VI. GoMOPYGUs MAJOR Ag. Tab. 4, fig
C'est la plus grande espèce que je connaisse dans le groupe des Salénies. Par sa forme générale , et par la disposition de ses tubercules , elle se rapproche de certains types de Cidaris ; mais un examen attentif de la structure de son test, de l'appareil oviducal et surtout des tubercules qui ne sont ni perforés ni entourés de sillons articulaires , la fera toujours reconnaître pour ce quelle est réellement, c'est-à-dire pour un Goniopygus. Je n'en ai vu jusqu'à présent qu'un seul exemplaire bien conservé , provenant de la craie inférieure du port des Barques , à l'embouchure de la Charente , que M. d'Orbigny a bien voulu me communiquer.
Cette espèce se distingue avant tout du G. globosus fax sa forme plus conique, fig. 18; son diamètre bucco-anal égale à-peu-près la moitié du plus grand diamètre, qui est d'un pouce et demi. L'ouverture inférieure n'est pas assez bien conservée pour pouvoir être décrite en détail ; on ne peut guère déterminer que sa position centrale , son pourtour circulaire et son diamètre, qui égale à-peu-près le tiers du plus grand diamètre du test. Son pourtour paraît offrir quelques légères échancrures , qui correspondent aux sutures des aires ambulacraires et inlerambulacraires , fig. 19.
L'appareil oviducal forme une rosette décagonale autour de l'ouverture anale , comme dans le G. globosus , mais avec cette différence que les plaques ovariales sont notablement plus effilées* et débordent sensiblement les interovariales. Toutes les ovariales ont à-peu-près la même forme : elles sont pentagonales , très-allongées à leur sommet et concaves à leur base. Leurs bords ne sont pas parfaitement droits , mais tous à-peu-près d'égale longueur, sans crénelures sulurales et entièrement lisses. Les interovariales sont également pentagonales, mais beaucoup plus larges que hautes et légèrement renflées au bord externe , qui déborde considéraJilement
le sommet des ambulacres , au dessus desquels il se trouve placé comme un chapeau à deux cornes. Leur sommet s'enchâsse entre les côtés des ovariales, et les sutures qui unissent ces deux systèmes de plaques sont indiquées par des lignes légèrement déprimées. La surface de toutes ces plaques n'est que très-légèrement granuleuse, sinon entièrement lisse. L'ouverture anale est pentagonale , et en avant de la base concave de chaque plaque ovariale naît une autre petite plaque de même nature que celles que nous avons signalées dans le G. globosus ; il est digne de remarque que dans cette espèce elles sont au nombre de cinq , tandis qu'il n'y en avait que trois dans la précédente, fig. 17 et 22.
Les aires ambulacraires très-apparentes ont à-peu-près la moitié de la largeur des aires interambulacraires. Leurs deux rangées de tubercules, assez distantes à l'origine, se resserrent en approchant du sommet. Les tubercules eux-mêmes sont très-saillans , surtout sur le milieu de la circonférence et à la partie inférieure du test, où ils atteignent presque la même grosseur que ceux des aires interambulacraires. Ce qui mérite surtout d'être remarqué , c'est que , de même que ces derniers, ils sont étranglés vers leur sommet et terminés par un mamelon articulaire. De plus petits tubercules ne se voient entre les deux rangées principales qu'à la face inférieure du test. Les pores ambulacraires sont très-distincts et placés en alternance sur deux ligues à-peu-près parallèles ; à chaque paire de tubercules correspondent de chaque côté trois paires de pores , fig. 17, 18 et 21.
Les aires interambulacraires se composent de plaques très-distinctes , fort grandes sur le milieu de la périphérie , et entourées de granulations tuberculeuses parfaitement distinctes et trèsproéminentes. Chacune de ces plaques donne naissance à un très-fort tubercule conique, entouré d'une large zone lisse et portant un mamelon articulaire un peu aplati , qui n'est séparé du tubercule que par un léger étranglement sans plis rayonnes, fig. 17, 18 et 20.
Les piquans ne sont pas connus.