‹ Monographies d'échinodermes, vivans et fossiles (volume 2)Chapitre 22 sur 187 · OBSERVATIONS SUR LES PROGRÈS RÉCENS DE L'HISTOIRE NATURELLE · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS SUR LES PROGRÈS RÉCENS DE L'HISTOIRE NATURELLE

DES ÉCIIINODERMES.

Pour comploter l'aperçu que j'ai donné de mes recherches sur les Echinodermes dans la préface de la première livraison de ces monographies, je crois devoir présenter ici quelques observations sur les progrès récens de l'histoire naturelle des Echinodermes.

Les travaux qui ont été publiés depuis quelques années, ou qui se publient encore dans ce moment sur ces animaux, sont assez nombreux. Ils embrassent, soit leur classification en général et l'histoire naturelle descriptive des genres et des espèces, soit leur anatomie descriptive et comparée, soit l'étude des nombreux fossiles qui ont représenté celte classe aux différentes époques du développement de la vie organique. C'est aussi dans cet ordre que nous allons les passer en revue; puis je terminerai par quelques renseignemens sur les collections que j'ai examinées dans ces derniers temps.

Autant ces diverses branches de l'histoire naturelle des Echinodermes ont fait de rapides progrès , autant il est à regretter que la connaissance de leurs mœurs , de leur mode d'alimentation , de leur développement , des fonctions de leurs organes, etc., etc., soit restée en quelque sorte stationnaire ^ à l'exception de quelques remarques détachées sur les espèces européennes.

Le seul ouvrage qui embrasse toute la classe des Echinodermes est le charmant volume que M. E. Forbes a publié par livraisons sur les Echinodermes d'Angleterre, en 1 840 et 1 841 , sous le titre de History of britisli Starjislies and allier animais of tlie class Echinodennata. Il les divise en six ordres , savoir: i" les Pinnigrades ou Crinoides ; 2° \es Spinigrades ou 0/jhiiirides, qu'il subdivise en Ophiures proprement dites et en Eurjales-^ 3° les Cirrldgrades ou Astériades , qu'il subdivise en Urastéries , S ol astérie s ^ Goniastéries et Astéries proprement dites ; 4° les Cirrhi-spinigrades ou Echinides, pour lesquels il adopte les subdivisions que j'ai proposées dans mon Prodrome ;

5° les Cirrhi-vermigrades ou Holothuries, dont il fait quatre familles, les Psolides, les Pentactes , les Thyones et les^y^/za/Jïei, et enfin 6" les Vennigrades ou Siponculides, qu'il subdivise encore en trois familles : les Siponculacées, les Priapidacées et les Thalasseinacées. Il place ainsi au même rang, comme ordres, les Grinoïdes, les Ophiurides et les Astéries, que j'avais laissés dans unseul ordre, dansmon Prodrome dune histoire naturelle des Echinodermes; et il réunit aux Echinodermes les Siponcles que j'en avais éloignés pour les réunir aux vers. Je me suis, en effet, convaincu, à la vue des préparations que m'ontfait voir à Edimbourg MM. ForbesetGoodsir, que les Siponcles sont réellement des Echinodermes. Les descriptions que M. Forbes donne des espèces d'Angleterre sont beaucoup plus complètes que toutes celles que l'on possédait jusque là , et il en a considérablement augmenté le nombre , surtout dans la famille des Holothuries et des Siponcles ; il a en outre établi , en partie conjointement avec son ami M. Goodsir, les deux nouveaux genres PsoUnus et Ocnns , et circonscrit d'une manière plus rigoureuse mes genres Tjraster et Cribrella, de la famille des Astéries. Plusieurs des espèces décrites par M. Forbes ont été découvertes par M. Thompson, de Belfast, et par M. Bail, de Dublin. Précédemment, M. Forbes avait déjà publié, dans le 8" volume des Transactions de la Société wernérienne d'Edimbourg, un mémoire sur les Astéries de la mer d'Irlande, dans lequel il a établi deux genres nouveaux [Solaster et Luidia) et décrit plusieurs espèces nouvelles.

MM. J. Millier et Troschel ont entrepris une révision de la famille des Astéries, qu'ils ont d'abord subdivisée en quatorze et puis en seize genres basés pour la plupart sur des caractères nouveaux et généralement circonscrits dans de justes limites. Ce sont les genres : Asteracanthion M. et Tr. (StelloniaNard. Forbes, UrasterAg.); PisasterM. etTr.; StichasterM. etTr.^ Echinaster M. et Tr. ; Crossaster'M. et Tr. (Solaster Forbes)^ Chœtaster M.etTr.; OphidiasterA^^.;Linckia^ard. (M. etTr.); Goniasterk^.-^ Platy aster DeBl. (Scutasterias DeBl.) ; Asterope M. et Tr. ; Culcita Ag. 5 Asteriscus M. etTr. (Asterina Nard., PalmipesLink); ArchasterM. etTr.; AsteriasA^. (Astropecten Link, Stellaria Nard.), Hemicnemis . M. etTr. (Luidia Forbes). Leur travail, qui n'est encore publié que par extraits insérés dans les Bulletins de FAcadémie de Berlin, du mois d'avril 1840, et dans les Archives d'his-

toire naturelle de W iegniann pour 1 840, p. 31 8 et 3G7, renferme de précieux détails sur l'organisation de ces animaux. Plus tard, ces messieurs ont étendu leurs recherches aux Ophiures et puhlié un aperçu très intéressant des genres de cette famille, qu'ils portent maintenant à huit (Arcliives d'histoire naturelle de Wiegniann 1 840 ^ p. 826 et 368) , savoir les genres Ophiolepis 31. et Tr., Ophiopholis 31. et Tr. , Ophiocoma Ag. , Ophiothrix 31. et Tr., Opliioderma 31. et Tr. (Ophiura Lam.), Ophionyjc 31. et Tr., Ophiomyxa 31. et Tr. eiOphiocnemis 31. et Tr., sans compter les genres que j'ai étahlis pour des espèces fossiles.

