‹ Monographies d'Echinodermes vivans et fossilesChapitre 51 sur 84 · I. Arachnoïdes placenta Ag · texte numérisé non relu

I. Arachnoïdes placenta Ag

Tab. 21, fig. 35-42.

Stm. Arachnoïdes Klein, cd. Leske, p. 26, § 91, Tabl. ‘20, fig. A, B. — Klein Gall, p. 98, Tabl. 11, fig. A. Scutella placenta Lain., p. 283 — E. Dcd., Enrycl. T. 2, p. 6/7. — DeBI. Dicl. sc. nat. T. 48, p.225. — Encycl. mêlh. Tabl. 143, fig. Il cl 12. — DesMoul. Tabl. syu. p. 228, N® 15. F.chinarachnitts placenta GrayAucinplonEch. p. 6. — Fiera. Brit. An. p. 479. — Ag.Prod. p. 188. — Forbcs History of Briiish 5tarfisbcs. p. 178.

Echinodiscus placenta DeBI. Zoopli. p. 199.

Echinus placenta Lirai. 12* cdil. p. 1105. — Bosc Délcrv. T. 24, p. 281.

Echinodiscus masimus etc., Brcyn. Scbcd. p. 64, Tabl. 7, fig. 8.

Echinarachnius Leske, pp. Klein, p. 218, Tab. 20, fig. A, B.

Echinarachnius ( Egclspiniicucb ) van Plicls. p. 38.

Arachnoïdes Dâvila, Cat. Tom. 1, p. 424, N* 958.

Gualt. Test. Tab. 110, fig. G.

Scutella porpita Expi. Enc. mêlh. Tab. 132, fig. 3 cl 4. — Ag. Prod. p. 18S. (Très-jeune exemplaire).

On reconnaît au premier abord cette espèce à sa (orme lenticulaire , à ses bords très amincis, h son profil subconique et à son anus supra-marginal. J'ai long-temps partagé l’opinion des

naturalistes qui l'envisagent comme congénère des vrais Kcbinarachnius que nous venons de décrire dans le chapitre précédent. Mais une étude plus approfondie des détails de son organisation m’a appris que les différences qui les distinguent sont trop profondes pour que l’on puisse se refuser à y voir deux types indépendans. En effet , si 1\4. placenta tient aux Kcbinarachnius par sa forme circulaire, par scs pétales ouverts et même très évasés à leur extrémité, et par la position de l'ouverture anale , qui est presque marginale , il s’en éloigne par d’autres caractères peut-être bien plus importans : et d'abord les sillons de la face inférieure ne sont pas de même nature, ils ne se ramifient point dans leur trajet du bord à la circonférence, et, malgré toute la peine que je me suis donnée , je n'ai pu y découvrir la moindre trace de porcs microscopiques ; c’est une bande lisse et déprimée qui se continue également sur la face supérieure jusqu'à la rosette apiciale. En second lieu , la structure du test est très différente ; au lieu d’être massif, comme dans la plupart des Echinarachnius , il est au contraire très mince et revêtu d'une granulation toute particulière, remarquable surtout par l'arrangement variable des tubercules. Sur les aires ambulacraires , les tubercules spinifèrc9 forment des séries régulières obliques, séparées par de petites lignes en apparence continues (fig. 39) , mais qui , examinées sous un plus fort grossissement (fig. 39 «) , se montrent composées de tubercules miliaires conformes de la même manière que les tubercules spinifères , c’est-à-dire mamelonnés et perforés , quoique d’une petitesse extrême. Celte disposition des tubercules est la même à la face inférieure, quoique moins apparente à l’œil nu. Les tubercules des aires interambulacraircs sont loin de présenter celle régularité; ils sont répartis sans ordre apparent à la surface du test , et les tubercules sont enlourés de tubercules miliaires comme dans les genres précédens. Cependant l'on remarque que ces derniers (les tubercules miliaires) sont proportionnellement moins nombreux (fig. 37 a).

l’n troisième caractère qui distingue celte espèce des Echiuarachuius , c’est la présence de cinq pores génitaux , tandis qu’il n’y en a que quatre dans ces dentiers. Ces pores occupent leur place habituelle au sommet des aires interambulacraires. Les pores ocellaircs au nombre de cinq et à peu prés aussi grands que les pores génitaux , sont placés au sommet des pétales ambulacraires et forment avec ces derniers un cercle régulier autour du corps madréporiforme, qui est composé , comme à l'ordinaire, d'une agglomération de petits tubes capillaires invisibles à l’œil nu , mais très distincts à la loupe (fig. il).

