‹ Monographies d'échinodermes, vivans et fossiles (volume 2)Chapitre 55 sur 187 · CHAPITRE YIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YIII

DU GENRE ECHINARACimiUS v. Pl.els.

Le genre Echiuarachnius remonte dans l'origine à van Phelsum auquel l'emprunta Leske, qui le substitua au genre Arachnoïdes de Klein. Mais Klein ne cite qu'une espèce dans son genre Arachnoïdes , l'A. placenta qui est le grand Echinodiscus de Breynius ; et ce n'est que tout récemment que M. Gray, en réintégrant le genre Echinarachnius, a groupé autour de cette première espèce d'autres espèces qui en sont plus ou moins distinctes. Ayant reconnu des différences génériques très marquées entre l'^. placenta et les espèces du type de YE. parma , j'ai dû conserver à cette première le nom primitif i'Arachnoides que lui avait donné Klein et réduire le genre Echinarachnius à celles du type de YE. parma.

Circonscrit dans ces limites , le genre Echinarachnius se'rapproche sensiblement des vraies Scu telles , dont il diffère cependant par sa forme plus circulaire , par ses pétales ambulacraires plus ouverts, et surtout par la position marginale de l'ouverture anale. Sans accorder à ce dernier caractère une valeur aussi grande que l'ont fait la plupart des auteurs, je crois cependant qu'il doit être pris en considération dans la délimitation des genres , surtout lorsqu'il coïncide avec d'autres caractères constans et qu'il contribue ainsi à donner à toute une série d'espèces une physionomie particulière.

Les espèces connues jusqu'ici sont au nombre de quatre, dont trois vivantes et une fossile. Ce sont en général des Oursins à test massif, de forme circulaire et à bords étroits. L'étoile ambulacraire est distincte ; les pétales sont très-larges et s'étendent au delà de mi-bord , mais ne se ferment pas à leur extrémité. La rosette apiciale se distingue à peine du reste du test ; il n'y a que quatre pores génitaux ; les trous ocellaires sont au nombre de cinq. A la face inférieure , les ambulacres sont indiqués par des sillons très distincts, qui s'étendent jusqu'à la périphérie, en détachant ordinairement deux rameaux latéraux. La bouche est centrale, circulaire et de moyenne grandeur. La rosette buccale est décagonale comme dans les vraies Scutelles. La surface du test

est revêtue d'une granulation très uniforme , composée de tubercules spinifércs autour desquels se groupent une quantité de tubercules miliaires. Il n'y a que peu tic différence à cet égard entre la face supérieure et la face inférieure , si ce n'est que , sur cette dernière , les tubercules spinifércs sont un peu plus développés et espacés qu'à la face supérieure. Cette différence se traduit dans les soies ; celles de la face supérieure sont courtes , très serrées et renflées à leur extrémité ; celles de la face inférieure sont plus longues , cylindriques et effilées ; les unes et les autres sont distinctement striées lorsqu'on les examine au microscope. Les espèces dont j'ai pu observer la couleur sont, ou d'un violet foncé tirant sur le brun, comme VE.parma, ou d'une teinte roselilas , comme 1'^. a/lanticus.

La cavité intérieure offre à peu près la même structure que celle des vraies Scutelles ; il n'y a ni cloison ni piliers calcaires entre l'appareil masticatoire et l'intestin ; en revanche , le bord présente un labyrinthe très compliqué de canaux circulant entre de nombreux piliers calcaires. L'appareil masticatoire se compose de mâchoires très hautes ; aussi les dents sont-elles dirigées à peu près verticalement de haut en bas. Les auricules , contre lesquelles sont appuyées les mâchoires , ont une petite échancrure très distincte au milieu. Je n'ai pas vu les dents proprement dites , ensorte que je ne puis dire si elles sont émaillées dans toute leur longueur ou seulement à leur extrémité.

L EcHix.vR.vcHMts PARMA Grav.

Tab. 20, fig. 7-18.