31. J. E. Gray a publié un travail très important et très étendu sur les Astéries dans les cahiers de novembre et de décembre des Annals and Magazine of Natural History. La tendance de ce mémoire est toute différente de celle de la publication de 3131. 31uller et Troschel. Tandis que les naturalistes de Berlin avaient surtout en vue d'étudier les détails de l'organisation des Astéries , 31. Gray cherchait plutôt à grouper de la manière lapins naturelle et d'après leurs affinités les plus étroites, l'ensemble des espèces qu'il a eu l'occasion d'examiner et qui sont très nombreuses, particulièrement dans la section des Pentacérotides. 31. J. E. Gray a établi uniquement parmi les Astéries proprement dites, quarante-cinq genres, (sans compter les nombreux sous-genres ) qu'il répartit en quatre familles , comme suit :

AsTERiADAE Gr. : Aster'ias Gr. (Pentasterias DeBl., Stellonia Nardo , Forbes, Uraster Ag. , Asteracanthion 31. et Tr.) \ HeliasteiQ^r. (Solasterias DeBl.); Tonia Gr. (Stichaster 31. et Tr.).

AsTROPECTiNiDAE Gr. : Nauriciu Gr. (Archaster 31. et Tr.) ; Astropecten Link (Asterias L. Ag. ; Crenaster Link, Stellaria Nardo;) avec le sousgenre Astropus Gr. Luidia Forbes (Hemicnemis 31. et Tr.) ; Petalaster Gr. ; Solaster Forbes (Crossaster 31. et Tr.), avec les sous-genres Endeca Gr. et Poljaster Gr. ; Henricia Gr. (Linckia Forbes, Cribrella Ag. , Forb.).

PEiNTACEROTiDAEGr. X" Pentacerotùia : CulciiaA^.-^ Pejitaceros hink, Gr. (Goniaster Ag.), avec le sous-genre Nidorellia Gr. ; Stellaster Gr. ; Compta- 7iiaGr.;GymnasteriaGi\ (Asterope31.etTr.); Pfl«//aGr., RandasiaGr r^ AntheTieaGr. j HosiaGw^ II/ppasteriaGv.-^ Calliaster Gr.; Goniaster Ke^. (Gr.);

(Gr.)^ PeiKagonaster Qv .-^ TosiaGi\-2" Echinasterina: EchinasterGv. (non M. etTr.).-3° Cribellina: Othilia Gr. (EchinasterM. etTr.); Metrodira Gr. (Chaetaster M. et Tr.) ; Rhopia Gr. (Echinaster M. et Tr.) ; Ferdina Gr. ; Z)«c?7'Zo5a5?e'r Gr. (Ophidiaster Ag.) ; Tamaria Gr . ; Cistina Gr.-^ Ophidias- 1er Ag. avec les sous-genres Hacelia Gr. etPharia Gr. ; Linckia Nardo, Gr., avec les sous-genres Phataria Gr. et Acalia Gr. \ Fromia Gr. (Linckia Nardo), Gomophia Gr.; Nardoa Gr. (Linckia Nardo) ; Narcissia Gr. ; iVec- //7<7 Gr. ; Nepanthia Gr. ; Mithrodia Gr. 5 Unioplwra Gr.

AsTERiiNTDÂE Gr. : P<7//?^?'/7e5 Liuck ( Auscropoda Nardo, Palmastcrias DcBl. , Asteriscus M. et Tr.) ; Porania Gr. (Goniaster Forb.) ; Asterina Nardo (Cteîiaster Ag., Asteriscus M. et Tr., Pentaceros Linck) • Patiria Gr.; Socomia Gr.

Quelque nombreuses qu'elles soient, la plupart de ces coupes m'ont paru naturelles, et je pense qu'elles devront être adoptées après quelques rectifications dans les noms, qui font souvent double emploi avec ceux de MM. Mùller et Troschel et autres, comme on peut s'en assurer par la synonymie que j'ai jointe en parenthèse aux noms de M. Gray. Il est vraiment à regretter que ce dernier n'ait pas connu à temps le travail de 3IM. Millier et Troschel , qui a cependant six mois de priorité sur le sien. M. Gray fait des Astéries une classe à part sous le nom d'HYPosTOMA ; mais je ne crois pas que cette séparation des autres Echinodermes puisse être justifiée anatomiquement , ni même zoologiquement. En effet, le caractère sur lequel on a le plus insisté jusqu'ici pour distinguer les Astéries des Oursins est fictif, puisque la plupart des Astéries ont un anus, comme l'a fait connaître le premier M. J. Miiller.

Les études sur les Echinides de M. Ch. DesMoulins étant un ouvrage qui doit se trouver entre les mains de tous ceux qui s'occupent de l'histoire naturelle des Echinodermes, je puis me dispenser d'en rendre ici im compte détaillé. Je me bornerai à rappeler que m. DesMoulins n'admet que dixsept genres dans l'ordre des Echinites^ savoir : les genres Clypeaster, Scutellttj, Fibularia, Cassididus j, Galerites , Pyjnna, Ecliinometra , Echinus , Ecliinocidaris , Diadema, Cidaris , Echinoneiis , Echinolampas , Nucleolites , CoUyrites , Ananchjtes et Spataiigus. Antérieurement à cette publication, 31. Ch. DesMoulins avait déjà publié un catalogue descriptif

des Stcllcridcs vivantes et fossiles de la Gironde, avec deux planches (Actes de la Soc. linnéenne de Bordeaux, Tom. 5).

Parmi les travaux plus spéciaux , je citerai la monographie des Astéries voisines de VAsterias aiirantiaca que M, Philippi a publiée dans les Archives d'histoire naturelle de Wiegmann pour Tannée 1 837 , vol. 1 . , p. 1 93, et la description d'un genre nouveau de Crinoïde vivant, des plus curieux, nommé Holopus, par M. Aie. dOrbigny^ qui l'a publié dans le 3Iagasin de Zoologie de Guérin, de 1837.

Dans un travail encore inédit sur les espèces vivantes de l'ancien genre Echinus , travail que je me propose de publier prochainement , j'ai établi les coupes suivantes , dont je me bornerai à citer ici les types : Temnopleuriis (E. toreumaticus) , Pleurechinus (E. bothryoides) , Microcyphus (E. versicolor), Tripneustes (E. venlricosus), Amblypneustes (E. griseus), Toxopneustes (E. pileolus), Stomopneustes (E. variolaris). J'ai également cru devoir subdiviser le genre Arbacia en trois, laissant ce nom aux petites espèces fossiles , pour appeler Tetrapy a^us celles qui ont l'anus fermé par quatre valves , et Agarites celles dont les aires interambulacraires sont en partie dépourvues de tubercules et de piquans.

