‹ Monographies d'échinodermes, vivans et fossiles (volume 2)Chapitre 119 sur 187 · V. DiSCOIDEA CYLINDRICA Ag · texte numérisé non relu

V. DiSCOIDEA CYLINDRICA Ag

Tab. 8, fig. 8-16.

SvN. Discoidea cylindrica Ag. Descr. des Echiiiod. fossiles de la Suisse , 1" part. p. 92 , Tab. 6, fig. 1.3-15. — Catal. syst. Ectyp. etc., p. 7.

Galerites cylindriciis Lam. III , p. 311 (excl. syn.) — E. Desl. Enc. T. "2 , p. 433. Comiliis Hawkinsii Mantell Trans. Soc. geol. Lond. T. 3, p. 201. Galerites Hmvkinsii DesMoul. Tabl. syn. p. 253. Galerites canaliculatiis G\(\f. p. 128. Tab. 41, fig. 1.

Galerites quadrifasciata Val. Expl. de la pi. 153 de l'Enc. niélb. fig. 10, 11. — DeBl. Zooph. p. 203. Echinus quadrifasciatus L. Gm. p. 3183.

Echinites quater-fasciatus Leske p 170. Tabl. 47, fig. 3,4,5. Van Plielsum p. 30, 31. (Tierhandige cirkelronde Egclstcen.) Gehler Diss, de char. foss. extern, p. 13.

Walch. KnoiT. Délie, nat. Siippl. p. 218 et 233. Tab. 9 g, fig. 7, 8,9, et Tab. 9d, fig. 3. Galerites sexfasciatiis Lam. III, p. 308.— E. Desl. Enc. T. 2, p. 432. — Encycl. méth. Tab. 153,

fig. 12, 13. — Defr. Dict. se. nat. T. 18, p. 86.— DcBl. Zooph. p. 204. Echinus sexies fasciatus L. Gm. p. 3183. Echinites sexies fasciatiis Leske p. 170 , Tab. 50 , fig. 1-2. Gehler Diss. de char. foss. extern, p. 13. Walch. Knorr Délie, nat. Suppl. Tab. 9 jr, fig. 4, 5, 6. Van Phelsiini p. 31 (Zeshand).

Ce fossile , l'un des plus beaux de la craie , a été décrit et figuré sous divers noms génériques et spécifiques parles auteurs. Lamarck l'appelle Galerites cylindricus; Mantell, dans sa Géologie de Sussex, le nomme Comilus Hawh'mii , et Goldfuss le décrit sous le nom de Galerites camlicula/a.

M. Agassiz, en le reportant dans le genre Discoidca, lui a conservé le nom spéeifique de cylindrica , qui est le plus ancien, et qu'il ne faut pas confondre, comme l'a fait M. Desmoulins, avec le Clypeaulcr subnjlindricus de Miinster dans l'ouvrage de Goldfuss, qui est un Pyijorhynchus du terrain tertiaire, c'est-à-dire, un Clypéastroïde à ambulacres pétaloïdes.

C'est une espèce circulaire , à sommet régulièrement bombé , et comme sa hauteur dépasse , dans les grands exemplaires, la moitié de sa longueur et qu'elle en égale même les deux tiers , il en résulte que, vue de profil , elle présente une apparence quelque peu cylindrique (fig. 12 et 15), qui lui a valu son nom spécifique. La face inférieure est à-peu-près plane , sauf quelques ondulations qui se rattachent à la structure intérieure. Sa bouche a une apparence circulaire; mais en l'examinant de près, on reconnaît qu'elle est, eu réalité, décagonale. L'anus est, proportionnellement fi la taille de l'Oursin , beaucoup plus petit que dans aucune autre espèce : sa longueur égale la septième partie de la base; sa position est intermédiaire entre la bouche et le bord. Les tubercules sont très-petits et d'une uniformité remarquable. Ceux des aires interambulacraires , quoique nombreux , ne forment que deux séries régulières qui s'étendent de la base au sommet^ et correspondent à une espèce de carène qui vient aboutir aux entailles du pourtour ; les autres sont disséminées sur les plaques sans ordre apparent. On en compte environ six ou sept sur une plaque du milieu du test (voy. fig. 15a). Ceux de la face inférieure sont plus développés et disposés en séries horizontales (fig. 16) ; mais en s'éloignant du bord, ces rangées sont moins fournies, et , sur le pourtour de l'ouverture buccale , il n'y a plus guère qu'un tubercule par plaque , ainsi que le montre la fig. 17, qui représente l'origine d'une aire interambulacraire vue à la loupe. Examinés au microscope, ces tubercules présentent une structure très-délicate; ils sont perforés , mamelonnés et garnis d'une collerette de crénelures à leur base ; les tubercules miliaires qui les entourent sont fort nombreux (fig. 15 6). Dans les aires ambulacraires , les tubercules principaux ne forment guère que deux rangées. Les plaques de ces aires sont très-étroites à la face supérieure , mais cependant régulières , et dans chaque plaque s'ouvre une paire de pores disposés obliquement (fig. 14a). A la face inférieure, ces mêmes plaques augmentent considérablement de hauteur; elles sont même, près de la bouche, plus hautes que longues; aussi portent-elles chacune un tubercule, et sont percées de trois ou quatre paires de pores bordés extérieurement par une série régulière de tubercules miliaires. Il suffit de comparer la fig. 16 o à la fig. lia pour se faire une idée de la valeur de ces détails.

