Arach>oides placenta Ag
Tab. 21, fig. 35-42.
Syn. Arachnoïdes Klein, éd. Leske, p. 26, § 94, Tabl. 20, lig. A, B. — Klein Gall, p. 98, Tabl. 11, li;], A. Sctaella placenta Lam., p. 283 — E. Desl., Encycl. T. 2, p. 677. — DeBl. Dict. se. nat. T. 48,
p. 22.5. — Encycl. mélb. Tabl. 143, lig. 11 et 12. — DesMoul. Tabl. syn. p. 228, N" 1.5. Echinaraclinius placcntaGvn-^ k\Xcm\i\.on'Ec\\. p. 6. — Fleni. Biit. An. p. 479. — Ai«.Protl. p. 188. —
Foibes History of Britisb ftarfisbes. p. 178. Echinodiscus placenta DeBl. Zoopb. p. 199.
Echinus placenta Linn. 12<- edit. p. 1105. — Bosc Délerv. T. 24, p. 281. Ecltinodiseus inaxintus etc., Bieyn. Scbed. p. 64, Tabl. 7, fig. ", 8. Echinarachnius Lesl;e, ap. Klein, p. 218, Tab. 20, fig. A, B. Echinarachnius ( Egelspinueweb ) van Pbels. p. 38. ArachnoïdesBaxWa, Cat. Toni. 1, p. 424, N° 958. Gualt. Test. Tab. 110, fig. G.
S c niella porpita Expl. Enc. mélb. Tab. 152, fig. 3 et 'i. — Ag. Prod. p. 188. (Tiès-jeune exemplaire).
On reconnaît au premier abord cette espèce à sa forme lenticulaire , à ses bords très amincis, à son profil subconique et à son anus supra-marginal. J'ai long-temps partagé l'opinion des
natiiralisles qui l'envisagent comme congénère des vrais Echinaracluiius que nous venons de décrire dans le chapitre précédent. Mais une étude plus approfondie des détails de son organisation m'a appris que les différences qui les distinguent sont trop profondes pour que Ion puisse se refuser à y voir deux types indépendans. En effet , si i'.l. plamiin tient aux Echinarachnius par sa forme circulaire, par ses pétales ouverts et même très évasés à leur extrémité, et par la position de l'ouverture anale , qui est presque marginale , il s'en éloigne par d'autres caractères peut-être bien plus importans: et d'abord les sillons de la face inférieure ne sont pas de même nature, ils ne se ramifient point dans leur trajet du bord à la circonférence, et, malgré toute la peine que je me suis donnée , je n'ai pu y découvrir la moindre trace de pores microscopiques ; c'est une bande lisse et déprimée qui se continue également sur la face supérieure jusqu'à la rosette apiciale. En second lieu, la structure du test est très différente : au lieu d'être massif, comme dans la plupart des Echinarachnius , il est au contraire très mince et revêtu d'une granulation toute particulière, remarquable surtout par l'arrangement variable des tubercules. Sur les aires ambulacraires , les tubercules spiniféres forment des séries régulières obliques , séparées par de petites lignes en apparence continues (fig. 39) , mais qui , examinées sous un plus fort grossissement (fig. 39 o) , se montrent composées de tubercules miliaires conformés de la même manière que les tubercules spiniféres , c'est-à-dire mamelonnés et perforés , quoique d'une petitesse extrême. Cette disposition des tubercules est la même à la face inférieure, quoique moin* apparente à l'œil nu. Les tubercules des aires interambulacraires sont loin de présenter cette régularité ; ils sont répartis sans ordre apparent à la surface du test , et les tubercules sont entourés de tubercules miliaires comme dans les genres précédens. Cependant l'on remarque que ces derniers (les tubercules miliaires) sont proportionnellement moins nombreux (fig. 37 a).
Un troisième caractère qui distingue cette espèce des Echinaracbnius , c'est la présence de cinq pores génitaux , tandis qu'il n'y en a que quatre dans ces derniers. Ces pores occupent leur place habituelle au sommet des aires interambulacraires. Les pores ocellaires au nombre de cinq et à peu près aussi grands que les pores génitaux , sont placés au sommet des pétales ambulacraires et forment avec ces derniers un cercle régulier autour du corps niadréporiforme, qui est composé , comme à l'ordinaire , dune agglomération de petits tubes capillaires invisibles à l'œil nu , mais très distincts à la loupe (fig. 41).