Les Holothuries sont toujours la division des Echinodermes dans laquelle il reste le plus à faire. La difficulté d'observer ces animaux nous a privés jusqu'à présent de planches qui satisfissent aux exigences de la science. Il n'y a que celles qui ont été publiées par MM. Quoy et Gaimard^ dans l'Atlas zoologique de l'Astrolabe, qui, à cet égard, ne laissent rien à désirer. Quant à leur délimination en genres, il reste encore beaucoup de vague et d'incertitude dans les caractères sur lesquels on a fait reposer ces gi'oupes.

Oken (Lehrbuch der Naturgeschichte 181 5) a été le premier à subdiviser les Holothuries en quatre genres qu'il appelle Tliyone , Suhuculm, Holothuria et P soins. Lamarck n'a admis que deux genres dans cette famille, les Holothuries et les Fistulaires-, encore ces genres sont-ils mal délimités. Cuvier, sans donner des noms génériques à ses divisions, a cependant établi dès la 1"" édition du Règne animal, six sections très naturelles dans le genre Holothuria , dont la première correspond au genre Psolus d'Oken , la seconde au genre Cuvieria de Pérou; les 3' et 4" aux vraies Holothuries; la 5"^ au genre Subuculus d'Okcn, qui est en même temps le genre Cucumaria des

auteurs ou Penlacta de Goldfuss \ la 6° enfin correspond au genre Thyone d'Oken , que de son côté M. Fleming a nommé Mûlleiia dans son History of british Animais, mais qui n'est point le genre Mûlleria de Jaeger. Plus tard, Eschsclioltz établit, dans l'Atlas zoologique du second voyage autour du monde du capitaine de Rotzebue , deux genres nouveaux sous les noms de Synapta et Chirodota , qui correspondent au genre Tiedemannia de Leuckardt (Isis 1 831 , compte-rendu de la réunion des naturalistes allemands à Hambourg). M. Leuckardt a en outre établi les genres Phascolosoma et Ochetostoma de la famille des Siponculacées; le premier dans son adresse pour le jubilé de Blumenbach , le second conjointement avec M. l\uppell dans l'atlas qui accompagne le voyage dans le nord de l'Afrique.

Dans sa dissertation sur les Holothuries (Zurich 1833, in-4°), M. Jaeger a établi trois nouvelles coupes sous les noms de Midleria, Bohadschia et Tiepang^ mais son genre Mûlleria n'est point, comme il le pense, identique avec celui de Fleming. La seconde partie de cette dissertation renferme des détails anatomiques. Dans mon Prodrome d'une monographie des Radiaires ou Echinodermes, j'ai dû me borner, pour l'ordre des Holothuries, à énumérer ce qui avait été publié . n'ayant pas alors d'observations qui me fussent propres sur ces animaux.

Le travail le plus étendu qui ait paru depuis long-temps sur les Holothuries est de Brandt ; il fait partie de son Prodromus descriptionis animalium ah H. Mertensio observât, etc. , inséré dans le recueil des Actes de la séance publique de l'Acad. des se. deStPétersbourg, de 1835. L'auteur divise d'abord cette famille en deux grands groupes , les Pedatce et les Apodes ; puis il subdivise les Pedatœ en Homoiopodes et en Heteropodes:, les Homoiopodes se subdivisent à leur tour en Dendropneumones et en Apneumojies] les Dendropneumoncs sont ensuite Peripodes ou Hypopodes ^ et les Peripodes Pentasticliœ ou Sporadipodes-^ puis les Pentastichœ sont Adetopneiunones avec les genres Cladodactyla Br. ( et les sous genres Polyclados Br. Holigoclados Br.), et DactylotaBv. ou Detopneumones avec le genre Aspidochir Br. Les Sporadipodes ne comprennent que le genre Sporadipus Br. avec les sous-genres Colpochirota Br. et Acolpos Br. Les Hypopodes qui sont toutes Platygastricae, comprennent les genres Psolus Oken (Jœg.) et Ciwieria Pér.

et les Apneumones le seul genre Oncinolahes Br. Quant aux llcteropodes, il les subdivise en Stichopodes Br. avec les genres Slichopus Br. (qui renferme les sous-genres Perideiis Br. et Gymnochirota Br.), et Diploperideris Br. et en Sporadipodes Br., qui sont ou Aspidochirotœ Br. avec les genres Holothuria Lin. (Br.) (et les sous-genres Tlielenota Br., Camarosoma Br., PlatysomaBv. et 3IicrotJieleBv.) Bohadschia ix^er, Mïillen'a Jvc^er, Trepang Jœgcr ou Dendrochirotœ, avec le genre Cladolabes Br. Le 2'' grand groupe, les Apodes, se subdivise en Pneiimonopliorœ avec les genres Liosotna Br. et Chiridota Esch. et en Apneumones avec le genre Synapta Eschsch. Cet aperçu systématique est accompagné de la description d'un grand nombre d'espèces , la plupart observées par 3Iertens.

Brandt décrit ensuite trois espèces nouvelles AeSlpiinculus et un Echiurus. Dans Tordre des Ecbinites enfin il établit les genres suivans : Strongylocentrotus pour des espèces nouvelles, Heterocentrotiis pour les espèces dont j'ai fait mon genre Acrocladia ., Colohvocentroius pour celles que je range dans mon genre Podophora et Phyllacanthus pour les Cidaris à grosses baguettes cylindriques et tuberculeuses.

M. de Blainville, dans le 60" vol. du Dict. des sciences naturelles, n'admettait que les cinq genres suivans de la famillle des llolotburies : Cuvieria ^ Holothuria , Thyone , Fistulajia et Cucwnaria'^ mais dans le supplément à son Manuel d'Actinologie, il les divise en six groupes, dans lesquels il admet une partie des genres de ses prédécesseurs. Ses articles sur les EchinodermeSj dans le Dictionnaire des sciences naturelles, et son Manuel d'Actinologie, qui en est un recueil systématique, renferment une foule de renseignemens précieux sur l'ensemble de ces animaux. Enfin les nombreuses notes que M. Dujardin a ajoutées au 3'' vol. de la seconde édition des animaux sans vertèbres de Lamarck, ont mis, dans cet ouvrage, la classe des Echinodermcs au niveau actuel de la science.

