‹ Monographies d'échinodermes, vivans et fossiles (volume 2)Chapitre 16 sur 187 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

DU GENRE PELTASTES Ag.

La forme toute particulière quaffeetc l'appareil oviducal dans plusieurs espèces du groupe des Salénies m'a engagé à les élever à la dignité d'un genre que j'appelle Peltastes, à cause de la ressemhlance de cet appareil avec un bouclier. Les plaques ovariales s'étendent en lobes allongés sur une portion considéral)le des aires interambulacraires , bordées de chaque côté par les plaques interovariales auxquelles elles sont soudées dans toute leur longueur ; de manière qu'au lieu d'une éloile à dix rayons nous avons ici une simple rosette pentagouale. Outre les cinq plaques ovariales et les cinq interovariales , il y a , comme dans les vrais Salénies , une plaque suranale placée entre les ovariales du côté antérieur et l'ouverture anale , de sorte que cette dernière se trouve refoulée en arrière comme dans la S. areolata et la S. slellulala.

Les espèces connues de ce genre sont de petite taille , mais d'une structure très-élégante. L'ouverture inférieure est constamment plus petite que l'appareil oviducal. Les aires ambulacraires , quoique très-étroites comparativement aux aires interambulacraires , sont cependant très-apparentes. Les zones porifères ou les ambulacres proprement dits sont très-étroits, et ijuoiqu'il soit fort difficile de reconnaître les pores dans les exemplaires que je possède de ce genre , je suis cependant porté à croire qu'ils sont généralement disposés par simples paires comme dans toute la famille des Salénies. Enfin les aires interambulacraires sont remarquables par leurs tubercules très-saillans qui s'élèvent en cônes raides du milieu d'une zone lisse , et sont surmontés , comme dans toutes les Salénies en général , d'un mamelon articulaire non perforé , qu'entoure, au dessous de l'étranglement , un cercle de petits plis rayonnes.

L Peltvstes PiLCHELLCs Ag. Tab. 5, fig. 1 — 8.

!>L Charles DesMoulins cite cette espèce dans ses Tableaiix synonymiques, p. 302, sous le nom A'Echmus acanthoùles. Du moins je pense que son Echimis amnthoides se rapproche plus

de mon Peltastes pukheUus que du P. marginalis ; n'ayant pas vu l'original de M. DesMoulins , je ne puis cependant laffirmer positivement.

Sa forme est circulaire , fortement aplatie à la face inférieure et légèrement déprimée à la face supérieure ; de manière que le diamètre vertical égale à-peu-près la moitié du diamètre transversal, fig. 1 et 2. L'ouverture inférieure, de moyenne grandeur, est sensiblement rentrante, et son pourtour présente de petites crénelures comme dans la plupart des Salénies , mais avec cette différence qu'ici le bord des aires ambulacraires est plus saillant et plus étroit que celui des aires interambulacraires , fig. 3 et 7. Les aires ambulacraires portent deux rangées de petits tubercules assez saillans , qui se resserrent sensiblement de la base au sommet ; l'espace intermédiaire est parsemé de petites granulations verruqueuses à peine visibles à l'œil nu. Les pores paraissent disposés par simples paires de chaque côté et tout le long de l'aire ambulacraire , fig. 5. Les aires interambulacraires sont fort larges et surtout remarqualdes en ce qu'elles sont couvertes , dans toute la partie supérieure du disque , de petites verrues uniformes , les gros tubercules ne dépassant guère le milieu de la circonférence. Ces derniers augmentent en grosseur depuis le bord de l'ouverture inférieure jusqu'à la moitié de la hauteur du test , où ils se distinguent par la raideur du cône , fig. 1 et 8. Tous s'élèvent du milieu d'une zone lisse que borde un cercle de petits tubercules placés à égale distance les uns des autres. Le sommet du cône est terminé par un mamelon articulaire remarqualile par sa petitesse et entouré d'un cercle , de très-petits plis rayonnes qu'on ne distingue guère qu'à la loupe, fig. 4 et 8.

L'appareil oviducal ne fait qu'une légère saillie au dessus de la face supérieure du test ; mais en revanche sa structure est assez compliquée et souvent difficile à reconnaître, à cause des hachures transverses qui se croisent avec les lignes de suture , d'autant plus que celles-ci sont ordinairement très-fines et même quelquefois imperceptibles à l'œil nu. Les plaques ovariales sont très-allongées , crénelées à leur bord externe et considéralilement plus grandes que les interovariales , qui s'insèrent en forme de croissans très-étroits entre les intervalles de leurs sommets. La plaque suranale, qui refoule l'ouverture anale en arrière, est subpentagonale et à base concave ; l'on remarque sur les sutures qui l'unissent aux inlerovariales antérieures les mêmes liachures transverses qu'entre les ovariales et les inlerovariales. Ses dimensions ne sont pas trèsconsidérables. Toutes ces plaques sont parfaitement lisses, et l'aspect rugueux de l'appareil entier ne provient absolument que des hachures que je viens de signaler, fig. 1 et 6.

J'ai vu deux exemplaires de cette espèce , parfaitement conservés et provenant du département du Var ; l'un m'a été communiqué par M. Studer, et l'autre par M. DesHayes.

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