SïN. Echinaradinius panna Giay. AUeinpt on Ecb. p. 6. — Ag. Piotlr. p. 188. Echinodiscus parma])eB\. Zoopli. p. 199. Scuiclla parma Lam. p. 284, N° 13— E. Del. T. 2, p. 677. N» 13.— DeBl. Dict. se. nat. T. 48, p.226.

C'est une espèce de forme subcirculaire plus ou moins rostrée en arrière , notamment dans les vieux exemplaires et d'une épaisseur moyenne, présentant une déclivité uniforme vers le bord, qui est fort épais. Le sommet correspond à la rosette apiciale. Les pétales ambulacraires, ouverts et même légèrement évasés à leur extrémité , s'étendent au delà de mi-bord ; les zones por'ifères n'ont pas même la moitié de la largeur de l'espace intermédiaire ; au delà de leur extrémité , l'on voit encore les pores ambulacraires se prolonger par paires isolées jusqu'au pourtour du test. La face inférieure est à peu près aussi uniforme que la face supérieure ; les sillons

y sout très marqués ; chaque sillon détache deux branches principales près du pourtour du test et plusieurs autres petits rameaux moins marqués , et qui , par cette raison , ne sont pas visibles sur les exemplaires munis de leurs soies (fig. 13).

La surface du test est revêtue d'une granulation excessivement serrée , surtout à la face supérieure. La fig. 14 représente une portion de l'extrémité de l'un des pétales ambulacraires , sous un grossissement de 1 '/2 diamètre , montrant la disposition des tubercules spiniféres et la manière dont ils sont entourés par les tubercules niiliaires ; on y voit également les pores ambulacraires devenir de moins en moins réguliers à l'extrémité des pétales , à mesure que la distance qui les sépare est plus considérable. Les tubercules de la face inférieure sont moins nombreux et plus développés. A ces différences correspondent des différences analogues dans la forme et la disposition des soies : celles de la face supérieure sont courtes et très serrées ; leur extrémité est plutôt tronquée que renflée (fig. 1 a b c). Celles de la face inférieure sout subulées, cylindriques et considérablement plus longues que celles de la face supérieure (fig. 8 a b, et fig. 13 a 6 c). Examinées au microscope , les unes et les autres se montrent carénées et hérissées de fines dentelures sur les carènes ; la face articulaire seule est lisse.

L'appareil masticatoire est composé de mâchoires très fortes , hérissées de lames fort élevées; aussi chaque mâchoire prise isolément est-elle d'une très grande épaisseur, comme on le voit par la fig. 17 qui on représente le profil. La fig- 15 est une mâchoire vue par la face inférieure, montrant au milieu la petite carène qui s'adapte sur l'auricule. La fig. 16 montre la même mâchoire vue par sa face supérieure , l'on y remarque le sillon médian dans lequel était fixé la dent. La fig. 18 enfin représente encore la même mâchoire par sa face postérieure. Par une inadvertance du dessinateur , elle se trouve ici sens dessus dessous , ensorte que les arcs mon tans de la charpente , au lieu d'être dirigés en haut , le sont en bas.

J'ai représenté plusieurs variétés d'âge de cette espèce dans la planche ci-jointe. La fig. 9 est un jeune individu entièrement circulaire, sur lequel on distingue parfaitement l'articulation des plaques du test, sans doute parce que l'épiderme n'a pas encore atteint toute sou épaisseur. Fig. 10 est un individu un peu plus âgé , dans lequel le rostre du bord postérieur est déjà sensiblement marqué. Les fig. 7 et 8 montrent un individu de moyenne taille , revêtu de ses soies. Enfin les fig. 12 et 13 représentent deux individus adultes , l'un (fig. 13), avec ses soies, vu par la face inférieure , l'autre dépourvu de soies (fig. 12) et très distinctement rostre.

L' Eclunarachnius parina habite les côtes du Canada , où il n'est pas rare. Une partie des originaux de mes figures ont été rapportés de ce pays par M. Lyell , frère du célèbre géologue anglais.

H. ECHIX.VRACHSIUS RuMPHII Ag

Tab. 20, fig. 1-G.