A ma sollicitation 31. le Professeur Valentin a bien voulu entreprendre pour cet ouvrage une révision générale de 1 anatomie des Echinodermes. Déjà la première monograpliie de ce travail, qui comprend l'anatomie du genre Echinus, est acbevée. Huit plancbes in-folio , dessinées sous les yeux de M. Valentin, par un artiste très-babile, 31. Dickmann, sont déjà litbogra-

phiées , et le texte s'imprime dans ce moment. Le monde scientifique sait ce que Ton peut attendre du scalpel et de la plume de M. Valentin ^ je me bornerai donc à dire ici, pour rendre justice à son désintéressement, que 31. Valentin a fait, à ses propres frais, un voyage sur les bords de la Méditerranée, dans le but spécial de se livrer aux recherches nécessaires pour compléter une pareille entreprise. Des monographies sur l'organisation de ces animaux sont d'autant plus nécessaires maintenant, que depuis la publication des travaux de Tiedemann et de Délie Chiaje, la plupart des recherches qui ont été faites dans ce domaine de la science, concernent des points de détail. L'article Echinodermata , par Sharpey , dans l'Encyclopédie anatomique et physiologique de Todd , contient seul un résumé complet de l'état de nos connaissances sur l'organisation de l'ensemble de ces animaux.

Quelques monographies sont en outre venues étendre ce domaine tout récemment. C'est ainsi que M. Grube a publié une description anatomique très-complète du Sipuncuhis nudus, accompagnée de planches très-bien faites (Archives de Millier, 1837, pag. 237). M. Krohn (ibid., 1839, pag. 348) a ajouté quelques détails sur le système nerveux de cet animal, qui avaient échappé à M. Grube.

M. J . Millier a étudié avec beaucoup de détails et d'une manièi'e comparative l'organisation du Pentacrinus Caput Medusœ ^ dont il est parvenu à se procurer un exemplaire conservé dans l'esprit de vin. La publication de son mémoire sera une précieuse addition à nos connaissances sur l'anatomie des Echinodermes ; malheureusement il n'en a encore paru qu'un extrait dans les Bulletins de l'Académie de Berlin , du mois d'avi'il 1 840 , tellement concis et si riche en faits nouveaux, qu'il faudrait le reproduire en entier pour en donner une juste idée. Ce qui s'y trouve déjà relaté est d'un haut intérêt, non seulement sous le point de vue anatomique, mais encore sous le point de vue zoologique. J^L J. Mùller abandonnant, dans sa description des parties solides de cet animal , la nomenclature bizarre employée d'abord par Miller, puis par tous ceux qui ont décrit des Crinoïdes depuis lui , propose une terminologie beaucoup plus simple de toute cette charpente si compliquée.

Plusieurs points de détail de l'anatomie des Echinodermes ont également été éclairés. M. Krohn a publié un mémoire très-intéressant sur le système

nerveux des Echinides et des Ilololhuries (Arch. de Midler, i841, p. l), que 31. van Beneden a observe de son côté chez les Oursins (Instit. n°273, p. 96.). Ehrcnberga le premier découvert les yeux dans les Astéries (Arch. de Midler, ] 834, p. 570) , et décrit leur connexion avec les nerfs des rayons; ils se voient très-facilement dans beaucoup d'espèces, même à l'état sec. 31. Forbes les a ensuite signalés dans les Oursins ( liist. of british Starfishes, etc., pag. 1 52); je les ai vus après lui dans plusieurs espèces. M3I. Ehrenberg (Arch. de Muller 1834, P- ^80), de Siebold (ibid. 1836, p. 291) , Valentin ( Repert. 2 vol. p. 26) et J. Muller (Bull, de l'Acad. de Berlin, 1840) ont donné des renseignemens détaillés sur les réseaux calcaires dont se compose la charpente solide des Echinodermes. De mon côté j'ai cherché à préciser les lois de la disposition et de l'accroissement de ces plaques et leur analogie dans différentes familles ( Mémoires de la Soc. des sciences natur. de Neuchàtel, tom. 1, p. 2-6 et 7-11), contre lesquels M. Philippi a présenté quelques objections ( Wiegmann Archiv. 1837, vol. 1,p. 194). M. Duvernoy a communiqué à l'Académie des sciences de Paris ses idées sur la charpente solide de ces animaux ( Institut 1 837, N" 21 6, p. 208), auxquels il attribue un squelette intérieur, mais périphérique (Oursins) , tandis qu'il envisage les Astéries comme formées de la réunion de plusieurs individus soudés autour d'une bouche commune. Dans une notice sur quelques points de 1 organisation des Euryales, etc. (2'' vol. des Mém. de la Soc. des se. nat. de Neuchàtel) j'ai donné des détails circonstanciés sur la structure et la disposition des parties solides de ces animaux, et décrit deux espèces comparativement.

MM. Sarset Forbes ont revu ce que Olto Fr. 3Iidler avait dit sur les Pédicellaires des Echinodermes et ajouté de nouvelles observations sur ces organisations bizarres (llist. of brit. Starf. p. 1 55).

Dans mon Prodrome j'avais élevé des doutes contre la part que les tubes membraneux des ambulacres des oursins prennent à leurs mouvemens , m'appuyant sur quelques observations que j'avais faites sur les côtes sableuses de la Normandie, et sur l'assertion bien positive d'Aristote qui dit qu'ils se meuvent avec leurs piquans et que l'on distingue môme à l'état des piquans leur habileté à se mouvoir (*). 31ais M. Forbes a rectifié cette ma-

(»)Livr. 4. Cliap. 5.

nière de voir en démontrant qu'ils se meuvent également à l'aide des tubes membraneux des ambulacres , surtout lorsqu'ils vivent sur des surfaces solides. J'en ai vu chez 31. Forbes grimper à l'aide de ces tubes le long des parois verticales d'un bocal en verre parfaitement lisse. On ne saurait plus révoquer le fait en doute; reste à savoir si chez les Cidaris à longs piquans ces baguettes ne sont pas le principal organe du mouvement, et si chez les oursins à soies très courtes ce ne sont pas les tubes ambulacraires qui remplissent essentiellement cette fonction. M. de Siebold mentionne l'existence de lils microscopiques dans l'intérieur de ces tentacules et de leurs ampoules (Arch. de 3Iuller 1 836^ p. 295). 31. Ehrenberg, d'un autre côté, décrit des mouvemens vibratoires dans la peau des piquans de l'Echinus saxatilis (mouvemens qui sont niés par 31. Forbes) et indique l'existence d'une circulation intérieure de corpuscules semblables aux globules de sang dans tous les tentacules rétractiles de la face dorsale de l'Asterias violacea : il ajoute en outre que la surface de ces tentacules est toute couverte de cils vibratoires (Arch. de 3Iuller 1834, p. 577). 31. Volkmann a aussi donné des détails nouveaux sur la circulation des Astéries, mais je ne connais son travail que par extraits (Arch. de Wicgmann 1838, vol. 2, p. 333.)

