I. Ecni>ocvAMUs pusiLLus Flcm
Tab. 27, fig. 1-8.
SïN . Echinocjamus pusil/its Flein. Biit. anim. p. 481 . — Ed. Forbes llist. of br. Starûsh. p. 175. Spalangiu pusiUus Millier Zool. dan. p. 18, Tab. 91, fig. 5, 6. Echiniis minulus\j. Gm. p. 3194.
Echinocjamus minutas DeBl. Zoopli. p. 195.
Cette espèce semble rattacher d'une manière directe , par sa forme renflée, les Fibulaires aux Echinocyames. Il importait par conséquent d'étudier avant tout l'intérieur, pour s'assurer si ce passage existe réellement, et, dans le cas contraire, pour savoir auquel des deux genres il fallait la rapporter. Or il suffit de jeter un coup dœil sur les fig. 6 et 7, qui représentent l'intérieur, pour se convaincre que c'est bien réellement un Echinocyame , car il n'y a que les espèces de ce genre qui aient des cloisons semblables ; les Fibulaires , comme nous venons de le dire à l'article du genre , n'ont d'autres aspérités à l'intérieur que les auricules.
L'E. pusiUus est une petite espèce de forme ovoïde ou pyriforme, très-haute comparativement à son volume (fig. 3). La face supérieure est uniformément bombée, et le point le plus saillant correspond à la rosette apiciale. La face inférieure est légèrement concave ; la bouche, de forme circulaire , en occupe le centre. L'anus, situé à moitié chemin entre l'ouverture buccale et le bord postérieur, est très-petit (fig. 4). Afin de donner une idée plus exacte de la structure de ce petit oursin , j'ai ajouté aux figures de grandeur naturelle , les figures 2 , 5 , 7 et 8 qui sont vues sous un grossissement de deux diamètres. Une particularité de cette espèce consiste dans la grosseur proportionnellement très-considérable des tubercules spinifères (fig. 2 et 5) . Les pétales ambulacraires sont à peine sensibles , même sous ce grossissement ; cependant l'on remarque qu'ils affectent une forme plus ou moins arquée , mais sans s'arrondir à leur extrémité. J'ai cru remarquer aussi que les pores des zones porifères n'étaient pas réunis par des sillons transverses. La fig. 8 représente un exemplaire garni de ses soies; vues à l'œil nu, ces soies paraissent être trèsuniformes sur toute la surface; mais en les examinant au microscope, on trouve entre elles des différences de forme très-notables: celles de la face inférieure (fig. 8a) sont cylindriques, subulées et beaucoup plus longues que celles de la face supérieure (fig. 8b), qui n'ont guère que la moitié de la longueur des précédentes, et sont renflées à leur extrémité ; mais les unes elles
autres présenlcnt la même slructure , c'esl-à-dire qu'elles sont marquées de carènes longitudinales hérissées de fines épines. La fig. 7 est un grossissement de fig. 6, d'après un exemplaire un peu plus grand que celui de fig. 1 ; on y reconnaît distinctement les dix. carènes qui rayonnent du centre à la périphérie et séparent les aires ambulacraires des aires interarabulacraires. Les auricules aussi y sont très-distinctes ; elles correspondent aux aires interambulacraires, qui sont ici, comme dans les Laganes, sensiblement plus étroites que les aires ambulacraires. Depuis l'impression des planches ci-jointes, j'ai eu l'occasion d'observer aussi l'appareil masticatoire ; il est composé de cinq mâchoires très-hautes , à-pcu-prés comme celles de VEchinocyamus pyriformis représenté dans les fig. 24 de la même planche. Une conséquence naturelle de cette hauteur considérable des mâchoires , c'est que les dents sont très-arquées.
Cette espèce est fréquente sur les côtes d'Angleterre. Les originaux de mes figures m'ont été communiqués par M. Ed. Forbes ; ils proviennent des côtes de l'île de Man et de la baie d'Edimbourg. M. Fleming m'en a communiqué un exemplaire provenant des îles Shetland. On la dit très-répandue en Europe ; mais il importerait de revoir ces indications , des exemplaires en main, afin de ne pas confondre sous une même dénomination des individus qui pourraient appartenir à des espèces distinctes.
IL Ecni\ocYAMUs suffolciencis Ag.
Tab. 27, fig. 9-13.
.Syn. Fibularia suffolcieiicis Aq. Piodr. p. 188. — DesMoul. Tabl. syn. p. 244.
Voisine à bien des égards de ÏE. pusillus , cette petite espèce en diffère cependant par sa forme plus déprimée et plus élargie (fig. il) qui la rend à peu près circulaire , tandis que VE. pusillus est bien plus ovoïde. Quant aux détails de la structure du test, ik sont sensiblement les mêmes dans les deux espèces, ainsi que le montrent les dessins grossis de fig. 10 et 13 comparés à ceux de fig. 2 et 5. Les pétales ambulacraires sont peu distincts, mais l'on remarque cependant qu'ils ne s'arrondissent point à leur extrémité. La bouche est beaucoup plus grande que 1 anus et située au centre de la face inférieure, qui est légèrement déprimée. Les tubercules qui revêtent la surface du test sont très développés, sans cependant être aussi gros que ceux de ÏE. pusillus.
Cette espèce a été trouvée dans le Crag rouge d'Augleterre à Sutton dans le Suffolk. J'en ai vu de nombreux exemplaires dans la collection de M. Wood , qui possède en outre plusieurs autres espèces encore inédites de ce genre , provenant également du Crag. L'exemplaire ûguré m'a été communiqué par M. Woodward fds ; il est d'une teinte brun foncé , comme beaucoup de fossiles de cette localité. Cette couleur est due aux parties ferrugineuses que contient ce terrain.