrée , se détachent d une manière très-gracieuse. Son habitat n'est pas connu.
VIL Eciiixoxeis conformes Des.
Tab. 6, fig. 17-21.
Cette espèce présente de grandes affinités avec plusieurs de ses congéuère-S. Elle est trés-renfléc , à-pcu-près comme YE, tninor ; cependant le côté antérieur et le côté postérieur sont plus uniformes (fig. 18). La bouche est large, oblique et très-rapproehée de l’anus, qui est lui-même très-grand (fig. 20). L’exemplaire figuré est, sous ce rapport, d’autant plus précieux, que non seulement les contours des orifices sont intacts, mais que les plaques anales y sont encore conservées, et permettent par conséquent une étude détaillée de leurs parties. La fig. 20 6 les représente dans leur position naturelle, vue à la loupe. Un cercle de plaques assez semblables par leur forme , quoique de grandeur variable, et qui sont probablement immobiles pendant la vie, garnissent
le pourtour immédiat de l’ouverture. Au milieu de ce premier cercle, on remarque d’autres plaques , de forme différente, entourant un bouton en forme de panache, qui, probablement , se déplaçait pour donner passage aux excrémens. Toutes ces plaques sont garnies de tubercules portant de petits piquans.
Les détails du test (fig. 19 a) rappellent ceux de YE. élégant : les tubercules principaux sont plus gros que les tubercules vitrés , et les interstices de ces derniers sont parsemés d'une quantité de tubercules miliaires.
Cette espèce est jusqu’ici la seule sur laquelle j'aie retrouvé les piquans adhérens au test. J’ai ainsi pu m’assurer qu’il n’y a que les tubercules principaux et les tubercules miliaires qui portent des piquans. Les tubercules vitrés n’en ont point. Ces piquans sont trop petits pour que l'on puisse en saisir la structure à l’œil nu ; la loupe même ne suffit pas , et il faut avoir recours au microscope. Les (ig. 18 et 20 montrent quelques parties du test garnies de ces soies. La Gg. 21 représente deux piquans vus au microscope. On y distingue fort bien la tête ou la partie condyloïde, qui est entièrement lisse. La collerette, qui sépare la tête de l’aiguille, est saillante, mais très-étroite. L’aiguille elle-même est pourvue de carènes longitudinales très-fines, mais saillantes; on y remarque, en outre , une quantité d’anneaux transverses, qu'on serait tenté de prendre pour des anneaux d’accroissement.
La fig. 17 représente un grand exemplaire de forme un peu différente, mais cependant trcsrenflè ; peut-être appartient-il à une autre espèce ; toutefois sa structure microscopique (fig. 17 a) ne m’a pas paru motiver une séparation spécifique.
L’origine des deux exemplaires m'est inconnue.