L'histoire du développement des Echinodermes s'est enrichie de plusieurs faits importans. 31. Sars a fait connaître les changemens que suh'itVAsterias sangiiinolenta 3Iûller pendant les premiers temps de son existence.

31. Thompson, de Cork, une douzaine d'années après avoir décrit son Pentacrinus europœus, publia un second mémoire sur cet animal, dans lequel il l'envisage comme le jeune état du Comatula rosacea. Cette opinion a été pleinement confirmée par 3131. Forbes^ Thompson de Belfast et Bail, qui ont vu le Pentacrinus europœus vivant se détacher de sa tige et nager librement sous la forme d'une petite Gomatule. Les renseignemens que 31. Forbes a donnés sur le développement de cette Gomatule sont très-curieux.

31. de Siebold a signalé l'existence de la vésicule et de la tache germinative chez toutes les Astéries qu'il a examinées ( Arch. de 31ûller 1836, p. 297.). 31. 3. 3Iùller a également décrit la vésicule et la tache germinative des Comatules et des Ophiures. 31. Peters ( Arch. de 31iiller 1 840, p. 143) annonce que les oursins ont des sexes distincts. Ils ne diffèrent pas, il

est vrai, extérieurement ; les organes sexuels des mâles et ceux des femelles ont la même apparence- mais chez les femelles des Ecliinus purpureus et Melo , les glandes sexuelles sont rouges et renferment des œufs où l'on distingue le vitellus et la vésicule germinative , tandis que chez les mâles elles sont blanches et remplies de spermatozoaires. MM. Valentin et 1\. Wagner ont également remarqué une semblable diqilicité de sexes chez les Holothuries, et 31. Rathke chez les Astéries. M. J. Mùller fait observer en outre qu'il en est probablement de même des Grinoïdes ou du moins des Comatules (Arch. de 31uller 1 840, p. 1 44.) M3I. Valentin et Miescher ont observé des spermatozoaires dans le Spatangus purpureus (Repert. de Valentin 1 840, pag. oOl). M. Milne-Edwards a confirmé ces faits par de nouvelles observations.

Dans un mémoire spécial, inséré dans les Archives d'histoire naturelle de AViegmann (1837, vol. I^ p. 241) , M. Philippi a décrit deux monstruosités d'Echinus et de Spatangus. MM. H. de Meyer et Agassiz ont aussi fait connaître diverses monstruosités par défaut et par excès.

Plusieurs mémoires étendus ont été publiés sur les Echinodermes fossiles, et un bon nombre d'espèces se trouvent décrites dans divers ouvrages généraux de géologie et de paléontologie. Mais ces travaux manquent encore d'ensemble , la plupart des auteurs divergeant d'opinion sur les limites à assigner aux genres. Ceux qui ont été établis depuis 3Iiller dans la famille des Crinoïdes, et qui sont assez nombreux,, paraissent surtout avoir besoin d'une révision. 31. Alcide d'Orbigny vient d entreprendre cette tâche diflicile en publiant son Histoire naturelle des Crinoides vivans et fossiles , travail qui repose sur l'examen critique d'une collection très-considérable. Le grand mérite de cette monographie me paraît consister dans l'an'angement méthodique des genres, qui sont ici distribués par familles naturelles; tandis que jusqu'à présent on les avait placés pêle-mêle à la suite les uns des autres. Déjà trois livraisons de cet intéressant ouvrage ont paru; elles renferment la description des genres Guettardicrinus , Apiocrinus et Millericrinus de la famille des Apiocrinidées. Il est à regretter seulement que 31. d'Orbigny n'ait pas tenu compte des travaux de 31. Ch. Ronig qui, dans ses Incones sectiles, a déjà établi depuis longtemps plusieurs genres , ses Ceriocrinus , Pomatocriniis et Symphytocriniis, qui me paraissent en partie faire double emploi avec ceux

que M. d'Orbigny propose. M. L. de Buch vient également de publier dans les bulletins de l'Académie de Bei'lin un travail critique sur les Sphaeronites , groupe peu connu de Crinoïdes, dont la véritable structure avait échappé aux auteurs qui s'en étaient occupés jusqu'à lui. Le mémoire de M. de Bucli est accompagné de très-belles figures. Pander, dans ses Beytraege ziir Geo- ^nosie des russischen Reichs , donne aussi quelques renseignemens sur ces fossiles, accompagnés de figures. M. Goldfuss, dans un mémoire spécial sur les Crinoïdes fossiles, inséré dans les Acta nova Academ. caesar. Leop. Carol. Naturœ Curiusoriim, T. 19, etc., a fait connaître un nouveau genre sous le nom de Gasterocoma et donné d'excellentes figures et de très-bonnes descriptions d'un nombre assez considérable d'espèces qui ne figuraient point encore dans son grand ouvrage sur les fossiles d'Allemagne. M. le comte de Munster a aussi décrit plusieurs Crinoïdes nouveaux des terrains de transition , dans ses Beytraege ziir Petrefactenkunde , parmi lesquels il y a trois genres nouveaux, très-remarquables par la disposition des parties de leur calice qui, déviant du type quinaire, qui est le plus fréquent dans ce groupe d'animaux , présente des nombres inusités dans la classe des Echinodermes. 11 appelle ces genres : Dichocriniis , Triacrinus et Asterocrinus. Dans le même ouvrage M. le comte de Munster a en outre établi son genre Comaturella et décrit plusieurs espèces nouvelles de genres déjà connus. M. Herm. de 31eyer a aussi établi deux genres nouveaux de Crinoïdes dans le Muséum Senkenbergianuin de 1837, sous les noms à^Isocrinus et de Chelocrinus. M. Bronn a décrit le genre Ctenocrinus dans le Jahrbuch fur Minerai, u. Petref. de 1 840; M. Steininger le genre Halocrinites dans les volumes 8 et 9 du Bulletin de la société géologique de France, et dans le premier volume des Mémoires de cette Société. M. Quenstedt (Wiegmann, Arcliiv. \ 835) et Bronn (Jahrb. fiir Min. \ 837) ont décrit de nouvelles espèces d'Encrinus du Muschelkalk ; ensorte que l'on connaît maintenant trois espèces distinctes de ce genre remarquable.