L'appareil génital est très-petit et d'apparence spongieuse; les plaques génitales, au nombre de cinq , sont à-peu-près d'égale grandeur; les quatre plaques paires sont perforées près de leur

— GO — sommet; la plaque impaire m'a paru dépourvue de pore génital. Les plaques ocellaires sont d'une petitesse extrême, et se reconnaissent à peine à la loupe.

Le moule intérieur n'est pas moins intéressant à étudier que le test lui-même. Les articulations des plaques et même les empreintes des pores y sont ordinairement visibles (fig. 12). Mais ce sont surtout les sillons de la face inférieure qui méritent une attention particulière ; il y en a deux principaux sur chaque aire interambulacraire , qui s'étendent du bord de la circonférence jusqu'au pourtour de la bouche. C'est même ici qu'ils atteignent leur plus grande longueur; en revanche, ils sont plus profonds prés du pourtour du test, où ils s'enfoncent de plusieurs lignes dans l'intérieur du moule (fig. 12). Il existe en outre, entre ces sillons principaux, de chaque côté delà suture médiane des aires interambulacraires, trois petites rainures marginales qui sont également visibles d'en bas et de profil. Ces rainures affectent une forme un peu différente dans l'aire interambulacraire impaire, où elles sont plus profondes; de plus, il n'y en a que quatre au lieu de six.

L'ouverture buccale , par là même qu'elle est plus grande dans le moule qu'à la surface du test, laisse apercevoir plus distinctement sa structure décagonale, qui empiète plus sur les aires interambulacraires que sur les aires ambulacraires. On y remarque aussi , en face de chaque aire ambulacraire , deux petits bourrelets saillants produits évidemment par de petits creux de la face interne du test, qui sans doute servaient au mécanisme de l'appareil masticatoire.

Il existe plusieurs monstruosités de cette espèce, les unes n'ayant que quatre, les autres six ambulacres , monstruosités dont on a fait des espèces à part , sous les noms de Galerùes quadrïfasciata et G. sexfasciala. Nos figures 8 , 9 et 10 représentent un exemplaire très-bien conservé de ce soi-disant G . quodrifasciala. Quant au G. scxfasciala des auteurs, c'est avec doute que je le rapporte comme synonyme à cette espèce. Cependant , j'ai cru remarquer dans la figure de Leske (|uelques entailles sur le bord du monle; ce qui prouverait que c'est au moins une Discoïdée, et non une vraie Galérite.

On rencontre le D. cylmdrica à-peu-prés partout dans la craie marneuse , en Angleterre , en France , en Allemagne , etc. Le bel exemplaire de fig. 14-16 a été communiqué à M. Agassiz par M. le marquis de Northampton ; le moule de fig. 12 et 13 provient delà craie alpine de la montagne des Fis , et fait partie de la collection du Musée de Neuchàtel. L'exemplaire de fig. 8- 10 appartient à M. DesIIayes ; celui de fig. 11 est une variété moins élevée provenant de la craie. En ce qui concerne le moule de fig. 12 et 13, il ne sera peut-être pas sans intérêt de faire remarquer qu'il est charbonné , à-peu-près comme tous les fossiles de la montagne des Fis ;

— (il —

et comme jusqu'ici je n'ai rencontré des moules naturels de Discoïdées que dans ces terrains , je vois dans ce fait une nouvelle preuve en faveur de l'opinion qui envisage ce terrain comme noirci et transformé par la chaleur, d'autant plus (ju il suffit d'exposer des exemplaires de la craie blanche à l'action du feu, pour en enlever le test avec la plus grande facilité.

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