‹ Monographies de plantes canadiennes [microforme]Chapitre 4 sur 89 · PRÉFACE, IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE, IX

Nous ne croyons pas que nos gens ressemblent à ce jardinier, mais il n’en reste pas moins acquis que nous faisons peu d'efforts pour connaître les trésors que la nature a semés à pleines mains autour de nous,

Il est bien vrai que la botanique est enseignée dans tous nos collèges et nos pensionnats, mais on n’y attache peut-être pas assez d’importance dans nombre de cas. Il s'ensuit qu’on apprend les éléments à la hâte, qu’on ne fait jamais ou presque jamais d’herborisation et qu’il n’en résulte rien de pratique.

Il importe que notre race ne demeure pas dans cet état d'ignorance, et nous devons tous faire des efforts pour rendre populaire une science qui est utile à nombre de personnes et dans une foule de cae.

Pour notre part, plusieurs fois, en décrivant un paysage, nous nous sommes trouvé arrêté par l’ignorance du nom des plantes que nous voyions et qu’il nous aurait fallu énumérer, au moins succinctement, pour être précis. Nous avions alors une vague idée d'étudier la botanique et les plantes de notre pays, mais le seul ouvrage que nous avions sous la main était la Flore du Cunada de Provancher et elle nous paraissait trop scientifique pour un débutant.

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x PRÉFACE,

C’est alors que nous lûmes un admirable article de Mgr Laflamme intitulé : La poésie chez les plantes. Le passage suivant nous frappa :

“ Le côté le plus merveilleux de la nature végétale semble, jusqu’ici, avoir échappé à lobservation, un peu superficielle, des artistes du vers. C’est là un véritable malheur. Il serait à souhaiter que tous les fabricants d’idylles ou de bucoliques, à un titre quelconque, fussent un tant soit peu botanistes. Leurs métaphores y gagneraient en naturel et en exactitude, et l’inspiration qu’ils tirent du spectacle de la nature ne serait ni moins vive ni moins puissante.”

Nous résolûmes de nous y mettre. Nous nous procurâmes quelques petits traités élémentaires pour étudier ies grandes lignes de cette science, puis, suivant en cela le conseil de J.-J. Rousseau, nous essayâmes de l’herborisation, tâchant d’abord de reconnaître les plantes qui poussent; autour des habitations. A force de tâtonnements et de patience nous réussîmes à composer un modeste herbier et la joie que nous goûtâmes à ce travail, nous récompensa amplement de nos petites peines. Avec le temps nous sommes parvenu à nous tirer à peu près d'affaire et, bien que notre science soit très restreinte, nous croyons

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