M. Pbilipps , dans la seconde partie de sa géologie du \orksbire, a aussi établi deux genres de Crinoïdes provenant des terrains houillers et qu'il désigne sous les noms à^Euryocrinus et de Gilbertsocrinus , et décrit plusieurs espèces nouvelles de genres déjà connus. Dans le grand ouvrage sur le sys-

tème silurien de M. Murchisoiij M. Philippsa eu outre décrit un grand nombre de Crinoïdes nouveaux, provenant des terrains fossilifères les plus anciens, parmi lesquels se trouvent encore plusieurs genres nouveaux, qu'il nomme Marsupiocrinites , Hypanthocrinites et Dimerocrinites. Le genre hcliadites de M. Konig (3Iurchison Silurian System pi. 20, fig. Il) appartient aussi aux Crinoïdes; M. de Buch l'envisage comme identique avec le .,9/>//rte/'oniVes Aurantumi. Sous le nom de Scypliocrinites , M. Zenker a décrit une forme particulière de ces animaux , dans son Naturgescliichte der Urwelt. Enfin M. de Ilagenow a fait connaître un genre nouveau voisin des Solanocrinus , qu'il nomme Heitha, et plusieurs espèces nouvelles de Crinoïdes et d'Echinites.

Je mentionnerai encore les genres Glenotieinites de Goldfuss et Ganymeda de Gray, quoique j'aie acquis la certitude qu'ils ont été établis d'après des axes de Crinoïdes de la famille des Comatules et qu'ils doivent par conséquent être supprimés. Quant aux genres Caryocrinites de Say et Trianisites àeVxdilinesque^ ils ne me sont connus que par des citations nominales. Le genre Marsupites de 31. Mantell (^Marsupiuni Ronig) est déjà trop connu pour être encore mentionné parmi les nouvelles acquisitions de la paléontologie.

M. Romer dans son ouvrage sur les fossiles du terrain jurassique du nord de l'Allemagne et dans son second ouvrage sur les fossiles du terrain crétacé des mêmes contrées, décrit un nombre assez considérable d'espèces nouvelles d'Echinodermes, de l'ordre des Ecbinites et des Crinoïdes. MM. Kocb et Dunker ont aussi décrit plusieurs Ecbinites nouveaux dans leur supplément au premier ouvrage , et M, Hinsinger tous ceux des terrains de la Suède, dans son Lethaea suecica, accompagnés de très-bonnes figures.

La famille des Crinoïdes mérite d'autant plus de fixer l'attention des naturalistes, qu'elle donnera la clef du développement de toute la classe des Echinodermes à raison des formes variées qu'elle renferme ; ce sont en quelque sorte les précurseurs des Comatules, des Astéries et des Ecbinites , dont ils affectent même quelquefois déjà les formes. A cet égard, le plus curieux de tous les genres est celui que je décrirai sous le nom à'Echinocrinus et qui a tout-à-fait la forme spbéroïdale des oursins avec des ambulacres étroits et de longs piquans épineux comme certains Cidaris. L'analogie avec ces der-

niers est si frappante, que des fragmens détachés de ce genre, qui est circonscrit dans les terrains de transition et dans les terrains houillers , ont réellement déjà été décrits comme des Cidaris ; tels sont entre autres le Cidaris Uriiàe Fleming, et les Cidarites Nereij Protêt et priscus du Comte de Munster et quelques espèces inédites.

Les Astéries et les Ophiures fossiles sont encore très-peu connues; on n'en a même signalé qu'un petit nombre, parmi lesquelles je citerai comme nouvelles celles que M. Williamson a décrites dans le Magasin d'histoire naturelle de Loudon pour -1836 et celles de la collection de Lord Enniskillen et de Sir Philippe Egerton décrites par M. Broderipdansle 5" volume des Transactions de la société géologique de Londres, sans compter celles qu'ont décrites M. le Comte de Munster, M. Goldfuss, M. DesMoulins et M. Agassiz. Mais le nombre en est assez considérable, et je me plais à annoncer sur ce sujet \\\\ travail spécial de M. Dixon, qui doit embrasser toutes les espèces d'Angleterre.

Dans l'atlas de son voyage en Crimée, etc., M. Frédéric Dubois de Montpéreux a préludé à la publication des magnifiques collections de fossiles qu'il a rapportées de ces contrées, par l'émission d'une grande planche d'Echinites très-intéressans. Dans le 4" vol. de la 2" série des mémoires de l'Académie des sciences de Turin, M. le docteur Sismonda a publié une monographie complète des Echinites fossiles du Piémont, dans laquelle il décrit un genre nouveau sous le nom à^Anaster^ et un grand nombre d'espèces nouvelles accompagnées de bonnes figures. M. Grateloup a aussi publié un mémoire spécial sur les oursins fossiles qui se rencontrent dans les terrains calcaires des environs de Dax (Actes de la soc. lin. de Bordeaux, tom. 8, accompagnés de nombreuses figures.) M. Leymerie a décrit plusieurs espèces intéressantes de Diadèmes dans le 3° vol. des mémoires de la Soc. géologique de France. Dans le même recueil, tom. 2, M. Dujardin a également décrit un oursin nouveau de la craie. M. DeFrance a donné, dans le Dictionnaire des sciences naturelles de Levrault, de nombreux articles sur les divers genres d'Echinodermes fossiles , qui font connaître l'état de la science sur ce sujet à l'époque de la publication de ce recueil encyclopédique. Quoiqu'il embrasse l'ensemble des fossiles, le

grand ouvrage de Goldfuss sur les pétrifications d'Allemagne sera encore pendant longtemps l'ouvrage capital pour l'étude des Echinodermes fossiles.

