‹ Monographies d'Echinodermes vivans et fossilesChapitre 6 sur 84 · Agass. Prod. Ech. p · texte numérisé non relu

Agass. Prod. Ech. p

Davila, Calai. Tom. I. p. 425, N°960.

Encycl. (Dict. des Sc.) Tab. 59, fig. 7.

F avanne, Tab-58, fig. C 2 et C 4.

Celle espèce est, comme la précédente, assez généralement connue des naturalistes , qui en ont également fait deux espèces, sans doute parce qu'ils n’ont pas eu l'occasion de l’étudier aux différens âges. Je serais probablement tombé dans la même erreur , si je n’avais eu le bonheur de trouver dans la collection de mon ami, M. Ch. Stokes, deux exemplaires de moyenne taille (Tab. 2, figures V et 5) qui forment évidemment le passage entre les grands exemplaires connus sous le nom de Sc. dccadactyla ou digitata (fig. 1) et les petits semblables à celui de Tab. 4 a, fig. 1, que M. de Blainville a désignés sous le nom de S. oclodactyla . Ne possédant pas motmème un individu d'aussi petite taille, j'ai reproduit (Tab. 4a, fig. 1) la figure de Breynius, qui m’a paru être la plus caractéristique de toutes celles qui ont été publiées. Il suffira de comparer cette figure aux figures 1 , 2, 4 et 5 de Tab. 2 pour acquérir la certitude que* ces trois individus appartiennent bien réellement à la même espèce et que la profondeur des entailles dans les grands individus n'est qu’un effet de la croissance.

La forme générale de cette espèce est à peu près circulaire ; cependant le diamètre transversal est un peu plus long que le diamètre longitudinal. C’est en outre une espèce très plate , le sommet surtout est bien moins renflé que dans le R. Rumphii . Mais le caractère essentiel de l'espèce réside dans les entailles et les vacuoles du test : le bord postérieur est entaillé sur tout son pourtour, comme le R. Rumphii , mais avec cette différence que les entailles sont beaucoup plus inégales et que celles des aires interambulacraires sont toujours beaucoup* plus profondes que celles des aires ambulacraires. Cette différence sc reproduit dans les individus de tous les âges,

rt nous voyons que dans le jeune exemplaire de Tab. 4 a fig. I , où les entailles des aires amhtilacrairrs ne sont encore que très légèrement marquées , celles des aires inleramhulacraircs sont déjà très profondes, eusorte que le bord postérieur parait ici composé de deux festons portant chacun quatre courtes digitations , ce qui porte le nombre de ces dernières à huit : de là le nom de S. octotlartyla que lui ont donné les auteurs. Dans l'exemplaire de fig. 5 (Tab.2), nous en comptons déjà dix et dans celui de fig. 4 douze ; dans l'exemplaire de fig. 1 les vacuoles des aires ambulacraircs paires antérieures sont restées fermées ; mais celte circonstance n'est point un caractère constant, comme on peut s’en assurer en comparant l’exemplaire de tig. 4 où elles sont ouvertes. Nous en concluons que la forme et la grandeur des entailles et des lunules ne peuvent point être envisagées comme des caractères spécifiques , mais quelles n’indiquent que des variétés d'âge. Une autre particularité de celte espèce, qui ne sc rencontre point dans la précédente , c’est la présence de vacuoles un peu moins allongées que les entailles des aires inlcranibulacraires postérieures et toujours fermées, dans les aires intcrambulacraires paires antérieures. Les pétales des ambulacrcs sont allongés et de largeur moyenne ; ils ne sont point fermés à leur extrémité, et leurs pores, non réunis par un sillon, se prolongent par paires isolées , à peu près jusqu'au bord de la circonférence. La rosette apiciale est limitée à un très petit espace, aussi les pores oviducaux sont-ils très rapprochés ; ils sont logés dans les sinus que forme le corps madréporiforme au sommet des aires interambulacraircs. Les trous orcllaires . au nombre de cinq , sont situés à l'extrémité des rayons de l'appareil oviduca! et par conséquent plus dislans les uns des autres. I-a fig. 7, qui représente cct appareil grossi, donnera une idée de la disposition de ces divers organes. — Lorsqu'on examine la surface du test à l'œil nu, on n'y voiL qu'une fine granulation très homogène; mais lorsqu'on vient h examiner cette granulation sous un fort grossissement , on la troave composée de tubercules spinifères crénelés, mamelonnés et perforés, entourés d une multitude de tubercules miliaires très-petits, mais également mamelonnés, ainsique les représente la tig. 9. qui est prise à la face supérieure. Je n’ai jamais vu d’exemplaires avec ses soies.

La face inférieure présente a peu pris la même structure que nous avons décrite dans le R. Rumjfhii. Les sillons amkulacraires sont étroits et sc divisent en quatre branches , qui sc prolongent jusqu’à l’extrémité des digitations , sans détacher de rameaux latéraux. La rosette buccale qui entoure la bouche, est des plus distinctes; elle est composée de dix plaques cunéiformes ; celles qui correspondent aux aires inlerainbulacraires sont sensiblement plus étroites que relies qui correspondent aux aires ambulacraircs. La bouche elle-même est petite et circulaire;

on l’examinant à la loupe, on observe sur son pourtour, à l'origine des sillons, plusieurs ouvertures distinctes (ordinairement trois), qui correspondent aux tubes branchifércs et sont probablement destinées à donner passage aux branchies buccales. La lig. 1 0 représente cette structure de l’ouverture buccale sous un grossissement de deux fois le diamètre. L'anus est plus rapproché de la bouche que du bord; il est subcirculaire, ordinairement un peu allongé dans le sens du diamètre transversal.

L’intérieur du test est lisse ; il n'y a que que le bord et l’extrémité des digitations qui soient celluleux, ainsi qu'on le voit par la (ig. 2 de Tah. \a. La lig. 3 de la même planche montre une portion de la face interne du plancher inférieur, qui est plus inégal que le plancher supérieur; autour de l’ouverture buccale qui est au milien, se voient les cinq auricules, qui sont simples, assczlarges, mais peu élevées. Les (ig. 4 et 5 montrent l'appareil masticatoire , en grandeur naturelle, dans l’une ( (ig. 4) vu par en bas . dans l'autre < (ig. 5) vu par en haut. Il diffère à peine de celui du il. Rumphii ; cependant les lames calcaires qui garnissent les mâchoires sont proportionnellement moius développées que dans cette dernière espèce. Les mâchoires postérieures, et notamment la mâchoire impaire, sont sensiblement plus grandes que les mâchoires antérieures. Les dents elles-mêmes ne sont pas conservées ; mais , à en juger par la direction de* sillons destinés à les loger, il est probable quelles étaient légèrement recourbées de haut en bas. Les lig. 6 et G a présentent le profil de la mâchoire postérieure vu par devant et de côté.

L'habitat de cette espèce m’est inconnu.

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