IV. S.VLENl.V GEOMETIUCA Ag. T.lb. 1. fljf
C est la plus grande des espèces de ce genre connues jusqu'à présent. Sa forme élevée , presque sphéroïdale , iiiiLloment aplatie à la face supérieure et inférieure , l'étroitesse des aires ambulacraires et les sutures rcctilignes de l'appareil oviducal (qui m'ont engagé à lui donner le nom ci-dessus), serviront toujours à la distinguer de prime abord de la plupart de ses congénères.
L'ouverture inférieure est plus petite que l'appareil oviducal. Son pourtour est circulaire, bien que légèrement écbancré entre les aires ambulacraires et les aires interambulacraires. Comme dans la S. pmonata , le bord de ces dernières est presque droit , tandis que celui des aires ambulacraires présente une légère inflexion correspondant au point de jonction des deux séries de tubercules ; et il est digne de remarque que malgré la grande différence de largeur des aires ambulacraires et interambulacraires , les échancrures qui les séparent sur le pourtour de l'ouverture buccale soient à égale distance , fig. 27 et 31.
Les aires ambulacraires, très-étroites et légèrement sinueuses, portent deux séries de tubercules tellement rapprochés , qu'il ne reste point d'espace libre entre elles pour de plus petites verrues ; c'est à peine s'il en existe quelques-unes très-petites prés de l'ouverture inférieure. Les pores forment de chaque côté de l'aire ambulacraire une double série parallèle aux rangées de tubercules , fig. 26 et 29. Les aires interambulacraires, également larges du côté anal et du côté buccal , sont formées d'un petit nombre de grandes plaques portant chacune un tubercule très-saillant , entouré d'un cercle de plus petites verrues. Les plus gros tubercules sont placés au-dessus du milieu de la circonférence; tous, sans exception, s'élèvent du milieu d'une large zone lisse et sont couronnés d'un mamelon articulaire très-apparent , quoique petit comparativement à la largeur de la base , fig. 28 et 32. Les petites crénelures articulaires du mamelon se voient très-bien au-dessous du col des tubercules ; enfin l'espace entre les deux séries de gros tubercules est parsemé, comme dans l'espèce précédente, mais en nombre moins considérable, de très-petites granulations qui ont été omises par erreur dans le dessin.
Les plaques ovariales et interovariales et la plaque suranale sont également lisses. L'ouverture anale est subcenlrale , légèrement saillante et bordée diins sa moitié postérieure par la grande plaque suranalc qui occupe le centre du disque supérieur ; celte dernière est de forme hexagonale à base concave. Les ovariales sont irrégulièrement hexagonales , allongées et rétrécies en dehors, avec un petit trou au milieu. Leur bord extérieur est trontiué et arrondi; mais
il ne dépasse pas le bord des plaques interovariales , ce qui rend le disque apicial circulaire et assez régulier. Les plaques interovariales sont en forme de triangles irréguliers ; leur plus grand côté est tourné en-dehors et légèrement ondulé. Les sutures qui unissent toutes ces plaques représentent des lignes droites interrompues d'espace en espace par de petites impressions anguleuses, Og. 25 et 30. M. dOrbigny a eu l'obligeance de me communiquer plusieurs exemplaires très-bien conservés de cette espèce, provenant des couches inférieures de la craie de Saintes , près de la Charente , dans le département de la Charente-Inférieure. Un autre , non moins parfait , m'a été confié par M. DesHayes.
V. Salema scutigera Gray. Tab. 2, lig. 1 — 8. Cidarkes scutigcr. Miinst. (Goldf. Tab. 49. fig. 4 a et 4 6.)
J ai cru devoir reporter celte espère, du genre Cidaris où l'a placée M. le comte de Munster, dans le genre Salenia , parce qu'elle n'a point les tubercules perforés. M. Gray, et d'après lui M. DesMoulins la confondent avec la S. pctalifera (Echinus petaliferus DesM.), mais il est plusieurs particularités de structure qui l'en distinguent suffisamment pour qu'on puisse l'envisager comme spécifiquement différente : c'est entre autres l'étroitesse des aires ambulacraires et la disposition des plaques composant l'appareil oviducal , fig. 1 , 2 et 6.
