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CHAPITRE VIII

DC GF,\ItE PYGASTER AG.

Ce genre , établi par M. Agassiz , aux dépens de l'ancien genre Nucléolites, comprend des espèces de forme circulaire , à tubercules sériaux , ayant l’ouverture buccale centrale et l'anus situé à la face supérieure, tout prés du sommet. En les plaçant aujourd'hui cèle A côte avec les vraies Nucléolites, on a tout lieu de s'étonner d’un pareil rapprochement. Je n'ignore pas que c'est par les Clypeus que l’on fut conduit à cette identification mal fondée ; mais encore les Clypeus , quoique de grande taille , sont-ils des Oursins A ambulacres bornés et pétaloïdes , à tubercules petits et irréguliers, ayant l’ouverture buccale subcentralc et allongée transversalement. Les Pygaster, au contraire , sont des Oursins à ambulacres simples , A tubercules sériaux et A ouverture buccale centrale et décagonale. Même la forme de l'ouverture anale, que l’on a prise pour prétexte en les identifiant avec les Nucléolites , est très-différente ; car, tandis que cette ouverture est petite et située au fond d'un sillon dans les Nucléolites, elle est constamment trèsgrande et à fleur de test dans les Pvgaster; ou bien, s'il existe quelque vestige d'un sillon au bord externe de l'anus, il est toujours très-évasé.

On pourrait, avec plus de raison, revendiquer une identité générique des Pygastcr avec les Discuïdées ; la forme du test , la disposition des tubercules et la forme de l'ouverture buccale sont , en effet , très-semblables dans les deux genres. Mais tous les auteurs étant d'accord pour attribuer une importance capitale A la position de l’anus , qui suppose nécessairement une différence notable dans la disposition de l'intestin , surtout lorsque celle position est aussi diamétralement opposée que dans ces deux genres (Discoïdécs et Pygaster), je ne pense pas que l'on puisse se refusera envisager le genre Pvgaster, tel qu’il a été circonscrit par M. Agassiz, comme un type A part , parfaitement caractérisé et facile A saisir au premier coup d'œil. Il est inutile de faire remarquer que les Nucleopvgus, quoique ayant aussi l’anus supére, n’ont cependant rien de commun avec les Py gaster, puisque ce sont de petits Oursins allongés, renflés, A tubercules irréguliers.

Les tubercules sont en général plus développés que daus aucun genre de la famille des Cly— péaslroïdes, et l’on peut dire que» sous ce rapport, de même que par leur ouverture buccale, profondément entaillée et toujours distinctement décagonale , les Pygasler sont le genre qui se rapproche le plus de la famille des Cidarides. Les tubercules principaux constituent des séries très-régulières et plus ou moins nombreuses, suivant les espèces et même suivant les variétés d’âge des individus. Les tubercules miliaires sont répandus sur toute la surface du test, mais ne forment pas de ces séries horizontales distinctes , telles que nous les avons vues dans les Discoïdées jurassiques; ils sont aussi beaucoup plus nombreux à la face supérieure qu’à la face inférieure, où ils n’existent parfois qu’aux angles des espaces hexagonaux qui correspondent aux tubercules principaux (Tab. XI , Ûg. 7 b).

Je n’ai pu observer l’appareil génital que d'une manière très-imparfaite ; mais il m’a paru être construit sur le même plan que celui des Discoïdées jurassiques , c’est-à-dire que les plaques génitales, au nombre de cinq , sont en général pentagonales et beaucoup plus grandes que les plaques ocellaires , qui s'insèrent entre ces dernières. Les unes et les autres sont , selon toute apparence, perforées.

L’appareil masticatoire est inconnu ; mais j’ai pu m’assurer sur un exemplaire vide du Py gaster coslellalus communiqué à M. Agassiz par M. Alex. Brongniarl, qu'il existe sur le pourtour intérieur de la bouche , dix carènes fort saillantes qui rayonnent du centre à la périphérie. Ces carénés sont situées au bord externe des aires interambulacraires et doivent par conséquent déterminer, dans le moule intérieur, des entailles semblables à celles qui caractérisent les moûles des vraies Discoïdées. Je ne connais pas encore de moule du genre Pygastcr, mais je uc doute pas, d’après ceci, qu’ils ne soient plus ou moins sillonnés sur le pourtour de l’ouverture buccale.

Le nombre des espèces décrites et figurées dans celte monographie est do six , dont quatre jurassiques et deux crétacées. Les espèces jurassiques, telles que nous les connaissons jusqu'à présent , sont beaucoup plus développées que les crétacées. Dans ce nombre ne sont pas compris les Clypeus iemisulcüttu Phil., figuré dans l’ouvrage de Phillips, intitule : Geology of l'orluhire, Tab. 3, fig. 17, et qui pourrait fort bien n’élrc autre chose qu’un jeune de notre P. UmbreUa , ni le P. GrestJyi. Le Xuclcolùei dtpreum Munst. est probablement notre Pyg. coslella lut ; il est probable que l'auteur aura fait restaurer l’anus , attribuant sans doute son irrégularité à quelque accident, comme je l’ai fait moi-même avant d’en avoir vu plusieurs exemplaires. Une autre espèce d’Espagne, à test très épais, a été communiqué à M. Agassiz par M. Alex.

Brongniart, sans indication de gisement. Elle parait se rapprocher du P. UmbreUa et du P. palellifonnù, et la nature de la roche adhérente rappelle plutôt le faciès jurassique que la craie.

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