Moi-même j'ai fait connaître les Echinites fossiles de la Suisse dans deux mémoires insérés dans les Nouveaux mémoires de la société helvétique des sciences naturelles^ tom. 2 et 4 ; mes descriptions sont accompagnées de figures, qui représentent toutes les espèces sous plusieurs faces. Dans ce mémoire, j'aiétabli les genres nouveaux suivans: Hyboclypus, Pygorhynchus, Conoclypus, Pygurus , Ilemicidaris , Acrocidaris, Acrosalenia, Tetragramnia, Pedina, et Glypticus. Précédemment, j'avais déjà publié à part une notice sur les espèces du terrain néocomien, insérée dans le \" vol. des Mémoires de la soc. des se. nat. de JYeucIidtel. A la suite de mon Catalogue systématique des moules des Oursins fossiles du 31usée de Neucliâtel*, j'ai publié les caractères diagnostiques des genres nouveaux ou encore peu connus que j'ai établis jusqu'à ce jour parmi les Ecbinites ; les genres suivans s'y trouvent caractériséspourla première fois: Toxaster A^. , Brissopsis Ag. , JSucleopygus Ag., Globalor A^., CaratomusA^. ,AniblypYgus Ag. ,Heliopliora** Ag., Amphiope Ag., Encope Ag., Echinopsis Ag., Cyphosoma A^. Acropeltis , Cœlopleurus, Codiopsis , Podophora, Acrocladia. L'émission de plusieurs collections de ces moules a donné à l'ensemble de mon travail sur les Echinites fossiles une première publicité qui contribuera, je l'espère, à avancer nos connaissances de ces fossiles et à faciliter l'identification d'exemplaires appartenant à des espèces qui ne sont encore ni figurées ni même décrites. J'ai mis par là en circulation des l'eprésentations aussi fidèles qu'il est possible de les obtenir, d'un grand nombre d'échantillons uniques ou dans un état parfait de conservation.

Depuis la publication de ma première monographie des Echinodermes, en 1 838 , les matériaux dont je dispose se sont considérablement augmentés. Une quantité d'espèces nouvelles appartenant à tous les ordres de la classe des Echinodermes m'ont été confiées par les nombreux amis de la science qui ont compris que réunir en un même faisceau le plus de données possibles, c'est le plus sûr moyen de la servir avantageusement. Je me fais par conséquent

(*) Catalogus System. Ectyporum Echinoderraatum fôssiliuni Musei neocomensis. 4" 1840. (**) Ce genre a repris plus tard le nom de Rotula que lui avait donné Klein , il y a déjà plus d'un siècle, et dont personne n'a tenu compte. lU

un devoir et un plaisir de consigner ici les noms de tous ceux qui se sont acquis de nouveaux droits à ma reconnaissance, soit en me communiquant des originaux, soit en me fournissant des renseignemens sur la i épartition ou le gisement des espèces.

M. le professeur Mérian de Bâle m'a confié tous les originaux de la belle collection du musée de Bâle, dans laquelle j'ai retrouvé des originaux de plusieurs espèces figurées et décrites dans le grand ouvrage de Knorr. M. André Deluc que j'eus l'avantage de voir à Genève en 1 839, a bien voulu me permettre d'emporter toutes les espèces nouvelles contenues dans sa célèbre collection, l'une des plus belles qui existent. M. Yalenciennes m'a donné le même témoignage de bienveillance , en mettant à ma disposition un grand nombre .d'espèces fort rares du Muséum de Paris. 3IM. DesHayes et Miclielin ont continué de nie faire part avec un généreux empressement de toutes les espèces nouvelles dont se sont enrichies leurs collections. J'ai reçu en communication de M. Elie de Beaumont plusieurs espèces fort intéressantes de la craie et des terrains pisolitiques de Vérone. M. le professeur Pictet de la Rive m'a communiqué plusieurs espèces nouvelles du musée de Genève. M.Walchner, directeur de l'Ecole polytechnique de Carlsruhe , m'a confié de fort beaux oursins recueillis par lui dans la chaîne du Sentis et en Allemagne. M. Alex. Brongniart a bien voulu m'adresser un second envoi d'oursins provenant des terrains crétacés de France. M. le comte de Maiidelslohe et M. Rœmer m'ont confié chacun leurs collections pour me faciliter la comparaison des espèces du Jura Wurlembergeois et du Nord de l'Allemagne avec celles du Jura suisse. 31. Rechsteiner de Teuifen, canton d'Appenzell, m'a envoyé plusieurs espèces très-précieuses recueillies par lui dans le néocomien et dans la craie marneuse des Alpes de St-Gall. M. Cha vannes de Lausanne m'a confié plusieurs espèces fort intéressantes du musée de Lausanne. Les oursins de la collection de feu M. Pxenaud-Comte, contenant des espèces fort intéressantes des terrains jurassiques et néocomiens, m'ont été communiqués au nom de la famille du défunt , par M. Nicolet, qui y a joint plusieurs espèces nouvelles trouvées par lui dans la molasse et dans le néocomien du canton de Neuchâtel et du département du Doubs. M. le docteur Mayor de Genève et M. x\lphonse Favre-Bertrand m'ont remis de nombreux oursins de la

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montagne des Fis^ dn Saxoiinet, du Reposoir, du Salève et de la perte du Rhône, qui serviront, je l'espère, à fixer d'une manière de plus en plus précise les rapports qui existent entre les terrains fossilifères de ces intéressantes localités et les terrains crétacés de France et de Suisse. M. Strohmeyer, curé à Obergœsschen, dans le canton de Soleure , ma envoyé plusieurs espèces fort rares de Toolitc du Jura soleurois et bernois. M.Yoltz, dont la science déplorera longtemps la perte, m'a envoyé en communication, dans le courant de l'été 1 839 , les Echinodermes fossiles de l'Ecole des mines de Paris, parmi lesquels se trouvent des espèces fort remarquables d'étoiles de mer. M. DesMoulins m'a confié l'original de l'une de ses espèces nouvelles de Scutelles , accompagné de nouveaux renseignemens sur les Scutelles. M. Leymerie m'a adressé les originaux de toutes les espèces de Diadèmes décrites et figurées dans son mémoire sur le terrain secondaire des environs de Lyon. M. J. Mûller de Berlin m'a envoyé un nombre considérable de beaux exemplaires d'oursins des terrains jurassiques et crétacés. Je dois aussi à MM. Alex, et MaxRraunla communication de plusieurs espèces jurassiques et crétacées, et à M. de Buch. la connaissance d'une espèce nouvelle de Dysaster. Enfin MM. Gressly^ Cou- Ion père et fils, Parandier et Escher de la Linth ont continué de me faire part de toutes les espèces nouvelles qu'ils ont recueillies dans ces dernières années.

Mais c'est surtout dans mon dernier voyage en Angleterre que j'ai recueilli le plus de matériaux pour mon travail. M. le marquis de Northampton daigna me confier les exemplaires les plus précieux d'un grand nombre d'espèces jurassiques et crétacées de la Grande Bretagne.

