‹ Monographies d'échinodermes, vivans et fossiles (volume 2)Chapitre 165 sur 187 · II. De la face interne du test · texte numérisé non relu

II. De la face interne du test

Autant l'extérieur du test de l'Oursin est rugueux et tuberculeux, autant sa face interne est lisse; ce qui fait que les sutures des différentes plaques y sont très-distinctes , et permettent un examen bien plus rigoureux. De plus, on rencontre ici plusieurs particularités de structure qui ne se trahissent pas à l'extérieur, notamment sur le pourtour de la bouche, à la face interne des aires ambulacraires et interambulacraires , et en partie aussi sur le revers des appareils génital et anal ; particularités qu'il importe d'étudier avec soin , si l'on veut se rendre un compte exact de la nature véritable du test et comprendre le mode d'insertion des parties molles et de l'appareil masticatoire en particulier.

Lorsqu'on a enlevé toutes les pièces qui composent la lanterne d'Aristote ou l'appareil masticatoire, dont nous traiterons plus tard , on remarque sur le pourtour intérieur de l'ouverture buccale une sorte d anneau renflé qui , de même que lépiderme , est entamé par les entailles de la bouche (Tab. ll,fig. 147i). Aux angles des zones poriféres, cet anneau s'élèveen forme de deuxbranches : ce sont les auricules destinées à supporter la lanterne. Le plus souvent ces auricules sont soudées à leur sommet, mais de manière à laisser entre elles une ouverture en forme de lunule, qui correspond à la suture des aires ambulacraires ( fig. 14 g et fig. 15 j).

Les pores ambulacraires se présentent à l'intérieur sous la forme de petits trous ronds, dont la disposition mérite une attention toute particulière. Tous sont percés obliquement de dehors en

dedans et en partie de haut eu bas. C'est particulièrement le cas des pores internes, c'est-à-dire de ceux qui sont les plus rapprochés du centre de l'aire ambulacraire.

La forme générale des aires amhulacraires est à-peu-près la même qu'à la surface , c'est-àdire qu elle se rétrécit en haut et en bas, tandis que le milieu est élargi. 11 existe en outre, au milieu de l'aire , une carène saillante qui en occupe toute la longueur et qui sert à l'insertion d'un genre particulier d'organes respiratoires. Cette carène, que j'appelle carène am^M/acratre, partdel'appareil génital , où elle est sensiblement rétrécie , descend en s'élargissant le long de la suture des plaques et se termine en face de la lunule des auricules. De chaque côté de cette carène, qui correspond à la ligne médiane des branchies internes, l'aire ambulacraire se déprime , de manière à atteindre sa plus grande profondeur en avant des pores internes ; plus loin , elle se relève de nouveau , et il résulte de ce mouvement une espèce de sillon aplati, destiné à loger les feuillets branchiaux.

De la carène ambulacraire partent en outre de nombreuses lignes horizontales, dirigées en dehors , et dont chacune atteint une paire de pores ou du moins le pore interne de l'une des paires. C'est ordinairement la 6'', rarement la 7<^ ou la 8", et plus rarement encore la 4'^ paire qui coïncide avec la suture de l'aire interambulacraire.

Il existe aussi sur la limite extrême des aires amhulacraires, mais en dehors des pores externes, une ligne quelque peu saillante qui augmente d'épaisseur à mesure qu'elle approche de l'ouverture buccale. C'est le long de cette carène, un peu à l'intérieur, que sont les sutures en zigzag qui unissent les plaques des aires amhulacraires à celles des aires interamhulacraires.

La suture médiane et les sutures des différentes plaques sont trop évidentes pour ne pas fixer (le prime abord l'attention. La suture médiane s'étend depuis l'appareil génital jusqu'au pourtour (le 1 ouverture buccale , où elle vient aboutir à la suture des auricules. Sa forme en zig-zag résulte de l'enchevêtrement des deux rangées de plaques dont se compose chaque aire. Les zig-zag sont d autant plus marqués que les plaques sont plus grandes , et l'on comprend dès-lors qu'ils soient moins sensibles près de l'appareil génital et aux abords de la bouche, qu'au milieu du test.

De même que dans l'aire ambulacraire, il existe aussi dans l'aire interambulacraire, le long de la suture médiane , une ligne légèrement renflée à laquelle se fixe le mésentère de l'ovaire. L aire interambulacraire s aplatit de chaque côté de cette ligne médiane pour se relever de plus en plus près de l'aire ambulacraire ; ensorte que nous avons ici , comme dans cette dernière , de chaque côté de la suture médiane , une dépression en forme de sillon trés-évasé. Outre ces dépressions, on remarque souvent aussi, à côté de la ligne médiane de l'aire interambulacraire, de petits

creux plus ou moins appaieus qui correspondent aux tubercules primaires des aires interambulacraires.

Les plaques de l'appareil génital (fig. 13 c) et celles de louverturc anale ( fig. 13 g), sont articulées à la face interne à-peu-près de la même manière qu'à la surface du test. Il se forme à la base des plaques génitales des renûemens , dont l'ensemble représente une espèce d'anneau saillant. Ces renûemens sont en général égaux dans les quatre pi aques génitales paires; mais comme ils s'affaissent à leurs deux extrémités , il en résulte que cet anneau n'est pas continu, et l'on remarque de petites solutions de continuité au point de contact des diverses plaques. Le rendement de la plaque impaire est plus plat et plus large que les autres ; il s'é'argit surtout considérablement du côté du sommet de la plaque, en formant une sorte de bouton sur l'anneau. On distingue de plus à la face interne de cette même plaque , notamment dans les grands individus , une structure flbreuse rayonnante d'une forme toute particulière , qui provient sans doute de la part que cette plaque prend à la carène annulaire ci-dessus.

Les pores génitaux sont disposés obliquement de dedans en dehors et de bas en haut ; mais cette obliquité est en général bien moins sensible que dans les pores ambulacraires. Il existe aussi quelque chose de semblable dans les trous ocellaires.

Les plaques anales n'offrent rien de particulier à la face interne. De même que les plaques génitales , elles ne montrent aucune trace de saillies ni de verrues.

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