Les ambulacres ont une forme très particulière ; ils ressemblent à des triangles allongés et étranglés sur le milieu des flancs ; et comme ils s'évasent considérablement , de manière à affecter à peu près les contours des aires interambulacraires dans d'autres genres , il est arrivé (juon
les .1 toufoudus avec ces dernières, e( prétendu que l'anus s'ouvrait dans un ambulacre. (Voyez la fig. 39 qui représente un pétale grossi). Les zones poriféres ne se maintiennent comme zones continues que jusqu'à la moitié de la largeur du test ; passé cette limite , les pores n'existent plus ({ue par paires isolées que l'on poursuit jusqu'à la circonférence. Les sillons transverses qui unissent les deux rangées de pores d'une même zone sont très marqués. Les pores eux-mêmes sont ronds et très uniformes.
La structure de l'intérieur justifie aussi sous plusieurs rapports la distinction que nous avons établie entre ce genre et les Echinarachnius. A part les réseaux ou piliers calcaires qui occupent les bords, on ne remarque à la face interne du test d'autres aspérités que les auricules; mais celles-ci sont d'une forme très particulière , car elles se terminent par deux petits bourrelets séparés par une échancrure très profonde. L'appareil masticatoire est aussi grêle que celui des Ecbinaracbnius est massif: les màcboires représentent un compas très ouvert (fig. 42 a, b); leur cbarpente est très mince, hérissée de fines lames calcaires, sur les bords; (voyez les fig. 42 c et d qui représentent le profil d'une mâchoire vue par derrière et de côté). Il existe en outre, à la face supérieure des mâchoires , une crête assez saillante qui s'élève de chaque côté du sillon dentifère (fig. 42 6, c, d). La face inférieure (fig. 42 a) n'est hérissée que de très petites lames calcaires bien moins élevées que celles de la face supérieure.
C'est à ma connaissance la seule espèce où l'articulation des deux demi-mâchoires sur la ligne médiane soit distincte. Elles se désarticulent même très facilement , et il est alors facile de se convaincre que la demi-màchoire droite est pourvue d'une petite carène longitudinale articulée dans un sillon correspondant de la demi-màchoire gauche.
La bouche est centrale et circulaire , entourée d'une rosette buccale peu distincte , mais qui paraît composée de dix plaques , dont celles qui correspondent aux aires ambulacraires sont les plus étroites (fig. 36). J'ai représenté (fig. 40) le pourtour de la bouche sous un grossissement de 172 diamètre , pour faire voir que les sillons qui viennent ici aboutir à la bouche sont réellement dépourvus de pores microscopiques. Dans l'exemplaire qui a servi de modèle à la fig. 40 , l'on voit quelques soies des bords des aires interambulacraires converger vers le centre de 1 ouverture buccale, à peu près comme dans les Astéries. Une autre particularité , c'est que dans l'enceinte de la rosette buccale , on ne remarque aucune différence entre les tubercules des aires ambulacraires et ceux des aires interambulacraires ; ils ne reprennent leur disposition respective qu'en dehors de celte rosette. L'anus , comme nous l'avons dit plus haut , est supra-marginal , circulaire et paraît percé d'arrière en avant.
Les soies sont très fines , mais il no paraît pas quelles diffèrent beaucoup dans leur structure de celles des autres genres. Examinées au microscope, elles se montrent hérissées de carènes fortement dentelées ; celles de la face supérieure sont clavellées ; celles de la face inférieure plus ou moins cylindriques. M. Forbes en a donné une figure grossie dans son Histoire des Echinodernies anglais , pag. 181.
Le Scutella Porpiia des auteurs est bien certainement un jeune de Y Arachnoïdes Placenta ; je m'en suis assuré par la comparaison que j'ai faite des exemplaires du Musée de Paris. Il m'est dès lors démontré que l'espèce fossile que M. Ch. DesMoulins a signalée dans ses Tableaux synonymiques sous le nom de Cassiduhis Porpiiaet que je neconnais pas, ne saurait avoir pour synonymes les citations relatives au Scutella Porpiia des auteurs que M. DesMoulins lui rapporte ; car il m'est impossible de penser que M. DesMoulins ait pu prendre un jeune Arachnoïdes Placenta pour une espèce du genre Cassidulus.
C'est par erreur que l'on a cru cette espèce originaire de l'Océan austral ; elle habite en réalité les mers du Nord. M. Forbes au moins assure que l'exemplaire qu'il a décrit et figuré dans son ouvrage a été recueilli par M. le professeur Jameson à l'île Toulah , l'une des îles Shetland; mais c'est à tort qu'il la confond avec l'espèce du Canada de la collection deM. Lyell, qui est VEchinarachnius parma , ainsi que nous l'avons dit plus haut en traitant de cette espèce.
Les originaux de mes figures mont été communiqués par MM. Valeucienncs et J. E. Gray.