J'ai vu plusieurs exemplaires de cette espèce , dont deux trouvés par M. Coulon dans la pierre jaune ( étage moyen du terrain néocomien ) , au Roc près de Neuchàtel , et deux provenant du grès-vert d'Angleterre, dont l'un m'a été communiqué par M. Brongniart et l'autre par M. Défiance. On en a cité également dans plusieurs autres localités, mais je doute que tous soient spécifiquement identiques avec mon espèce, notamment ceux que M. Goldfuss dit avoir été trouvés dans le terrain jurassique. En revanche, la figure publiée par cet auteur de l'exemplaire du comte de Munster, provenant du grès-vert de Kehlheim, ne me paraît pas en différer.
Le pourtour de l'ouverture inférieure est circulaire , légèrement crénelé à l'angle des aires ambulacraires dont le bord dépasse tant soit peu celui des aires interambulacraires , fig. 3 et 7. Les pores sont disposés par paires simples de chaque côté de l'aire ambulacraire et convergent , comme celle-ci , uniformément vers le sommet, fig. 2 et 5. Les aires interambulacraires, fig. 4, sont parsemées d'une masse de tubercules, dont deux rangées de très-gros , à base lisse et à sommet étranglé et plissé au-dessous de l'étranglement, fig. 8. Un cercle très-serré de tubercules
plus petits entoure les gros , cl l'espace entre ces différens cercles est en outre occupé par d'autres tubercules encore plus petits , également nombreux sur toute la surface du disque.
L'appareil oviducal , fig. 1 et 6 , parfaitement conservé dans l'exemplaire du grés-vert d'Angleterre, que je dois à. l'obligeance de M. Defrance, est beaucoup plus grand que l'ouverture inférieure; son pourtour est légèrement sinueux. Les plaques ovariales sont grandes , arrondies à leur bord externe, fortement crénelées à leur bord interne et percées chacune d'un trou. Les plaques interovariales sont moins grandes et allongées transversalement ;. les ovariales s'articulent entre elles et avec la grande plaque suranale qui forme le bord postérieur inmiédiat de l'anus , par des lignes droites marquées de petits points creux. L'ouverture anale est circulaire , rejetée en avant et légèrement relevée sur ses bords. Toutes les plaques de l'appareil oviducal sont lisses.
VL Salema gibba Ag. Tab. 2. fig. 9 — 16.
Cette espèce se fait remarquer entre toutes ses congénères par la très-forte saillie de son appareil oviducal, fig. 10, qui lui donne une forme à-peu-près conique de bas eu haut. Les aires ambulacraires , comme dans la S. geometrica, se distinguent par leur étroitesse extrême; au point qu'il n'y a pas même de place pour les plus menues granulations entre les deux rtuigées de tubercules : ceux-ci ne sont eux-mêmes pas plus gros que les verrues secondaires qui bordent les gros tubercules des aires interambulacraires , fig. 10 et 13. Les aires interaml)ulacraires , fig. 10 et 12, sont proportionnellement aussi larges que les ambulacraires sont étroites. Les gros tubercules sont au nombre de quatre ou cinq dans chaque rangée , entourés chacun d'un cercle très-prononcé de plus petites verrues , et surmontés d'un mamelon articulaire très-apparent, fig. 16.
L'ouverture inférieure a son pourtour garni de petites échancrures, qui en font un polygone à-peu-près équilatéral , fig. 11 et 15.
Par la structure de l'appareil oviducal, fig. 14, cette espèce se rapproche assez de la S. personata et de la S. petalifera; seulement les dépressions sur les lignes de sutures sont ici plus profondes. Les plaques ovariales ont , jusqu'à un certain point, la forme d'une feuille de vigne, tandis que les interovariales sont plutôt triangulaires. La plaque suranale est proportionnellement très -large , de manière que l'ouverture anale se trouve considéraldement
rejetée en avant ; et cette circonstance , jointe à lélévation de tout l'appareil , détermine cet aspect irrégulier et bossu qui a valu à l'espèce son nom.
Les exemplaires que j'ai sous les yeux m'ont été communiqués l'un par M. Michelin, et l'autre par M. d'Orbigny , qui la trouvé dans le grés-vert de l'île d'Aix, à l'embouchure de la Charente.