‹ Monographies d'Echinodermes vivans et fossilesChapitre 27 sur 84 · III. Lobopiiora bifissa Ag · texte numérisé non relu

III. Lobopiiora bifissa Ag

Tab. 13, fig. 2-6 et Tab. 14, fig. 1 et 2.

S>x. Scuiclla HJissH Lam. Ton». 3, p. 281, N* 8. — E. Dcsl. Enc. Tom. 2, p. 676, N® 8. — DeBl. Dict. sc. nat. T. 48, p. 224. — DesMoul. var. A. Tabl. svn. p. 226, fli® 12. — Encycl.métb. Tab. 152, fig. 1 et 2.

Scuiclla inaurita 'propane} DeBl. Zoopli. p. 200. — Agass. Prod. Ech. p. 188.

Echinus inauritus var. a. L. Gin. p. 3109.

Echinoglycus inauritus { Ongcoordc Stonipbart ) van Phels. p. 34, N° 2.

Echinodiscus inauritus Leske apud Klein, p. 202.

Echinus planas ( Groote Pannekock ) Rumph. p. 37, Tab. 14, fig. F.

Placenta laganum majus Humphii Klein Gall. § 85, p. 02.

Oursin double-entaille B ose Dclcr. T. 24, p. 281 .

Echinanthus Seba Thés. Tab. 4 5, fig. 1 et 2.

La détermination de cette espèce m’a présenté les plus grandes difficultés à cause des renscignemcns contradictoires des auteurs. Van Phelsum et plus tard Leske distinguaient déjà deux espèces dans le type des I^obophores à deux entailles ouvertes , l’une ayant le bord postérieur tronqué (ôuumVux) , l’autre lavant pourvu de prolongeraens saillans (aurifus). Leske rapporte

à la première les fig. 3 et i de Tab. 15 de l’ouvrage de Séba , ainsi que la figure de Rumph (Tab. l i F.), mais en faisant remarquer qu’il trouve à peine les différences suffisantes. LamarcU et DcsMoulins ne les envisagent que comme des variétés d’une seule et même espèce , qu’ils désignent sous le nom de Scuiella bifiua.

L’espèce que je décris ici sous le nom spécifique de Lamarck correspond à sa variété a et à la lig. 3 de la PI. 15 de l'ouvrage de Séba. 11 est vrai que le lobe postérieur intermédiaire entre les deux entailles est un peu moins saillant ; mais en revanche, son bord est tronqué et plus ou moins tlcxneux ; or comme ce caractère est précisément celui que van Pbelsum indique comme le plus significatif, j’ai rapporté à cette espèce tous les synonymes qui ont trait à la figure ci-dessus mentionnée de Séba , et à celle de la PI. 152 de l'Encyclopédie méthodique qui n’en est qu’une copie réduite.

Par sa forme générale, le L. bifitM ressemble parfaitement à une boue ; le côté antérieur est arrondi et sensiblement pins étroit que le côté postérieur, surtout dans les vieux individus. C’est l'espèce la plus aplatie de tout le genre , et peut-être de tout le groupe des Scutelles. Dans es vieux exemplaires , tels que celui de Tait. 13, fig. 2, l’épaisseur égale h peu prés le onzième de la longueur. Les entailles situées dans le prolongement des aires arabulacraires postérieures sont de largeur moyenne à leur origine, mais s’élargissent sensiblement vers la périphérie. La rosette ambulacraire est petite proportionnellement à la grandeur du test; les pétales postérieurs sont, comme dans tous les Lobopbores, plus courts que les antérieurs. Leur longueur est égale à celle des entailles , et l’espace intermédiaire a à peu prés les mêmes dimensions. La rosette apicialc est petite ; les porcs génitaux , au nombre de quatre , sont à l’extrémité de ses rayons ; les pores ocellaires sont à peine visibles. L'articulation des plaques est très distincte particulièrement dans les jeunes exemplaires (Tab. li, fig. 1 et 2); les soies sont très petites, surtout à la face supérieure. L’exemplaire de Tab. 13 , fig. 2, en est revêtu dans une moitié, tandis que l’autre moitié montre l'apparence granulaire des tubercules. Les soies de la face inférieure sont plus développées , notamment dans les aires interambnlacraires ; au lieu d’être renflées à leur extrémité, elles sont grêles et cylindriques dans toute leur largeur.

La face inférieure est plus uniforme que dans les deux espèces précédentes ; les sillons ambulacraires y sont moins prononcés , mais plus ramifiés , au moins dans les vieux exemplaires. Les tubercules, quoique d’apparence uniforme , sont cependant difiérens suivant leur position; ils sont bien plus développés dans les aires intcrambulacraires que dans les aires ambulacraires * et cette différence sc traduit même dans les soies. L'ouverture buccale est au centre de la face

inférieure; son pourtour est circulaire. La rosette qui l'entoure est fort distincte et composée en apparence de cinq plaques rhomboïdales ; mais lorsqu'on l'examine de près , on y reconnaît encore cinq autres plaques très-étroites , correspondant aux sillons ambulacraires , ensorte qu’il y en a réellement dix , comme dans toutes les Srutelles. L’anus est placé à la hauteur de l'origine des entailles , c'est-à-dire un peu plus près du bord postérieur que de l’ouverture buccale ; il est très petit et de forme circulaire. La couleur est d'un violet très vif dans les jeunes exemplaires ; dans les vieux , elle semble passer au rouge brun. On remarque qu’à la face inférieure , les soies sont plus vivement colorées dans les aires interambulacraires que dans les aires ambulacraires.

L’intérieur est en grande partie occupé par les réseaux cellulaires ; il ne reste par conséquent que très peu de place pour l’appareil masticatoire et pour l'intestin ; aussi ce dernier est-il réduit à un boyau très étroit; la fig. 6 de Tab. 13 représente son trajet sur le côté droit : après être remonté jusqu’à la hauteur de l'aire interambulacrnire antérieure droite , il entre dans une anse profonde où il se replie sur lui-méme pour rétrograder vers l'ouverture anale. Cette anse est fortement infléchie à droite, tandis que dans l’espèce suivante elle est moins courbée. Les fig. 4 et 5 de Tab. 13 représentent l'appareil masticatoire d'un individu de même taille que celui de Tab. 14, lig. 1; il est vu par sa face inférieure , dans la fig. 4, et par sa face supérieure dans la fig. 5. Dans celte dernière , on voit les dents en place. La fig. 3 représente le plancher inférieur vu par sa face interne , l’appareil masticatoire étant enlevé ; on y reconnaît les cinq auricules sur lesquelles s'articulent les mâchoires.

L’exemplaire de Tab. 14, fig. 1 et 2, ma été confié par M. Valenciennes; il provient de la Mer-rouge, d’où il a été rapporté au Muséum de Paris par M. Roux. L’exemplaire de Tab. 13, fig. 2 , m'a été communiqué par M. Pictel , de Genève ; son origine n'est pas connue. Dans le grand ouvrage sur l’Egypte , Savigny a donné une figure de celte espèce parfaitement conforme à l'exemplaire que j'ai représenté Tab. 14, et provenant également de la Mer-Rouge.

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