‹ Monographies d'échinodermes, vivans et fossiles (volume 2)Chapitre 175 sur 187 · DU SYSTEME NERVEUX · texte numérisé non relu

DU SYSTEME NERVEUX

Plusieurs travaux ont été publiés sur le système nerveux de l'Oursin. Tiedemann (') vit de très-fins filets blancs à la face interne de très-grands exemplaires de VE. saxatilis , conservés dans de l'esprit de vin. Il vit aussi, à plusieurs reprises , des filets semblables à la face externe de la lanterne et aux environs des muscles interpyramidaux ; d'autres fois il remarqua des filets blancs sur les branchies internes. Cependant il ne réussit pas à découvrir la connexion de ces filets entre eux. Il lui paraît qu'un anneau nerveux existe à la face interne de la membrane buccale. Van Beueden et Grant (-) mentionnent un anneau pharyngien qui enverrait de fins filets descendant à la lanterne , et d'autres montant au pharynx et à l'ésophage. Enfin , Rrohn (^) a publié , dans ces derniers temps , des études très-détaillées sur ce sujet. Suivant cet anatomiste , l'anneau pharyngien qui entoure le pharynx forme un pentagone situé à quelques lignes de la bouche, au dessus de la cavité buccale , entre les impasses de cette dernière et l'extrémité des pyramides. On le reconnaît, dans l'^. subglobifonnis de Blaiuville et dans beaucoup d'exemplaires deYE. Uvidus, à une teinte violacée : dans le Cidaris hyslrix , il est d'un vert foncé sale ; dans les E. œqukuberculatus et miliaris , il est encore plus apparent. De cet anneau partent , à l'endroit où les cinq pièces annulaires se rencontrent , cinq rameaux nerveux , dont chacun sort entre deux pyramides , s'étend sur la membrane buccale , traverse l'auricule par le milieu et se continue sur la ligne médiane entre les branchies internes, pour aboutir à l'ouverture de la plaque ocellaire, c'està-dire à l'organe que MM. Forbes et Agassiz envisagent comme l'œil. Le nerf branchial , étroit à ses extrémités, large et aplati au milieu , se divise, au moyen d'un sillon qui est surtout distinct

{') Anatomie p. 89, 90.

(') Anatomie comparée, traduction allemande parC. C. Sclimidt, p. 219. (') Miiller's Arcliiv IS'H. p. 2 à 7.

près de la membrane buccale , en deux branches qui envoient des rameaux aux feuillets Iransverses des branchies. Ces rameaux arrivent par les pores dans les tubes ambulacraires , et se poursuivent, sous la forme de filets extrêmement délicats, jusqu'au disque de la ventouse. Il en est de même des filets qui se détachent avant les auricules pour gagner les branchies et les tubes buccaux. Ordinairement le nerf est coloré jusque prés de l'auricule, et l'on ne saurait douter que cette coloration ne provienne des grains de piment.

Je n'ai que peu de chose à ajouter à ces résultats obtenus par Krohn. C'est sur de grands exemplaires de VE. Sphœra conservés dans l'esprit de vin , que ces détails m'ont paru le plus distincts. La fig. 181 de Tab. IX contient un dessin de l'anneau pharyngien, tel qu'il se présente lorsque la lanterne , les pyramides et le pharynx sont enlevés. On y distingue le pentagone nerveux (b) formé d'arcs concaves en dehors , ainsi que les branches principales (a) qui s'en détachent, et que nous proposons de désigner sous le nom de nerfs branchiaux, puisqu'ils s'étendent sur tout le long de la ligne médiane des branchies. J'ai représenté , dans la fig. 180 de Tab. IX , deux nerfs (a) avec l'arc pentagonal correspondant [b), d'après une préparation faite avec beaucoup de soin, tandis que la fig. 181 contient un dessin plus idéal fait d'après les différentes parties que l'on a pu observer. C'est à dessein que , dans la fig. 180 , l'on a enlevé l'une des pyramides , tandis que l'arc pentagonal adhère encore à la partie supérieure du pharynx ; car , comme les rameaux nerveux longent les sutures médianes des aires ambulacraires , et que chacun des arcs du pentagone correspond à l'espace intermédiaire entre deux nerfs branchiaux , il en résulte que chacun des arcs du pentagone correspond, par sa position , à une aire interambulacraire , plus, deux demi-aires ambulacraires. Leur position , relativement aux parties de la lanterne , est déslors facile à saisir. De chaque arc du pentagone naissent de nouveaux filets destinés aux muscles interpyramidaux (fig. 180 c, 183c, ) et à l'ésophage (fig. 182 c). En passant à la surface de la membrane buccale , et avant de traverser l'auricule , le nerf branchial détache des filets pour les branchies buccales internes et les tubes buccaux , comme aussi pour les muscles de la lanterne qui s'attachent aux arcs des auricules, ou s'insèrent entre ces derniers. Il est probable que d'autres filets se répandent dans la membrane buccale et dans les branchies externes ; cependant je n'ai pas encore pu les voir. En suivant la ligne médiane des branchies internes , le nerf branchial alimente les différens feuillets branchiaux internes , et les tubes ambulacraires , ainsi que l'a déjà démontré Krohn. Après s'être aminci à son extrémité supérieure , le nerf entre enfin dans l'orifice de la plaque ocellaire (fig. 185 6). Je ne saurais dire si des feuillets latéraux vont gagner les testicules et les ovaires. En revanche, j'ai cru remarquer, dans déjeunes exemplaires

Irais de \ L. lividus , des traces d'un système nerveux intestinal : plusieurs lilels anastomosés (Tal). VllI, lig. 159 et 160), dont l'un paraissait même pourvu de renllemcns , longent l'ésophage. Il est hors de doute qu'ils proviennent du pentagone nerveux ; peut-être même procèdentils des rameaux pharyngiens de ce dernier (Tah. IX, fig. 182 c) ; et c'est sans doute le cœur et l'ésophage qu'ils alimentent en premier lieu. 11 résulte de ceci, qu'il existe des nerfs pour tous les principaux organes. Ce qui étoiuie , »■ est le peu de développement de la substance ganglionaire. Quant à la structure pimentée, elle n'est pas étrangère au système nerveux: on la remarque surtout dans le domaine du pentagone et de la membrane buccale. Des amas de piment [b] sont épars sur les fibres nerveuses (a), comme cela se trouve représenté dans la fig. 186. La fig. 187 montre les débris du contenu des nerfs.

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