‹ Monographies d'échinodermes, vivans et fossiles (volume 2)Chapitre 26 sur 187 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DU GENRE RUNA Agass.

Le caractère saillant de ce petit genre consiste dans la forme et les proportions des aires interambulacraires , qui sont sensiblement plus étroites que les aires ambulacraires et séparées de ces dernières par des sillons plus ou moins profonds. Les pétales ambulacraires , au lieu de se fermer, s'évasent au contraire à leur extrémité. 11 paraît aussi qu'il n'existe point de sillons trausverses entre les rangées des zones porifères. L'ouverture buccale, de forme circulaire ou ellipsoïde, est placée au centre de la face inférieure. L'anus, plus petit que la boucbe, est situé entre l'ouverture buccale et le bord postérieur.

Je ne connais jusqu'ici que deux espèces de ce genre ; le Runa Coniploni , décrit ci-dessous , et le Runa decemfissa (Scutella decemfissa DesM.), mdiqué par M. Cbarles DesMoulins, dans ses tableaux synonymiques des Ecbinides , et qui se trouve en la possession de M. Jouannct. L'une et l'autre sont de très-petite taille , et proviennent des terrains tertiaires.

En plaçant ce petit genre après les Rotules , je n'ai eu pour me guider que la forme extérieure, car ne possédant que deux exemplaires du jR. Comptoni , il m'a été impossible d'étudier l'intérieur du test. Il se pourrait donc, qu'en réalité, les Runes fussent plus voisines des Laganes et des Echiuocyames que des Rotules. En attendant de plus amples informés , il ma semblé que par les entailles de leur bord, elles établissaient en quelque sorte un passage entre les genres à bords entiers et ceux qui ont les bords entaillés.

L RCNA COMPTOM Ag.

Tab. II, fig 11-19.

Cette petite espèce est de forme subcirculaire ou plutôt ovoïde, plus longue que large et médiocrement renflée; la hauteur, qui égale à peu prés les deux tiers de la longueur, présente

— oo

une déclivité très-uniforme du sommet vers les bords , qui sont très-épais. Les aires inlerambulacraires sont très-étroites ; elles n'ont que la moitié de la largeur des aires ambulacraires , comme on le voit surtout bien à la face inférieure , où la séparation des aires est très-distincte. Les zones porifères des ambulacres ne sont visibles à la face supérieure que jusqu'à mi-bord, où elles disparaissent en divergeant. Les entailles qui séparent les aires ambulacraires des aire interambulacraires sont profondes ; elles s'étendent au delà du tiers de la distance entre le bord et le sommet. La boucbe , de forme elliptique , est située dans une dépression au centre de la face inférieure. L'anus, sensiblement plus petit que la bouche, est circulaire et plus rapproché du bord postérieur que de l'ouverture buccale. Je n'ai pu reconnaître la disposition des tubercules, la surface du test étant trop altérée. La rosette apiciale contient quatre pores génitaux. Les pores ocellaires, placés au sommet des pétales, sont excessivement petits.

J'ai représenté de grandeur naturelle (fig. 11-13 et 14-15) les deux seuls exemplaires que je possède, et dont l'un (fig. 14), paraît être un jeune. Les fig. 17-19 représentent l'individu de fig. 1 1 grossi , afin de faire voir les détails du test. L'apparence écailleuse de la face inférieure (fig. 18) provient de ce que les plaques du test sont rongées près des bords articulaires , ce qui les fait paraître saillantes au milieu.

Cette espèce a été découverte dans le terrain tertiaire des environs de Palerme , par M. le marquis de Northarapton , président de la Société royale de Londres, auquel je me suis fait un plaisir de la dédier.

H. RlXA DECEMFISSA Ag.

Sïx. Scutclla decemfissa DesMouI. Tabl. syn. p. 232.

Je ne connais cette espèce que par un croquis que je dois à l'obligeance de M. DesMoulins, et par lequel j'ai pu me convaincre qu'elle est réellement différente du R. Comptoni. Quoique très-petite, puisqu'elle a moins d'une ligne de long, elle est cependant proportionnellement plus allongée que l'espèce ci-dessus ; l'anus est plus rapproché de la bouche , et le pourtour du test est bien plus flexueux.

Cette espèce a été découverte par M. Jouannet dans le terrain tertiaire de Terre Nigre , prés de Bordeaux. M. Ch. DesMoulins a promis d'en donner une description détaillée.

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