I. ScdTELLIXA XtJSMt LARU Ag
Tab. ai, fig. 8-1 1.
Sis. Scutella nummularia. Defr . Dict. sc. nat. T. 48, p. 231 . — DcBI. Zooph. p. 208. — Lain. Toin. 111, p. 287, N°20 — Ag. Prodr. p. 188. — DesMoul. Tabl. syn. p. 236, N° 34.
Echinarachnius nummularit Ag. Ctt, syst. Ectyp. Mus. Neoc. p. 6.
Je prends celle espèce pour type du genre Scutellina, parce quelle est assez fréquente dans les collections de fossiles tertiaires. On la reconnaît facilement à sa forme parfaitement circulaire , sauf une petite échancrure au bord postérieur dans laquelle s’ouvre l’anus. C’est une espèce très plate à bord assez renflé. Les pétales ambulacraires sont grands , arrondis en forme de lobe, mais cependant ouverts à leur extrémité ; ils s’étendent au delà de mi-bord. Les zones porifères sont bien moins larges que l’espace intermédiaire , et leurs porcs ne sont pas réunis par des sillons transverses, ou s'il y en a , ils sont à peine visibles. La rosette apiciale se présente sous la forme d’un petit bouton légèrement saillant ; en l’examinant à la loupe , on y reconnaît fort bien les quatre pores génitaux ; quant aux pores ocellaires , je n’ai pas pu les découvrir, mais je ne doute pas qu’ils n’existent , les ayant aperçus dans d’autres espèces. La bouche est circulaire. La face inférieure est complètement plane ; ce n’est que dans les exemplaires parfaitement conservés que l'on remarque quelques traces des sillons , qui sont droits et non ramifiés comme dans toutes les espèces de ce genre. L’anus est entièrement marginal , ensorte qu’on ne le voit ni de la face supérieure ni de la face inférieure ; il est en outre très petit et correspond , ainsi que je l'ai dit plus haut , à l’échancrure du bord postérieur.
Les fig. Il, 1 2 et 13 représentent un exemplaire très extraordinaire , en ce qu'il n'a que quatre ambulacres ; j’ai cru dans l'origine qu'il constituait une espèce à part , mais ayant ren-
contré depuis plusieurs anomalies semblables dans d'autres genres, j'envisage ce cas comme une monstruosité par défaut ; et comme cet exemplaire a du reste tous les caractères du 5c. nummularis et qu’il provient de la même localité et du même terrain , je ne crois pas être téméraire en l'associant à cette espèce ; sa forme subquadrangulaire provient sans doute de la même cause. l.« fig. 14 représente une mâchoire de cette espèce vue par scs différentes faces ; fig. ci la montre de grandeur naturelle ; la fig. 6 montre la lace supérieure sous un gTossissemenfde deux diamètres, en sorte que l'on y remarque très bien le sillon médian dans lequel était fixée la dent; la fig. c montre la face inférieure sous le même grossissement; la fig. d est vue parla face antérieure ; et la fig. c de profil. On voit par cette figure que ce qui caractérise surtout ces mâchoires , c’est leur forme allongée , comparativement à leur faible hauteur.
Cette espèce est fréquente dans le terrain tertiaire de Grignon. Elle se trouve également , suivant M. DesMoulins , à Blaye (département de la Gironde).
Observation.
Les anomalies dont cette espèce nous offre un exemple ne sont pas très rares dans les Erhinodermes.
Dans un travail inédit sur l'analogie qui existe entre les parties solides des Oursins et celles des Astéries, travail que j'ai présenté , il y a plusieurs années, à la société des sciences naturelles de Neuchâtel , j’ai cherché à démontrer que chaque rayon d' Astérie correspond à une aire ambulacraire if Oursin , plus les deux demi-aires interambulacraires adjacentes, de telle sorte que les grosses plaques qui bordent les rayons de certaines Astéries correspondraient aux plaques inlerauibulacraires des Oursins. Celte analogie sc trouve pleinement confirmée par les anomalies que j'ai observées dans les Oursins ; car dans les déviations du nombre typique des aires, c'est toujours une aire ambulacraire et les deux demi -aires interambulacraires adjacentes qui manquent, comme c'est le cas du SaUtlIiiia numiiuilarif, mentionné ci-dessus et comme je lai encore observé dans un Diseoidca eyliivtrica de la collection de M. Michelin et dans un Cidaris eoronata du Musée de Carlsruhe’; ou bien il y a une aire ambulacraire surnuméraire, accompagnée dp deux demi-aires interambulacraires , interposées entre faire ambulacraire impaire et faire >mbulacrairc paire antérieure de droite ou de gauche. J’ai vu une anomalie de ce genre dans une
(*j M. H «le JlcAcr , qui a public une figure de ce fimile, l'a malheurrimmrnt reprcwnlc «en» dessu; de»»ou*.
(iaiérite du Muséum de Paris; M. H. de Meyer eu a figuré et décrit un autre cas '). La découverte qu’a faite M. E. Forbes des yeux des Oursins rooGmic également cette analogie entre les Oursins et les Astéries. On savait parM. Ehrenberg qu’ils se trouvent dans la plaque terminale des rayons ; dés que j'appris qu'ils avaient été observés dans les Oursins , je supposai qu'ils devaient se trouver au sommet des aires ambulacraires , et c’est en effet dans le trou des plaques que l'on a appelées jusqu’ici interoviducale* et que j’appelle plaques ocdlairet,. qu’ils sont logés et ait je les ai vus dans plusieurs espèces. Les anomalies observées chez les Crinoidcs contribueront sans doute aussi à faciliter les comparaisons entre ces animaux et les autres Eehinodermes.