‹ Monographies de plantes canadiennes [microforme]Chapitre 54 sur 89 · LÉON LORRAIN · texte numérisé non relu

LÉON LORRAIN

Alors qu'est étalée l'immense nappe verte des plantes qui grandissent sur toute cette terre septentrionale, que la phléole, les blés, les avoines et les seigles préparent en secret la moisson blonde de la fin d'été, les jolies marguerites répandent leurs troupes de vierges folles, farandolant aux moindres brises et chantant de douces choses aux amoureux.

Ainsi que le dit le poète :

Souvent la pastourelle Loin de son jeune amant Se dit: m'’est-il fidèle ?

Tremblante, elle te cueille ; Sous son doigt incertain L'oracle qui s’effeuille Révèle son destin.

L'heureux temps que celui où notre cœur, neuf

Re.

encore, attend avec anxiété le résultat des inter-

rogations : “un peu, beaucoup, passionnément ! ” Aussi loin, en arrière, que peut se reporter notre

souvenir, nous voyons la marguerite, C’est la pre-

nière fleur dont nous avons connu le nom, c’est la

La marguerite.

Première que nous avons aimée, c’est la première

que nous avons cueillie de nos frêles mains d'enfant pour en faire des bouquets que nous portions à notre mère, afin de mériter un tendre sourire et une longue caresse,

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