Les ambulacrcs ont une forme très particulière ; ils ressemblent à des triangles allongés et étranglés sur le milieu des flancs ; et comme ils s'évasent considérablement , de manière à affecter à peu près les contours des aires interambulacraircs dans d’autres genres , il est arrive qu'on

les a confondus avec ces dernières, et prétendu que l'anus s'ouvrait dans un ambulacrc. (Voyez la fig. 39 qui représente un pétale grossi). Les zones poriféres ne sc maintiennent comme zones continues que jusqu'à la moitié de la largeur du test; passé celte limite , les pores n'existent plus que par paires isolées que l’on poursuit jusqu'à la circonférence. Les sillons transverses qui unissent les deux rangées de pores d une même zone sont très marqués. Les pores eux-mêmes sont ronds et très uniformes.

La structure de l'intérieur justifie aussi sous plusieurs rapports la distinction que nous avons établie entre ce genre et les Echinarachnius. A part les réseaux ou piliers calcaires qui occupent les bords, on ne remarque à la face interne du test d'autres aspérités que les auriculcs; mais celles-ci sont d'une forme très particulière , car elles se terminent par deux petits bourrelets séparés par une échancrure très profonde. L'appareil masticatoire est aussi grêle que celui des Ecbinarachnius est massif: les mâchoires représentent un compas très ouvert (fig. 42 a, b); leur charpente est très mince, hérissée de fines lames calcaires, sur les bords; (voyez les fig. 42 c et d qui représentent le profil d’une mâchoire vue par derrière et de côté). Il existe en outre , à la face supérieure des mâchoires , une crête assez saillante qui s'élève de chaque côté du sillon dentiférc (fig. 42 b, c, d). La face inférieure (fig. 42 a) n'est hérissée que de très petites lames calcaires bien moins élevées que celles de la face supérieure.

C’est à ma connaissance la seule espèce où l'articulation des deux demi-mâchoires sur la ligne médiane soit distincte. Elles se désarticulent même très facilement , et il est alors facile de se convaincre que la demi-mâchoire droite est pourvue d’une petite carène longitudinale articulée dans un sillon correspondant de la demi-mâchoire gauche.

La bouche est centrale et circulaire , entourée d’une rosette buccale peu distincte , mais qui paraît composée de dix plaques , dont celles qui correspondent aux aires ambulacraircs sont les plus étroites (fig. 3<>). J'ai représenté (fig. 40) le pourtour de la bouche sous un grossissement de i‘/a diamètre , pour faire voir que les sillons qui viennent ici aboutir à la bouche sont réellement dépourv us de pores microscopiques. Dans l'exemplaire qui a servi de modèle à la fig. 40 , l'on voit quelques soies des bords des aires intcrambulacraires converger vers le centre de l’ouverture buccale, à peu près comme dans les Astéries. Une autre particularité , c’est que dans l'enceinte de la rosette buccale , on ne remarque aucuue différence entre les tubercules des aires ambulacraircs et ceux des aires inlerambulacraires ; ils ne reprennent leur disposition respective qu’en dehors de celte rosette. L'anus , comme nous l’avons dit plus haut , est supra-marginal , circulaire et parait percé d’arrière en avant.

Les soies sont très fines , mais il ne parait pas qu elles diffèrent beaucoup daus leur structure de celles des autres genres. Examinées au microscope, elles se montrent hérissées de carènes fortement dentelées ; celles de la face supérieure sont clavellées; celles de la face inférieure plus ou moins cylindriques. M. Forbes en a donné une figure grossie dans son Histoire des Kcliinodermes anglais , pag. 181 .

Le Scutella Porpita des auteurs est bien certainement un jeune de ÏArachnoidet Placenta ; je m'en suis assuré par la comparaison que j'ai faite des exemplaires du Musée de Paris. Il m'est dès lors démontré que l'espèce fossile que M. Ch. DcsMoulins a signalée dans scs Tableaux synonymiques sous le nom de Ca&siduluë Porpita et que je neconnais pas, ne saurait avoir pour synonymes les citations relatives au Scutella Porpita des auteurs que M. DesMoulins lui rapporte ; car il m’est impossible de penser que M. DcsMoulins ait pu prendre un jeune vtroc/moides P/acenta pour une espèce du genre C assidu lus.

C'est par erreur que l’on a cru cette espèce originaire de l’Océan austral ; clic habite en réalité les mers du Nord. M. Forbes au moins assure que l’exemplaire qu’il a décrit et figuré dans son ouvrage a été recueilli par M. le professeur Jameson à l lle Toulah , l'une des Ues Shetland; mais c’est à tort qu’il la confond avec l’espèce da Canada de la collection de M. Lycll, qui est Y Echinarachniiu parma , ainsi que nous l’avons dit plus haut en traitant de cette espèce.

Les originaux de mes figures m'ont été communiqués par MM. Valenciennes et J. E. Gray.

Page 1