Sv.N. Ecltitiarachnius Rumphii Ag. Prodr. p. 188. Echinndiscus Rumphii \ic\S\. Zoopli. \i. 199. SculeUa Rumphii BeBl. Dict. se. iiat. T. iS, p. iiG. Ecliinus planus Riimpli. Talil. 14 G.

M. de Blainville le premier a dislinguë cette espèce de la précédente, sous le nom d'IUchùiodisais RumpJiii. Plus tard cette différence a été contestée ; cependant comme elle habite la côte d'Amboine d'où elle a été rapportée parRumph, tandis que l'autre provient du Canada, on est eu quelque sorte eu droit d'en conclure à priori qu'elles sont spécifiquement dictinctes. Je ne connais point l'origine de l'exemplaire que je figure ici sous le nom d'E. Rumphii, et ce n'est qu'en m" appuyant sur la description de M. de Blainville avec laquelle il s'accorde en tous points que je l'ai distingué de l'espèce canadienne. Il m'a paru qu'elle en différait par la forme plus arquée de ses ambulacres , par la position plus supère de l'ouverture anale , et en ce que le bord postérieur , au lieu d'être arrondi ou légèrement rostre, est plus ou moins tronqué. Sous tous les autres rapports les deux espèces sont parfaitement identiques. La bouche est centrale, entourée d'une rosette buccale décagonale. Les sillons ambulacraires sont fort distincts et criblés d'une multitude de petits pores ; on remarque également sur le pourtour de la bouche les ouvertures des tubes branchiaux (voy, fig. 4, l'ouverture buccale grossie). La fig. 5 représente la rosette apiciale également grossie avec ses quatre pores génitaux situés au sommet des aires interambulacraircs , à l'extrémité des angles du corps madréporiforme, qui présente une surface linement granulaire, au milieu de laquelle on distingue de petits tubes très menus. La fig. 6 enfin montre la disposition des tubercules sous un très fort grossissement. On voit que les tubercules spinifères sont très développés et distinctement mamelonnés et perforés. C'est à tort que sur la Tab. 20 les fig. 7 et 8 sont attribuées à cette espèce ; elles appartiennent à ÏEcli. Parma.

L'original de mes figures fait partie de la collection du Musée de Neuchàtel. M. de Blainville en cite deux exemplaires dans la collection du prince d'Eslingen.

m. EcniNARACHMCs ATLANTicus Gray.

Tab. 21, fig. 32-34.

Cette espèce a été établie par M. J. E. Gray d'après une série d'exemplaires déposés au Musée britannique. Elle a le test proportionnellement moins massif que les autres. La hauteur égale à peine le sixième de la largeur. Sa forme est à peu près circulaire; cependant le diamètre transversal l'emporte sur le diamètre longitudinal : le bord postérieur présente un léger sinus au milieu de l'aire interambulacraire impaire . Un second caractère consiste dans la forme des pétales ambulacraires, qui, au lieu d'être très ouverts, comme dans les espèces précédentes, ont au contraire une tendance très prononcée à s'arrondir à leur extrémité sans cependant se fermer cnliércment. Les zones porifères des pétales sont sensiblement plus étroites que l'espace intermédiaire. La rosette apiciale montre quatre pores génitaux et cinq pores ocellaires ; les uns et les autres sont à peine visibles à l'œil nu. L'ouverture buccale est au centre de laface inférieure; elle est circulaire et entourée d'une rosette composée de dix plaques cunéiformes , dont celles qui correspondent aux aires interambulacraires sont plus grandes que celles des aires ambulacraires. Les sillons ambulacraires sont peu marqués , aussi n'en aperçoit-on aucune trace lorsque le test est recouvert de ses soies ; ils ne se bifurquent que deux fois dans leur trajet du centre à la circonférence. L'anus est entièrement marginal et situé dans l'échancrure du bord postérieur.

Ne possédant qu'un individu de cette espèce, que je dois à l'obligeance de M. Gray, je l'ai représenté de moitié avec ses soies, afin de donner une idée d'autant plus exacte de sa structure. Il en existe plusieurs exemplaires au Muséum britannique , qui sont tous d'une belle teinte rosée tirant au lilas et qui proviennent tous des côtes de Terre-Neuve.

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