Je dois à l'obligeance de MM. Forbes , Thompson de Belfast et Bail de Dublin une collection à peu près complète des Echinodermes vivans observés jusqu'à ce jour sur les côtes des lies britanniques. Ces matériaux ont pour moi une valeur inappréciable, puisqu'ils me serviront à fixer les limites de l'identité des espèces du nord de l'Europe avec celles de la 31éditerranée. 31. le D' Fleming m'a rendu un service non moins grand en me communiquant les exemplaires originaux de plusieurs espèces qu'il a le premier décrites dans son histoire naturelle des animaux de la Grande Bretagne. 31. Stokes a également mis à ma disposition sa magnifique collection d'oursins et d'é-

toiles de mer vivans et de Grinoïdes fossiles. M. Wood m'a communiqué toutes les espèces du crag qui se trouvent dans sa belle collection. M. Banbury, secrétaire de la société géologique de Londres, a mis à ma disposition ime foule d'espèces de Dover et de Warminster, et M. Bowerbank toute une série provenant du crag, de l'argile de Londres et delà craie. M. Woodward et M. Dixon m'ont confié de fort belles espèces du crag et de la craie. Je dois aussi à l'obligeante amitié de Lord Enniskillen, deSir Pbilip Egerton, de M. Lyell et de M. Hibbert la communication d'une foule d'espèces provenant de tous les terrains fossilifères. M. Austin m'a communiqué une espèce nouvelle d'un genre fort remarquable, que j'ai appelé Echinocrinns. J'ai en outre puisé de précieux renseignements sur les rapports géologiques des espèces et des genres, dans la riche collection de la société géologique. A Edimbourg, M. le professeur Jameson , de son côté, m'a offert toutes les facilités désirables pour étudier la riche collection du Musée de cette ville; les Ophiures surtout y sont d'une rare beauté. MM. Drummond etPatterson de Belfast m'ont communiqué plusieurs espèces d'Oursins et de Grinoïdes. J'ai les mêmes obligations à M. Portlock et à M. Goodsir qui possède une fort belle série d'Holothuries. Enfin M. Gray a rais à ma disposition tous les matériaux du musée britannique , qui est surtout riche en Astéries, comme le prouve le travail remarquable de ce savant zoologiste sur cette famille, travail qui repose essentiellement sur l'examen des espèces du 3Iusée britannique. 31. Gray ayant donné son assentiment à mon projet de faire dessiner toutes les espèces nouvelles qu'il a décrites, j'ai la certitude de pouvoir rendre cette partie de mon ouvrage aussi complète qu'il est possible maintenant, d'autant plus que 31. Yalenciennes m'a donné la même assurance à l'égard des espèces du Musée de Paris, et 31. J. 31uller pour celles qui font la base de son travail.

Fort du concours de tant de naturalistes distingués , j'espère rendre mes 31onographies toujours plus dignes de l'accueil bienveillant qu'elles ont reçu.

Neuchâtel, en juillet 1 841 .

L' Agassiz.

ECHINITES

FAMILLE DES CLYPÉASTROIDES.

DES SCUTELLES.

PRÉFACE

Partant du point de vue que les organismes fossiles sont intimement lie's aux organismes vivans, et que pour arrivera 1 intelligence complète des rapports qui existent entre les divers membres d'une famille d'animaux, il faut en poursuivre le développement dans les diffe'rentes périodes de Tliistoire de la terre, j'ai réuni dans cette monographie les espèces fossiles et vivantes du groupe des Scutelles, dont j'ai pu me procurer des exemplaires, et j'ai lieu despérer que pour les géologues, comme pour les zoologistes, l'étude des modifications que ce type remarquable a subies depuis sa première apparition à la surface de la terre jusqu'à nos jours, ne sera point la partie la moins intéressante de ce mémoire.

Malgré l'intéi'êt tout particulier qui semble se rattacher aux Scutelles, à cause de leur forme bizarre et de leur grande taille , ces animaux n'en sont pas moins fort rares 5 ce qui se comprend en quelque sorte, lorsqu'on songe que les espèces vivantes habitent pour la plupart les mers tropicales, d'où elles n'ont été rapportées que par quelques naturalistes, et que les fossiles sont restreintes pour la plupart aux terrains tertiaires. Aussi n'aurais-je pas pu songer à soumettre cette tribu à un travail monographique^ si je n'avais eu le bonheur de rencontrer chez tous ceux de mes collègues qui sont possesseurs ou directeurs de collections, le plus généreux empressement à seconder mon entreprise, soit en me confiant les originaux dont ils disposent, soit en me permettant de les faire dessiner. Les amis de la science ne s'étonneneront pas de m'entendre nommer encore ici, comme ayant droit à ma plus entière reconnaissance, les noms de 31M. Valenciennes, Gray, Stokes, Michelin, DesHayes. Je dois aussi des remerciemens tout particuliers à

M. Alex. Brongniart, à 31. le Doct. Mayor de Genève, à M. Pictet de la Rive, à M. Alcide d'Orbigny, et à 31. 3Iérian de Bâle.

Dans la synonymie des espèces , je n'ai mentionné que ceux des auteurs qui ont étudié les Scutelles sur des originaux : les principaux sont Klein, Leske, Lamarck, DeBlainville, Gray et Des3Ioulins. Les ouvrages de ces auteurs , auxquels se rapporte ma synonymie, sont: de Lamarck, la seconde édition de son Histoire naturelle des animaux sans vertèbres ; de Charles Des- 3Ioulins ses Etudes sur les Echinides, extraites des Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, et plus particulièrement son troisième mémoire intitulé Tableaux synonyniiques des Echinides, Tom. IX, 2'' livr. des Actes ci-dessus; de 31. DeBlainville, son article Zoophytes , dans le Dictionnaire des sciences naturelles de Levrault, et son article Scutelle dans le même dictionnaire; de 31. Gray, son mémoire extrait des Annals of Philosophy et ayant pour titre An Attenipt to divide the Echinida or Sea Eggs into natural Eamilies; enfin mon Prodrome dune Monographie des Radiaires inséré dans les Mémoires de la société des sciences naturelles de Neuchàtel, Tom. 1.

J'ai donné des figures coloriées de toutes les espèces vivantes dont les teintes m'ont paru n'être que peu ou point altérées. 31alheureusement le nombre n'en est pas considérable.

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